dimanche 8 août 2010

Petit tour matinal sur quelques blogs

Ma récolte du  matin sur la blogo littéraire entre sept et huit heures! Que ne puis-je d'ailleurs y rester plus longtemps!

Comme d'autres font un petit tour de jardin dès l'aube levée, j'ai parcouru tôt ce matin les blogs amis essentiellement les littéraires comme toujours et voici ce que j'en ai retenu =  surprise  et émerveillement, de bons ingrédients pour un dimanche matin!

Chez Armande,  une  belle broderie inspirée de Pascal Jaouen, le brodeur breton .


Chez Amanda, le premier épisode d'un feuilleton bovaryen en guise de Harlequinades: Autant en emportent les livres! Drôle et inspiré!



Chez Armando, des photos de toute beauté. (Nuages de Photos)

Chez Aifelle, une très belle exposition de tableaux de Arne Quinze  (Les  Nymphéas de Monet  ne sont pas loin)


Et pour rêver encore plus et tenter de mieux oublier certaines réalités  d'incendies cauchemardesques, voici  la vue rafraîchissante d'une piscine paradisiaque sur fond de mer paisible! Tout ce qu'il me  faudrait  pour de belles  vacances! ICI, la piscine  de l’architecte espagnol basé à Valencia Ramón Esteve,


Bon dimanche  bien estival!

Dimanche poétique, Sur la grève, Henri de Régnier



                                          Couche-toi sur la grève et prends en tes deux mains,
                                          Pour le laisser couler ensuite, grain par grain,
                                          De ce beau sable blond que le soleil fait d'or;
                                          Puis, avant de fermer les yeux, contemple encor
                                          La mer harmonieuse et le ciel transparent;
                                          Et, quand tu sentiras, peu à peu, doucement,
                                          Que rien ne pèse plus à tes mains plus légères,
                                          Avant que de nouveau tu rouvres tes paupières,
                                          Songe que notre vie à nous emprunte et mêle
                                          Son sable fugitif à la grève éternelle.


Sur la grève, Henri de Régnier  (Les Médailles d'argile)
Tableau de Delacroix
Dimanche poétique de Bookworm,

vendredi 6 août 2010

La septième rencontre de Herbjørg WASSMO

Rut et Gorm on été élevés dans le grand  Nord de la Norvège. Gorm est l’ héritier d’un négociant aisé du continent, Rut est la fille d’un couple d’iliens, pauvres et rigides, religieux et mal assortis. Tous deux sont solitaires et peu satisfaits de leurs vies. Un jour ils se rencontrent à neuf ans et dès ce moment ils savent que l’autre est leur âme sœur mais timides et maladroits, il faudra six autres rencontres pour qu’après une vie bien remplie faites de  mariages, d’enfants,  de divorces , de  réussites sociales et de deuils,  ils en arrivent à une septième rencontre  qui sera peut-être la bonne, enfin!
J’ai beaucoup aimé l’évocation de la vie dans  cette île norvégienne du bout du monde, les liens familiaux difficiles, pleins de malentendus entre parents et enfants ainsi qu’entre frères et sœurs, les rendez-vous manqués, les trahisons silencieuses et dramatiques, l’importance du qu’en dira-t-on, la découverte soudaine de ses dons de peintre pour Rut, celle de sa passion pour le commerce paternel pour Gorm, les rencontres à l’improviste, les retrouvailles trop souvent ratées, l’amour toujours ardent pour l’ami d’enfance, tout ce qui forme l’épaisseur d’une vie.
J’ai simplement été un peu lassée des rêves révélateurs à répétition  qui freinaient l’action plus qu’ils ne la faisaient avancer ! Il s’en faut de bien peu que je n’en fasse un coup de cœur! Une excellente lecture en tout cas !  /Quand Gorm était arrivé dans la rue, Rut avait disparu. Tout en faisant le tour du pâté de maisons, il revoyait son regard posé sur lui. Deux yeux sombres, désespérés. L'avait-elle seulement vu? /              Non, pensait-il. Elle était trop occupée à fuir. Ce n'était pas la septième rencontre, telle qu'il l'avait espérée.(chapitre 1, page 21)/   Les avis de Roudoudou, CecileSBlog, Alice, choco, Keisha, / Ce roman a été lu dans le cadre du Prix littéraire des blogueurs 2010 Merci à Choco de m'avoir prêté ce livre. Pickwick l'a lu également (avec d'autres liens)
La septième rencontre de Herbjørg WASSMO – traduit du norvégien par Luce Hinsch (10/18 – domaine étranger, 2009

Mes lectures de juillet

Seize livres très différents m'ont accompagnée dans cette première partie de l'été et aucun ne m'a véritablement déçue. Il faut dire qu'avec les conseils pris  ici et là, sur les blogs, je deviens plus élitiste et risque de moins en moins de me tromper. Une seule légère déception pour le J.M.Erre mais deux grands coups de  cœur pour les livres de Nick Hornby et de J.S.Foer. Il se confirme que ce sont  actuellement mes auteurs fétiches du moment  dont je poursuis la découverte.

