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vendredi 19 avril 2013

Un avant-goût de Limonov - Journal d'un raté


Limonov, né en 1943, est un écrivain franco-russe et dissident politique, fondateur et chef du Parti national-bolchevique.
Truand à Kharkov, poète à Moscou, sans-abri puis domestique à New York, écrivain et journaliste à Paris, soldat en Serbie, dissident puis prisonnier politique dans l'ex-URSS, Limonov est candidat à la présidentielle russe de 2012.
Selon Emmanuel Carrère, son biographe,  Sa vie symbolise bien les rebondissements de la seconde partie du xxe siècle. (source Wikipedia)
Journal d'un raté, Edouard Limonov, Roman, Traduit du russe par Antoine Pingaud,( Les grandes Traductions, Albin Michel, 1982, 280 p.)
J’ai toujours été pauvre. J’aime être pauvre, ça fait artiste,  bohème. Être pauvre,  c’est beau. Et comme vous savez,  je suis un esthète. Il y a une tonne d’esthétisme dans la pauvreté.  (p.68)Je voudrais parler du velours et de ses tons.Je voudrais éprouver les sensations d’Hélène alors que, venant de trahir son mari Edouard Limonov, elle rentrait chez elle à travers New York et que le soleil se couchait au même moment.  (p.69)

Concerto pour murmure et orchestre
Je baise ma Révolution russe

Ses boucles blondes et moites de poupon
Qui s’échappent de sous son béret de marin
Ou de sa chapka  de soldat.
Je te pleure à New York. Dans la ville des vents humides de l’Atlantique. Où s’épanouit sans borne la vermine. Où des esclaves servent leurs maîtres, qui sont des esclaves aussi.
Et chaque nuit… moi,  dans mon hôtel sordide… seul, russe, imbécile… je rêve sans cesse à toi, c’est à toi que je rêve, sans cesse.
Toi qui péris innocente en son jeune âge, belle, souriante, pleine de vie. …Tes mains meurtries sur la sangle de la mitraillette… toi qui parlais russe…la Révolution… mon amour! (p.70)

En attendant le billet que je prépare .

vendredi 27 mai 2011

Les Hommes sirènes de Fabienne Juhel, 2

L'éditeur anglais Ford Madox Ford (1873-1939),   avait décrété que l'on pouvait décider de la qualité d'un livre en lisant la page 99.
Voici ce que cela donne pour le livre de Fabienne Juhel : "Les hommes sirènes"
"Il ne faisait pas ça, L'Homme aux livres, tracer la croix sur le ventre du pain. Il n'était pas un patriarche non plus. Il avait raconté dans un de ses tout premiers essais comment, dans son baraquement, le responsable de l'unité avait fabriqué un pain à partir de la cendre de sa famille. "
 Encore mieux pour apprécier le style de la romancière, la page 251:
« Cent sept ans, ça voulait dire l’éternité.Pourtant l’ancêtre avait bien fini par mourir. Donc, tu vois que la Mort ne l’avait pas oublié, avait dit l’homme calmement.Brian lui avait répondu qu’il était bien difficile d’évaluer la part de responsabilité de chacun. Parce qu’un jour de l’été 2003, le vieux avait piqué une tête à la pointe de l’Arcouest.Il était si sénile qu’il avait oublié qu’il ne savait pas nager.La Mort avait dû sauter sur l’occasion… »
 Mais un des meilleurs passages pour moi est celui-ci:
 «Il vient souvent ici des hommes comme toi.L’homme n’est pas étonné. Il sait, évidemment il sait, que la mer attire ce genre d’hommes. On peut alors en ramasser sur la jetée, en ramener avec soi pour les longues nuits d’hiver.   Marie en trouvera toujours amarrés à un quai, comme suspendus à leur dernier rêve de pierre. Elle les décrochera, coupant un à un les fils de la marionnette piégée par le miroir aux alouettes. Une main passée sur leur front, elle les enlèvera à leur torpeur, balayant une mèche qu’ils ont cessé depuis longtemps d’amadouer. Elle leur donnera l’espace d’une nuit, d’un week-end, le goût  d’une petite mer plus facile d’approche. Elle leur offrira un mouillage en zone paisible, et un pull ou deux de son frère après.
   Sans doute qu’ils repartiront, car ils repartaient toujours, plus mordus qu’avant, bardés de rêves de coraux, la bouche pleine de sel.
   Ève Eckert les appelait les Hommes Sirènes.» 

