mercredi 17 novembre 2010

Un pacte avec Dieu de Will Eisner, la BD du mercredi


Ce roman graphique, avec  sa belle couverture souple et ses planches en noir et blanc, raconte, en quatre histoires, la vie  mouvementée d’un immeuble du Bronx, dans les années trente, au 55 Dropsie Avenue, à New York,  non loin du métro aérien.  L’auteur qui a vécu là dans sa jeunesse, connaît bien  le mode de vie des habitants et affirme même que toutes les histoires sont véridiques.

Ce sont des vies de gens pauvres, issus de l’émigration,  qui savent tout les uns des autres à force de se côtoyer. Ils s’entraident et n’ont qu’un désir,  voir leurs enfants s’adapter dans ce nouveau monde de l’argent roi. Le regard du conteur est acéré, à la fois plein d 'humour et de compassion, la main du dessinateur est ferme, précise, nerveuse et finalement poétique.
Dans la première histoire,  «Un pacte avec Dieu» qui donne son nom au volume, l’homme ruisselant de pluie que l’on voit monter péniblement  un escalier  sur la couverture est  au grand tournant de sa vie. Il vient d’enterrer sa fille adoptive et, très pieux,  se scandalise de la rupture du contrat passé avec le dieu juif  de ses ancêtres Très jeune encore, il a été envoyé en Amérique par les sages de son petit village de Russie, victimes de terribles  progroms. Le contrat consistait en ce que Dieu le récompense tant qu’il resterait bon, généreux, serviable et courageux, ce qu'il a toujours été, d’où sa révolte. Il changea dès lors du tout au tout et s’enrichit immensément par des méthodes peu recommandables. La suite est pour le moins inattendue.
Les trois autres récits sont aussi réussis, très enlevés, drôles, méchants et cyniques parfois mais toujours justes et parfaitement observés. J’ai beaucoup aimé !
 Je ne m’en doutais pas en choisissant ce titre mais je sais maintenant qu’il s’agit là du premier vrai roman graphique et  que Will Eisner est désormais un maître incontesté du Comics américain. Il a reçu de nombreux prix partout dans le monde.
Un pacte avec Dieu de Will Eisner (Delcourt, 1978/2004, 184 p)
Participent pour l'instant aux BD du mercredi de Mango, Sandrounette, Kikine,  Yoshi73Mo'lafée,  Noukette,  Valérie,  Jérôme,  Hathaway Manu ChocoIrrégulièreLystig,   SaraMathilde,   Hilde,  Hérisson08,  Lounima,  Dolly, Emmyne,  Theoma, Estellecalim
Participation au Challenge Palsèches de Mo'lafée et à celui de Mr Zombi

mardi 16 novembre 2010

Histoire de Lire, le salon du livre d'histoire, à Versailles, ce week end

Mon week end sera versaillais avec cette belle affiche sur les livres d'Histoire! 
Samedi 20 et dimanche 21 novembre, 14h à 18h30, Mairie de Versailles
Entrée libre
Ouvert aux différentes formes d’expression écrite, comme les monographies, les biographies, les essais, les récits, les romans historiques ou encore les bandes dessinées, Histoire de Lire accueille aussi bien des historiens connus que des futurs talents. 

Le salon s’organise autour de deux espaces.
Un premier espace accueille une cinquantaine d’auteurs et d’historiens reconnus aussi bien que de jeunes talents prometteurs.
Un deuxième espace est dédié au livre d’histoire pour la jeunesse et présente différents types d’ouvrages (BD, Romans d’aventure…) ainsi que plusieurs animations, spectacles de comédiens ou lectures à haute voix.
Des tables rondes ou des débats animés par des auteurs ou des personnalités de premier plan, sont organisés autours de thématiques liées à des moments clés de notre histoire ou à des anecdotes plus méconnues.




Principaux auteurs présents
Jean d'Ormesson         Pierre Milza             Hélène Carrère d’Encausse 
Michel Rouche            Eric Zemmour          Patrick de Gmeline   
Pierre Milza                 François Kersaudy   Emmanuel Le Roy Ladurie   
Jean-Louis Debré        Evelyne Sullerot        Emmanuel de Waresquiel
François d’Aubert       Jean Favier               Jean-Louis Beaucarnot       
Jean-François Kieffer...
Pour en savoir plus ICI

lundi 15 novembre 2010

L'auteur français le plus lu au monde à ce jour est ... Réponse à la devinette du jour.



