jeudi 19 novembre 2009

Dans les limbes de Jack 0'Connell


Au début du roman, Sweeney, un pharmacien de Cleveland, lit une bande dessinée « Limbo », dont des monstres de cirque sont les héros et curieusement, ceux-ci auront une grande importance par la suite. Danny, son fils de six ans, depuis un an dans le coma,  à la suite d’un traumatisme crânien,  adorait lire ces sortes d’ histoires. Après ce drame, la femme du héros s’est suicidée. Lui,  qui a tout quitté pour son enfant,  se retrouve rongé par le chagrin, le remords, l’anxiété et la peur. Sa mémoire  lui joue des tours. Il devient parfois tellement fou de douleur qu’il se laisse aller à de terribles accès de rage. Il vient confier son enfant au Dr Peck, un médecin visionnaire qui se vante d’avoir déjà « réveillé » deux de ses malades.
Mais cette clinique haut perchée sur une colline de Quinsigamond, ressemble à un manoir gothique plein de pièces étranges, des souterrains  marécageux jusqu’à la coupole réservée au dangereux docteur et à sa salamandre favorite.

C’est un roman noir, gothique et les personnages ont tous des mobiles cachés, que ce soient  les  monstres de la  BD, plus vrais que nature, les  médecins et les infirmières ou encore la bande de bikers, motards très particuliers à laquelle se heurte sans cesse le héros. Bientôt l’espace se réduit, on rampe beaucoup sous terre pour chercher une certaine forme de vérité ou de délivrance.  La menace qui pèse sur le père et le fils s’accentue. Les  rêves et la réalité se confondent souvent,  les personnages se rejoignent, tout s’enchaîne et se déchaîne. La fin est magnifique et irracontable.

Dès la préface, O’Connel nous a mis en garde ! « oui, ceci est un livre sur le deuil, le chagrin et la rage. (…) Mais,  au bout du compte, c’est un livre sur la moralité complexe de l’écriture elle-même, de la fabrication d’un récit, d’une histoire. Sur ce que le processus fait à l’écrivain. Ce qu’il fait à son entourage. Ce qu’il a le potentiel de faire au lecteur- et pour lui. »

En refermant ce livre, je m’étire, je souris, je me sens bien, encore un peu dans un état second, avec le désir de rester dans l’histoire un moment encore, de ne pas retourner trop vite dans ma réalité ! Je n’ai peut-être pas tout très bien compris mais curieusement, pour une fois,  ça ne me dérange pas ! J’ai adhéré à l’histoire, j’ai encore un peu de mal à m’en détacher, je suis admirative, enchantée ! J’ai vécu une belle aventure, C’est maintenant comme si je devais me séparer d’un ami très cher et repasser les moments vécus, les paroles prononcées ! Je reste sur une très bonne impression ! C’est vraiment un grand livre, un livre magique,  comme un vêtement très confortable,  trop grand pour moi mais dans lequel je me suis sentie si bien !

« L’art est un mensonge qui dit toujours la vérité »Picasso
« Rien n’est conforme aux apparences » Jim Thompson (Préface)

L'ont aimé aussi : Cuné, Amanda, J.M.Laherrère,
Je remercie l'éditeur ainsi que le Blog-O-Book pour l'envoi de ce livre.

Dans les limbes de Jack 0’Connell (Rivages/Thriller,octobre 2009, 355 pages)  Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé. Titre original : The Resurrectionist. Titre longtemps provisoire : «Les Tombes » Temps mis pour écrire ce livre : 5 ans

mercredi 18 novembre 2009

Invitation à la journée Dédicaces de Sciences Po,





 « J’ai accompli de délicieux voyages sur un mot » Balzac

Créée en 1947,  pour promouvoir la lecture sous toutes ses formes,  la 62ème journée Dédicaces de SciencesPo est placée sous le signe de Balzac 

