jeudi 20 mai 2010

Les cinq tableaux volés à Paris, au Musée d'art moderne

Voici les cinq tableaux qui viennent d’être volés au Musée d’Art moderne de Paris


Le pigeon aux petits pois, de Pablo Picasso, (1912)


La femme à l’éventail de Amedeo Modigliani, (1919)


La Pastorale de Henri Matisse, (1906)


L’olivier près de l’Estaque, de Georges Braque, (1908)


Nature morte au chandelier, de Fernand Léger, (1922)

Mes sacrées tantes par Bulbul Sharma

Le trait commun de ces huit courts récits tient dans les voyages que doivent entreprendre des femmes indiennes de toutes conditions mais encore très soumises aux lois  de la religion, des coutumes locales et surtout de la famille toute puissante de l'époux. 
Ces femmes sont attachantes même l'implacable Mayadevi qui tient sa maison d'une poigne de fer et y fait régner la terreur et qui décide le jour de ses soixante quinze ans de partir seule à Londres faire honte à son fils aîné qu'elle n'a plus vu depuis quarante ans , depuis son départ à l'âge de dix-huit ans en Angleterre! C'est un bon fils qui n'a qu'un défaut: la peur de l'avion qui l'empêche de retourner en Inde! Durant tout le voyage elle ne parle pas, ne dort pas, ne mange pas, traite sa bru en servante, se montre d'une intransigeance absolue, interdisant tout contact de quelque sorte que ce soit. Bref, elle se montre odieuse jusqu'à ce que sa belle fille découvre par hasard son point faible et réussisse enfin à l'attendrir...un moment!

Dans la seconde nouvelle: L'atterrissage à Bishtupur, Neelima, une enfant terriblement capricieuse et gâtée, entreprend, une fois mariée, un long voyage,  jusqu'au village de son mari où elle se sent incomprise "et pour la première fois de sa vie, elle regretta de ne plus être une petite fille bien en sécurité sur les bancs de l'école."
J'ai bien aimé la troisième histoire, "Les tantes et leurs maux", dans laquelle, Meera, quatorze ans, doit supporter ses tantes un peu folles qui l'accompagnent aux funérailles d'un parent dans une très lointaine contrée. Elles lui font honte car elles ne cessent de tout critiquer à voix haute dans leur compartiment de train. Finalement, elles finiront par partager leurs connaissances médicales avec la femme d'un médecin qui sait plus de choses qu'elles sur ce thème! L'une d'elle, fière de son nouveau savoir, déclarera, triomphante, à son arrivée :
"Je dois marcher doucement sinon je risque d'attraper une hémorragie."
La dernière des huit nouvelles que j'ai bien appréciée aussi est la septième: "Une trop grande épouse"
Petite, Rupbala a été promise par sa famille à Gajanath. Personne ne s'y attendait mais, adulte, elle est devenue très grande alors que son mari est de petite taille! En la voyant le jour de ses noces, ce dernier est devenu furieux et le restera toute sa vie! Il se sent humiliè et ne la touchera ni ne lui parlera jamais. Elle n'a de cesse dès lors de se tenir loin de son regard mais malgré sa bonne volonté, un soir, son mari la menace de son fusil. Il veut la tuer à tout prix. Le reste est surprenant et plutôt cocasse!

Titre des autres nouvelles avant que je les oublie: Une très jeune mariée, Les premières vacances de R.C., jusqu'à Simla en tonga, La vie dans un palais.
Heureusement il existe un glossaire à la fin où on nous dit que la tonga est une carriole légère!

Je suis heureuse d'avoir terminé ce recueil dans le cadre du Prix des lecteurs, sans lequel je ne l'aurais sûrement pas lu, heureuse aussi d'avoir plutôt bien apprécié cette lecture qui m'a plongée dans un pays que je ne connais pas du tout et qui m'intrigue.
Seulement voilà, il ne s'agit que de nouvelles et comme toujours l'auteur m'abandonne lâchement quand je commence juste à m'attacher aux personnages! Une fois de plus je me sens maltraitée
LIVRE VOYAGEUR
Mes sacrées tantes par Bulbul SHARMA 
Huit nouvelles Traduites de l'anglais par Mélanie BASNEL 
(Picquier/poche, 263 p)

