mercredi 16 mai 2012

Far Away de Maryse et Jean-François Charles, Gabriele Gamberini , ma BD du mercredi

Un beau jour ensoleillé dans les Laurentides, au Québec, un routier conduit gaiement son beau camion  gris et rouge. Les paysages sont magnifiques lorsqu’ une tempête de neige imprévue et une mauvaise manœuvre dans un virage l’obligent à s’arrêter pour aller chercher du secours, à pied, dans un lieu désert,  totalement inconnu.
Plusieurs kilomètres plus tard, complètement gelé, il frappe à une petite maison isolée où l’accueille une femme avec un fusil. C’est Esmé, une veuve  solitaire qui finit par l’accueillir,  le dépanne  et lui demande de faire la route avec lui  dans son camion destination l’Arizona. 
C’est là que commence un très agréable Read-Movie à travers les plus beaux paysages qui soient dont les chutes du Niagara.
 Malgré leurs différences d’âge, de culture et de tempérament, ils sympathisent. Tout est simple entre eux jusqu’au jour où une découverte désagréable les sépare mais les routiers sympas et moins machos qu’il n’y paraît viennent en aide à leur copain. Tout s’éclaire alors et la fin de l’histoire est à la fois triste et belle, comme on peut l'imaginer.  






Les dessins sont beaux  et exaltent cette histoire relativement banale au fond. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette romance plein de bons sentiments. 

Ça fait du bien parfois une petite histoire douce.
Natiora en avait déjà dit beaucoup de bien . 
Far Away, de Maryse, Jean-François Charles, Gabriele Gamberini (Glénat, 2011, 142p.)


Bienvenue à Carole (Respelling) dont c'est la première participation.
Oliv' et d'autres volontaires  ont prévu une lecture commune de Pablo de Birmant et Oubrerie, à laquelle je devais me joindre aujourd'hui mais la commande faite n'est pas arrivée à temps. Je remets donc à plus tard ma participation à la lecture de cette BD. 

Alex, Amandine,  Arsenul  Benjamin, Carole,  choco,  Chrys,  Delphine, 


Didi, Dolly,  Emmyne, 

Margotte, Marguerite,  Marie,  Marion Mathilde, Mélo, 


Noukette,   OliV'Pascale, Paulinelit,  Sandrounette,  Sara,  Sofynet,  Soukee,  Theoma, 

Valérie, Sophie/Vicim,  Syl Vero,Wens Yaneck Yoshi73,  Yvan,    Mr Zombi, 

 32 octobre,


Je participe aussi au Top BD de Yaneck (18/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'

mardi 15 mai 2012

Quelles sont les phrases clés d'un livre?

C'est le billet de Lystig qui m'a donné l'idée du mien. Je découvre ainsi, avec bien du retard,  qu'il existe un rendez-vous du Mardi sur son 31 chez Sophie (des Bavardages de Sophie!)  Il s'agit de relever une phrase de la page 31.
Au fait, pourquoi la page 31? Parce que c'est au début du roman, mais pas trop tôt non plus, ceux qui viennent juste de débuter leur roman pourront donc participer. Et parce que je suis née un 31!
Bon, je suis surtout sensible à l'anniversaire, je dois dire et j'ai pensé aussi que la phrase qui pour moi reste la plus décisive,  surtout après avoir terminé la lecture  du livre, reste la première, ainsi que la dernière d'ailleurs mais, elle, on ne peut la relever que pour soi sinon, horreur!  On risque de tout dévoiler et  c'est très mal de spoiler! Mais  il me semble avoir vu un challenge de la première  phrase aussi.

Enfin, il reste le test de la fameuse page 99 de l’éditeur Ford Madox Ford dont on a déjà beaucoup parlé (ICI par exemple, ou ) et qui ne m'a jamais convaincue encore!

Bon alors, il ne me reste plus qu'à comparer avec mon livre actuel: "Et devant moi le monde" de Joyce Maynard, devenue à 18 ans, la maîtresse de son professeur J.D Salinger, l'auteur culte de
 "L'Attrape-cœurs". Dans ce livre, elle raconte leur histoire.