Rien à craindre de Julian Barnes  ou faut-il avoir peur de la mort? Enquête sérieuse légèrement désopilante .


Accidents de Laurie Colwin:  L'amour, l'amour et encore l'amour ou trois amours successifs  pour réussir sa vie 



La grosse de Françoise Lefèvre: La garde-barrière au grand cœur,Une belle histoire!


La vue de Mrs Manstey de Edith Wharton: La révolte d'une femme discrète et silencieuse
La plénitude de la vie de Edith Wharton: La recherche de l'âme sœur après la mort


Le dernier Aragon de Patrice Lestrohan : Le mystère Aragon, un homme de contrastes


Sang pour sang de Gipsy Paladini:: le duo classique de l'ange blond et du diable  sordide


Juliet, Naked, de Nick Hornby, Humour, absurdité, passion adolescente contre réalité adulte


La châtelaine anglaise déménage de Deborah Devonshire: la dernière des sœurs Mitford se raconte. Drôle et intéressant. Merci encore à Cathulu


Made in China de J.M. Erre: Un Chinois noir à la recherche de ses origines.


Journal Intime de Alma Mahler Une femme passionnante dans une Vienne  entre deux siècles.



Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran. Foer:  Livre foisonnant,  émouvant. Impossible d'oublier Oskar désormais.


Je cuisine comme un chef de Vercors:  Un grand écrivain s'essaie à la grande gastronomie française.



La fureur dans le sang de Val McDermid: Un polar qui tient ses promesses.



Un don de Toni Morrison:  L'Amérique en 1690.Un très beau récit dans une langue poétique.



Un dangereux séducteur de Maggie Cox : L'Harlequin typique aux clichés sans complexes! 



Juillet 2010, plutôt un bon cru!

jeudi 5 août 2010

Citation du jeudi

"A force de nous disputer tous les jours, nous étions devenus férocement intimes."
Sylvia de Leonard Michaels (Mon livre du jour: ici)
Sur une idée de Chiffonnette, 



Sylvia de Leonard Michaels

Ce  livre, je l’ai aimé.
Il raconte une histoire vraie.
J’aurais préféré le savoir d’emblée mais comme d’habitude j’ai sauté l’introduction pour aller directement au récit et celui-ci  m’a tellement bien prise dans ses filets que je ne me suis plus posé ensuite le problème de la véracité des faits.  J’ai cru longtemps à une histoire de couple inventée et jamais à une autobiographie avec journal intime intégré. Ce n’est que vers la fin que je m’en suis doutée tant les faits paraissaient extravagants  et en même temps racontés avec beaucoup de maîtrise comme quelqu’un qui freinerait de toutes ses forces, avec une laisse, un chien fou  qui voudrait mordre !

Les faits ! Les faits ! Rien que les faits ! 
Bon alors, c’est l’histoire tragique d’un amour fou qui a mal tourné entre deux intellectuels new yorkais, dans les années 60, deux étudiants en littérature, elle,  (Sylvia  Bloch), très brillante  étudiante en lettres classiques, lui futur écrivain et futur professeur à Berkeley. Leur amour violent et impossible a duré quatre ans.  Ils se sont mariés au bout de deux ans et elle s’est suicidée  en  sa présence en 1964. 
Ce n’est que trente ans plus tard qu’il fait le récit de ce premier mariage, en incluant des passages du journal intime qu’il écrivait alors. Plus les sentiments sont forts plus le ton adopté par le narrateur est froid,  distancié , presque clinique 
Dès le début, leur liaison est houleuse, étrange, violente,  en raison du caractère de Sylvia présentée comme hystérique, paranoïaque , jalouse, imprévisible, tyrannique, incontrôlable et à la fin droguée et carrément folle.
      Sylvia était mince et bronzée. Ses cheveux lui descendaient à mi-dos. de longues mèches lui voilaient les yeux, donnant l'impression qu'elle était timide ou qu'elle se cachait modestement, mais aussi qu'elle était plus petite que la moyenne. Elle mesurait un mètre soixante-sept. 
     Janvier 1962 : «Je n’ai pas de travail, pas de travail, pas de travail. Je ne suis pas publié. Je n’ai rien à dire. J’ai épousé une folle.»
Pourtant, malgré les disputes, les coups, les crises de toutes sortes,  ils resteront inséparables  et frénétiquement proches pendant toutes ces années de folie. Ils vivaient à Greenwich Village et fréquentaient les lieux vibrants de cette époque où ils rencontraient tous les marginaux, les artistes, les gens à la mode : Miles Davis, Coleman, Jack Kerouac, Ginsberg, Warhol etc.
     Les  rues du Village transportaient au ralenti des masses gonflées de badauds, surtout MacDougal Street qui faisait office d'artère principale entre la 8e Rue et Bleecker Street, avec la célèbre librairie de la 8è Rue  à un bout et le fameux San Remo Bar à l'autre."