(Source Télématin de ce jour) http://telematin.france2.fr/?page=chronique&id_article=21674
Résumé::
63 ans, vit en Suisse, Se rend régulièrement en Egypte, pays qu'il a découvert lors de son voyage de noces. Il a depuis écrit une quarantaine de livres et autant d'essais concernant l'égyptologie
Traduit en 23 langues, il est l'auteur français le plus lu dans le monde. Il aurait vendu au total plus de 15 millions de livres.
  Son dernier livre paraît ces jours-ci: "Et l'Egypte s'éveilla" . Il déclare regretter de ne pas avoir eu le Goncourt.

Et la gagnante est **Fleur**,  la première et la seule  à avoir cité cet auteur en premier, suivie de
Marine Rose mais qui avait proposé Eric-Emmanuel Schmitt auparavant!
Merci à  tous et à toutes pour avoir participé  et bravo aux  auteurs français qui se font lire aussi à l'étranger!

Petite devinette d'actualité littéraire: qui mettre sur le piédestal?

Quel est actuellement l'auteur français vivant  le plus lu au monde? 

J'avoue que je n'aurais pas trouvé moi-même! Je ne l'ai pas beaucoup lu!
Que ceux  et celles qui aiment jouer se  déchaînent et bravo d'avance  au premier blog qui  donnera la  bonne réponse dans les commentaires !

Je préciserai ma source d'information  ce soir ainsi qu'un lien vers les  blogs gagnants: le premier à avoir trouvé l'auteur en question et les autres qui l'auront également cité)
(Edit de 13 heures: une seule réponse possible)
Edit de 18H30: Personne n'a encore trouvé!

Nagasaki de Eric Faye, Grand Prix du Roman de l'Académie Française, 2010

«Ce roman est tiré d’un fait divers rapporté par plusieurs journaux japonais en mai 2008»
Le narrateur, Shimura-san,  est un quinquagénaire vivant seul, en célibataire,  dans une grande maison des faubourgs de Nagasaki. Sa vie, disciplinée et  ordinaire, est consacrée à son travail de météorologue. Il se décrit  comme un «pas grand-chose»..
«Je cultive des habitudes de célibataire qui me servent de garde-fou et me permettent de me dire qu’au fond, je ne démérite pas trop».
Sa vie change le jour où, rentrant chez lui  plus tôt que  prévu, il se rend compte que certains objets ont été légèrement déplacés. Depuis quelque temps il éprouve l’impression d’entrer comme par effraction dans sa propre maison bien qu’il en  ferme la porte à clé désormais, contrairement à son habitude. . Il inspecte alors le contenu de son frigidaire et, grâce à une règle graduée, il remarque la  baisse de niveau d’une de ses boissons.
«Quelqu’un s’était servi. Or, je vis seul ».
Dès ce moment, il est persuadé que quelqu’un entre chez lui dans la journée. Cette certitude se renforce chaque jour.  Il se décide  alors à placer une caméra dans sa cuisine et à en observer les images de son bureau. Très vite il voit  passer la silhouette d’une femme. Il est sûr désormais que quelqu’un s’est installé chez lui, à son insu. Pendant quelques jours il vit mal à l’aise, attentif aux moindres bruits, aux moindres détails.
Lorsque l’image observée de son bureau prouve enfin très nettement  la présence d’une femme chez lui, il appelle instantanément la police quitte à le regretter immédiatement. Après tout cette femme est inoffensive : elle ne le gêne pas, ne salit tien, ne détruit rien. C’est comme un fantôme.
Mais il est trop tard et la police découvre la cachette de l’intruse. Un procès s’ensuit,  suivi d’une incarcération.
Commence alors le récit de la prisonnière  et l’on découvre  ce qu’elle n’a pas voulu confier au tribunal : les véritables raisons de son comportement, plus complexes qu’il ne semblait.
C’est un très beau récit sur la solitude, la difficulté des rapports humains,  les lieux d’habitation tour à tour protecteurs et destructeurs, l’anonymat des grandes villes, le poids du passé, les technologies envahissantes et la fragilité des identités.humaines.
Nagasaki, Eric Faye, Stock, 2010, 108 p, Grand Prix du Roman de l'Académie Française, 2010
Voir aussi l'avis de jerome 

dimanche 14 novembre 2010

L'Art et le Peuple de Victor Hugo

L'art, c'est la gloire et la joie.
Dans la tempête il flamboie ;
Il éclaire le ciel bleu.
L'artt, splendeur universelle,
Au front du peuple étincelle,
Comme l'astre au front de Dieu.