jeudi 17 mars 2011

Le jeudi, c'est citation. L'année de la pensée magique de Joan Didion

«J’ai du mal à me considérer comme une veuve. Je me rappelle avoir hésité, la première fois que j’ai dû cocher cette case dans la partie « état-civil » d’un formulaire. J’avais aussi du mal  à me considérer  comme une épouse.  Etant donné le prix que j’accordais aux rituels de la vie domestique. le concept d’ « épouse » n’aurait pas dû me paraître problématique, et pourtant si. 
En réalité, je ne savais pas du tout comment me comporter en tant qu’épouse
Durant ces premières années, j’accrochais des marguerites dans mes cheveux, pour me donner un style «jeune mariée». 
Plus tard, j’ai fait faire des robes en vichy assorties pour moi et Quintana, aspirant cette fois au style «jeune mère». 
Le souvenir que j’ai de cette époque, c’est que tous les deux, John et moi, nous improvisions, au petit bonheur. 
Les fleurs brunissent, les plaques tectoniques bougent, les courants marins se déplacent, les îles disparaissent, les pièces sombrent dans l’oubli.
Il fallait s'adapter à ces changements. John m'a dit ça. Nul regard ne veille sur moi - mais ça,il me l'a dit."
Dernières phrases de « L’année de la pensée magique » de Joan Didion.

Joan Didion avec sa fille Quintana  et son mari  John Gregory Dunne en 1976.  Photographie de John Bryson/Time Life/Getty (Sur une idée de chiffonnette )

jeudi 17 février 2011

Bonheur dans la Sierra, citation de John Muir

13 juin 1869.  Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l’impression de se dissoudre et d’être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. La vie ne semble ni longue ni courte, et nous ne songeons pas  plus à gagner du temps ou à nous dépêcher que les arbres et les étoiles.  Voilà la véritable liberté, voilà une excellente et pratique sorte d’immortalité. 

John Muir Un été dans la Sierra, Chapitre 2.  Au camp sur l’embranchement nord du Merced

jeudi 10 février 2011

Le rêve d'Amanda Ruth de Michelle Richmond, premières lignes,


«Dans mon rêve Amanda Ruth n’est pas morte, elle est seulement endormie. Nous sommes allongées sous un sycomore au bord d’un sentier de montagne accidenté. L’herbe autour de nous est constellée de noyaux : nous avons mangé des pêches, des prunes et des nectarines. Ses doigts sont encore poisseux après notre festin. Ils brillent dans la douce lumière de la montagne. Elle a une manière si élégante de dormir, une jambe un peu repliée sous elle, un bras étendu sur l’herbe.»
Michelle Richmond : Le rêve d’Amanda Ruth, traduit de l’américain par Sophie Aslanides 
(Début de ce livre en cours de lecture, citation pour le jeudi de Chiffonnette) )

jeudi 3 février 2011

Le jeudi, c'est citation

Lu au hasard , en ouvrant le premier livre dans une pile à classer: mais y a-t-il un sens au hasard?
"Le secret du bonheur, c'est de vivre juste au-dessous de ses moyens.
Le secret de la réussite sociale c'est de vivre juste au-dessus de ses moyens." p.318


Sur une idée de Chiffonnette                 Extrait du Journal de M. Polac (PUF, 2000)

jeudi 27 janvier 2011

Dernières lignes de John Irving, Citation du jeudi

«Oh mon dieu, ça y est, je tiens mon début! pensa l’écrivain.
Il avait perdu tant d’êtres chers, mais il savait que les histoires sont des merveilles qu’on ne peut endiguer. Il sentait que la grande aventure de sa vie commençait tout juste, comme son père avait dû le penser lui-même, dans les affres et les circonstances funestes de sa dernière nuit à Twisted River ».
Ce qu'a dit l'auteur:
"Je commence toujours par écrire la dernière phrase. Puis je remonte en suivant l’intrigue jusqu’au début de l’histoire. Voici mon douzième roman. Une fois déjà, dans «Le monde selon Garp», j’ai réussi à introduire le titre du roman dans la première phrase. Je n’essaie pas systématiquement de le faire  mais c’est une idée que je garde en tête et si c’est poassible, je n’hésite pas à le faire."
Dernière nuit à Twisted River de John Irving,  2011  (Citation du jeudi sur une idée de Chiffonnette)

jeudi 23 décembre 2010

L'aurore et le crépuscule, citation du jeudi



                                          "Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores
                                           Etonnons-nous des soirs mais vivons les matins".


