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vendredi 19 juillet 2013

Plus jamais d'invités! Vita Sackville-West



Durant un long  week end de Pâques, de nombreux invités  s’annoncent  à Anstey, la splendide demeure du couple Rose et Walter Mortibois. Lui est un homme en vue, avocat estimé, distingué, riche, très maître de lui.  Elle est d’origine plus modeste, belle et  surtout très amoureuse  de son époux. Son drame est que leur mariage n’est pas consommé malgré  une vingtaine d’années  de cohabitation. Ainsi  le veut le contrat accepté en se mariant: ni sexe ni enfant. Pourtant elle continue à espérer un rapprochement de ce genre  entre eux. En vain jusque là. Il n’aime que deux  choses dans la vie:  sa magnifique propriété et son jardin si admirable qu’on vient de loin pour le visiter  mais bien  plus encore  son chien Svend, un superbe berger allemand qui lui est entièrement soumis et que  sa femme se surprend parfois  à jalouser. 

Les invités arrivent: la famille d’abord, la sœur de l’une avec son  mari et son  fils et le  frère de l’autre,  brillant chercheur en médecine,  plus une excentrique lady, moins légère et superficielle qu’il n’y paraît. Au fil des rencontres et des discussions, durant ces cinq jours, les masques cèdent et on apprend à connaître les faiblesses et la médiocrité de chacun lorsque deux drames surgissent, liés l’un à l’autre, à l’instigation du frère docteur qui exerce une forme de chantage pour améliorer la situation du couple.
Résultat: il n’y aura plus jamais d’invités à Anstey et pour cause!
Question finale: qu’en sera-t-il de l’amour conjugal et de l’orientation choisie par Walter à propos de Rose après ces deux bouleversements concernant ses deux seuls grands amours?

J’ai beaucoup aimé! C’est brillant, enlevé (sauf un passage avec une conversation un peu trop métaphysique à mon goût), léger et profond à la fois bien que complètement insensé et quelque peu invraisemblable par bien des aspects comme cette insolite situation maritale et cet affreux et cruel chantage par pure bienveillance et bonté fraternelle mais qu’importe, j’y ai cru le temps de ma lecture. J’en suis ravie.
Il me reste encore tout à découvrir de V. Sackville-West, cette amie de Virginia Woolf  et de bien d’autres femmes dont j’aimerais lire la correspondance maintenant ainsi que son livre Toute passion abolie, entre autres. 

Voici le début:
"Walter!- Chérie?"   Rose avait attendu qu'il termine de lire le Times  pour s'adresser à lui."Lucy a téléphoné hier soir. Vous êtes rentré si tard que je n'ai pu vous en parler. Elle m'annonçait que Robin serait de retour vers le six. Que penseriez-vous d'inviter Lucy, Dick et Robin à Anstey, pour Pâques? - Si cela vous convient, oui, bien sûr, chérie, c'est peut-être une idée. Nous n'avons pas vu Robin depuis tant d'années... trois peut-être? " (p.7)
et un peu plus loin: 
"-Un jour, un vieil homme m'a dit que la passion pour une cause valait mieux que toute rhétorique." 
Ensuite, plus aucune citation relevée: j'étais trop prise par le récit. 
Quelques autres billets: Lilly, Passion Lectures, Au bonheur de lire, et sûrement bien d'autres...
Plus jamais d'invités! -  Vita Sackville-West, Traduit de l'anglais par Micha Venaille
(Littératures Autrement,  2007, 164 p.)
Titre original:  The Easter Party (1953)