L'art est un champ magnifique
Qui plaît au coeur pacifique,
Que la cité dit aux bois,
Que l'homme dit à la femme,
Que toutes les voix de l'âme
Chantent en choeur à la fois !

L'art, c'est la pensée humaine
Qui va brisant toute chaîne !
L'art, c'est le doux conquérant !
A lui le Rhin et le Tibre !
Peuple esclave, il te fait libre ;
Peuple libre, il te fait grand !

L'Art et le Peuple de Victor Hugo (1802-1885)
Les Châtiments, 1851
Pour toi Kenza: Bon anniversaire!

samedi 13 novembre 2010

Relais de l'amitié; en automne, s'envolent les tags comme les feuilles au vent

Kenza de Thé au jasmin m'ayant invitée pour ce deuxième tag de l'automne, j' y réponds bien volontiers.
                                                                     Relais  de l'amitié
Répondre à une série de questions :
- 1) Quand vous étiez petit(e), que répondiez-vous à la question : "Et toi, que veux-tu faire quand tu seras plus grand(e) ?"
-2) Quels ont été vos BD et dessins animés préférés ?
-3) Quels ont été vos jeux préférés?
-4) Quel a été votre meilleur anniversaire et pourquoi?
-5) Qu'est-ce que vous auriez absolument voulu faire que vous n'avez pas encore fait ?
-6) Quel était votre premier sport préféré?
-7) Quelle était votre première idole de musique?
-8) Quel est le plus beau cadeau de Noël (ou équivalent) que vous avez reçu?
Pour terminer, il faut passer le relais à d'autres blogueurs de son choix.
copier-coller l'image du relais de l'amitié dans sa propre publication.
- 1) Quand vous étiez petit(e), que répondiez-vous à la question : "Et toi, que veux-tu faire quand tu seras plus grand(e)?"
« Maîtresse ! » bien sûr, officiellement. Ça faisait plaisir aux parents!  et en cachette , tout bas, "Danseuse.!"
-2) Quels ont été vos BD et dessins animés préférés?


-3) Quels ont été vos jeux préférés?
-4) Quel a été votre meilleur anniversaire et pourquoi?
Vers huit ans je crois, à Noël, fête qui s’est toujours confondue avec mon anniversaire, j’avais reçu un vélo et une grande poupée qui fermait les yeux!
-5) Qu'est-ce que vous auriez absolument voulu faire que vous n'avez pas encore fait?
Vivre un moment à New York et visiter la Chine. (la grande Muraille, La cité interdite de Pékin, Shanghaï,  le Yang-tsé-Kiang, les lieux basiques en somme!)


-6) Quel était votre premier sport préféré?
Le vélo l’hiver, la natation l’été.
-7) Quelle était votre première idole de musique?
-8) Quel est le plus beau cadeau de Noël (ou équivalent) que vous avez reçu? déjà répondu
Pour terminer, il faut passer le relais à d'autres blogueurs de son choix.
C’est le moment le plus difficile! Je viens d’en nommer quinze pour le tag des 15 auteurs.
Je vais éviter qui n'aime pas les tags: j'en connais plusieurs.
Je ne voudrais oublier personne mais c'est impossible:  il y a trop de blogs que j’aime pour pouvoir  les  citer tous. Je propose donc ce relais à Saxaoul,  Clara,  Maggie,  Cynthia,  Aifelle,  Claudialucia, NikiSabbio,  GeorgeS, Kathel,

vendredi 12 novembre 2010

Une affaire conjugale de Eliette Abecassis

Une affaire conjugale des plus classiques désormais : un mariage qui chavire après  dix années de vie apparemment heureuse et deux enfants. Un mari  trompeur et maître chanteur qui passe  du statut de prince charmant à celui de pervers narcissique. Les enfants que l’on se dispute, l’argent qui devient une arme à double tranchant, le recours à de nombreux tiers dont on s’entoure : avocats, notaires,  détectives,  psy,  coach de ceci et de cela puis la famille, les amis, les nounous, les  simples connaissances que l’on doit  solliciter et au milieu de tout ce cirque se dressent les  indispensables,  ordinateurs et portables, avec lesquels on espionne, on surveille, on se renseigne, on piège, on manipule jusqu’au dénouement…soupçonné depuis longtemps par toute lectrice un peu aguerrie ! 
Ce qu’on aurait traité en vaudeville un siècle plus tôt  commence en  véritable  drame  puis on  frôle de peu la tragédie pour finir  en….mais je ne peux pas le révéler, ce serait être mauvaise joueuse ! 
Je n’avais aucune intention de lire ce livre ayant bien assez de partenariats et autres livres voyageurs en retard  comme ça mais pour  avoir commencé à lire les  premières pages  je me suis trouvée habilement embarquée dans cette histoire jusqu’au milieu du récit. J’étais surprise donc intéressée. Peu à peu cependant je me suis mise  à sauter des lignes puis des pages bref à terminer en lecture rapide tant j’ai fini par m’ennuyer avec ce procès à rallonges et ces  pseudos et autres identités multiples qui servent à se défouler et à maintenir le contact avec l’ennemi… J’ai flairé trop vite qui était devenu qui et comment toute cette tragédie allait se terminer…Dommage ! L’homme est vraiment trop caricatural, la femme trop naïve au début, bref j’aurais été dans une situation similaire j’aurais peut-être beaucoup apprécié ce récit. Ne l’étant pas, je ne l’ai pas aimé plus que cela !