Il s’agit d’ouvrir les portes  à un panel d’auteurs allant de la littérature aux sciences humaines et  sociales et de toucher ainsi un large public.
Parmi les auteurs que j’aime ou tout au moins que je connais en tant que lectrice, seront présents ce jour-là,  de 14 à 18 H :
Laure Adler,
Jacques Attali,
Gwenaëlle Aubry,
Pénélope Bagieu,
Patric Besson,
Pascal Bruckner,
Raphaël Enthoven,
Luc Ferry,
David Foenkinos,
Brigitte Giraud,
Yannick Haenel,
Fabrice Humbert,
Alexandre Jardin,
Cécile Ladjali,
Claude Lanzmann,
Vincent Message,
Leonora Miano,
Yann Moix,
 PPDA,
Jean Teulé,
 Florian Zeller,
Plantu,
Sempé
J’ai surligné en rouge ceux que je ne voudrais pas manquer, si je réussis à y aller !
Pour tous renseignements, c’est ICI
Adresse : SciencesPo, 27, rue Saint-Guillaume, 75007, Paris
Métro : Saint-Germain des prés (ligne 4),  Rue du Bac (ligne 12), Sèvres Babylone (ligne 10 et 12)

mardi 17 novembre 2009

La sorcière de Marie Ndiaye


Tant qu’à être sorcière, j’aimerais mieux en être une vraie, à l’ancienne, avec chaudron, breuvages et  paroles magiques plutôt que cette Lucie de banlieue de province,  mère de famille et fille de sorcières plus douées,  qui pleurent de vraies larmes de sang, alors que de ses yeux à elle ne sort qu’un liquide pâlot un peu ridicule !  Ses filles peuvent se transformer en  corneilles et sa mère en serpent, elle demeure une femme banale, timide, honteuse et  malchanceuse. D’ailleurs, si elle peut vaguement prévoir  l’avenir proche, tout semble lui échapper : ses deux filles qui s’écartent d’elle le plus possible, son mari qui rejoint un autre foyer, ses parents qui refont leur vie séparément et  plutôt mal.  Malgré sa bonne volonté, tout s’écroule autour d’elle et ses pouvoirs n’y peuvent rien. La solitude l’envahit, la court-circuite,  et la contraint à se transformer en professeur de sorcellerie frelatée.  
L’écriture est belle mais le roman ne me séduit pas ! Je n’ai pas adhéré à ces petites vies médiocres, ces petits appartements malodorants, vieillots et désordonnés, ces femmes sorcières aux pouvoirs inutiles et au quotidien étouffant. Le fantastique, l’insolite, l’au-delà du réel, le féerique, je les ai sans cesse attendus mais ils n’étaient là qu’au compte-goutte ! Sans m’être ennuyée pendant ma lecture, je suis restée étrngère au récit. Je n’aime décidément pas les romans métaphoriques !
 La sorcière de Marie Ndiaye (Les éditions de Minuit, 1996, 189 p.), Livre de Poche. 

lundi 16 novembre 2009

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants de Xiaolu Guo


Imaginez- vous à vingt ans,  catapultée en Chine, à Pékin,  pour y apprendre la langue avec, pour tout bagage ou presque, l’adresse d’un professeur de chinois et un petit dictionnaire bilingue. Non seulement vous vous sentiriez terriblement seule mais encore complètement perdue et parfois terrifiée par des réactions et des habitudes à l’opposé des vôtres!  Pourtant il faut persévérer car vous n’avez qu’un visa d’un an, très peu d’argent en poche et,  derrière vous, l’espoir de toute votre famille en votre réussite !
C’est ce qui est arrivé à la narratrice,  comme à l’auteur d’ailleurs,  dont cet adorable livre semble être  le journal, mois après mois,  pendant l’année qu’elle a dû passer à Londres pour y apprendre l’anglais avant de devoir retourner chez elle,  en Chine, aider au commerce international de ses parents devenus fabricants de chaussures. C'est du moins ce qui était prévu au départ!

 On assiste à ses balbutiements au tout début de son séjour, à ses efforts pour comprendre la mentalité occidentale en même temps que s’accroît son vocabulaire anglais. Celui-ci s’améliorera plus vite grâce à son amant chez qui elle ira s’installer sur un malentendu linguistique ! Il l’invite chez lui, un soir, pour un dîner, elle débarque avec armes et bagages et s’y installe, croit-elle, pour toujours ! Ils s’aiment, on partage tout ! Ce n’est pas plus compliqué que cela, mais très vite,  elle apprendra, à ses dépens, qu’en Europe, rien n’est vraiment simple et surtout pas les rapports amoureux ! Il est vrai qu’il est bisexuel, artiste, végétarien, de vingt ans plus âgé,  individualiste à tous crins et qu’il désire par-dessus tout son indépendance.

