dimanche 27 juin 2010
Elle était déchaussée, elle était décoiffée, Victor Hugo
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis: Veux-tu t'en venir dans les champs?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis: Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois!
Comme l'eau caressait doucement le rivage!
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Mont.-l'Am., juin 183...
Victor Hugo (Les Contemplations.
Suzanne par Manet
Tableau de Jacques Henner
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Libellés :
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Comme d'habitude,tu nous as mis un joli poème et de beaux tableaux pour ce dimanche poétique !
RépondreSupprimerUne jolie découverte...
RépondreSupprimeret les illustrations collent au poème !
Bon dimanche !
superbe, comme beaucoup de ses poèmes!
RépondreSupprimerHugo : valeur sûre parmi les valeurs sûres ! Je crois bien que c'est par lui que je suis venue à aimer tant la poésie. Merci pour ce poème que je découvre aujourd'hui !
RépondreSupprimerC'est vrai qu'il est beau ce poème d'Hugo ! et les illustrations que tu as choisies sont en parfaite harmonie avec le texte.
RépondreSupprimerBonne soirée, Mango.
Y, les grands ne démodent pas et Hugo est de ceux-là! Bonne journée Y.
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