Première phrase : «Il n’y a pas de vol entre époux »
Dernière : «Serai-je capable d’aimer à nouveau »? 
Seule phrase au dos du livre :  «Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer».
Une dernière : «Ceux qui n’ont pas divorcé ne peuvent pas comprendre, les célibataires ne peuvent pas comprendre, seuls ceux qui sont passés par cette expérience peuvent entendre ce que je dis. J’étais en survie. …c’était comme une maladie.  Si on ne la traitait pas, elle allait empirer: j’avais la divorcite »
Une affaire conjugale de Eliette Abecassis (Albin Michel), 2010, 325 p)

jeudi 11 novembre 2010

Le réprouvé, citation de Mikaël Hirsch

"Les empires sont bâtis par des gamins se croyant invulnérables et détruits ensuite par des adultes inquiets"

Mikaël Hirsch:
 Le réprouvé (L'Éditeur)

Le Réprouvé de Mikaël Hirsch

Petit livre mais grande lecture !
Avec cet ouvrage, j’ai fait un rapide voyage dans le temps  et  dans Paris, le Paris  du lundi   6 décembre 1954, jour de  la remise du Prix Goncourt à Simone de Beauvoir. 
 Rien de plus et rien de moins : le récit d’une seule journée, celle vécue par le narrateur, Gérard Cohen, garçon de courses chez Gallimard,  qui doit relier avec sa moto le centre de la capitale  à la ville de Meudon  dans cette  banlieue où vit reclus le «réprouvé» Louis-Ferdinand Céline  pour lui porter l’enveloppe  contenant l’argent  de son éditeur. 
Il perd son temps, flâne, tourne  et  se retourne,  ici et là,  avant d’entreprendre enfin cette longue  course du Boulevard Saint-germain  jusque par delà la Seine sur la colline où vit celui qui est déjà considéré comme le plus génial des écrivains  antisémites mais qu’on ne fréquente surtout pas et  auquel on refuse le prix du jour. 
A 24 ans, le jeune homme,  pourtant fils d'un proche de Gallimard,  n’a pas encore trouvé sa voie dans ce milieu littéraire qu’il fréquente et qu’il ne cesse d’observer, entre l’admiration et le mépris,  quand personne ne se gêne devant lui  et qu’il navigue constamment entre passé et futur, entre ses souvenirs de guerre  d’enfant demi juif caché et  finalement sauvé et  ses aspirations à un avenir différent!
Ai-je vraiment  aimé ce livre?  Oui pour tout ce qui est évoqué de la ville, des milieux littéraires opposés, des souvenirs de la France occupée, et pour la manière légère, par petites touches, l’air de rien , mais pour en  dire beaucoup plus qu’il ne semble.  Cette lente déambulation dans le Paris de  Gallimard 1954,   de Léautaud, de Simone de Beauvoir, de Sartre et surtout de  Céline  semble se terminer un peu  platement  dans un cinéma très fréquenté où le héros passe sa soirée mais en réalité  sa décision est enfin prise qui doit changer sa vie. Cette journée d’errance aura été décisive. comme une libération. "Je tourne enfin le dos au grand Khan"  (clin d'œil ici au billet de Sylire)
Roman initiatique,  voyage intérieur, style aisé, voire agréable... oui, j'ai bien aimé! 