mercredi 3 avril 2013

Chabouté, Quelques jours d'été... Ma BD du mercredi


Une voiture dépasse des files d’arbres, dans un paysage noir et blanc.
Je n’ai compris qu’un peu plus tard pourquoi ma mère  m’avait amené ici….
Cet enfant de huit ans que l’on voit sur la couverture, solitaire et perplexe près de son gros sac de voyage,  a été confié par sa mère à un couple de personnes âgées, à la campagne, pour quelques jours d’été.
Il ne les connaît pas mais il les trouve gentils. La maison sent le gâteau tiède et le café au lait. Avec le vieil homme taciturne, il apprend la pêche à la mouche et le chuchotement de la rivière. Il s’occupe des lapins. La vieille dame lui raconte des histoires de sorcières, le soir. Ses rêves changent. Il se sent bien jusqu’au retour de sa mère.
On devine alors  que sa vie sera bientôt bouleversée.
C’est un album presque silencieux, tout doux et tendre sur un fond de réalité triste. Je l’ai beaucoup aimé mais j’aurais désiré que l’histoire dure plus longtemps. Je me suis sentie un peu frustrée à la fin. Je commençais tellement à m’attacher à cet enfant! 




Quelques jours d'été, Chabouté, 
(éditions Paquet, 1998, 34 pages)

Prix Alph'Art coup de cœur d'Angoulême 1999 
Challenge Roaarrr de Mo
Top BD de Yaneck: 18,5/20
Logo BD rouge
Logo BD noirLogo BD vert

Les participants aux BD du mercredi:

Chez Le monde d'Ö, une belle découverte aujourd'hui  sur un maître du manga: 
 Hiroshi Hirata. 


Anne,  Blogaelle, Brize,  Choco, Chrys, CristieDelphine, Didi, 

Dolly,


Estellecalim,  Hilde,  Hélène, Hérisson08, Iluze,  Irrégulière,


Lou, Lounima,   Lystig,  Mango,   Manu,  Margotte,  Marguerite, 

Marie,  Marion,    Marion Pluss,  Maryline,

Mathilde, Mélo,

 MissAlfieMiss Bouquinaix,

Moka Mo,    Natiora,  Noukette OliV', Pascale,

Paulinelit, Sandrounette, Sara, Sofynet,   Sophie/Vicim,  Soukee, Stephie,  Syl,


Wens,  Yaneck  Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 32 octobre,

lundi 21 février 2011

Trouée dans les Nuages de Chi Li

Jin et Xeng forment un couple exemplaire et heureux aux yeux de tous.  La presque quarantaine, tous deux sont ingénieurs chercheurs dans une grande université de Wuhan, au centre de la Chine d’aujourd’hui. Elle est belle, intelligente, serviable et modeste, il est travailleur,sobre, amoureux fidèle et collègue exemplaire
Pendant 15 ans leur vie est sans histoire, uniquement assombrie par le manque d’enfant. «Leur vie quotidienne n’était que paix, tranquillité et calme : des existences sages jusqu’à la banalité.»
Un soir cependant leur vie bascule. Ils  acceptent de participer à une réunion d’anciens étudiants   Rien ne distingue  cette soirée des autres, à part cette phrase ajoutée au crayon : «Si tu n’as pas peur que ta femme découvre quel morveux tu étais et si tu ne crains pas d’exhiber un laideron, elle est admise.»
La soirée se déroule comme prévu, pleine de rires et de souvenirs échangés mais en rentrant chez elle, la jeune femme est transformée et ne sera plus jamais pareille. «A coup sûr, il s’était produit quelque chose d’exceptionnel ».
Très courtisée, elle  parle et danse avec beaucoup de monde. Désormais elle parlera et fera beaucoup parler son mari, le soir, après le travail. Leur vie devient un enfer.
Dans la journée, rien ne change dans leur comportement et personne ne se doute de rien mais le soir la tension entre eux devient dramatique jusqu’au dénouement très surprenant. Le passé a raison du présent. Certains actes ne peuvent se pardonner.
J’ai aimé ce récit qui ne présente qu’un seul défaut pour ma part, c’est d’être trop court et de s’arrêter trop tôt. J’aurais voulu en savoir davantage, mieux connaître le dessous des choses  J’ai en revanche beaucoup apprécié que ce soit une histoire de couple universelle , de celles qui peuvent arriver si on ignore tout de l"enfance et de l'adolescence de son conjoint!  Pas question d’exotisme ici ni de clichés régionaux. Les sentiments sont les mêmes partout dans un monde moderne où tout va si vite! 

C’est décidé : je vais continuer à lire cette romancière avec un autre livre chez le même éditeur. Je n’ai que l’embarras du choix. 

