« Mon mari et moi nous sommes séparés il y a peu, et en quelques semaines, la vie que nous avions construite a été brisée, tel un puzzle réduit à un tas de pièces aux formes irrégulières. »
Quand j’ai lu cette première phrase du livre, j’ai cru à un
roman sur un couple qui vient de se
séparer mais non, pas tout à fait! Il s’agit surtout d’un livre de réflexions autour de
la situation d’une femme et de ses
deux filles après son divorce. Est-ce
autobiographique? Peut-être car
elle est écrivain comme l’auteur mais ce n’est jamais vraiment dit si bien que
je suis restée dans le doute. Je n’aime pas ce genre d’ambiguïté.
J’ai pu apprécier certains passages comme la comparaison
avec Clytemnestre tuant Agamemnon dès son retour pour venger sa fille. Elle, elle veut garder ses enfants bien que ce soit son mari qui ait délaissé son métier d’avocat pour les élever. Il la trouve monstrueuse etc.
mais tout reste trop intellectualisé. C’est froid. Je n’ai pas ressenti
d’émotion à la lecture de ce qui me semble plus un essai que le récit d’une
expérience bien que ce soit sous-jacent.
J’ai aimé la fête de la grand-mère entourée de son
importante descendance et la remarque que se fait la féministe, la première
divorcée de cette grande famille :
«Ce n’est pas pour défaire mais pour préserver qu’il faut de la force, car il suffit d’un instant pour que la structure se fissure.»Elle va mal :
« Je suis une exilée de ma propre histoire. Je n’ai plus de vie. C’est une vie après la mort, le contrecoup. »
Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre bien qu'ayant apprécié le style, rigoureux et précis.
Cependant je vais poursuivre ma découverte de cette auteure, après avoir bien aimé son interview par François Busnel dans ses "Carnets de Londres". Arlington Park (2007), Egypt Farm (2008), Les Variations Bradshaw (2010).
Clara a aimé, Antigone également malgré un petit bémol. Pour Cathulu c'est une réflexion nécessaire et le résumé de l'éditeur m'avait alléchée. Le voici:
"On se rencontre. On s’aime. Parfois, on se sépare. Dans l’intervalle, qu’a-t-on construit ? Les sentiments, les projets, les moments partagés, que deviennent-ils après la rupture ? Pour écrire ce livre, Rachel Cusk a puisé dans son expérience, celle de son divorce. Ni confession impudique, ni fiction pure, ce texte est surtout l’histoire d’une femme, écrivain, féministe, mère de deux filles, qui observe ses propres réactions avec la même acuité qu’elle met en scène les personnages de ses romans.Recréant des scènes quotidiennes vécues ou nourrissant sa réflexion de mythes et de références littéraires, Rachel Cusk analyse le retentissement profond d’une séparation".Rachel Cusk, Contrecoup, traduit de l’anglais par Céline Leroy, Editions de l’Olivier, 177 p.















