Ötli est l’auteur d’un de mes blogs favoris que j’aime tout particulièrement pour ses photographies.que je trouve très belles. Son premier roman est sorti le mois dernier et je viens de le terminer. Pas facile de commenter le livre d’un ami sans être soupçonnée de complaisance si j’en dis trop de bien ou sans risquer de le peiner si j’avoue quelque déception. C’est un exercice que je ressens comme difficile pour y avoir été confrontée une ou deux fois déjà. Je vais essayer d’être le plus juste possible c’est-à dire au plus près de ce que j’ai pu ressentir pendant ma lecture.
Tout d’abord j’ai lu naturellement la quatrième de couverture avec la présentation de l’éditeur :
Traces sanglantes
enfants perdus
deux héros pour une guerre
Tandis que des enfants disparaissent, des taches de sang sont retrouvées çà et là sur l'immense domaine d'un seigneur des temps anciens - et imaginaires - au Japon. Aidé par son maître d'armes, il devra lutter contre des envahisseurs sanguinaires pour sauver ses terres et ses enfants de leur convoitise brutale. Au fil des saisons et des combats, les deux hommes et leur armée déferont les écheveaux des énigmes rencontrées sur leur route.
C’est un récit plein de mystère et de danger dans le Japon des samouraïs. Le temps d’une année, d’un printemps à l’autre, le vaste domaine d’un seigneur est menacé en son cœur même par des guerriers si cruels qu’ils n’hésitent pas à enlever et à assassiner des enfants pour asseoir leur autorité. Le bailli et son maître d’armes auront bien du mal à découvrir la vérité et à repérer les responsables de cette situation des plus menaçantes.
Peu attirée par les récits de bataille quels qu’en soient le lieu et la période historique, j’ai cependant suivi avec grand intérêt cette enquête et cette tentative pour sauver un territoire des envahisseurs et des traîtres qui le menaçaient.
J’ai apprécié tout particulièrement l’amitié indéfectible entre les deux héros, le maître d'armes et le seigneur, la participation tour à tour effrayée, menaçante puis efficace et décisive des pauvres gens dont les enfants disparaissaient.
J’ai été enchantée par le fait que la nature dont les saisons rythment le récit prenne une telle importance dans le déroulement de l’histoire.
Autant les batailles qui animent le texte sont rapides, intenses, précises dans leur narration, autant le lien des hommes avec l'environnement est évoqué avec une régularité apaisante .
Tout au long du récit, chaque chapitre s'ouvre sur un haïku, ce bref poème si plein d'intensité. Le bruit et la fureur des combats, l'atmosphère constante d'intrigues, de menaces et de mort pendant cette année dangereuse, tout ici est magnifié par la maîtrise des gestes, des mouvements, des corps, dans la tentative constante de transformer le quotidien en œuvre d'art.
J’ai été charmée en fin de compte par ce récit d’un autre temps, d' une autre civilisation que je ne connais pas très bien mais les notes, discrètes, glissées en bas de page pour expliquer certains mots japonais intraduisibles m’ont bien aidée dans la représentation des différentes scènes évoquées. L'amour de l'auteur et ses connaissances pour ce Japon historique se découvrent et se ressentent à chaque page grâce à quoi cette lecture aura été pour moi aussi agréable que dépaysante.
Voici quelques citations que je voudrais retenir.
"dans les pétales/la mort/ dessine l'avenir. Le monde est calme en ce matin de printemps. L'hiver a jeté ses derniers flocons sur lui pour faire concurrence aux pétales des cerisiers . Mais il comprend que la partie est perdue, la jeunesse de la nouvelle saison l'emporte en vigueur. Il prendra sa revanche plus tard, car les cycles s'enchaînent."Un concours pour gagner un exemplaire du livre est organisé en ce moment sur le blog de l'auteur. Tentez votre chance d'ici le 31 janvier.
"Il avait la sensation, en contemplant cette scène de nuages et de champs sanglants qu'une menace sourde était tapie derrière chaque arbre, derrière chaque rocher. Il chassa ses sombres pressentiments et, en retournant vers le château, il ne pensait plus au grondement sourd que le peuple apeuré ne manquerait pas de pousser, mais à la petite rivière qu'il devait franchir. L'eau courante fraîche lui ferait du bien. Ces perspectives sinistres l'avaient rendu presque fiévreux."