Apollinaire,  "Le guetteur mélancolique"




Photographies: Ici et Ici
sur une idée de Chiffonnette

jeudi 16 décembre 2010

Quand les Français entraient dans Milan…,par Stendhal dans La Charteuse de Parme, Citation du jeudi


Bataille du Pont de Lodi, le 10 mai  1796 (21 floréal an IV) qui opposa  l’armée d'Italie du général Bonaparte aux armées coalisées commandées par le général Sebottendorf, pour la prise du pont de Lodi sur l’Adda. Elle conclut de manière victorieuse la deuxième partie de la campagne d’Italie.(Wikipedia)

Début de « La Chartreuse de Parme », entendu sur Direct8 dans une de leurs  fameuses lectures nocturnes, texte lu par Elodie . Merci pour les insomniaques de toutes natures !  

« Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie dont l’Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un peuple endormi. (…) Depuis qu’ils étaient devenus de  fidèles sujets ,  la grande affaire (des lombards) était d’imprimer des sonnets sur des petits mouchoirs de taffetas rose quand arrivait le mariage d’une jeune fille appartenant à quelque famille noble ou riche. 
(…)
Depuis une cinquantaine d’années, et à mesure que « L’Encyclopédie » et Voltaire éclataient en France, les moines criaient au bon peuple de Milan, qu’apprendre à lire ou quelque chose au monde était une peine fort inutile, et qu’en payant  bien exactement la dîme à son curé, et lui racontant fidèlement tous ses petits péchés, on était à peu près sûr d’avoir une belle place en paradis. 
(…)
La masse de bonheur et de plaisir qui fit irruption en Lombardie avec ces Français si pauvres fut telle que les prêtres seuls et quelques nobles s’aperçurent de la lourdeur de cette contribution de six millions, qui, bientôt fut suivie de beaucoup d’autres. Ces soldats français riaient et chantaient toute la journée, ils avaient moins de vingt-cinq ans, et leur général en chef, qui en avait vingt-sept, passait pour l’homme le plus âgé de son armée ».


Pendant ce temps, je poursuis ma lecture commune de Tolstoï : «Guerre et Paix » où là encore je rencontre l’armée française toujours dirigée par Bonaparte mais  devenu Napoléon . Cette fois c’est tout simplement la Russie qui est envahie mais l’issue n’est pas la même ! Les hommes dirigeant les peuples : quelle folie ! 

Citation du jeudi sur une idée de Chiffonnette

jeudi 9 décembre 2010

Le Haïku . Citation du jeudi


« Le haïku ne signifie rien au-delà de ce qu’il est. Un étang en été, une feuille au vent. C’est de la perception humaine en milieu naturel. C’est la réponse à tout sous forme d’un nombre fixe de vers, d’un compte prescrit de syllabes. Je voulais une guerre haïku, dit-il. Une guerre en trois vers. Aucun rapport avec l’état des forces en présence ou avec la logistique. Ce que je voulais, c’était un ensemble d’idées ayant à voir avec des objets éphémères. Telle est l’âme du haïku. Tout dénuder, tout rendre visible. Voir ce qui est là. A la guerre, les choses sont éphémères. Voir ce qui est là puis se tenir prêt à le voir disparaître ».
Celui qui parle est Richard Lester, universitaire, ancien correspondant du Pentagone, spécialiste de la  loi de l’extinction   pendant la guerre d’Irak.. (P.39)  Point Omega de DonDeLillo

jeudi 25 novembre 2010

jeudi 18 novembre 2010

Être père, dit Philippe Claudel, citation

Être pères, disent-ils
Te protéger toujours, ne jamais t'étouffer. Je ne sais pas si je parviens à trouver l'équilibre. Je ne sais pas si je suis un bon père. J'essaie, J'essaie de toutes mes forces. Mais il me semble si souvent que je m'y prends mal. Je veux seulement que mon ombre t'épargne les grandes brûlures.Je ne veux pas qu'elle te prive de lumière.
Philippe Claudel

jeudi 11 novembre 2010

Le réprouvé, citation de Mikaël Hirsch

"Les empires sont bâtis par des gamins se croyant invulnérables et détruits ensuite par des adultes inquiets"

Mikaël Hirsch:
 Le réprouvé (L'Éditeur)

jeudi 4 novembre 2010

A-t-il raison?

 "Je dirais qu’un livre ne nous fait pas, parce qu’on lit ce qu’on est ".