"Je ne suis pas l'un d'eux, quels qu'ils soient. Je ne le serai jamais. J'ai beau faire des efforts, mentir;  me cacher. Tout n'est que travestissement. Je suis comme amputé des hommes... 
 N'étant pas des leurs, j'ai facilement pu devenir un confident, un messager. On m'a prêté du talent, mais on ne prête qu'aux riches et mon seul nom me tient lieu de fortune. Je suis un animal dont on caresse l'encolure, rien qu'un élément du décor".
"Je vais quitter Gallimard comme on quitte sa famille...Je n'écrirai pas du tout et ce faisant, je m'éloigne de mon père."
Le Réprouvé de Mikaël Hirsch, Éditions : L'Éditeur, 2010, 185 pages.
Sylire (lien plus haut) et Aifelle l'ont aimé aussi!

Le prix Renaudot des lycéens 2010 à Agnès Desarthe

Les jeunes lycéens du prix Renaudot ont décerné leur prix à Agnès Desarthe pour Dans la nuit brune, paru aux édition de L’Olivier : «un étrange et émouvant petit roman qui, à mi-chemin entre le conte et le policier, s'interroge sur la notion de filiation».
 Elle succède ainsi à Véronique Ovaldé, lauréate en 2009 pour Ce que je sais de Vera Candida.
Agnès Desarthe est également la traductrice de Jay McInerney 

Créé en 1992, dans la lignée du Goncourt des lycéens, ce prix est remis à Loudun, près de Poitiers, la patrie de Théophraste Renaudot.
Y participent plus de 300 élèves de terminale de 15 établissements situés dans les académies de Limoges, Nantes, Orléans-Tours et Poitiers.

La sélection du Renaudot des lycéens pour 2010 était la suivante :
Qu'as-tu fait de tes frères? de Claude Arnaud (Grasset), 
Amours et aventures de Sindbad le Marin de Salim Bachi (Gallimard), 
L'Ange des larmes de Jean-Claude Bologne (Calmann-Levy),
Le Siècle des nuages de Philippe Forest (Gallimard),
La Vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre (POL), 
Les Assoiffées de Bernard Quiriny (Seuil) 
Une soirée au Caire de Robert Solé (Seuil).

mercredi 10 novembre 2010

Couleur de peau : miel de Jung, T2, La BD du mercredi,


En 1980, Jung a 14 ans. C’est un adolescent adopté à cinq ans par une famille belge. Il avait été abandonné par sa famille à Séoul, dans les années soixante,  comme 200.000 autres petits Coréens désormais dispersés dans  le monde.
Le premier tome racontait comment cet enfant avait été retrouvé par un policier dans un marché de la capitale où on l'avait abandonné puis placé dans un orphelinat et envoyé enfin en Belgique dans sa famille d'adoption . 
Dans cette suite,  l’auteur raconte ici les différentes étapes de sa vie d’adolescent jusqu’à ses dix neuf ans.
Il se sent étranger où qu’il aille avoue-t-il dès le départ, car il est comme un arbre déraciné qu’on a replanté ailleurs mais ses racines ne sont pas assez profondément enfouies dans le sol et le moindre souffle le fait vaciller. Cependant il veut résister et s’en sortir contrairement à bien d'autres de ses amis,  jeunes coréens adoptés comme lui, qui se sont suicidés
Il se sent toujours différent, ni vraiment  belge .ni vraiment coréen. D’ailleurs longtemps il fuit la compagnie des autres asiatiques de son lycée jusqu’à ce que peu à peu il apprenne à mieux les connaître et à s’accepter lui-même jusqu’à partir  au Japon, après avoir gagné un concours à la télévision mais il ne franchit pas  la distance qui le sépare de la Corée, malgré  son envie. 
«Finalement je n’ai pas pris le bateau, je n’ai pas franchi le pont. Ce voyage m’a permis de prendre conscience que j’étais différent, mais que je n’en étais pas moins bien pour autant. Je suis né à 5 ans, le jour où ce policier m’a trouvé dans la rue. Ma valise est prête, je peux partir. 
Aujourd’hui, à 42 ans, cette valise est déjà bien pleine…Je suis l’enfant, je suis l’adolescent, je suis l’adulte, je suis toutes ces personnes que j’ai appris à aimer, à accepter. 
Il ya encore du chemin à parcourir, la route peut être encore longue, mais la porte est ouverte et je suis déjà sur le pont »

C’est un très bel album, dans la veine de ceux que j’ai le plus aimés : Pyong Yang de Guy Delisle et  Blankets de Craig Thompson. . Il est en noir et blanc et j’en ai apprécié les dessins. L'histoire est celle de tous les adolescents qui cherchent à plaire sans être jamais satisfaits. Il est maladroit, taciturne en famille, séducteur et amical au dehors, timide et audacieux.  C'est drôle, émouvant, chaleureux. De nombreux problèmes sont abordés mais sans lourdeur: la quête d'identité, les premières amours, les premiers dessins, la difficulté de devoir assumer deux cultures très éloignées, les malentendus , le besoin et la recherche de soi et des autres qui vous enrichissent de leurs différences. 
J'ai beaucoup aimé!  Maintenant je sais que c'est avant tout ce genre de BD que j'aime, cette petite musique - là , celle de l'apprentissage de la vie.
 La suite est prévue, un tome 3  avec enfin le voyage en Corée tant attendu! 

