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samedi 16 février 2013

La femme qui décida de passer une année au lit, Sue Townsend


 Soyez bienveillant, car tous ceux que vous rencontrez mènent un dur combat » attribué à Platon, et à bien d’autres. 

C’est sous le signe de la bienveillance que ce roman est placé :  la bienveillance, tout simplement. 
Moins chick lit que ne me le laissaient supposer  la mignonne  couverture (On peut en  suivre la création ICI) ainsi que  le nom de l’auteur ( Papesse de la comédie satirique made in England, romancière culte outre-Manche avec,  à son actif,  la série d’  Adrian Mole ),  ce roman  raconte le ras-le-bol d’une femme,  une fois ses enfants partis poursuivre leurs études loin d’elle,  et qui , de plus,  vient de découvrir la double vie de son mari.
Elle décide alors de ne plus quitter son lit et de ne plus s’occuper de rien ni de personne, à peine d’elle-même. Elle veut se donner le temps de réfléchir,  de se souvenir, de faire des listes, ce qu’elle n’a pas eu le temps de faire encore.
Elle commence par faire le vide autour d’elle, dans sa chambre aux murs nus peints en blanc et ne voit plus le monde extérieur que par la fenêtre auquel son lit est accosté.
Eva est une femme belle et charmante,  tour à tour fille, épouse et mère exemplaire, elle fait l’unanimité autour d’elle et sa nouvelle attitude déconcerte évidemment son entourage qui doit désormais s’occuper d’elle à plein temps.
La vie de la famille  s’organise  dès lors autour d’elle,  tant bien que mal, au jour le jour.  Le plus surprenant, c’est que cette chambre devient vite le centre de la maison où tout le monde se retrouve: mère, belle-mère, mari avec sa maîtresse,  les jumeaux surdoués uniquement intéressés par eux-mêmes et leurs études, leur colocataire abusive … Cependant autant les proches d’Eva se montrent égoïstes et pénibles, autant ce sont des voisins, des étrangers, des inconnus  qui deviendront indispensables à sa survie.
Eva, toujours généreuse,  accueille dans sa chambre ceux qui ont  besoin de ses conseils et peu à peu, selon la rumeur, elle serait une sainte. Phénomène de foule autour de sa maison. Les médias s’en mêlent. C’est cette partie-là que j’ai moins aimée.
Heureusement la fin m’a surprise : je l’ai trouvée belle.

Si le ton du début est désinvolte, vif et drôle à souhait, il se fait plus sérieux ensuite. L’amour est bien présent sous toutes ses formes, du plus doux au plus sombre. A part Eva, attachante et complexe et Alexander, lumineux et plein de bon sens,  les personnages sont tracés au cordeau, un peu trop stéréotypés à mon goût. Certains m’ont paru excessifs et odieux, surtout les jumeaux mais Eva domine tellement le récit que peu importe les autres, je n’ai plus vu qu’elle  durant ma lecture. Est- elle vraiment dépressive ? Je ne l’ai pas cru au début tant elle était solaire mais à la fin, je dois bien admettre que… pas envie de l’imiter, en tout cas…même si, parfois, …  Bref une lecture intéressante!
8 mars au lit La femme qui décida de passer une année au lit  de Sue Townsend - Editions  Charleston - 448 p. -  (Sortie le 15 février 2013) Traduit de l'anglais par Fabienne Duvigneau, 

Titre original: The Woman Who Went to Bed for a Year, 2012

Je remercie les éditions Charleston pour ce livre reçu grâce à l'opération Masse critique de Babelio  

Les éditions Charleston