C’est donc seule qu’elle s’en ira faire un tour d’Europe dans le cadre des accords de  Shengen qui permet aux étudiants, pendant leur année d’études, de voyager et de se loger à peu de frais !
Voici un exemple de ce qu'elle peut écrire vers la fin de son année anglaise: elle ne fait plus que très peu d'erreurs! Toujours dans l'usage des temps conjugués qui n'existent pas en chinois où l'on n'utilise que l'infinitf!
"Aimer, ce mot d'ici, comme les autres mots d'ici, a un temps. "J'aimais" ou "j'aimerais" ou "j'ai aimé". Tout ces temps signifient qu'aimer est limité dans le temps. Pas infini. Il existe seulemnt dans une période déterminée. En chinois, aimer n'a pas de temps. Pas de passé, pas de futur. Aimer en chinois signifie un état, une situation, une circonstance. L'amour est l'existence qui englobe le passé et l'avenir.
Si notre amour existait dans le temps chinois, alors il durera toujours. Il sera infini."
J’ai adoré cette découverte des principales capitales européennes comme j’ai aimé tout le roman d’ailleurs, très original, optimiste, drôle, intelligent et plein d’autres choses encore !  L’apprentissage indispensable d’une langue étrangère, la communication entre cultures différentes,  la foi en l’avenir de cette jeune Chinoise si attachante et si  courageuse, tout m’a beaucoup plu dans ce livre jusqu’au sabir du début quand elle s’exprime encore si mal et bravo à la traductrice !

Mon seul bémol serait le personnage de l’amant qui n’est décidément pas à la hauteur. Je ne l’ai pas du tout aimé ! C’est une bien petite critique par rapport au plaisir que j’ai eu par ailleurs !

Ont aimé ce livre aussi: Yueyin, Juliann, Karine:), Florinette, Naïna, Clarabel, A-Girl-From-Earth, Bel Gazou,  et peut-être d'autres encore!
Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants de Xiaolu Guo (Buchet-Chastel, 2008, 330 p.) Traduit de l’anglais (Chine) par Karine Laléchère 

dimanche 15 novembre 2009

Il pleut de Francis Carco, dimanche poétique,


Il pleut. C'est merveilleux, Je t'aime.
Nous resterons à la maison :

Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.



Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur
la Seine
Font
un bruit... qu’on ne s’entend plus !

C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.



Francis CARCO (1886-1958): Il pleut Francis Carco a écrit aussi: Jésus la Caille (1914), L'homme traqué (1922) Grand prix de l'Académie française, Poèmes en prose (1948), Les Innocents (1952). On se souvient peut-être encore un peu de sa chanson: "Le doux caboulot". 
Les amateurs de poèmes du dimanche sont ici, chez Celsmoon. Publient généralement le dimanche: Edelwe, lepetitmouton,Abeille,Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel,Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Esmeraldae, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Emma666, Dominique,MarieJulienBookworm, Soie
















samedi 14 novembre 2009

Charleston Sud de Pat Conroy



 Voilà plus d’un mois et demi que je traîne ce livre partout où je vais  malgré son volume ! Voilà plus d’une semaine que j’essaie d’écrire à son sujet sans y réussir ! Je me demande bien pourquoi ou plutôt je le devine trop bien !  
J’écris plutôt facilement d’habitude, surtout quand le roman m’a plu  et j’ai aimé « Charleston Sud » ! Tout au moins ma première lecture a été simple, facile et sans problème. Il faut dire que je n’ai encore rien lu de cet auteur et surtout pas son « Prince des marées » qui fait partie de mon choix pour le Blog-O-Trésors et que je vais sans doute finir par lire en lecture commune avec Restling !

Tout s’est compliqué quand Cuné a publié sa bombe, le 5 octobre, mais que je n’ai pas voulu lire à ce moment-là puisque je commençais à peine  la lecture du roman en question. Je n’ai même pas laissé un commentaire ! Et je n’en ai pas laissé non plus quand j’ai enfin pris connaissance de son avis, mais j’en suis restée infiniment étonnée! Je ne m’attendais pas à une critique aussi royalement et définitivement négative ! Je ne savais plus quoi penser ! Un énorme doute s’est emparé de moi, énorme, vraiment énorme ! J’ai aussitôt accusé ma naïveté de lectrice trop facile à contenter !  Et je me suis mise à relire de très longs passages. Je l’ai alors labouré en long et en large, ce récit ! Ai-je bien tout compris ? Y aurait-il des passages qui auraient dû m’ennuyer, me heurter pour une raison ou pour une autre ? Peut-être là, en effet, se montre-t-il grandiloquent ? Ici, n’est-il pas un peu trop lyrique ?  Son style ne me semble-t-il pas ampoulé, répétitif, bancal ?  Un peu de tout ça,  sans doute, je l’admets !