Couleur de peau : miel de Jung
(Quadrants, Astrolabe, 2008, 144 p)

Participent pour l'instant aux BD du mercredi de Mango,  Kikine,  yoshi73, Mo'lafée,  Noukette,  Valérie,  Jérôme,  Hathaway,  Manu,  Choco, Irrégulière, Lystig,   Sara, Mathilde,  Sandrounette,  Hilde,  Hérisson08,  Lounima,  Dolly, Emmyne,    

Participation au challenge Palsèches de Mo'lafée et à celui de Mr Zombi

mardi 9 novembre 2010

Mathias Enard,prix Goncourt des Lycéens 2010

Mathias Enard: Prix Goncourt des lycéens  en 2010
pour son roman 
« Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants », paru aux éditions Actes Sud.
 L’écrivain devance 
Fouad Laroui («  Une année chez les Français » Julliard) 
et Virginie Despentes («  Apocalypse bébé » Grasset) qui a reçu, hier, le prix Renaudot.


Il avait reçu le prix Décembre 2008 pour Zone (Actes Sud)

Petit tag à faire très vite, sans réfléchir

Sabbio l'a ordonné. Mango l'a exécuté!
Le principe :
Ne prenez pas trop de temps pour y penser. Quinze auteurs (incluant les poètes), qui vous ont influencé et que vous garderez toujours dans votre cœur. Listez les 15 premiers dont vous vous souvenez en moins de 15 minutes.

1) Oscar Wilde
2) Stefan Zweig
3) Saint-Simon
4) Dante Alighieri
5) Marcel Proust
6) Yu Hua
7) Agatha Christie
8) Truman Capote
9) Léon Tolstoï
10 Edith Wharton
11) Henry James
12) Giovanni Verga
13) Tonino Benacquista
14 Thomas Mann
15 Montaigne
Je désigne pour reprendre le flambeau selon l'usage, les 15 blogs suivants
Chrys,  Ötli,  Kenza, Cricri S, Dimitri,  Wictoria, Emma, Armando, Dominique,  Claudialucia ,  Yoshi73,  Lewerentz , Irrégulière, In Cold Blog , Lalou ,
A vous de jouer, si vous le voulez, maintenant! 

Le Goncourt des Lycéens sera attribué à 12 heures 30 aujourd’hui, à Rennes

A Rennes, ce matin, treize lycéens, dont douze représentants français et une élève du lycée français de Budapest  vont sécher les cours pour élire  le 23ème  prix Goncourt des lycéens.
C’est la Fnac et le ministère de l'Éducation nationale qui organisent ce prix avec l'accord de l'académie Goncourt.
Sont concernées 52 classes de lycéens âgés de 15 à 18 ans, issus de seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques.  La sélection des classes est basée sur la motivation des enseignants.
En 2009, ils avaient choisi Jean-Michel Guenassia pour : « Le club des incorrigibles optimistes » (A. Michel).

Les romans qui restent dans la sélection finale sont :
Le coeur régulier, (L'Olivier) d'Olivier Adam.
Apocalypse Bébé, (Grasset) de Virginie Despentes.
 L'insomnie des étoiles, (Gallimard) de Marc Dugain.
Maylis de Kerangal, Naissance d'un pont (Verticales)
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, (Actes Sud) de Mathias Enard..
Une année chez les Français, (Julliard) de Fouad Laraoui.
Six mois, six jours, (Grasset) de Karine Tuil.