Première phrase: Premier dilemme. Il y a une longue introduction de Joyce Maynard elle-même. ("A l'âge de dix-huit ans, j'ai écrit un article qui a bouleversé mon existence.") mais je suppose que ça ne compte pas et qu'il vaut mieux commencer par le premier chapitre. (p.25)
"La maison où j'ai grandi, à Durham, New Hampshire, était la seule de la rue à être entourée d'une barrière."  
Page 31:
"En lisant ces lettres plus de cinquante ans plus tard, je suis frappée par leur esprit et leur extravagance."
Page 99:
"L'auteur de la lettre précise que la nature de ce qu'il écrit là doit rester d'ordre privé." 
Pas si mal que ça finalement mais un peu réducteur malgré tout! C'est un jeu!

dimanche 13 mai 2012

Night School, T1, de C.J. Daugherty - Qui croire quand tout le monde vous ment?

Allie Sheridan est une jeune collégienne rebelle depuis que son frère aîné a disparu. Elle ne travaille plus et ne cause que des ennuis au point de se faire arrêter par la police.   
Excédés, ses parents l’envoient alors dans un internat prestigieux mais très strict.  Elle doit y passer l’été  et son arrivée n’est pas très chaleureuse. Elle intrigue  et inquiète  les élèves qui  se connaissent tous depuis longtemps et forment un groupe soudé d’enfants surdoués et rebelles,  de familles riches et  puissantes. Cependant Allie se plaît bien dans cette atmosphère étrange, basée sur le travail et l’interdiction de toute communication avec l’extérieur. Radio, télévision, portable, ordinateur, tout est interdit. Mais elle s’intègre à un petit groupe d’amies et surtout elle est courtisée par deux  des garçons très attirants et très différents l’un de l’autre: le très populaire  Sylvain et  le ténébreux Carter. 
Quelques jours après son arrivée, des phénomènes étranges et inquiétants ont lieu.  Elle apprend l’existence d’une  mystérieuse «Night School»  regroupant certains  élèves  dont  les activités nocturnes troublent beaucoup la jeune héroïne, bientôt convaincue qu’elle se trouve au cœur de secrets qui la mettent en grand danger. 
C’est là que commence vraiment l’aventure.

J’ai beau me dire que j’ai déjà  lu bien souvent des histoires plus ou moins semblables, n’empêche, je me suis encore laissée prendre à ce récit  sans un seul moment d’ennui tout en me moquant  de moi-même tant je sens bien que ce sont  mes quinze ans que je retrouve alors, les mêmes émotions, les mêmes sentiments, bref, je me sens rajeunir et j’aime ça!
Malgré le beau temps, j’ai passé mon dimanche dans le jardin  à lire ce roman. Les rires mêmes des enfants et les conversations des adultes autour de moi ne me dérangeaient pas,  tellement j’étais plongée dans cette histoire de collège très strict et très particulier où il se passe des faits bien mystérieux. Dès les premières pages, j’ai su que je le finirais dans la journée. Ce qui a bien été le cas!

Night School de C.J. Daugherty
Qui croire quand tout le monde vous ment ?
Livre 1,Traduit de l’anglais par Cécile Moran
Collection R de Robert Laffont, mai 2012, 468 pages 
Série de cinq tomes dont le prochain doit sortir début 2013.

Le blog de l'auteur: ICI, et site de l'éditeur ICI,
Intéressante la rencontre avec Glenn Tavennec, créateur de la nouvelle collection pour adolescents : « R ». ICI.
Merci à Stéphane-Laure Bernelin pour le partenariat

Il suffit que tu paraisses... Victor Hugo


Tout revit, ma bien-aimée! 
Le ciel gris perd sa pâleur; 
Quand la terre est embaumée, 
Le coeur de l'homme est meilleur.

Il suffit que tu paraisses 
Pour que le ciel, t'adorant, 
Te contemple et, nos caresses, 
Toute l'ombre nous les rend!

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu'un souci t'oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J'ai l'étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

Victor Hugo. Les Contemplations. 
Peintre: Jose Royo

samedi 12 mai 2012

Louis Guilloux - La maison du peuple -


Pour le 12 d’Ys de ce mois-ci  sur le thème des classiques français, je devais lire «Le pain des rêves»  de Louis Guilloux, une lecture commune avec Fransoaz mais comme je n’ai pas pu me procurer le livre à temps, j’ai choisi celui qui s’offrait à moi du même auteur: «La maison du peuple». J’espère que  Ys et Fransoaz ne m’en tiendront pas rigueur. 

