samedi 11 février 2012

Les Grand-mères de Doris Lessing

La photo de la couverture est loin  d’évoquer ces grand-mères qui ne s’habillaient qu’en noir et ne se souciaient plus de coquetterie. S’agit-il donc ici de celles étiquetées rapidement de cougars?  C’est exactement ça, sauf qu’en plus d’aimer des jeunes de l’âge de leurs fils,  leurs maisons se faisant face  et les maris étant mort  ou absent,  c’est  à deux qu’elles ont élevé ces  garçons devenus leurs amants  à peine sortis de l’adolescence. 
Ils s’aiment. Ils ne font pas de scandale. Personne ne se doute de rien puisqu’ils ont toujours vécu ensemble.
Le récit s’ouvre sur une scène idyllique. Dans une baie paradisiaque donnant sur l’Océan. Quatre adultes et deux petites filles, «des êtres soignés et resplendissants» sont installés à la terrasse d’un établissement prestigieux. 
«Six têtes blondes?  Ils étaient sûrement parents. Ce devait être les mères des hommes.»
Un beau tableau offert à l’admiration de tous.  Il ne manque que les mères des petites filles,  trop souvent absentes. Mais en voici une qui arrive justement.
«Un petit bout de brune remuante, qui n’avait rien de l’assurance et du style de «la Famille».  
Éclate alors une scène, rapide et feutrée en apparence, décisive pour l’avenir de tous, en réalité. Les mères  viennent  de découvrir les amours illicites et reprennent  leurs enfants, «loin de leurs maris, loin de leurs belles-mères.»
C'est le passé de ces amours troubles. qu'évoque  la suite du récit 

Aurais-je été attirée par ce titre peu encourageant  si le nom de l’auteur ne m’avait pas sauté aux yeux?  
On dirait ici un essai sur la génération des plus de cinquante ans et ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus, mais Doris Lessing, prix Nobel de littérature 2007, dont j’ai tellement aimé «Le carnet d’or» s'est toujours intéressée aux   phénomènes de société. L’éditeur parle de ce petit livre comme d’ «un texte sulfureux et dérangeant sur des amours scandaleuses. Roman du non–dit et de la dissimulation.»
Voilà qui est alléchant  et qui aurait pu me plaire! Hélas, quelle déception! Juste une petite nouvelle très lisse, une bluette. Tout est dit,  très vite, rien n'est approfondi. On frôle l' Harlequinade! 

Les Grand-mères, Doris Lessing, (Flammarion, 2005, 128 p) Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle D. Philippe
Doris Lessing est née en 1919 et a écrit ce livre en 2005 à 83 ans
Nouvelle participation au challenge d'Anne , Voisins, voisines  pour l'Angleterre, encore une fois! 

28 commentaires:

  1. Et toujours pas à la biblio... pffouuuu!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens! la mienne le mettait en évidence.

      Supprimer
  2. La simple mention d'"Harlequinade" suffit à me faire fuir ;)

    RépondreSupprimer
  3. peut être pour une grande écrivain le livre de trop dommage et merci à toi de l'alerte car effectivement le nom de l'auteur peut tenter

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Remarque, elle en a écrit trois ou quatre depuis et elle a maintenant 90 ans. (Henry Bauchau, lui, vient de sortir deux livres à 99 ans!) On ne peut qu'admirer leur forme intellectuelle!

      Supprimer
  4. Tant pis pour les grand-mères... Je te laisse un jeu à faire (ou pas bien entendu... la liberté étant grande sur notre blogosphère).

    RépondreSupprimer
  5. Beaucoup ont été déçues par ce livre-là, du coup je n'ai pas trop envie d'y plonger.

    RépondreSupprimer
  6. Je ne connais cette romancière que de nom et tu ne m'encourages pas à lire ce livre... pas sûre que j'aurais été attirée de totue façon. Je note quand même le lien !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si tu veux la connaître, commence par "Le carnet d'or". Un livre qui m'a marquée.

      Supprimer
  7. Je resterai sur l'excellent souvenir du Carnet d'Or que j'avais adoré

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu fais bien car avec celui-ci on en est loin!

      Supprimer
  8. Je l'avais découvert avec ce prix, mais je trouve ses romans assez inégaux. Ce qui m'a découragé. Pas lu celui-ci.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai lu que "Les carnets d'or" à mille lieues au-dessus de celui-ci.

      Supprimer
  9. Je l'ai lu, enfin pas complètement car je n'ai pas pu aller jusqu'au bout.
    C'est exactement ça : de l'Harlequinade.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Parfois je peinais à me rappeler que c'était un Prix Nobel qui avait écrit ça!

      Supprimer
  10. Je préfère rester sur "Maintenant que j'ai 50 ans" de Bulbul Sharma où les cinquantenaires indiennes mises en scène par l'auteur sont toutes très attachantes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, celles-là sont vraiment drôles et attachantes. J'ai passé un bon moment avec elles aussi.

      Supprimer
  11. Je relirai Doris Lessing mais pas avec ce titre, dont le thème ne m'attire de toute façon pas.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Doris Lessing vaut beaucoup mieux que cette longue nouvelle.

      Supprimer
  12. Effectivement, cela n'a pas l'air d'être passionnant. Par contre, je note "les carnets d'or"!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Les Carnets d'Or" restent son chef d'œuvre en effet. Ce livre mérite d'être lu.

      Supprimer
  13. quel dommage! le début de ton billet m'intéressait beaucoup. Je me demande maintenant si j'ai déjà lu cet auteur...

    RépondreSupprimer
  14. Ho que je suis ravie de lire ça ! J'en ai fait un billet bouffon tout au début de mon blog tant le livre m'en est tombé des mains ! Et le racolage du bandeau en plus... Moi aussi j'avais lu Les Carnets d'Or dans ma jeunesse, je m'attendais à du soufre (tant qu'à faire !) Oh non, l'arnaque...^^ Et à mon avis, elle a dû faire de l'alimentaire (aussi) dans sa carrière cat j'en ai un autre Alfred et Emily, jamais pu dépasser la page 20 tant c'est sirupeux ! Si ça t'intéresse, je te laisserais mon lien ou tu peux aller dans ma Page Auteurs sous la bannière...(je me sens moins seule) !^^

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.