mercredi 19 mai 2010

Décès de l'éditeur Robert Laffont

Robert Laffont est décédé aujourd’hui mercredi 19 mai 2010, à 93 ans.
Je voudrais retenir, pour ma part, que c’est lui  qui a publié :
 «L’attrape-Cœurs» de Salinger
et
«Le désert des Tartares» de Buzzati
ainsi que 
"Ce que savait Maisie" de Henry James , traduit par Marguerite Yourcenar
C'est lui aussi qui publia le premier en Farnce:
"Le Premier Cercle" de Alexandre Soljenitsyne
Je retiendrai aussi qu’il a lancé une collection extra avec Guy Schoeller:  «Bouquins», aux livres si souples.
Ayant ouvert sa maison d’édition en 1941, il a également publié Gilbert Cesbron, Graham Greene, Henry James, John Le Carré, John Steinbeck, Claude Michelet, Bernard Clavel et Dino Buzzati.
En 1977, il achète le "Quid" puis les éditions Seghers, Julliard et Nil éditions.
En 1986, il dénonce le monopole de "Gallimard, Grasset, Le Seuil"  sur les jurys des grands prix littéraires
En 1999, les éditions Robert Laffont sont achetées par une filiale du groupe Havas, les Presses de la Cité. En juin 2004, c'est Wendel Investissement qui en prend possession. Robert Laffont part alors sa retraite définitive, demeurant président d'honneur de sa Maison. (Source AFP)
Deux avis de blogueurs très contrastés, chez Wrath et chez P. Assouline

Terre-Neuvas par Chabouté, ma BD du mercredi,

Le titre  de cet album a immédiatement attiré mon attention. Des Terre-Neuvas et des Islandais, j'en ai toujours entendu parler dans ma famille!
Embarqués sur la goélette: "La Marie-Jeanne", en avril 1913, une trentaine de pêcheurs de morues affrontent tempêtes et gros temps pendant plus d'un mois avant d'atteindre enfin les bancs de poissons, près des dangereuses côtes glacées!
La pêche commence comme à l'accoutumée. Le capitaine le second et le bosco, le maître d'équipage, dirigent les hommes selon leurs spécialités: leur seule  obsession est de remplir la cale de poissons pour gagner le plus possible d'argent, à leur retour, huit ou neuf mois plus tard.  Le jeune mousse,comme toujours est le souffre douleur de tous, sauf du marin le plus âgé qui le prend sous son aile. La vie est dure à bord, dans l'humidité et la puanteur du poisson qui s'entasse. Le pire c'est quand la morue n'est pas au rendez-vous, ce qui est bientôt le cas! Tous en veulent au capitaine pour avoir manqué de flair!
Bientôt survient le premier meurtre, suivi d'un second et puis d'un troisième! Les esprits s'échauffent : nous voici en plein thriller!


Le récit en lui-même est juste et intéressant mais ce qui m'a le plus séduite c'est le superbe dessin, en noir et blanc, puissant,très réaliste, inoubliable! Les gros plans des visages comme les vues de la tempête sont particulièrement  beaux et impressionnants!


J'ai vraiment beaucoup aimé, j'ai admiré! J'en fais mon premier vrai coup de cœur de BD. Merci au bibliothécaire qui me l'a vivement conseillée!


Le Prix de la BD Polar est remis dans le cadre du Festival  "Quais du Polar " de Lyon. 2010   Christophe Chabouté   Terre-Neuvas (Vents d'Ouest)2009   Rémy MabesooneOlivier Mau   Au revoir Monsieur (Casterman)
    Si ça vous dit de présenter sur vos blogs une de vos BD favorites, alors rendez-vous tous les mercredis et venez me le dire que je puisse partager vos goûts!  Bon mercredi !
Terre-Neuvas par Chabouté
(Vents d’Ouest, 128 pages) 

mardi 18 mai 2010

Le Jardin d' Eichstätt, l'herbier de Basil Besler

C'est un énorme livre de 3,75 Kg trouvé dans une petite librairie de quartier! Comme j'ai la faiblesse d'aimer parfois  peindre des fleurs, les 367 gravures qui sont à l'intérieur me conviennent parfaitement!

"Créé au début du XVIIe siècle par le prince-évêque Johann Konrad Von Gemmingen,  le Jardin d'Eichstätt, célèbre pour la variété et la rareté de ses plantes, fut immortalisé en 1613 par le pharmacien de Nuremberg Basilius Besler dans un recueil de 367 gravures sur cuivre : l'Hortus Eystettensis.
Basilius (ou Basil) Besler est un médecin, un botaniste et un éditeur allemand, né le 13 février 1561 à Nuremberg et mort le 13 mars 1629 dans cette même ville.
Les gravures ont été exécutées par plus de six graveurs différents dont le plus important était Wolfgang Kilian"
La publication de cet ouvrage demanda 16 années de labeur."