C’est en 1927 que Louis Guilloux (°+Saint-Brieuc, 1899/1980) a publié  un premier roman  largement inspiré de sa vie d’enfant  à Saint-Brieuc, une ville de Bretagne d’avant la première guerre mondiale où la misère des uns côtoyait  sans nuances la richesse des 
autres. Cependant quelques ouvriers commençaient à se révolter et à s’organiser pour réclamer plus de justice et d’égalité. Le père de l’auteur était de ceux-là. 
C’était  un  cordonnier très démuni, plein de colère et d’espoir à la fois. Après la trahison du nouveau maire de la ville que ses amis et lui avaient contribué à faire élire, il n’avait plus qu’un seul but,  celui de voir se créer dans sa ville une maison du Peuple, symbole d’une culture populaire opposée à celle des bourgeois. . C’est de cette lutte que parle le livre. 
Avec bonne humeur et frénésie, artisans et ouvriers s’entraident pour la construire jusqu'à ce que surgisse la déclaration de guerre  de 1914. 

J’ai beaucoup aimé ce roman qui, contrairement à ce que pourraient faire penser le titre et le résumé, m’est apparu surtout comme un récit d’enfance tendre et chaleureux. Bien sûr les faits sont cruels et rien n’épargne la famille, ni le manque d’argent pour se nourrir ou se vêtir convenablement, ni la maladie et l’hôpital pour les pauvres, ni surtout les humiliations et la nécessité de quémander du travail chez les uns et les autres mais ce qui domine c’est l’amour des enfants pour leur mère, l’admiration pour leur père et la tendresse infinie pour la grand-mère ainsi que l’entraide et la fraternité des compagnons de travail.  
Ce que j’aime  surtout dans ce récit, c’est le talent de conteur de Louis Guilloux qui ne sombre jamais dans la théorie ou les grands sentiments. Tout est suggéré à partir de courtes  scènes  prises sur le vif et racontées  avec précision et entrain comme si on y était.
Le style est simple et  d’un classicisme très efficace. Les phrases sont courtes et vont toujours à l’essentiel  L’enfant  est là derrière l’auteur et c’est lui qui se souvient si précisément des détails parfois saugrenus. 

Le récit est précédé d'une préface de Camus dont Louis Guilloux était devenu l'ami. Des coîncidences  les ont rapprochés: La misére dans laquelle ils ont vécu leur enfance, le professeur de l'un en Bretagne devenu celui de l'autre en Algérie, la tombe du père de Camus  dans le cimetière de Saint-Brieuc, tout près de la maison de Guilloux. C'est d'ailleurs à l'occasion d'une visite de Camus à cette tombe qu'ils se sont rencontrés dans la bibliothèque de la ville. 
Voici  quelques passages de cette préface:
Je n'ai jamais pu lire "La Maison du Peuple " sans un serrement du cœur."Voilà le grand art de Guilloux  qui n'utilise la misère de tous les jours que pour mieux éclairer la douleur du monde. Il pousse ses personnages  jusqu'au type universel, mais en les afisant passer d'abord par la réalité la plus humble. Je ne connais pas d'autre définition de l'art.

La meilleure présentation de l'auteur que j'ai pu trouver est celle de Yann Venner en commentaire d'un blog, le 10/12/2009 (il me faut retrouver le blog en question)
Louis Guilloux, homme "à son compte", était un humaniste profond avec un côté un peu anar. Il aimait rire des petites choses et ses doigts noueux autour de sa pipe semblaient aussi trembloter de rire. Je suis allé avec lui au cimetière St Michel de St Brieuc sur la tombe du père d'Albert Camus. On parlait de poésie, de littérature, du vent, de l'amour et du vin... Moments rares et complices. Son prix Renaudot en 1947 était amplement mérité. Mais les honneurs ne l'intéressaient guère. Il leur préférait l'amitié discrète et la liberté de pensée.

