

Un amour fou brisé par un long séjour à l’hôpital mais l’infidèle n’est pas celui qu’on croit !
La narratrice est une journaliste française venue faire un reportage sur la musique traditionnel de Naffa, une ville d’un pays au cœur de l’actualité pour s’être libéré de son dictateur. Elle y rencontre Ehsan, l’homme de sa vie qu’elle épouse presque immédiatement après le coup de foudre survenu un soir de bal. C’ est un exilé de retour dans son pays libéré pour y retrouver sa mère et ses amis quittés en urgence quinze ans auparavant mais sa mère, trop âgée, ne le reconnaît plus et ses amis ont tous disparu. Il est donc à la veille de rentrer en France, désespéré. De sa vie passée, il ne sauvera que sa propre copie de « l’Européenne », un portrait de jeune femme dite « du Fayoum » auquel il tient tout particulièrement.
A partir de ce moment-clé, ils vivront ensemble trois ans «dans ce pays perdu où les gens dansent comme on crie à la vie ».
Arrive l’accident : Ehsan tombe de la colline derrière chez lui. Il se retrouve paraplégique à l’hôpital de Créteil. Sa femme le veille, le soigne, ne vit que pour lui pendant de longs mois. Elle se montre admirable jusqu’au jour où rien ne va plus. Des petits riens lui sautent brusquement aux yeux, un flacon de parfum de femme dans l’armoire à pharmacie, un portable qui se dérègle trop souvent, puis la scène indéniable, évidente. Le silence s’installe entre eux et ainsi se termine la première partie du livre.
La seconde suit au plus près la narratrice et la façon dont elle se sort de cet imbroglio sentimental. L’art de la peinture et les séances de pose tiendront un grand rôle dans sa reconstruction.
Un joli livre.
« L’Européenne » du Fayoum : (portrait de jeune femme dite « du Fayoum », règne d’Hadrien, vers 117-138 av. J.C. Fouilles d’Antinoé, moyenne Egypte)
« J’avais suivi son regard levé qui forait
Nous sommes rentrés chez toi, sans courir cette fois, le tableau en ciel au-dessus de nos têtes, conscients que la pente sur laquelle nous marchions menait à tant d’autres choses qu’à ta seule maison. Tu as accroché « L‘Européenne » au mur de la chambre à coucher, face au lit ».

L’Ange anatomique par Ingrid Thobois
(Phébus, 2008, 187 pages)




12 commentaires:
Le livre, je ne sais pas, mais les portraits du Fayoum, alors là, je suis une fan inconditionnelle, il doit même y avoir un billet quelque part sur mon blog.
Je regarde ces visages incroyablement conservés et d'une beauté tout à fait saisissante et je me sens bien petite. Une excellente leçon d'humilité et de réflexion sur le temps qui passe et qui n'outrage pas tout de la même façon;-)
Quelle couverture, limite angoissant !
Je ne suis pas très tentée par le thème, je passe ..
Les allusions aux portraits du Fayoum, c'est ce qui m'a le plus intéressé dans ce roman! Je n'ai pas réussi à retrouver ton billet sur ce sujet!
Ys, Tu as tout à fait raison: la couverture est horrible et si elle correspond peut-être au titre, elle ne colle vraiment pas à l'histoire elle-même!
Aifelle, Je te comprends très bien!
Je n'arrive pas à bien saisir ce qui se passe dans cette deuxième partie ... Bon, c'est le but sans doute ! En effet, la couverture est horrible et à mon avis, ça dessert le livre.
Manu, la deuxième partie, c'est le désamour à l'hôpital. Peu à peu, ils se détachent l'un de l'autre mais à cause de lui, curieusement, alors qu'elle est encore la dévotion même à son égard.
C'est ce que je trouve de plus difficile dans un résumé: savoir où s'arrêter et ne pas aller trop loin!
Il me tente bien ce livre. Je le note!
Pimprenelle, j'espère qu'il te plaira aussi!
J'avais beaucoup aimé "Le Roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés". Celui-ci propose une écriture beaucoup plus fine, plus précise. Ciselée même. En clair plus mature. Cette auteure est donc à suivre. Quant à "l'histoire", elle est la vie, tout simplement, avec un vrai souci du détail, du regard, de l'émotion. Livre très prenant. A lire (malgré la couverture...)
C'était le premier livre que je lisais de cet auteur mais je la suivrai désormais: elle est intéressante.
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