     Je lui disais qu'on ferait ce qu'elle voudrait, tout ce qu'elle voudrait, et nous partions à la recherche d'un restaurant, désespérément heureux.
Cependant Sylvia allait mal et faisait mal. Ceci dit, nous n’avons qu’une seule version et la voix de la jeune femme manque terriblement ! J’avoue avoir du mal à accepter le comportement masochiste de l’auteur qui supporte les pires caprices et les pires violences de cette jeune femme pour le moins très déséquilibrée et je n’ai pas compris pourquoi il ne l’avait pas quittée plus tôt! Mais ce n’est que sa version à lui!
Un beau livre dont je n’ai lu que de bonnes critiques
L’ont aimé également : Dasola, Amanda, Esmeraldae et un très beau texte de Roland Jaccard
Sylvia, de Leonard Michaels, traduit de l’américain par Céline Leroy, éd. Christian Bourgois, janvier 2010,

mercredi 4 août 2010

Himalaya Vaudou de Fred Bernard & Jean-Marc Rochette, ma BD du mercredi



En décembre 2011, trois stars de la télé partent en expédition sur l’Himalaya pour rencontrer le gourou du siècle, Noël Bodombossou, un Africain enrichi déguisé en père Noël qui transforme magiquement les hommes en animaux. Ils ont énormément de mal à atteindre les hauts sommets, surtout après la chute de leur guide. La fin est très surprenante. 
Il s’agit d’une fable à la fois futuriste et écologique, très sombre.
  
 Je n’ai pas aimé! Du tout! Ni le récit, trop facile, trop dans l’air du temps,  ni les personnages, sans nuances, ni les visages, trop caricaturaux. A la rigueur, la seule chose que j’ai réussi à apprécier dans cet album, c’est au début la difficile ascension de la cordée sur les pentes montagneuses.
Les dessins brutaux aux traits grossiers et  aux couleurs  très vives ne m’ont pas déplu quant à eux! 
Une déception dans l'ensemble cependant. 






 Autres blogs qui participent à ces BD du mercredi :
 Manu,  Mo'la fée,  Lounima,  Dolly, Choco , Hilde, (bienvenue à toutes les deux!), Hérisson08 
 Kikine,  Valérie, ,  Mathilde , ,  Emmyne,  (bonnes vacances annoncées, reposez-vous bien!)
Si vous voulez vous joindre à nous,  surtout n'hésitez pas,  dites -le moi dans les commentaires.
Himalaya Vaudou de Fred Bernard &  Jean-Marc Rochette, (Glénat, collection Drugstore, spécial 40 ans d'édition, 2009, 110 p)  Cette BD fait partie du Challenge  de M. Zombi