A voir: à l'INA, ou ICI, l'émission de Pivot recevant Louis Guilloux, très bien racontée ICI,  

vendredi 11 mai 2012

Hors-série - Sur la Route d'après Jack Kerouac - le livre - le film - le magazine

Le film tiré de l’œuvre culte de Jack Kerouac sort le 23 mai avec Walter Salles (Carnets de voyage) à la réalisation et comme acteurs: Garrett Hedlund, Sam Riley et Kristen Stewart.

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

Pour l’occasion, un hors-série  de la rédaction des Trois Couleurs, le magazine gratuit distribué dans les salles de cinéma,  lui est consacré ce mois-ci, soit 244 pages sur les chapitres les plus marquants de la Beat Generation.
Je le trouve particulièrement bien fait. Il me donne envie non seulement de voir le film,  bien sûr, mais de relire une nouvelle fois le livre lui-même ou un autre de l'auteur comme ICI.
Ce que j’ai surtout apprécié:
  • Le Who’s Who  dans le roman et dans la vie de l’auteur, avec photos à l’appui, des archives inédites et des manuscrits exclusifs de Jack Kerouac. 
  • La chronologie des évènements qui ont rythmé  sa vie, des années 1720 quand un de ses ancêtres bretons, un Le Bihan, propriétaire terrien à Kervoac,  part s’installer à la Nouvelle France (Québec) et  que son grand-père Kerouac émigre,  à la fin du XIXe siècle,  aux Etats-Unis, jusqu’en novembre 2011, quand son premier roman est publié pour la première fois: «The Sea is my Brother» lorsque son beau-frère a retrouvé le manuscrit par hasard dans ses archives.
  • La double page «Hit The Road» avec la carte de ses voyages à travers l’Amérique du Nord. 
  • Après l’étude très détaillée et illustrée de la vie de Kerouac, une autre double page avec toutes les couvertures de son chef d’œuvre.
  • Toute une étude ensuite de l’héritage Beat des Rockers, Dylan, le fils spirituel, les Beatles, «des gamins en rut», The Doors et Tom Waits, poètes Rock, Burroughs, rappeur punk,  Bowie, etc.
  • L'influence dans  les films, la mode, la peinture. L'ensemble avec de nombreuses  photos,  encore peu connues. 
  • Enfin, toute la dernière partie, soit un bon quart du magazine,  est consacrée au film lui-même, avec des photos exclusives du tournage, des extraits du scénario annotés par le réalisateur Walter Salles, des interviews des acteurs, des croquis préparatoires du film,  tout ce qui tourne autour du film,en somme.  
 Bref, une belle réussite que cette entreprise autour d'un livre et d'un auteur-culte!


Outre ce superbe hors-série,  très utile pour la connaissance de la Beat Generation, je rappelle aussi l'existence de la BD: The Beats-Anthologie graphique éditée par Emmanuel Proust en 2011 ainsi que l'exposition sur Jack Kerouac au musée des lettres et des manuscrits, Paris
Sur la Route d'après Jack Kerouac. 
Hors-série de Trois Couleurs, le magazine du cinéma.  disponible en deux éditions: Une édition 196 pages, distribuée en kiosque au prix de 9.90 euros. Une édition «collector» de 244 pages, distribuée en librairie au prix de 12.90 euros et ICI. Informations sur ce numéro ICI ou ICIMerci à Isis Hobéniche de MK2 Agency pour l'envoi du magazine. 

jeudi 10 mai 2012

Un éclat minuscule de Jean-Baptiste Gendarme

Stéphane, Clémence, un jeune couple désireux de prendre un peu de repos loin de  leur enfant de vingt mois resté en France, ont un accident. Tout se passe  en trente minutes,  en Égypte,  dans une ruelle  très fréquentée d’Alexandrie. Stéphane,  quelque peu  blessé, attend les secours près de Clémence,  bien plus gravement touchée. Il revit les moments clés de sa vie, entouré de passants curieux et peu compatissants.