"Le tirage original de 1613 aurait été de 300 exemplaires, dont seuls quelques-uns furent mis en couleurs à la main, planche par planche.Actuellement moins de 10 exemplaires mis en couleurs sont répertoriés. "


Les Editions Citadelles & Mazenod ont publié un fac-similé de l’édition in-extenso issu d’un de ces originaux en couleurs . Ces exemplaires sont très répandus désormais et se vendent dans toutes les bonnes librairies de livres d'art.


"Par rapport aux précédents ouvrages de botanique aux représentations inesthétiques, pour la première fois, les plantes à fleurs sont dépeintes comme objets de beauté. L’ouvrage est historique, l’esthétique et la précision seront dorénavant des critères incontournables dans les futurs ouvrages de botanique."
Pour moi, c'est désormais devenu un exemplaire de loisir! Je me plais à copier les pages à l'ancienne avec un transparent et un bon crayon bien pointu! Quand j'ai le temps je les peins ensuite! Rien d'artistique dans ce passe-temps mais un bon exercice d'habileté et un bon chasse idées noires!

Le Jardin d'Eichstätt, L'herbier de Basilus Besler.
(Taschen, 2000)

lundi 17 mai 2010

Haute fidélité par Nick Hornby

Il y a des livres coups de cœur et il y a des livres cultes comme celui-ci, le premier que je lis de Nick Hornby et je sens déjà que je vais peut-être l'aimer à l'égal de John Irving dont les romans m'ont tellement enchantée ces dernières années!
C'est un immense bonheur de découvrir ainsi, tout à coup, au détour d'un simple livre de poche le monde d'un nouveau romancier, plein d'idées surprenantes, drôles et réjouissantes. Je m'y plonge avec délices!
Rob, le narrateur, a trente cinq ans et se comporte encore comme un grand adolescent célibataire. Propriétaire à Londres d'une boutique de vieux disques pop, il partage son temps et ses préférences musicales avec ses potes vendeurs Dick et Barry, très spéciaux eux aussi!
Laura, la petite amie de Rob vient de le plaquer pour s'installer chez un autre et Rob en est malade, mais il se montre si maladroit avec les femmes! Alors il revient sur celles qui ont compté pour lui jusqu'ici: les cinq ruptures inoubliables de sa vie et il va essayer de les retrouver pour comprendre ce qui s'est vraiment passé pour décider ainsi de le laisser tomber!
C'est drôle et cruel, bien vu, plein de détails pris sur le vif! J'ai eu beaucoup de mal à me détacher de ces personnages et de leurs rituels quotidiens!

"Je voudrais bien les voir, maintenant: Alison Ashworth qui m'a laissé tomber au bout de trois soirées minables dans le parc. Penny qui ne voulait pas que je la touche et qui est allée se jeter dans les bras de cette crapule de Chris Thompson pour coucher avec lui. Jackie, séduisante seulement tant qu'elle sortait avec un de mes meilleurs amis. Sarah, avec qui j'ai scellé un pacte contre tous les plaqueurs du monde et qui m'a plaqué tout de même. EtCharlie. Surtout Charlie, parce que c'est à elle que je dois dire merci pour tout: mon super boulot, ma sexualité sereine, mes sueurs froides. Je voudrais être un homme équilibré, débarrassé de tous ces caillots de haine, de culpabilité et de dégoût de soi. Qu'est-ce que je ferais si je les revoyais? J'en sais rien. On parlerait, c'est tout. Je leur demanderais comment elles vont, si elles m'ont pardonné de les avoir bousillées, alors que c'est elles qui m'ont bousillé. Ça serait pas génial? Si je les voyais toutes à tour de rôle et qu'il n'y avait plus de rancune, plus rien de dur, juste des sentiments doux, étouffés, du brie plutôt que du vieux parmesan, je me sentirais propre, calme, prêt à redémarrer."

Je sens que je vais lire et relire ce roman à n'en plus finir tant il a un charme fou et me met de bonne humeur... peut-être voir aussi la comédie romantique de Stephen Frears qui en a été tirée en 2000, avec John Cusack, Catherine Zeta-Jones et Tim Robbins. On dit ce film " ironique, aiguisé, nerveux, sensible et complice".

Haute fidélité par Nick Hornby
(10/18, 1995/2006, 253p)
Titre original: High fidelity. Traduit de l'anglais par Gilles Lergen 

dimanche 16 mai 2010

J'élèverai un pont de Yorlane, Dimanche poétique,


J'élèverai un pont pour t'atteindre et te voir
Interpréter tes sons, faire jaillir l'espoir,
Retrouver dans le noir le fil de nos échanges
Et s'ouvrir au savoir intuitif et étrange.

