Maria aime Gaetano d'amour fou. Elle a dix-sept ans et vit dans une des plus belles régions du monde: la baie de Naples où les chansons d'amour résonnent encore à tous les coins de rue et attendrissent tous les cœurs. Elle est heureuse: ils vont bientôt se marier. Les préparatifs sont déjà en cours; reste à obtenir des prêts à la banque pour leur maison! "Non!" disent les banquiers , "vous n'avez pas assez d'argent devant vous!" Alors Gaetano saisit le seul moyen d'en avoir légalement: il s'engage pour l'Afghanistan!
Maria n'aura pas assez de toute sa vie ensuite pour le pleurer.
C'est là que commence le récit, un récit bouleversant, bien sûr, sur cette terre où la plus extrême violence s'allie à la plus extrême beauté, où le contraire de la Mort n'est pas la Vie, comme on aurait pu s'y attendre, mais l'Amour.
Ne nous y trompons pas! Naples pour l'auteur n'est pas une région touristique, c'est sa ville, celle, terrible, de la camorra,cette mafia encore pire que la sicilienne si c'est possible, celle où le mot honneur n'a plus aucun sens! C'est un pays de guerre et en guerre dont il est question ici et c'est bouleversant de réalité vécue.
Ici pour les enfants,la dernière guerre n'est pas, comme pour les autres petits italiens et européens, celle de 39/45, c'est l'Afghanistan, ou bien le Kosovo, en 1999, là où sont morts des hommes de leur famille, trop pauvres pour gagner rapidement leur vie mais suffisamment honnêtes pour ne pas se vendre à l'horrible pieuvre mafieuse!
"Plus de la moitié des soldats italiens tombés au front viennent du sud.La région regorge de vétérans. De soldats revenus de Bosnie ou, encore avant, du Mozambique. De soldats revenus du Kosovo, de Somalie ou d'Irak, de soldats revenus du Liban ou attendant d'y retourner. De soldats dont seuls les corps, brûlés, meurtris, en morceaux, sont revenus. Chez moi, quand quelqu'un meurt à la guerre, tout l'immeuble s'habille de noir."
C'est un livre magistralement écrit et bouleversant qui ne craint pas de dévoiler l'autre face de l'Italie, au-delà des paillettes de la RAI.!L'auteur: Né en 1979, à Naples, Roberto Saviano devient journaliste après des études de philosophie. Il est depuis l'immense succès de Gomorra (Gallimard, 2007), sous protection policière permanente.
Son passage à l'émission de Frédéric Ferney:"La Grande Librairie" ICI, (Merci Cynthia pour le lien!)
Le contraire de la mort, Retour de Kaboul, scènes de l a vie napolitaine, suivi de "La bague"(Robert Laffont, 88 pages, mars 2009) Traduit de l'italien par Vincent Raynaud. Titre original: "Il contrario della morte"
J'ai reçu de Masse Critique Gomorra, que je vais normalement commencer demain. Je me réjouis de le lire et ce dernire livre m'a l'air bien tentant aussi.
RépondreSupprimerHéhéhé je suis contente de trouver quelqu'un qui a aussi lu ce livre ! J'ai adoré ces nouvelles moi aussi, un peu pla première je crois.
RépondreSupprimer(raison-et-sentiments.cwoblog.fr)
Il faut que je le découvre. Tu avais lu Gomorra?
RépondreSupprimerZarline, celui-ci a l'avantage d'être bref ! Il se lit en une heure ou deux!
RépondreSupprimerraison-et-sentiments, oui et ce sont des histoires très réalistes et bien d'aujourd'hui!
RépondreSupprimerMirontaine, non je n'ai pas encore lu Gomorra! Il est toujours sorti à la bibliothèque!
RépondreSupprimerJ'ai bien l'intention de lire Gomorra d'abord !
RépondreSupprimerGio, tu as tout-à-fait raison, c'est celui qui l'a fait connaître et c'est à cause de lui qu'il est sans arrêt menacé de mort!
RépondreSupprimerJe ne savais pas qu'il avait écrit un deuxième livre peut-être plus romanesque que le premier...
RépondreSupprimerNoir c'est noir, on dirait. Un peu dur-dur le sujet, non ?
RépondreSupprimerJe n'ai pas lu Gomorra, je suis plus attirée par celui que tu présentes aujourd'hui. Côté blog-it je vois que tu as autant de tentations que moi en ce moment.
RépondreSupprimerTon article donne vraiment très envie! Je le note!