Tout pour plaire en apparence ce petit livre!  Belle collection. Grand éditeur, quatrième de couverture attirante. Jeune romancier, inconnu pour moi mais qui en est déjà à son  quatrième roman. Que des bonnes critiques dans la presse hebdo -  comme d’habitude d’ailleurs! Un seul bémol  de la part d’une lectrice qui avoue être restée en dehors de cette histoire, complètement indifférente à ses rebondissements. 
A mon tour, autant le dire tout de suite: voilà un roman que je n’ai pas aimé:  il me tombait des mains ou me faisait dormir. Bref il m’a  ennuyée  Il est court, c’est pourquoi je l’ai terminé mais en sautant  des pages vers la fin quand j’ai compris qu’il ne se passerait rien de plus qu’un flash back de souvenirs attendrissants pendant l’attente de secours qui semblaient ne jamais devoir arriver! Le héros m'est devenu très vite antipathique  tant il est lâche, plaintif, passif, hésitant, d'une sensibilité exacerbée peut-être mais agaçante quand il faudrait être actif et prendre des décisions rapides...Bref une histoire déjà oubliée. 

Pour toute citation, je retiendrai ce défaut supplémentaire du héros (p 37) "apotropaïsme" ou la tendance maladive à imaginer le pire.  
Cette pratique repose sur la superstition et consiste à formuler une hypothèse dont on espère - en son for intérieur- qu'elle ne se réalisera pas. 
Un éclat minuscule de Jean-Baptiste Gendarme.  (Gallimard, 2012, 114 pages)

mercredi 9 mai 2012

La mort dans l'âme de Sylvain Ricard et Isaac Wens, ma BD du mercredi


M. Vanadris, dans les quatre-vingts ans, est  en fin de vie. Cancer probablement. Une tumeur de deux kilos dans le corps. Il n’en peut plus. Il est en phase terminale et son fils Cyril,  qui l’adore, doit l’accompagner dans un établissement de soins palliatifs.  Visite du centre avec un docteur. Accueil pour remplir les papiers. Mise en fauteuil. La nourriture, les autres malades,  tous plus mal en point que lui les premiers temps. Il les voit se dégrader peu à peu jusqu’à leur disparition, ce qui le déprime encore plus. Les soins consistent essentiellement en des  injections de morphine. Les tuyaux s’ajoutent  toujours  plus nombreux au fil des jours. Son seul plaisir consiste à regarder le Tour de France à la télévision. Il préfère parler au prêtre de l’hôpital plutôt qu’au psychologue. Arrive le moment où son état est tel qu’il réclame l’euthanasie. Refus du prêtre et du médecin, chacun se retranchant derrière  des interdits religieux ou légaux. Seul le fils, par amour, finalement, décide de  rester une nuit près de lui. Il a respecté le désir de son père de l’aider à partir. 
Les dessins sont simples et couleur sépia. On ne les remarque pas vraiment tant ils sont au service du récit.
J’ai aimé cette histoire dure mais réaliste et courageuse. Sur le thème du dernier âge, j'avais déjà beaucoup aimé: Rides de Paco Roca mais ici, le thème  va plus loin et touche à un problème de société très actuel:  la liberté et la possibilité légale et médicale pour un mourant de décider du moment de sa mort.  Ce n'est pas un plaidoyer, juste un constat. J'ai apprécié. 
En ont parlé aussi Mo, Choco, Yvan, Alfie's Mec;
La mort dans l'âme de  Sylvain Ricard  et Isaac Wens
(Éditions Futuropolis, 2011, 125 pages)
Bienvenue cette semaine à Iluze pour sa première participation. 
Alex, Amandine,  Arsenul,   Benjamin, choco,  Chrys,  Delphine, Didi, Dolly,  Emmyne, 
La-ronde-des-post-it,  Lirepourleplaisir,  Lou, Lounima,  Lystig,  Mango,   Manu,
Margotte, Marguerite,  Marie,  Marion,  Mathilde, Mélo, Alfie's mec,   Moka, Mo',   NatioraNoukette,   OliV', Pascale, Paulinelit,  Sandrounette,  Sara,  Sofynet,  Soukee,  Theoma, Valérie, Sophie/Vicim,   Syl,  Vero,Wens,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan,    Mr Zombi,  32 octobre,
Je participe aussi au Top BD de Yaneck (17/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'