mardi 3 août 2010

Le dernier mort de Mitterrand par Raphaëlle Bacqué

Le 7 avril 1994, François de Grossouvre  (1918-1994)  est retrouvé mort dans son bureau, au Palais de l’Elysée
Ce n’est pas souvent que je lis un livre comme celui-ci sur un épisode de l’actualité politique des dernières années mais j’en avais entendu  tellement de bien … (qu’il était le plus objectif possible,  très bien documenté, écrit d’une belle plume, avec le sens de la progression dramatique nécessaire au  maintien de l’intérêt du lecteur etc.)   que lorsque je l’ai vu en librairie, je n’ai pu dominer ma curiosité . J’ai cédé et je ne regrette pas.
Ce livre, je l’ai lu comme un véritable roman !
Mais tout d’abord pourquoi ce titre énigmatique sinon parce que c’est la troisième mort d’un proche de Mitterrand en l’espace de peu de temps, celle,  mystérieuse,  de Pierre Bérégovoy, au bord d’un canal, celle  de Roger-Patrice Pelat, un an avant le décès de Mitterrand lui-même.
L’’auteur, une journaliste du « Monde » soutient la thèse du suicide et ne cherche pas à prouver plus qu’il ne faut.  Elle ne cherche pas à tout prix le scandale, le scoop ou l’exagération habituelle à ce genre de travail.  Elle a connu et interrogé l’homme lui-même d’abord puis ses amis, ses proches et  ses nombreux ennemis  et détracteurs.
Elle-même a rencontré Grossouvre dans son appartement du quai Branly mis à sa disposition par le Président lui-même  qui retrouvait le soir sa deuxième famille, Anne Pingeot et sa fille Mazarine,  dans l’appartement du dessous
Ce n’est pas une simple chronique sur une mort annoncée ou tout au moins prévue depuis quelque temps, celle de François de Grossouvre,  ami intime de longue date et conseiller privé du président de la République,  c’est un tableau de toute une époque que j’ai vécue dans le plus grand désarroi et une montagne de déceptions sur des attentes si joyeuses au début et des évidences si amères à la fin de ce qu’on a pu appeler le règne de Mitterrand. Je voulais comprendre ou tout au moins savoir ce qui s’était vraiment passé  après toutes ces révélations que j’ai eu tellement de mal à croire au début.
Il se trouve que François de Grossouvre s’est trouvé au centre de la  politique du secret si largement entretenue à cette période, des écoutes  téléphoniques, des grandioses  chasses présidentielles, des rapports avec les pays d’Afrique et du Moyen Orient, de l’entretien de la seconde famille,  bref de tout ce qui m’a irritée quand je l’ai appris !
Je n’ai lu pour l’instant que des avis positifs sur ce livre mais la meilleure chronique  à mon avis se trouve ici qui rappelle que « les Japonais ont un nom pour ces suicides accusateurs où l’on se tue dans un lieu qui désigne le vrai fautif : le seppuku. »


Le dernier mort de Mitterrand  par Raphaëlle Bacqué

(Grasset, juin 2010, 238 p)


lundi 2 août 2010

Lectures communes prévues

Ce billet a deux buts:  m'empêcher d'oublier un engagement et donner envie de nous rejoindre selon le principe que plus on est de fous et plus l'on s'amuse!
Alors  soyez fous et venez  lire avec nous!

1) Titus d'Enfer, Mervyn Peake, avec A-girl-from-earth  (28 août) Emilie, elle,  attend une lecture commune pour le tome suivant:: "Gormenghast". Des volontaires?


2) L"amour est à la lettre A de Paola Calvetti (George Sand, Cynthia, Enitram, Loulou, Alfie), 31 août


3) Blogoclub: les prix Nobel pour le 01/09/10


4 Sous le charme de Lilian Dawes de Katherine Mosby avec Manu pour le 23 septembre


5) La Communauté du sud, (tome 1, Quand le danger rôde)  de Charlaine Harris, (Canel, Sofynet,)  fin septembre - à préciser.



6) La voleuse de livres de Marcus Zusak (Canel, Ellcrys, Val, Clara ,Cynthia,  Lalou, Georgesand, abeille,)  5 novembre .
7) Les Chutes de Joyce Carol Oates ( Georgesand, Jules ) 22 novembre


8) La fenêtre panoramique de Richard Yates, (Canel choupynette) décembre - à préciser.


9) De sang froid de Truman Capote (Canel, Choupynette, Patacaisse, Nathalie), décembre - à préciser..



10) Gerre et paix,
Tolstoï, 28/6/2010, (avec Keisha,, A_girl_from_earth, Zarline, Pauline, Mea., qui ont terminé le livre) (A terminer pour un billet n°2, 31 décembre 2010 ( Zarline,  Cynthia )

dimanche 1 août 2010

Slam de Nick Hornby, lecture commune

Depuis que j’ai découvert très récemment  Haute fidélité  et  Juliet, Naked , je suis une fan absolue de Nick Hornby. Pas question par conséquent que j’écrive un billet des plus objectifs sur ce nouveau livre de mon auteur fétiche du moment d’autant plus que j’ai également beaucoup aimé cette nouvelle histoire.
Cette fois le thème est celui de la paternité des adolescents. Thème grave mais traité légèrement  sans rester superficiel, par petites touches , au fur et à mesure, comme dans la vie…