La liste des quatorze romans qui étaient sur la ligne de départ se trouve  ICI

Le vainqueur est :   Mathias Enard, 



Photo: Ouest France

lundi 8 novembre 2010

Virginie Despentes obtient le Renaudot. Caractéristiques de ce prix

 Moins célèbre que le Goncourt, le Renaudot est décerné le même jour
Cette année étaient sélectionnés
Romans:
- Salim Bachi pour "Amours et aventures de Sindbad le marin" (Gallimard)
- Virginie Despentes pour "Apocalypse bébé" (Grasset) Prix 2010. Elle l'emporte au onzième tour de scrutin par 4 voix contre 3 pour Simonetta Greggio
- Simonetta Greggio pour "Dolce Vita" (Stock)
- Michel Houellebecq pour "La carte et le territoire" (Flammarion)
- Marc-Edouard Nabe pour "L'homme qui arrêta d'écrire" (édité par l'auteur) (lu, billet ICI)
- Robert Solé pour "Une soirée au Caire" (Seuil)

Essais:
- Mohamed Aïssaoui pour "L'Affaire de l'esclave Furcy" (Gallimard)
obtient le prix de l'essai
- Charles Dantzig pour "Pourquoi lire?" (Grasset)
- Patrice Delbourg pour "L'odyssée Cendrars" (Ecriture) ( Commencé: très intéressant!)
- Michel Onfray pour "Le crépuscule d'une idole" (Grasset)
Pour la première fois, le jury a sélectionné deux livres en format de poche:
- Fabrice Humbert pour "L'origine de la violence"
- Eric Holder pour "Bella ciao"
Prix créé en 1926, attendant les résultats de la délibération du jury du prix Goncourt
.Les membres du jury actuel 
André Brincourt
Christian Giudicelli
Dominique Bona
Franz-Olivier Giesbert
Georges-Olivier Châteaureynaud
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Jean-Noël Pancrazi
Louis Gardel
Patrick Besson
Les lauréats du XXIème siècle
2000 : Allah n'est pas obligé, Ahmadou Kourouma (Le Seuil)
2001 : Céleste, Martine Le Coz (Editions du Rocher)
2002 : Assam, Gérard de Cortanze (Albin Michel)
2003 : Les Âmes grises, Philippe Claudel (Stock)
2004 : Suite française, Irène Némirovsky (Denoël)
2005 : Mes mauvaises pensées, Nina Bouraoui (Stock)
2006 : Mémoires de porc-épic, Alain Mabanckou (Le Seuil)
2007 : Chagrin d'école, Daniel Pennac (Gallimard)
2008 : Le Roi de Kahel, Tierno Monénembo (Le Seuil)
2009 : Un roman français, Frédéric Beigbeder (Grasset)

Prix Renaudot de l'essai 
2003 : Dictionnaire amoureux de l'Amérique d'Yves Berger (Plon)
2004 : Madame Proust d'Évelyne Bloch-Dano (Grasset)
2005 : Le Roman de Constantinople de Gilles Martin-Chauffier (Le Rocher)
2006 : Jean-François Revel : un esprit libre de Pierre Boncenne (Plon)
2007 : Le Benarès-Kyôto de Olivier Germain-Thomas (Le Rocher)
2008 : Autobiographie d'un épouvantail de Boris Cyrulnik (Odile Jacob)
2009 : Alias Caracalla de Daniel Cordier (Gallimard)

Prix Renaudot des lycéens 
2007 : Le Cœur cousu de Carole Martinez, (Gallimard)
2008 : Le Voyage du fils d' Olivier Poivre d'Arvor, (Grasset)
2009 : Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé, (L’Olivier)

Le Goncourt à Michel Houellebecq; le Renaudot à Virginie Despentes


 le Goncourt à    Michel  Houellebecq par 7 voix contre 2













Le Renaudot à   Virginie Despentes, 

Aujourd'hui, journée des Prix: Goncourt et Renaudot

Ces deux prix, le Goncourt et le Renaudot seront décernés  tous les deux  aujourd"hui, à 13 heures.

Les quatre finalistes du Goncourt sont : Virginie Despentes, Mathias Enard, Maylis de Kérangal et Michel Houellebecq. 

- Maylis de Kérangal a déjà obtenu le Prix Médicis pour "Naissance d'un pont". Pour cette raison je ne pense pas qu'elle sera la gagnante. Je le commence seulement et ne peux pas vraiment le juger encore

- Mathias Enard «Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants» a écrit  un très beau livre  qui s'est déjà vendu  à 43 900 exemplaires.J'ai aimé son livre mais beaucoup moins que le Houellebecq. 

Les deux derniers sont également sur la liste du prix Renaudot:

- Virginie Despentes avec son «Apocalypse bébé» semble encore bien loin du conservatisme de l'Académie mais sait-on jamais? Je ne l'ai pas encore lu. 