mardi 8 mai 2012

Vengeance à froid de Preston & Child


"Une partie de chasse dans les Highlands écossaises tourne au règlement de comptes entre l'inspecteur Aloysius Pendergast du FBI et son beau-frère Judson Esterhazy.
Au terme d'une lutte acharnée, Esterhazy laisse Pendergast pour mort... après lui avoir révélé que sa soeur Hélène - la femme de Pendergast - n'est pas décédée dix ans plus tôt dans un accident de chasse en Afrique! Elle vit toujours... Judson avoue avoir simulé la mort d'Hélène pour la protéger d'une mystérieuse organisation qui la traque...
Pendergast - qui a survécu - veut désormais retrouver Hélène, dont il est toujours épris. Mais Esterhazy fera tout pour l'en empêcher, de peur qu'il ne découvre le secret de sa soeur et de leurs origines familiales.
Début d'un mano a mano impitoyable entre les deux hommes, qui les mènera de New York aux bayous de Louisiane"

 Mieux vaut commencer par le résumé de l'éditeur tant j'ai trouvé complexe le déroulement des événements et cela d'autant plus que le début de l'aventure commence dans le volume précédent: "Fièvre mutante". 
Il se passe vraiment beaucoup de poursuites et de revirements de situations dans ce roman. Beaucoup d’actions et de bagarres aussi surtout dans les derniers chapitres. Le héros Pendergast est obligé de se cacher et de changer constamment d’identité,  de lieu où vivre et d’apparence pour se soustraire à l’idée fixe de son beau-frère qui consiste à le tuer ni plus ni moins. Tous les moyens sont bons pour ça et tout d’abord l’enlisement dans les sables mouvants d’un marais d’Irlande. C’est là  qu’il apprend que sa femme n’est pas morte comme il le croyait. Dès qu’il le peut il s’empresse de la rechercher et ce n’est pas une petite entreprise. 412 pages  seront nécessaires pour résoudre toutes les énigmes en cours… C’est du moins ce que je croyais, mais non, il y aura une suite.
Ce n’est pas que je n’ai pas aimé ce livre, c’est que je me suis sentie souvent perdue dans les méandres de l’aventure. Pas le temps de trop réfléchir. Il faut suivre …
Je me suis juste  essouflée! 

Vengeance à froid de Preston & Child
Thriller,  éditions de l’Archipel, 2012,  412 pages, 
Traduit de l’américain par Sebastian Danchin,
Titre original: Cold Vengeance.
Merci aux éditions de l'Archipel


Challenge Thriller de Cynthia: ICI ou ICI (billet11)

lundi 7 mai 2012

Joyce Carol Oates – Le musée du docteur Moses

Un livre de J.C. Oates sur la table des «Nouveautés» à la bibliothèque?  Hop, lecture immédiate au premier moment de libre. Surprise! Ce n’est pas un roman mais un recueil de dix nouvelles: grimace! 

Même thème pour toutes: un quotidien terne,  banal et familier vire au cauchemar.
Même style: brillantissime.
Même genre de personnages: des Américains normaux et sans problèmes, en apparence,  désireux de s'intégrer au mieux dans la société mais à un moment leur vie déraille. 

La plus courte des nouvelles est la première 
"Salut! Comment va!"
Une prouesse stylistique! Une seule phrase déroulée sur six pages. Un seul personnage et une seule action. 
Un joggeur,  bel homme baraqué d'un mètre quatre vingt dix,  file le long de l'arboretum universitaire, vers 18 heures, un jeudi soir, et lance un tonitruant  Salut! Comment va! à tous les coureurs qu'il croise et qu'il tire ainsi de leurs pensées, sans se douter des réactions qu'il déclenche chez certains d'entre eux. Le rythme de la phrase épouse celui de la course. La fin est à couper le souffle  justement! 

Le Musée du Dr Moses. 44 pages. C'est la  dernière et la plus longue des nouvelles.
 Ella, la narratrice, répond à un appel d'urgence de sa mère avec laquelle elle est brouillée depuis une dizaine d'années. Elle est remariée avec un médecin en retraite qui a transformé leur nouvelle maison en musée médical. Durant le voyage en voiture, Ella repense à l'histoire familière de sa petite enfance quand, sa mère avait risqué sa vie pour la sauver d'un essaim de guêpes qui l'attaquait. Sa mère, l'indulgence même  qui pardonne toujours tout. C'est même à cause de ça qu'Ella s'est fâchée. Et voilà que tout recommence avec son nouveau mari mais le pire n'a pas de fin même s'il n'est jamais sûr! 
Grandiose! 
Ce ne sont que des nouvelles mais c'est du grand Oates! A lire! 