Sam a quinze ans et  ne pense qu’au skate, (pas les patins, attention, le skateboard) et son héros est Tony Hawk, le champion tous azimuts de ce sport, ce TH dont le poster trône dans sa chambre et auquel il s’adresse sans cesse pour obtenir des conseils judicieux sur sa vie de tous les jours car connaissant son autobiographie par cœur, il connaît toutes les réponses, c’est dire s’il se sent seul et perdu.
 Ses parents sont divorcés.  Ils l’ont eu très jeunes, à 17 et 18 ans. Malgré tout, il ne se sent  pas malheureux et commence à s’intéresser aux filles, à Alicia surtout qui est d’une autre école donc plus attirante que les filles de son collège,  trop familières. Mais d’elle aussi il finit par se lasser au bout de quelques semaines sauf que, malgré les protections prises, elle se retrouve enceinte et ne veut pas d’avortement.
Il commence par faire une fugue, reçoit de curieuses visions de son futur proche, finit par tout confesser aux deux familles concernées et aux professeurs. Pendant ce temps, sa propre mère tombe elle-même enceinte quatre mois plus tard et il rencontre un des ses profs au cours d’accouchement sans douleur!
La vie continue ainsi cahin-caha, avec ses hauts et ses bas et ce qui compte finalement,  c’est le style du récit, ce sont les réflexions désarmantes d’un ado plein de bonne volonté mais furieusement maladroit et peu bavard.
C’est un roman que j’ai trouvé à la fois émouvant, grave et drôle, fait de petits riens, des détails bien vus , bien sentis, bien venus. Un réussite de plus pour cet auteur !

p10: Quand je me suis mis au skate, ma mère m'a acheté un poster de Tony Hawk sur Internet. C'est le cadeau le plus cool que j'aie jamais reçu, et c'était même pas le plus cher.  Il est allé direct sur le mur de ma chambre et j'ai pris l'habitude de lui raconter des choses. Au début, je parlais que de skate à Tony - je lui parlais des problèmes que j'avais ou des figures que j'avais réussies. La première fois que j'ai réussi un rock'n roll, j'ai couru dans ma chambre pour le lui dire, parce que je savais que ça ferait plus d'effet à un Tony Hawk en photo qu'à ma mère en vrai. Je dénigre pas ma père, attention, mais elle percute pas du tout. Quand je lui disais des trucs de ce genre, elle essayait de faire l'épatée mais, dans ses yeux, ça brillait pas vraiment. Elle faisait: Oh, c'est formidable. Mais si je lui avais demandé ce qu'est un rock'n roll, elle aurait pas été cap de le dire. Alors  à quoi bon? Tony, lui, il savait. C'est peut-être pour ça que ma mère m'avait acheté le poster,  pour que j'aie quelqu'un à qui parler.

p 209  Voilà, vous savez tout. J'ai plus rien à ajouter. Je ne sais pas si vous avez pensé que j'ai ajouté cette histoire de futur ou si vous avez pensé que j'ai perdu la boule, mais c'est plus très important maintenant, hein? On a eu un bébé appelé Rufus, dans la vraie vie. Donc ça recoupe. Fin de l'histoire.
Du coup, vous vous dites peut-être: si c'est la fin de l'histoire, pourquoi il la boucle pas,  que je puisse passer à autre chose? La vérité, c'est que, quand j'ai dit que vous saviez tout... C'est pas faux,  en ce qui concerne les faits. Seulement y a  quelques éléments à raccorder...Tout ça , d'accord,  mais il arrive un moment où les faits perdent leur importance et,  même si vous savez tout,  vous savez rien,  parce que vous savez pas comment c'était.  C'est toujours comme ça dans les histoires,  non? 




Slam, pourquoi ce titre ? plongeon dans une foule afin d’y être porté ?
Déclamation publique ? claquement de porte ou de fenêtre ? Un peu de tout ça ?

Lecture commune avec Lou, Pickwick, Kikine, Hilde, Plus, le blog, 

Slam de Nick Hornby
(10/18, 2008, 295 p) Traduit de l’anglais par Francis Kerline

Îles de Blaise Cendrars


Îles
Îles
Îles
Îles où l'on ne prendra jamais terre
Îles où l'on ne descendra jamais
Îles couvertes de végétations
Îles tapies comme des jaguars
Îles muettes
Îles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu'à vous

Blaise CENDRARS, 
Feuilles de route (1924)
Photographie: la pointe de l'île Drenec dans l'archipel des Glénans (Finistère Sud). © Erwan Boisecq
Avec Les peuples du soleil, Saphoo, , Lystig, hérisson 08, ,Bookworm,