- Houellebecq. Les critiques litéraires interrogés par Le JDD l'ont plébiscité : sept voix sur huit pour "La carte et le territoire" (Flammarion). Son roman est déjà un best seller qui s'est vendu à près de 200.000 exemplaires. Je l'ai tout de suite bien aimé, l'ayant trouvé très riche, original, passionnant même . Mon billet est en cours de rédaction.

Dernière sélection  du jury Renaudot pour le prix du roman et celui de l'essai. Prix créé en 1926, en attendant les résultats de la délibération du jury du prix Goncourt
Romans:
- Salim Bachi pour "Amours et aventures de Sindbad le marin" (Gallimard)

- Virginie Despentes pour "Apocalypse bébé" (Grasset)

- Simonetta Greggio pour "Dolce Vita" (Stock)

- Michel Houellebecq pour "La carte et le territoire" (Flammarion) (en cours de lecture)

- Marc-Edouard Nabe pour "L'homme qui arrêta d'écrire" (édité par l'auteur) (lu en mars,  mon  billet ICI)

- Robert Solé pour "Une soirée au Caire" (Seuil)

Je n'ai lu que deux d'entre eux et j'aimerais que si Houellebecq a le Goncourt comme il le semblerait, ce soit Marc-Edouard Nabe qui reçoive le Renaudot.  J'ai également beaucoup aimé son livre,  prêté par Cuné que je remercie encore. 
Si ces deux écrivains-là avaient chacun son grand prix , ce serait une belle revanche sur le milieu  des crtiques littéraires et des auteurs qui les ont snobbés et boycottés  si longtemps. 

Essais:
- Mohamed Aïssaoui pour "L'Affaire de l'esclave Furcy" (Gallimard)

- Charles Dantzig pour "Pourquoi lire?" (Grasset) (L'auteur était cette semaine à l'émission de la Grande Librairie  et s'est montré très intéressant. Prix ou pas, je compte bien le lire.)

- Patrice Delbourg pour "L'odyssée Cendrars" (Ecriture) (Commencé: très intéressant!)

- Michel Onfray pour "Le crépuscule d'une idole" (Grasset)

Pour la première fois, le jury a sélectionné deux livres en format de poche:

- Fabrice Humbert pour "L'origine de la violence"

- Eric Holder pour "Bella ciao"

Que ce soient les meilleurs qui gagnent!

Petite considération économique non négligeable: Que gagneront-ils? 
C'est le Goncourt qui vend le plus: avec 400.000 volumes en moyenne Le Renaudot vend deux fois moins avec 220.000 exemplaires. Le Femina arrive en troisième position avec 155.000 unités vendues suivi par le Goncourt des lycéens (125.000), le prix des lectrices d'Elle (120.000), le prix des Maisons de la presse (100.000), l'Interallié (95.000), le prix du livre Inter (60.000), le prix des libraires (55.000), le prix Fnac (50.000). En dernière position, le lauréat du Médicis peut espérer vendre 42.000 exemplaires

dimanche 7 novembre 2010

Ce soir je m’invite chez Tolstoï

Je ne sais pas vous mais moi, ce soir, je serai  chez Tolstoï , à Yasnaïa Poliana, juste après avoir vu :  "Résurrection"  des frères Taviani (2001) d’après le roman de Tolstoï .
C'est sur Arte  qui consacre toute sa soirée au grand romancier russe
Après le téléfilm en deux parties  (3h00), Vladimir, le petit fils de Tolstoï, directeur du musée de Yasnaïa Poliana parlera de son grand-père.
Enfin pour terminer la soirée, (à minuit -5,hélas!) un autre documentaire approfondira la connaissance qu'on peut avoir du romancier : "Plus grand que les autres"
 Résumé de Résurrection: 
Le prince Dimitri Neckliudov, aristocrate riche et influent, acquis aux idées progressistes partagées par une minorité de l'intelligentsia russe, à la fin du XIXe siècle, et heureusement fiancé, fait partie de la liste des jurés dans un procès qui doit juger le cas d'une prostituée accusée de meurtre. Alors que celle-ci et les motifs d'inculpation sont présentés à l'assemblée, il est stupéfait de découvrir que la jeune femme en question n'est autre que Katioucha Maslova, avec qui il a eu une aventure dix ans auparavant, et qu'il a grossièrement abandonnée, la contraignant ainsi à la prostitution. Le procès se révèle rapidement être un simulacre...
Une belle soirée en perspective, j'espère!

Après trois ans de Verlaine


Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Après trois ans  de Paul Verlaine  (Les poèmes saturniens)
Photographie de Jean-Michel Berts