Joyce Carol Oates Le musée du docteur Moses (trad. Claude Seban) – Philippe Rey
Sous-titre: Histoires de mystère et de suspense. Dix nouvelles.
Titre original: The Museum of Dr Moses, 2007

dimanche 6 mai 2012

Q'en avez-vous fait? Marceline Desbordes-Valmore

Vous aviez mon cœur,
Moi, j’avais le vôtre;
Un cœur pour un cœur,
Bonheur pour bonheur!

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre;
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu!

Qu'en avez-vous fait,
Mon maître suprême?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,


Vous me laissez là

Dans ma vie amère,
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela!

Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde,
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’Amour?

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte,
Ami comme avant,
 Vous viendrez rêvant,

Et l’on vous dira:
"Personne!...elle est morte",
On vous le dira,
Mais, qui vous plaindra?

Elégies de Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)

samedi 5 mai 2012

Comment devrait-on lire un livre? ou le théoricien du commun par Virginia Woolf -

Virginia Woolf s’interroge  sur  le lecteur, la  lecture et la critique  dans un essai  publié en 1926. Ce texte  m’a passionnée  quand je l’ai lu ICI, présenté  et traduit pour Fabula par François-Ronan Dubois 

Elle indique qu' un des plaisirs de la lecture, dès les premières pages d’un grand livre, tient à la découverte d' un monde tout à fait nouveau, orienté par la vision intérieure  fortement affirmée de l'auteur, l’esprit supérieur qui  a forgé ce monde qui exige de nous toute notre sympathie. 

Il faut alors se laisser aller à une lecture des plus naïves et des moins critiques possibles. Il faut lire sans se compliquer la vie, en s’abandonnant à l’influence de l’écrivain, sans effort, en sachant  s’arrêter pour s’occuper ailleurs. Lire de façon cool en somme!


Elle affirme que le plaisir final  le plus vif de la lecture vient ensuite de l’activité théorique consistant à  sélectionner, classer, étiqueter les qualités communes d’œuvres diverses.

Survient alors la deuxième étape de la lecture:  juger le livre sans l’avoir sous les yeux. Nous réagissons immédiatement comme dans une  conversation, en affirmant très vite: 
"j’aime, j’aime pas. J’ai aimé ceci et détesté cela"

Ce n’est qu’ensuite que se construit la critique plus élaborée grâce aux  comparaisons avec les œuvres du même genre. Virginia Woolf insiste sur la nécessité d’avoir lu beaucoup pour mieux forger son goût. Un livre se compare toujours par rapport aux meilleurs  mais aussi aux plus médiocres. 

Cependant la lecture en soi doit rester une activité sans autre but que soi-même. 
Du moins ai-je parfois rêvé que, à l'aube du Jugement Dernier, quand les grands conquérants, les législateurs et les hommes d'Etat viendront recevoir leur récompense, leurs couronnes, leurs lauriers, leurs noms gravés dans un marbre impérissable, le Tout-Puissant se tournera vers Pierre et dira, non sans une certaine envie, lorsqu'il nous verra arriver nos livres sous les bras: «Regarde, ceux-là n'ont pas besoin de récompense. Nous n'avons rien à leur offrir. Ils ont aimé la lecture.» (Virginia Woolf) 

vendredi 4 mai 2012

Doodle Keith Haring, peintre américain.

Cette fois-ci c’est un artiste majeur de la culture pop que fête ce nouveau Doodle.  
 Keith Haring (1958/1990) 
Il aurait eu 54 ans aujourd’hui mais  en réalité il est mort à 32 ans.
C’est l’occasion pour moi de le découvrir.