J'élèverai un pont de genêt, de bruyère,
Frangé d'or et d'ajoncs éclatants de lumière.
Un arc-en-ciel ciboire auréolé d'argent,
De pépites d'ivoire étoilées de diamants.

Et ce sera le don d'un coeur à nu, vibrant
Comme un volcan perdu dont la flamme soudain
Renaissant de ses cendres éblouit le chemin.
J'élèverai ce pont pour toi seul , mon enfant.

Yorlane (Avec la permission de l'auteur)


Photos:: un pont naturel , (Islande), un pont à Venise
Les autres participants aux Dimanches poétiques: ICI

samedi 15 mai 2010

Nous ne sommes rien soyons tout! de Valerio Evangelisti

Le titre est la reprise d'une phrase de l'Internationale américaine version docker des années vingt. Le roman est une grande fresque de la vie syndicale au XXe siècle, dans les grands ports des Etats-Unis , à travers la vie d'Eddie Lombardo devenu Florio pour avoir renié sa famille communiste et rejoint les mouchards manipulés par la Mafia toute puissante de ces années-là!
Ainsi résumé, je n'aurais pas cru pouvoir tenir jusqu'à la fin du livre car ce n'est pas un thème qui m'attire particulièrement et pourtant ce roman m'a passionnée et tenue en haleine jusqu'à la dernière ligne! C'est que le rythme, les dialogues, les portraits de personnages célèbres ou anonymes, les grands mouvements de foule, le jeu politique, le monde souterrain du crime, de l'espionnage et toutes les vies individuelles mises en jeu, tout est parfaitement animé et organisé pour retenir l'attention!
On dirait un récit digne de Scorsese. Eddie, le héros est un être abominable, égoïste, traître, violent, pervers, cruel mais astucieux et débrouillard. Il réussit à obtenir la confiance des puissants quand il le faut! 
Je ne me suis pas lassée un seul instant de suivre ses aventures sur fond d'histoire des Etats-Unis du siècle dernier! Un monde que je ne connaissais pas très bien jusqu'ici!
Valerio Evangelisti est un écrivain italien né en 1952 à Bologne, diplômé de Sciences Politiques, spécialisé en Histoire moderne et contemporaine. Il publie des livres et des essais historiques, puis il se consacre à la littérature fantastique avec son premier roman, Eymerich l'inquisiteur, qui a obtenu le Prix Urania en Italie.
Tous mes remerciements à la librairie Dialogues
Ce livre peut devenir voyageur
Nous ne sommes rien soyons tout! de Valerio Evangelisti
(Rivages/Noir, 2004/2010, 517 p)                                                                      
Titre original: Noi saremo tutto, traduit de l'italien par Serge Quadruppani, 
LIVRE-VOYAGEUR

vendredi 14 mai 2010

Un homme accidentel de Philippe Besson,


Un florilège de clichés, en veux-tu en voilà!
Californie, Hollywood, été 90, sur fond de guerre d'Irak, Billy Greenfield, jeune prostitué, dealer homosexuel, est retrouvé assassiné près de la luxueuse résidence de Jack Bell, jeune premier divinement beau, nouvelle idole des jeunes filles. 
L'enquête est confiée à  un jeune policier, le narrateur, jeune marié heureux d'une femme extra, enceinte de leur premier fils.
Bling bling! Qu'est-ce que je m'ennuie en lisant ce début! 
C'est une pure harlequinade!
Oui mais, voilà l'astuce: on me laisse prévoir une suite plus alléchante! Ainsi dès les premières phrases, l'auteur me tire par la manche: "Ne t'en va pas! Reste! Tu vas voir, la suite est drôlement bien!" 
Bien sûr, il dit ça mieux! 
Voici le tout début du roman:
"Ce matin, je vais plutôt mieux que les jours d'avant: cette nuit, j'ai rêvé de lui. Jack Bell. Enfoiré de Jack Bell. Je me suis réveillé avec le souvenir de son visage. C'était incroyablement doux."
Bref, on le devine tout de suite: le policier et le présumé assassin vont tomber amoureux. Nous ne sommes pas dans un polar mais dans un roman d'amour! Simplement pour mettre un peu de piquant, il s'agit d'un amour entre hommes, fulminant, inattendu, torride! C'est la partie que j'ai préférée!
La fin est tragique, comme il se doit! 
On l'attend aussi, révélation, compromission, amour passion, la mort d'un côté,  la solitude de l'autre! 
Cette fois le plus drôle, c'est que ce grand final, digne du grand écran, se passe dans le motel de la maman du policier, complice désabusée et résignée à son tour, comme moi, lectrice prise au piège de sa curiosité: l'auteur osera-t-il aller jusque là? N'y aura-t-il rien de plus subtil, de moins prévisible que cette toute dernière constatation?:
"Pour moi, rien n'est plus comme avant. Cette douceur, cette enivrante douceur des étés pacifiques, me fait incroyablement mal."
C'était la dernière phrase!
Vous pouvez partir: la messe est dite! Mon livre est terminé. Mon public sera ravi et mon éditeur aussi!
Au suivant!
Un homme accidentel de Philippe Besson,
(Julliard, 252p, janvier 2008,)  