Est-ce vrai à tout âge?
Qui l'a dit?  De lui, j'aime les mots bleus

Il est six heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus
Tous les mots bleus
http://www.dailymotion.com/video/x740ju_christophe-les-mots-bleus-champ-de_music
Le chanteur Christophe, cité par Eli Flory dans :  Le magazine des livres  d’octobre/novembre 2010
Challenge citation de Chiffonnette

jeudi 28 octobre 2010

Qu'est-ce qu'une bibliothèque? Citation du jeudi

"Une bibliothèque, c'est un carnet d'adresses dans lequel on finit toujours par faire le ménage."




Comment ranger sa bibliothèque ?
L'ordre alphabétique a des agréments qui ne tardent pas à sembler dérisoires. L’heure vient vite où les tablettes plient, les montants grincent, les coutures craquent. Heureux qui n’a jamais été réveillé en pleine nuit par un effondrement de livres.  Quand un auteur ne trouve plus sa place- Boccace entre Bloy et Borges, Kierkegaard entre Keynes et Kojeve, Shwob entre Schlumberger et Scutenaire-, il est urgent d’inventer un autre ordre.
(Au hasard et souvent de Sébastien Lapaque:) + (Bureau-bibliothèque de Jonathan Safran Foer)
C'était ma citation du jeudi selon l'idée de Chiffonnette.


jeudi 21 octobre 2010

Liste des livres aimés de Firmin par Sam Savage. Citation du jeudi.

« Quels livres  j’ai découverts durant ces premiers jours enivrants! Aujourd’hui encore,  il me suffit d’en réciter les titres pour avoir les larmes aux yeux.  Alors, récitez-les,  lentement,  à voix haute  et  laissez-les vous briser le cœur".


Oliver Twist,
Les Aventures de Huckleberry Finn,
Gatsby le Magnifique,
Les Ames mortes,
Middlemarch,
Alice au pays des merveilles,
Pères et fils ;
Les Raisins de la colère, 
Ainsi va toute chair, 
L’Amérique tragique,
Peter Pan,
Le Rouge et le Noir, 
L’Amant de lady Chatterley. »
(Actes Sud, 2006, p.31) Chiffonnette a lancé l'idée des citations

jeudi 14 octobre 2010

Extrait de Biogée de Michel Serres, Chapitre des trois volcans



Quand Michel Serres intitule un des chapitres de son livre :  Biogée  : « Trois volcans » et qu’il est question de la Sicile, je pense aussitôt à l’Etna, au Stromboli , à Lipari  mais ce serait trop simple ! En réalité il s’agit de trois Siciliens, trois génies des sciences qui ont tous disparu mystérieusement. Ont-ils eu peur de leurs  inventions? Premier volcan: Ettore Majorana  tout d’abord, le plus récent, né en Sicile en 1906, élève de Fermi en 1933, disparu (volontairement ?)  entre Palerme et Naples  en 1938  dans des circonstances mystérieuses, à 31 ans. Serait-il mort d’avoir trop bien prévu Hiroshima  Mieux que le talent, nous lui reconnaissons cette intuition globale qui n’appartient qu’aux grands noms cités deux ou trois fois par siècle. Lorsqu’ils obtenaient un résultat considérable, il s’en ouvrait à ses égaux, Heisenberg ou Fermi, le leur donnait même, et froissait, avant de les jeter, les papiers où il l’avait consigné. Ainsi,  combien de fois a-t-il laissé publier par d’autres ses propres idées ? …Avait-il deviné les forces verrouillées au sein des éléments ?  Comme les Siciliens voient l’Etna, parfois, vomir ses laves mauves, ou, du moins, tacher l’horizon de lueurs, voyait-il quelque feu se lever des forces d’interaction ? Son silence cachait-il des secrets qu’il voulait garder, une peur originaire issue des racines du savoir ? De quel volcan atomique écoutait-il la voix ?  (Il a  élaboré avec Fermi une théorie symétrique de l'interaction faible où le neutrino est identique a l'anti-neutrino. Un an plus tard, il disparaît entre Palerme et Naples dans des conditions restées mystérieuses. Aujourd'hui, les physiciens ne savent toujours pas si les neutrinos sont de type "normal" (neutrinos de Dirac) ou de type "Majorana".) Sa disparition a suscité les hypothèses les plus folles. Un universitaire ukrainien soutient aujourd'hui que le jeune Sicilien aurait mis en scène une fuite dans des mondes parallèles Deuxième feu Archimède 287- 212 av. J.-C. Géomètre, il comprit les figures  comme personne avant lui, car il sut calculer, par exemple, avec précision, le rapport entre le rayon d’un cercle et sa circonférence. Ingénieur, il sut aussi construire  des machines que nul  n’avait imaginées avant lui : treuils, leviers, poulies pour défendre sa ville,  Syracuse. C’est après la victoire de celle-ci qu’il disparut .  Avec deux millénaires d’avance, adviennent,  déjà, pas à pas, les peurs de Majorana. Troisième feu : Empédocle entre 490 et 435 av. J.-C Il sauva les villes d’Agrigente et de Sélinonte de la peste en asséchant les marais. Il mourut en  se jetant dans l’Etna.. On dirait  déjà que son errance ne se passe plus sur Terre, comme s’il avait franchi, lui aussi, une sorte de porte limite….Trois volcans et feux d’enfer, sous le règne de la haine : Majorana prévoit les flammes d’Hiroshima ; Archimède construit ses miroirs ardents et la flotte, devant, explose sous la fournaise ; Empédocle , enfin, chute dans le volcan : il se précipite dans le cratère de l’Etna.  Comment parler cette voix-là? Comment parler à plusieurs voix, celle des choses, celle du savoir, des émotions, de chacun et de tous, celle de l'humanité? A force d'écouter les voix de la Biogée, dirons-nous un jour cette langue? Comme Empédocle voulait penser comme la montagne; vivre comme la terre en feu, feu qui réchauffe d'amour et consume de haine: penser comme les éléments d'une science qui naissait en sa totalité. Comme je voudrais penser.