  1. Pour qui te prends-tu?
  2. Préméditation
  3. Soleil Levant
  4. Tu es une rivière
  5. Triste Vie
  6. Un homme bien sous tout rapport
  7. Les sentinelles de blés 
  8. Le show de la vie
  9. Trouée dans les NuagesChi Li ( Actes Sud,1999) roman traduit du Chinois par Isabelle Rabut et Shao Baoqing.114 pages.

mercredi 20 octobre 2010

La BD du mercredi , Maruta 454 de Laquerre et Song Yang

 Un de mes livres préférés  de  ces derniers mois a été  La joueuse de go ,  l’histoire  d'une jeune collégienne chinoise  qui a pour passion le jeu de go  et qui terrasse tous ses adversaires, y compris le  jeune officier japonais dont le pays vient d’envahir le Nord de la Chine et dont elle est amoureuse!  
C’est à l’occasion de cette lecture que  je me suis rendue compte de mon ignorance concernant  cette guerre sino-japonaise  si cruelle lorsque les Japonais, alliés de l’Allemagne nazie, envahirent le Nord de la Chine commettant  les pires exactions qui soient.
 C’est justement à ce moment-là,  que se situe l’action de ce manhua qui vient de sortir en librairie et qui  raconte l'histoire véridique vécue en septembre 1934, par une douzaine de prisonniers chinois de la forteresse de Zhongma, l’unité de recherche bactériologique implantée par le médecin japonais Shirō Ishii  près de Harbin.
Inspiré à la fois du témoignage de Ziyang Wang, l’un des douze rescapés des expériences menées par Ishii sur des cobayes humains, et de celui de Zemin Wu, le villageois qui lui est venu en aide, ce manhua raconte les sévices subis par ces captifs et leur évasion, la seule à s’être produite au cours des quatorze années d’existence du réseau du « démon de Mandchourie ».




1934. Nord de la Chine. Ziyang, potier dans un petit village vit tranquillement en famille jusqu'au jour où les Japonais raflent tous les hommes valides pour les emmener à Zhongma, un camp de travail. Commence alors une descente aux enfers, l'horreur devenant le quotidien des prisonniers. Car ils ne sont que des cobayes, des marutas, subissant dans les plus abjectes conditions les expérimentations humaines décidées par leurs bourreaux. Objectif : valider les armes chimiques et bactériologiques pour l'armée impériale japonaise. Une histoire terrible, très  documentée, basée sur des faits authentiques. Un page de l'Histoire à ne pas oublier
 Ce  manhua  très réaliste qui rappelle la sombre époque où le Japon déchirait la Chine est écrit par l’auteur québécois  Paul-Yanic Laquerre, dessiné par les artistes chinois Pastor et Song Yang  et édité en France par Xiao Pan. Il est encore inédit en Chine.


Edit du 31/12/10: Paul-Yanic Laquerre, le scénariste a dit ICI: «Le régime communiste en Chine a imposé une loi du silence sur tout ce qui s’est passé avant son arrivée au pouvoir. Ça fait seulement une dizaine d’années que le gouvernement chinois commémore les grands massacres comme celui de Nanjing (200 000 morts) et la guerre de résistance. Parce que traditionnellement, cette guerre était menée par les nationalistes. Les communistes n’étaient que des figurants. Ils ont gagné une seule bataille à Pingxingguan. Ce n’était pas avantageux pour eux de rappeler cette époque là, d’autant plus que la Chine était faible". 

Maruta 454 de Paul Yanic Laquerre, Song Yang, Pastor, one shot  le site Participent pour l'instant aux BD du mercredi de Mango , Kikine, Valérie,yoshi73, Molafée, Noukette, Hathaway, Manu, Sandrounette, Jérôme, Hilde , Sara , Emmyne, Hérisson08 , Lounima , MathildeDolly ,


Ce billet participe au challenge "PAl  sèches" de Mo'la fée  et au Challenge de Mr.Zombi.



Edit du 26 novembre 2010: un très bon article, sur cette BD: ICI  avec plusieurs planches.