jeudi 13 mai 2010

Lire en fête sur deux blogs

Fête et Lire, ces deux mots sont faits pour s'entendre!
Voici deux sites qui proposent  de bonnes idées:
 Tout d'abord chez Hambreellie, un joli blog tout rose qui  lance: "A vous de lire"

.
 Ensuite, à la librairie Dialogues, particulièrement active depuis quelque temps! 
Tiens,  ils sont bretons tous les deux et tous les deux de Brest, une ville que j'aime!

Moderato cantabile de Marguerite Duras

Un petit livre de 155 pages, tout simple, tout blanc, que j'ai choisi de  relire pour la ...énième fois: Moderato cantabile!  Modéré et chantant!  On dirait un drame intime mais théâtralisé en huit parties! De la leçon de piano interrompue par le cri d'un crime jusqu'à ce lendemain de fête aux baisers froids comme la mort! 

Attention!  Résumé complet réservé à ceux qui ont déjà lu le livre!  

Dans une ville en bord de mer, la jeune épouse d'un grand patron, Anne Desbaresdes, fait scandale. Elle traverse toute la ville chaque semaine pour faire prendre à son enfant sa leçon de piano. Il est doué mais entêté. Un jour une femme est tué par son amant dans le café du coin.  Désormais, la mère et l'enfant viendront tous les soirs dans cet endroit. Elle y rencontrera Chauvin, un jeune ouvrier licencié par son mari pour ne parler que de ce couple de l'assassin amoureux et de sa  victime consentante qu'ils viennent de voir baignant dans le sang, en ce même lieu. Elle cherche à comprendre pourquoi le cri était surtout celui du plaisir.
  Ils boivent beaucoup ensemble sous les yeux  désapprobateurs de la patronne et des autres clients. L'enfant, lui, attend et joue dehors.  Elle, elle s'enivre souvent désormais. Lui,  il est amoureux d'elle et rôde sans cesse, le soir et la nuit,  devant sa grande maison du Boulevard de la Mer, parmi le parfum entêtant des magnolias!
 Un soir de grande fête chez elle, tous l'attendent avant de commencer le repas. Elle arrive très en retard, ébouriffée et déjà ivre. Elle ne parle pas et mange peu mais continue à boire avant d'aller s'étendre sur le plancher au pied du lit de son fils endormi. 
Quelques jours plus tard, elle retrouve Chauvin au café où ils s'embrassent  pour la première fois mais le baiser est froid,  elle a peur!
Les hommes évitèrent encore de porter leurs yeux sur cette femme adultère. Elle fut levée. -Je voudrais que vous soyez morte, dit Chauvin.  -C'est fait, dit Anne Desbaresdes.
Que faut-il comprendre? Qu'a-t-elle décidé? Reviendra-t-elle encore dans ce café rencontrer cet homme? Je ne sais pas! Ce n'est pas cette histoire en elle-même que j'aime mais uniquement la voix, le ton, le style de Marguerite Duras qui n'explique rien, ne décrit rien, ne juge pas mais se contente d'évoquer des faits, des conversations, des silences, des odeurs, des gestes, même les plus insignifiants en apparence mais qui constituent une atmosphère étrange, toujours un peu lointaine! 
En somme c'est sa petite musique qui me plaît,  moderato cantabile!