RépondreSupprimerComment résister ? Encore une fois, tu me donne En plus, j'avais déjà très envie de lire "Gomorra"... un de plus dans ma liste...
RépondreSupprimerMon commentaire est ressorti n'importe comment !! Je le refais !!
RépondreSupprimerComment résister ? Encore une fois, tu me donne très envie de lire ce livre. ;-)
En plus, j'avais déjà noté "Gomorra"... un de plus dans ma liste...
Géraldine, je ne sais pas s'il est plus romanesque! Ce sont deux récits courts sinon vrais du moins très réalistes!
RépondreSupprimerAlex, dur comme la vie qu'il a bien connue!
RépondreSupprimerAifelle, en ce moment, je trouve qu'on n'a que l'embarras du choix!
RépondreSupprimerpimprenelle, cet écrivain m'impressionne, et par ses œuvres, et par sa vie!
RépondreSupprimerLounima, J'espère réussir à mettre la main sur "Gomorra" bientôt!
RépondreSupprimerBonjour Mango, j'ai lu Gomorra et j'ai vu le film (terrible, comme je l'ai dit dans mon billet (13/08/08), je regarde la mozzarella d'un autre oeil). A part ça, ce nouveau livre de Saviano a l'air vraiment bien: je vais voir si j'ai temps de le lire. Bonne journée.
RépondreSupprimerje ne connais pas Roberto Saviano mais je connais Naples.
RépondreSupprimerJe connais des italiens, des libanais, des irakiens, des afghans pas encore mais ce dont je suis certaine c'est que la guerre est partout terrible celle de la gomorra est encore plus sanguinaire et horrible.
L'interview de Saviano dans "La grande librairie" si tu ne l'as pas encore vue : http://www.france5.fr/la-grande-librairie/index.php?page=article&numsite=1403&id_rubrique=1406&id_article=5564
RépondreSupprimerJ'ai vraiment envie de découvrir cet auteur!
Un auteur vraiment courageux, il n'y a pas à dire !
RépondreSupprimerManu, il n'a pas hésité à se mettre en première ligne! Je l'admire beaucoup!
RépondreSupprimerdasola, je ne connaissais cet auteur que par une émission de télé qui lui était consacrée. Je me suis promis de lire "Gomorra",le livre qui l'a fait connaître!
RépondreSupprimerLilia, la guerre de la "Gomorra" est une guerre intérieure larvée, insidieuse, qui se glisse partout sans dire son nom et qui oblige à rester toujours sur ses gardes!
RépondreSupprimerCynthia, merci pour le lien! C'est un auteur doué et courageux!
RépondreSupprimereffectivement, moi aussi ce titre là m'attire plus que gomorra. A voir !
RépondreSupprimerchoco, il est sans doute, sûrement même, plus léger que "Gomorra"!
RépondreSupprimerIl contrario della morte-L’anello 2007- Roberto Saviano
RépondreSupprimerUn Cauchemar Néo-réaliste
Salviano s’est déjà attaqué à la Mafia. Deux autres récits napolitéano-réalistes apportent un éclairage sur des mœurs hors du temps. Sombre ambiance du sud de l’Italie écrasée de soleil !
Arborer un annello comme signe de non disponibilité vis-à-vis des machos, surveiller son regard, faute de quoi l’on passe de vie à trépas. Attendre ses quarante ans pour toucher une paie normale. 90% d’immigrés vous concurrencent sans rechigner, s’engager dans l’armée. Se faire trouer la peau au Kosovo ou en Afghanistan, revenir, moins pauvre, dans son petit enfer italien. Echapper aux règles non écrites. Ressasser au café, toute la journée, ce que l’on a vécu à la guerre.
Une femme parle. Son mariage n’a plus lieu. Son fiancé est mort dans un pays de douceur. Elle veut vivre son amour éternel comme contraire de cette mort. Deux jeunes qui n’ont rien fait à la Camorra sont assassinés. La faucheuse est omniprésente dans ces récits, au style intérieur, au fil ténu. Peu de trame, du drame ! Envie de vivre ailleurs. Une écriture embourbée dans le malheur. Un cauchemar quelque part où les lois n’ont pas cours.
Roberto Salviano nous parle de mœurs actuelles du Sud Italien. Il incite à savoir plus sur ce qui y sévit: la vengeance de l’honneur des maffiosi qui se croient bafoués… L’Omerta attend son rendez-vous mortifère avec l’auteur.
Habertus