jeudi 30 septembre 2010

Citation du jeudi, Jean d'Ormesson, "C'est une chose étrange à la fin que le monde"






Le rêve du vieux:



"Il n'y a jamais eu qu'un roman: c'est le roman de l'univers. Et il y a un seul romancier: c'est moi. Les autres, ceux qui écrivent des livres, qui obtiennent des distinctions et qui ramassent des lecteurs, qui deviennent célèbres et dont les noms flottent sur les lèvres des hommes, se contentent de combiner autrement, en se servant du langage que je leur ai donné, des fragments de ma création. .

Vous aimez, vous souffrez, vous vous souvenez, vous vous massacrez, vous découvrez des cieux: c'est le roman du monde". (Le vieux qui parle ici est le dieu créateur répondant au point de vue de l'homme-narrateur.   L'auteur Jeand'Ormesson se dit agnostique)

Jean d'Ormesson :"C'est une chose étrange à la fin que le monde"
Photo d'Astrophysique :La nébuleuse d'Orion, zone représentative de l'univers 
Citation du jeudi  sur une idée de Chiffonnette




.
..et cette autre encore, du même, Je ne m'en lasse pas!

"Longtemps,
 je me suis promené dans le monde, 
mains dans les poches, le nez en l'air. e
t le monde était beau"











jeudi 23 septembre 2010

La citation du jeudi, Madame Bovary,Flaubert

"La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles ".
Flaubert (Madame Bovary)
.Cité par Katherine Mosby dans  Sous le charme de Lillian Dawes
Idée lancée par Chiffonnette

jeudi 9 septembre 2010

Citation du jeudi, Wilkie Collins

Extrait de Iolani ou les Maléfices de Tahiti de Wilkie Collins  présenté dans le billet précédent ICI
"L'été touchait à sa fin lorsqu'une nuit - alors que Tahiti n'avait pas encore été découverte par les explorateurs venus du Nord -, la présence de deux êtres humains égaya quelque peu les alentours désolés du grand lac Vahiria. Un homme et une femme se promenaient nonchalamment le long de la rive déserte et déchiquetée....
La plupart des indigènes redoutaient ce lieu et l'évitaient scrupuleusement. Par leur étrange superstition, ils en avaient fait depuis des siècles le sanctuaire des esprits des morts et des démons du crime. De temps en temps, on avait aussi aperçu des hommes sauvages - ces misérables parias de l'humanité - qui, à cette époque, hantaient les endroits les plus isolés des montagnes de Tahiti. Ces malheureux, dont la présence dans les îles Pacifiques est bien connue même des voyageurs européens, étaient soit des fous dangereux et endurcis, soit des victimes désignées par les impitoyables prêtres de l'île pour leurs sacrifices humains, et qui avaient échappé à une mort atroce et souvent imméritée en choisissant de vivre définitivement à l'écart de leurs semblables." (p.13/14) ,  (Premières phrases:)
Sur une idée de Chiffonnette