Le tout début:
- Veux-tu lire ce qu'il y a d'écrit au-dessus de ta partition? demanda la dame -Moderato cantabile, dit l'enfant. La dame ponctua cette réponse d'un coup de crayon sur le clavier. L'enfant resta immobile, la tête tournée vers sa partition. -Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile? -Je ne sais pas. Une femme, assise à trois mètres de là, soupira. Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile? reprit la dame. L'enfant ne répondit pas. La dame poussa un cri d'impuissance étouffé, tout en frappant de nouveau le clavier de son crayon. Pas un cil de l'enfant ne bougea. La dame se retourna. -Madame Desbaresdes, quelle tête vous avez là, dit-elle. Anne Desbaresdes soupira une nouvelle fois. -A qui le dites-vous, dit-elle. L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait d'éclater. Il en frémit. -Je te l'ai dit la dernière fois, je te l'ai dit l'avant-dernière fois, je te l'ai dit cent fois, tu es sûr de ne pas le savoir? 
Au café
-Parfois encore, c'est l'été et il y a quelques promeneurs sur le boulevard. Le samedi soir surtout, parce que sans doute les gens ne savent que faire d'eux-mêmes dans cette ville. 
 -Sans doute, dit Chauvin. Surtout des hommes. De ce couloir, ou de votre jardin, ou de votre chambre, vous les regardez souvent. Anne Desbaresdes se pencha et lui dit enfin. -Je crois, en effet, que je les ai souvent regardés, soit du couloir, soit de ma chambre, lorsque certains soirs je ne sais quoi faire de moi. Chauvin proféra un mot à voix basse. Le regard d'Anne Desbaresdes s'évanouit lentement sous l'insulte,...
Antigone et Passion des livres en parlent. Un film de Peter Brooke avec Jeanne Moreau et Belmondo est maintenant en DVD 
Moderato cantabile de Marguerite Duras. (Les Editions de Minuit, 1958, 155p)

mercredi 12 mai 2010

Douceur! Douceur!

Douceur! Velours! Toujours!
Ceci est ma participation à la demande de Chrys dans son journal: :
Qu'évoque pour vous le mot douceur?
Douceur, c'est avant tout pour moi la sensation caressante du lourd  velours des tissus d'autrefois que ma mère préparait pour les robes de fête, les robes de bal, les robes de plaisir, velours bleu de nuit, gros velours bleu roi imposant, velours rouge et or des fauteuils immenses, velours cramoisi surtout des rideaux de théâtre s'ouvrant lentement sur des mondes nouveaux.
Velours voyage,
Velours des parfums capiteux, 
Velours des nuits d'été lourdes d'étoiles 
Velours, ma douceur,  toujours! 

Blankets, manteau de neige par Craig Thompson, récit graphique,

On dirait un gros roman d'apprentissage comme je les aime sauf que c'est surtout raconté à l'aide d'images tout autant que de mots! Une sorte d'épaisse BD.En noir et blanc, uniquement!Un récit d'enfance et d'adolescence. Une autobiographie dessinée!
J'ai beaucoup aimé!

Craig, le héros narrateur et Phil, son petit frère, partagent le même lit dans la ferme parentale du Wisconsin. Ils ne cessent de se disputer. Leurs parents les élèvent dans la plus stricte tradition catholique. Leur baby-sitter n'est qu'un pervers, Au collège Craig se sent mal dans sa peau, rabaissé et moqué par tout le monde. Il n'aime que le dessin! Il affirmera  sa différence à l'adolescence, vivra un magnifique premier amour et abandonnera sa foi religieuse avant de retourner vivre chez ses parents. dans la neige, toujours dans la neige! 
Le récit sonne juste, les dessins sont chaleureux et souriants, l'ensemble est émouvant et rappelle des aspects oubliés de l'enfance. Il souligne la difficulté pour chacun de s'accepter et de devenir plus sûr de soi et plus indépendant. C'est un très bon moment de lecture. 
Blankets, Manteau de neige de Craig Thompson
(Casterman,2003/2004, roman graphique, 582p)
Traduit de l'américain par Alain David

mardi 11 mai 2010

Un blog que j'aime

Le blog d'Ötli

Ce n'est pas souvent que je ressens un tel besoin de signaler un blog que j'aime   parce qu'ils sont très nombreux et que j'en aime vraiment beaucoup mais celui-ci est différent: il offre des photos superbes qui explosent de couleurs et de joie!

Vous le connaissez sans doute déjà: il ne m'a pas attendu pour être connu mais il me surprend et m'enchante régulièrement! Même ses marges sont belles! J'espère qu'il vous plaira aussi!