J’ai simplement exclu la critique sur la reprise obsessionnelle des thèmes autobiographiques puisque pour moi tout était nouveau de ce côté-là !

La relecture ne m’a pas davantage déçue ! J’aime toujours cette saga familiale, cruelle et généreuse,  qui est aussi « l’histoire d’une génération. Celle du narrateur, Leo King et d’un groupe d’adolescents venus de tous horizons » selon l’éditeur.

Seulement voilà,  Cuné, (avec Cathulu,  entre autres,) fait partie de mes références littéraires et de mes visites matinales. Elle a toujours été de bon conseil et j’ai toujours été d’accord avec ses choix jusqu’ici, d’où mon trouble ! Et puis elle a lu les autres œuvres de l’auteur qu’elle connaît nettement mieux que moi !  C’est donc en désespoir de cause et parce que je n’ai rien d’autre à présenter en ce moment que je finis quand même par publier ce compte rendu de ma lecture plus que l’analyse du roman. Cuné l’a faite. Je ne vais pas recommencer !

Je n’ai qu’une peur maintenant c’est de ne pas aimer  "Le Prince des Marées" autant qu’il le mérite ! 
Charleston Sud de Pat Conroy , ( Albin Michel,  octobre 2009,  583 p.) Traduit de l’anglais (Etatas-Unis) par Marie-Lise Marlière et Guillaume Marlière, Titre  d'origine: South of Broad.

vendredi 13 novembre 2009

Le Read-A-Thon revient ou le Marathon de Lecture Non-Stop!


Je viens de m'inscrire au Read -A -Thon chez Virginie

12 ou 24 heures de Lecture Non Stop, 
les samedi et dimanche 20 et 21 février 2010.
Ce sera une journée de folie comme je les aime! 
C'est déjà la deuxième année pour ce marathon de Lecture Non Stop 
Pour tout savoir c'est ici! 


Les participants et les cheerleaders (dont la présence est indispendable) sont attendus.
Le logo est de Celsmoon!

jeudi 12 novembre 2009

Les jumelles de Highgate de Audrey Niffenegger






Dans un hôpital londonien, meurt Elspeth, une jeune femme  qui, aussitôt,  se retrouve en train de flotter au plafond, toute douleur enfuie. Tout de suite après, Robert, son compagnon, s’endort auprès d’elle, en enlaçant son corps qui se refroidit.

 Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, dans l’Illinois, une autre jeune femme reçoit une lettre de sa sœur jumelle lui annonçant sa mort prochaine et sa décision de léguer son appartement londonien et tous ses biens à ses deux filles, Julia et Valentina, jumelles elles aussi ! A une condition cependant c’est que celles-ci acceptent de s’installer chez elle,  à Londres, sans jamais recevoir la visite de leurs parents.
Alors s’organise, peu à peu, dans la capitale anglaise,   une étrange vie pour ces jeunes  jumelles. Bientôt des signes de plus en plus évidents prouvent à tous la présence de Elsbeth, leur jeune tante morte qui réussit à écrire sur la poussière des meubles.
L’histoire devient alors de plus en plus étrange et séduisante pour qui aime les atmosphères envoûtantes, les secrets de famille à découvrir, les jalousies entre sœurs et la présence de fantômes aimés, pas forcément maléfiques et aussi désarçonnés que les humains par ce qui leur arrive !

 Sans être une grande fan des histoires de fantômes, j’ai cependant beaucoup aimé ce roman  qui a réussi à m’étonner et surtout qui m’a laissé le temps de m’attacher aux personnages et de me créer des images très précises des différents lieux évoqués, le cimetière surtout et les trois appartements superposés si différents les uns des autres selon la personnalité très complexe des  occupants !
 La fin, comme il se doit,  donne lieu à un festival de surprises et je me suis parfois sentie un peu perdue au milieu de tous ces bouleversements, mais c’est que j’ai l’esprit encore un peu trop rationnel sans doute pour adhérer totalement sans sourire à la scène finale !  
J’imagine d’ailleurs très bien cette histoire donnant lieu à un film où le cimetière londonien de Highgate aurait un rôle de premier plan ! J’ai déjà très envie maintenant d’aller le visiter (ou  de l’influence d’un livre sur le tourisme des lieux romancés !...)