12 grands classiques à lire ou à relire

C'est beaucoup moins que les 1001 contes des 1001 nuits. et beaucoup moins aussi que les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie avant de mourir, selon l'universitaire Peter Boxall
Je me suis amusée à relever les 12  livres déjà lus mais que je voudrais relire et  les 12 que je ne connais pas encore et que j’aimerais lire, sans me  fixer de dates de préférence connaissant ma tendance à la lecture plus facile des romans actuels.
Voici donc les deux listes en question :

Lus mais à relire:
1) Les Mille et une Nuits/ Anonyme (langue arabe), aux alentours de 850
2) Le Dit du Genji/ Murasaki Shikibu (Japonais), 973-1014
3) L’âne d’or/ Apulée (Latin), 123-170
4) La vie de Lazarillo de Tormes/ Anonyme (Espagnol), 1554
5) Gargantua et Pantagruel/ François Rabelais (Français), 1494-1553
6) Don Quichotte/ Miguel de Cervantès Saavedra (Espagnol), 1605-1615
7) Etats et Empires de la Lune/ Savinien de Cyrano de Bergerac (Français), 1657
8) La Princesse de Clèves/ Mme de la Fayette (Français), 1678
9) Robinson Crusoé / Daniel Defoe (Anglais), 1719
10) Moll Flanders/ Daniel Defoe (Anglais), 1722
11) Les Voyages de Gulliver/Jonathan Swift (Anglais, Irlande), 1726
12) Le Paysan parvenu/ Marivaux (Français), 1734-1735

Restent à lire:
1) Le conte du coupeur de bambou/ Anonyme (Japonais), Xe siècle
2) Histoire des trois royaumes/ Luo Guanzhong (Chinois), XIVe siècle
3) Au bord de l’eau/ Shi Nai et  Luo Guanzhong (Chinois) 1370
4) Tirant le Blanc/ Joanot Martorell (Catalan), 1490
5) La Célestine/ Fernando de Rojas (Espagnol),1499
6) Amadis de Gaule/ Garci Rodriguez de Montalvo (Espagnol), 1508
7) Les Lusiades/ Luis Vaz de Camoës ( Portugais), 1572
8) Les pérégrinations vers l’Ouest/ Wu Cheng’en (Chinois), 1592
9) Le Voyageur malchanceux/ Thomas Nashe (Anglais), 1594
10) Thomas de Reading/ Thomas Deloney (Anglais), aux alentours de 1600
11) Les travaux de Persiles et Sigismonde/ Miguel de Cervantès (Espagnol),1617
12) Les Aventures de Simplicius Simplicissimus/ Hans von Grimmelshausen(Allemand), 1668

Sont-ils tous traduits? Sont-ils faciles à trouver dans les bibliothèques où je suis inscrite? Ne sont-ils pas ennuyeux à mourir? Bah, je verrai bien! Je me fixe ce but! L’atteindrai-je? C’est une autre affaire mais je sens ma curiosité éveillée, c’est elle qui m’a toujours guidée! Ai-je jamais pu lui résister? Je lis tellement de bêtises par ailleurs, je peux bien perdre un peu de temps pour ces chefs d’œuvre de partout et de toutes les époques!
Est-ce une opération destinée à rester solitaire ou quelques blogueuses ou blogueurs aventureux sont-ils prêts à  se lancer également dans une de ces lectures plutôt ambitieuses?   A chacun suivant son rythme et sans date butoir, ce qui serait nettement plus amusant!

Les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie, ouvrage dirigé par Peter Boxall (Traduitde l’anglais par Patricia Crossley-Lamin, Lorena Lamin, Anne Marcy-Benitez, Flammarion, 2006, 960 pages)
Préface de Jean d’Ormesson de l’Académie française, Avant-propos de Peter Ackroyd.

jeudi 3 mai 2012

Un bureau tout à soi


Non, ce n'est pas mon bureau idéal, que celui-ci, de David Lodge. 
J'en ai vu de plus beaux.  
N'empêche! 
Avoir une pièce rien qu'à moi et rien que pour écrire, lire, bloguer, réfléchir, une pièce  large et lumineuse, isolée du reste de la maison et des bruits de la rue, avec  tout le confort moderne et  les nouvelles techniques 
sans oublier une grande bibliothèque  à portée de main...
  je referais le monde
j'écrirais ma divine comédie!