La grand-mère de Jade par Frédérique Deghelt

Point de départ: Jade une jeune femme de trente ans, journaliste, apprentie écrivain, sans enfant, récemment séparée de son compagnon,  accueille dans son petit appartement parisien, Jeanne ou Mamoune, sa grand mère, octogénaire, que ses filles veulent enfermer dans une maison de retraite médicalisée, à la suite d'un malaise dans son chalet savoyard où elle vivait isolée.
La cohabitation se fera en douceur, l'une apprivoisant l'autre. Chacune racontant tour à tour, à sa façon, cette nouvelle expérience! Elles apprennent à mieux se connaître! Elles se racontent,  s'émerveillent et s'énervent mutuellement!
L'ensemble est cependant d'une grande douceur!
Elles se découvrent surtout la même passion de la lecture que Jeanne cachait depuis toujours à sa famille. Elle aidera sa petite fille à améliorer l'écriture de son premier roman et la mettra en contact avec un éditeur qui se révèlera très important dans leur vie!
Car la vie continue avec ses surprises et ses nouveautés: l'apprentissage de l'ordinateur pour l'une, la révélation d'un nouvel amour, pour l'autre et peut-être plus encore! L'une sera attirée par l'Inde, l'autre, pure montagnarde, découvrira la mer pour la première fois à plus de quatre-vingts ans!
La fin est surprenante!
Ce roman avait tout me plaire et il m'a beaucoup plu! 
Il restera avant tout pour moi un hymne à la lecture!
Mamoune: "Je ne remercierai jamais assez la lecture qui m'a permis de vivre au-dessus de ma condition, me montrant ce que je côtoyais tous les jours comme si j'étais au spectacle."
Plus d'une vingtaine de blogs en parlent déjà!

La grand-mère de Jade par Frédérique Deghelt
(Actes Sud, 2009, 391p)

lundi 10 mai 2010

Ru de Kim Thuy

Ru, le premier roman de la Canadienne Kim Thuy, née à Saigon, a reçu le grand prix RTL/Lire lors de la soirée d’inauguration du Salon du livre. Ce prix est décerné par un jury hétérogène d’une centaine de personnes, composé de professionnels du livre et de lecteurs.
Si ru en français signifie ruisseau ou écoulement de sang , de larmes ou d'argent, en vietnamien, il veut dire "bercer".  Dans ce livre, "Kim Thuy raconte avec sobriété ses souvenirs du Vietnam, son enfance à Saigon, l’arrivée du communisme et son exil vers le Québec."
J'ai beaucoup aimé ce récit très pudique mais réaliste et cru quand il le faut pour décrire les horreurs de la guerre et de l'exode des "boat people" vietnamiens  au milieu des pirates des mers du sud, dont les images chocs m'ont tellement marquée à la télévision. Elles sont  de celles que je ne peux plus oublier!
Mais le récit est plein d'exemples de vies réussies malgré un départ catastrophique, plein d'énergie optimiste, de reconnaissance pour le pays d'accueil, pour les ancêtres, entièrement tourné vers l'avenir et les enfants qui se sont si bien adaptés au Canada.
C'est un livre d'amour qui fait aimer la vie sous toutes ses formes, mêmes les plus cabossées!
C'est surtout un livre d'un grand écrivain! La plupart des chapitres ont à peine une demi page: j'aurais voulu tout noter, tout retenir tant la  langue est belle!
Que voilà un prix justifié pour une fois!
"Je suis toujours heureuse de déménager, ainsi j'ai l'occasion d'alléger mes biens, de délaisser certains objets afin que ma mémoire puisse devenir réellement sélective, qu'elle puisse se souvenir uniquement des images qui restent lumineuses derrière les paupières fermées... "
Ankya, Mathilde, Choco, Midola en parlent aussi qui m'ont donné envie de lire ce livre, belles photos en prime chez choco.

Ru de kim Thuy
(Liana Levi, 2010, 143p)

dimanche 9 mai 2010

Sagesse de Paul Verlaine

Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie:
Dormez, tout espoir,
Dormez, Toute envie!


Je ne vois plus rien
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire!


Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau:
Silence, silence!


Sagesse V de Paul Verlaine





Les amateurs de poèmes du dimanche sont ici,                                             
 chezCelsmoon,                                                                                      Tableau de Rotkho