Les jumelles de Highgate de Audrey Niffenegger (Oh Editions, novembre 2009, 413 pages)  Traduit de l’anglais par Marie-France Girod, Photographe de la couverture : Chris Frazer Smith.

mercredi 11 novembre 2009

Tag de l'automne

Tag de l'automne.

Nommée depuis plus d'une semaine par Emma 666 et Hathaway, je m’empresse de rattraper mon retard  et de répondre à ce Tag des 7 choses qui rythment mon automne qui a déjà bien circulé!
Deux choses me viennent immédiatement à l’esprit, le reste en découle. L’automne, c’est pour moi la saison des achats de vêtements d’hiver et celle de mes petites  collections personnelles.
Tout d’abord, comme je passe un bon moment chaque jour à marcher en ville, j’ai besoin des accessoires suivants, sans lesquels je ne me sens pas confortable ! Et c’est toujours en cette saison que je fais ces achats :  Un bon sac bien grand,  susceptible de contenir un sac plus petit avec les documents et les cartes indispensables, puis  un autre sac, pliable  celui-là, pour les occasions achetées en cours de promenade, une carte de la ville et des livres et des revues, bien sûr ! De bonnes chaussures de marche, selon le temps. Un bon gros et chaud manteau à capuche. Une bonne grosse et chaude écharpe.  Et dans la poche, quelques petites fiches bristol avec une poésie par fiche  (une à apprendre par promenade pour le  plaisir et pour entretenir la mémoire!)
L’automne, c’est aussi la saison de mes collections personnelles que je ressors à ce moment de l’année et sur lesquelles je me penche avec plaisir : les cartes postales anciennes des coins qui me sont chers,  les albums de fleurs et les herbiers, les catalogues des expositions visitées que je n’en finis pas de regarder…
Et pour cela, à la maison, des lampes de toutes les tailles, un peu partout,  pour tamiser la lumière et des coussins de toutes les grosseurs, ici et là,  pour m’y lover avec un livre,  et puis des gros rochers en  chocolat,  et puis des châtaignes chaudes, et puis , et puis... trop de bonnes choses!
Et dominant le tout,  sur un  mur du bureau,  la carte du monde avec des indicateurs aux endroits où vivent les  êtres qui me sont chers  si loin à nouveau, après l'été  rapprocheur et  malgré les avions et les communications de toutes sortes !
 Le monde est devenu un grand village, voilà tout ! Il suffit d'un peu d'imagination et on se sent tout près les uns des autres! 
Et pour finir et ne pas faillir à la tradition, je tague à mon tour , si elles le veulent bien  et quand elles le pourront, Laurence (Sol drainé) , Manu et Restling qui se font plus rares depuis quelque temps! Et finalement qui en a envie!...

mardi 10 novembre 2009

Eté d' Edith Wharton


Que peut-il se passer, un bel été ensoleillé,  au début du siècle dernier, dans un tout petit village, à rue unique,  entre une jolie bibliothécaire de 17 ans qui s’ennuie sur le seuil de sa porte et un bel architecte de passage, jeune et bien habillé, courant après son chapeau de paille dont la course se termine au beau milieu d’un étang? 

Comme par hasard, il vient justement chercher un livre à la bibliothèque et s’étonne de son délabrement et de la poussière qui s’accumule sur les livres ! Elle lui en veut de ses remarques et comme elle manque terriblement de distraction,  elle ne peut s’empêcher d’y penser sans cesse ! D’ailleurs tout le monde épie tout le monde dans cet endroit où tout finit par se savoir, même et surtout les secrets les plus intimes ! Drame éternel des villages solitaires !
Lui, c’est Lucius Harney, venant de la ville, cultivé, riche, dynamique, sensible, séduisant, raffiné,  et tout et tout ! Elle, c’est Charity Royall, fraîche, jolie, énergique, vive et raisonnable mais complexée par sa naissance mystérieuse et vaguement menaçante et par son inculture et sa méconnaissance des usages du monde.
Voilà pour le duo !
 Cependant, pour être complet,  il manque au tableau Mr Royall, le père adoptif de cette jeune orpheline. Veuf depuis peu, autrefois avocat d’une certaine renommée, réfugié dans ce village après des déboires dont nous ne saurons rien, il est de loin l’homme le plus cultivé et respecté de l’endroit  malgré sa tendance à l’ivresse certains soirs d’ennui ! Charity le craint et lui impose la présence d’une servante pour le tenir à l’écart !
La suite ? Il y est naturellement question de rendez-vous amicaux, de séduction, de découvertes amoureuses, d’escapades fiévreuses dans une nature enivrante, de fêtes,  de feux d’artifices, de passion amoureuse, de demande en mariage inattendue, de jalousie, de déceptions, de honte,  de fuite, qui vers New York, qui dans la Montagne désolée et accablante de misère et de désespoir…
La fin ? Totalement inattendue pour moi ! Je n’ai rien vu venir ou si peu !
Ce résumé semble celui d’un de ces fameux « Harlequin » coquins de cet été, mais loin de là, c’est Edith Wharton qui écrit et c’est tout simplement sublime, je ne crains pas de le dire !
J’ai adoré ce livre et m’en réjouis encore !
L'ont aimé également: Florinette, Tamara,  Lilly,  Lou, Stéphanieet peut-être d'autres encore!
Tableau de John Singer Sargent (détail)
Eté d’Edith Wharton, (10/18, 1990,  254 pages)  Traduit de l’anglais par *non indiqué*