Le sang des cerisiers de T.S. Ötli (éditions Thot, décembre 2011, 230 p)

L'exercice est délicat en effet, mais tu t'en sors bien. Je ne suis pas trop non plus récits de batailles, pourtant ce que tu en dis pourrais m'intéresser.
RépondreSupprimerCeci dit les combats sont moins nombreux que je ne le croyais au début. L'enquête elle-même prend beaucoup d'importance.
RépondreSupprimerTu en cites de jolis extraits, et finalement tu as aimé sasn te forcer, c'est bon signe pour Otli.
RépondreSupprimerQue te dire d'autre qu'un grand merci ? Je pense être aussi rouge que le titre ;) mais aussi, comment dire, quelque peu rassuré...
RépondreSupprimerMerci beaucoup Mango.
Le japon millénaire est déjà en soi un sujet magnifique, je ne suis pas attiré par les samouraï mais l'illustration du livre elle ouvre tout un monde
RépondreSupprimerHonte à moi, je ne connaissais ni le blogueur ni l'auteur mais ton avis me pousse à m'y intéresser de près ;)
RépondreSupprimerPas facile de dire à un ami que l'on aime peu sa production. Mais au moins, tu as été honnête.
RépondreSupprimerAnne, J'espère vraiment que son livre aura le succès qu'il mérite.
RépondreSupprimerÖtli, je te souhaite de très nombreux lecteurs et peut-être bientôt un second livre?
RépondreSupprimerDominique, On sent ce livre fait avec beaucoup de soin jusque dans le choix de la couverture.
RépondreSupprimerCynthia, difficile de tout connaître mais le livre vient de paraître et qu'il n'en est qu'au début de son parcours que je lui souhaite très long et très réussi.
RépondreSupprimerAlex. je l'aurais dit si tel avait été le cas. Heureusement,je n'ai pas eu à me forcer.
RépondreSupprimerc'est ma prochaine lecture après la fin des aventures d'enola holmes, il est déjà sur ma table de chevet :)
RépondreSupprimeret bien sûr après ton billet, je suis impatiente de le découvrir
un auteur dont on est "proche" au moins virtuellement, c'est parfois difficile de dire ce qu'on pense et quand on aime, autant le dire !
RépondreSupprimerTu connais ma passion pour cette époque ! En son temps, j'ai lu beaucoup d'histoires de samouraïs, notamment celle de Myamoto Musashi, très célèbre ! Je suis allée sur le blog d'Ötli et il propose de gagner ce livre en commentaires, d'en faire un billet sur notre blog, mais ne le connaissant pas auparavant je n'ose pas ! Pourtant il me tente, la couverture est superbe...
RépondreSupprimerniki, Bonne lecture alors.
RépondreSupprimerLystig, Un livre annoncé depuis quelque temps et que j'avais très hâte de découvrir.
RépondreSupprimerAsphodèle, N'hésite surtout pas à te manifester sur le blog d'ötli. Je te souhaite de gagner ensuite. :)
RépondreSupprimerchère mango merci de cette lecture
RépondreSupprimerje me suis permis de mettre sur mon blog l'extrait de ce billet avec le livre dont tu parles , j'espère que tu me pardonneras cette permission
tu m'as donné envie
très beau billet très livre à découvrir
je vous embrasse lectrice chère
Ce n'est jamais évident de découvrir l'oeuvre d'une connaissance. Mais tu as été honnête et subjective et ton avis est convaincant. Quant à moi, je ne suis pas fan de cette période japonaise.
RépondreSupprimerExercice compliqué mais réussi. Tu me donnes envie de découvrir ce premier roman!
RépondreSupprimerLa suite dans quelques... mois ? Me reste à trouver un peu de temps pour jeter les mots sur l'écran ;)
RépondreSupprimerEt pour Asphodèle : il faut oser...
RépondreSupprimerVous m'avez convaincue : j'ose, je fais mon billet aujourd'hui ! Merci... :) Je passe laisser le lien de mon billet dans vos commentaires dès qu'il est publié !
Supprimerlecture terminée :)
RépondreSupprimerj'ai énormément apprécié