lundi 9 novembre 2009

Clara Militch par Ivan Tourguéniev,



 « Au printemps de l’année 1878 vivait à Moscou, dans une petite maison en bois de la rue Chabolovka, un jeune homme d’environ vingt-cinq ans nommé Jacques Aratov.  Il demeurait avec sa tante, Platonide Ivanovna, une vieille fille de cinquante ans bien sonnés, qui était la sœur de son père."
Il était beau sans le savoir mais il était aussi maladif, impressionnable et nerveux. Timide et farouche, il vivait seul avec sa tante qui s’occupait de tout et qui l’adorait, n’échangeant cependant pas ensemble plus de dix mots par jour. A la mort de son père qui le voulait chimiste et entomologiste comme lui, il abandonna l’Université pour ne plus se consacrer qu’à la photographie.  Il n’avait jamais connu ni fréquenté de femmes et n’avait qu’un unique camarade, Kupfer, un Allemand qui était son contraire, grand gaillard, bon vivant et fort amateur de compagnie féminine. Celui-ci lui fait  connaître une jeune et talentueuse actrice et chanteuse d’airs lyriques, Clara MilitchAratlov est troublé par elle qui ne cesse de le regarder pendant qu’elle chante au théâtre. Elle lui donne un mystérieux rendez-vous dans une rue de Moscou, mais il ne la comprend pas et ils se séparent sur un malentendu. Cependant, lorsqu’elle repart en tournée, il l’oublie vite jusqu’au jour où il apprend par hasard qu’elle s’est suicidée, en  absorbant du poison sur la  scène où elle se produisait. Très ému, il va chez elle et rencontre sa sœur qui lui donne le journal de Clara Militch prouvant son amour pour lui et que ce suicide n’est dû qu’à son indifférence!

A partir de cette révélation, des rêves vont venir perturber ses nuits jusqu’à le rendre malade. Malgré les tendres soins de sa tante, il dépérit et croit voir Clara Militch au pied de son lit, chaque nuit ! Il sent sa présence et ses baisers, il est heureux ! Fiévreux, il s’alite et ne se relève plus ! Il meurt rapidement, un sourire béat aux lèvres.
C’est « une incroyable et bouleversante histoire d’amour par-delà la mort » explique l’éditeur !
Je pense que la traduction, aussi bien faite soit-elle, doit faire perdre beaucoup de son charme et de son attrait à cette histoire des plus romantiques mais une telle nervosité liée à tant de  naïveté et de fragilité chez un jeune homme cultivé me laisse de marbre. Il me semble presque un extra terrestre. J’ai aimé lire cette  nouvelle plus par curiosité que par sympathie avec les personnages !

Clara Militch par Ivan Tourguéniev (folio, 2 euros), traduit du russe par Françoise Flamant,
Titre original : Après la mort. 3e livre lu dans le cadre du challenge de Cynthia, (Folio 2 euros)

dimanche 8 novembre 2009

Qu'il vive de René Char, dimanche poétique,

Qu'il vive !


Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.

La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.


 Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.


 Il n'y a pas d'ombres malignes sur les barques chavirées.


 Bonjour à peine est inconnu dans mon pays.


On n'emprunte que ce qui peut se rendre augmenté

.
 Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits.

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.


Dans mon pays, on remercie.



René Char Qu'il vive (1968) (Extrait des Matinaux)


Les amateurs de poèmes du dimanche sont ici, chez Celsmoon,