samedi 8 mai 2010

Livres qui ne demandent qu'à voyager

Voici la liste de mes  derniers livres qui ne demandent qu'à être lus à nouveau:!
Un clic sur le titre  renvoie au billet correspondant:
Daniel Pennac : Comme un roman (Gallimard) : 
Metin Arditi : Loin des bras (Actes Sud) : 
David Vann : Sukkwan Island (Gallmeister) 
Gwenaëlle Aubry : Personne ( Mercure de France) (Prix Femina)
Gayle Forman Si je reste (Oh !) 
Charles Marie : Contretemps (Aux forges de Vulcain) 
Peter Kihlgard : Le restant de nos jours (Actes Sud)
Frédéric Beigbeder : Un roman français (Grasset)
Margaret Atwood : Mort en lisière (Robert Laffont)
Valeria Parrella : Le temps suspendu
René Fregni : Tu tomberas avant la nuit
Shalom Auslander : La lamentation du prépuce
Jeronimo Tristante : Le mystère de la maison Aranda
Yasmine Char : La main de Dieu
Jean Paul Dubois : Vous plaisantez, monsieur Tanner
Fraderique Deghelt La vie d’une autre
Alessandro Piperno : Avec les pires intentions
Nina Jilham : L’art d’accommoder les restes
Henry James De Grey, histoire romantique
Arto Paasilinna : Le cantique de l’apocalypse joyeuse
Tonino Benacquista : Malavita
Diane Setterfield : Le treizième conte, 
Charles Dickens : Les Aventures d’Olivier Twist
Truman Capote:  La traversée de l'été
Si un de ces livres vous intéressent, dites-le moi et envoyez-moi votre adresse postale par mail (voir mon profil). Il suffit que je connaisse déjà votre blog par commentaires interposés !

Comme un roman de Daniel Pennac

« Comme un roman » n’est pas un roman Le bandeau noir qui accompagne encore mon exemplaire indique « La joie de lire »
C’est un essai en faveur du plaisir de lire mais c’est écrit  comme un roman  
C’est un essai qui se lit avec plaisir et facilité ! D’où son succès !
Son but : partager son amour de la lecture et le transmettre à ses propres enfants  puis à ceux des autres ! 
Son public : lecteurs, parents,  professeurs.
Sa conviction : Le plaisir de la lecture ne doit jamais s’imposer,  seulement se partager
Son  conseil : celui que je tiens pour essentiel quant à moi : Lire avec et  lire à voix haute !
1) Lire le soir  à ses enfants jusqu’à ce qu’ils apprennent à lire à l’école mais continuer après aussi. . Ne pas  stopper brutalement ce moment privilégié.
2) Lire des romans en classe et laisser les élèves finir le livre ensuite (méthode de Georges Perros, l’excellent pédagogue dont se souviennent encore avec admiration tous ses élèves)
Le début du livre est  devenu célèbre :
 « Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »…le verbe « rêver »…
On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : »Aime-moi ! » « Rêve ! » « Lis ! » « Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire! »
-Monte dans ta chambre et lis!
Résultat?
Néant »
Lire est un acte de résistance, un objet de plaisir et non une torture,
C’est un moment de pure liberté! Tant mieux si c’est interdit! On n’en éprouve que plus de plaisir comme quand les parents disent :
"Il fait beau ! Sors !  Ne reste pas toujours enfermé à lire! 
Grr !!! On n’a plus qu’une envie : leur désobéir et continuer à lire!" 
Enfin l’auteur termine son livre par la désormais  fameuse liste des 10  droits imprescriptibles du lecteur que je ne me lasse jamais de me rappeler:
1) le droit de ne pas lire
2) Le droit de sauter des pages
3) Le droit de ne pas finir un livre
4) Le droit de relire
5) Le droit de lire n’importe quoi
6) Le droit au « bovarysme » (maladie textuellement transmissible)
7) Le droit de lire n’impote où
8) Le droit de grappiller
9) Le droit de lire à haute voix
10) Le droit de nous taire
C’était pour moi une relecture suggérée par une lecture commune avec Cynthia
J’en fais un livre voyageur pour qui le désire (et que je connais par blogs interposés: envoyez un mail!)

Comme un roman de Daniel Pennac
(Gallimard, 1992, 175 p)

vendredi 7 mai 2010

La biographie aussi a son Goncourt: le prochain prix sera remis le 2 juin 2010

Le Goncourt de la biographie aura lieu le 2 juin 2010
Son jury a sélectionné les livres suivants :
1        Godard  par Antoine de Baecque , (Grasset)


2        Dumas et les Mousquetaires : Histoire d'un chef-d'oeuvre  par Simone Bertière  (Ed. de Fallois)


3        Georges Boris : Trente ans d'influence par Jean-Louis Crémieux-Brilhac  (Gallimard)


4        Philippe Soupault  par Béatrice Mousli (Flammarion)


5        Madame de Staël  par Michel Winock  (Fayard)  (Edit: Prix Goncourt 2010)



Les lauréats précédents :
1999    - Claude Pichois : Colette
2001    Laure Murat : La maison du docteur Blanche 
2002    Jean-Paul Goujon : Une vie secrète (1870-1925); Mille lettres de Pierre Louÿs à Georges Louis (1890-1917)
2004    Claude Dufresne : Appelez-moi George Sand
2007    Patrice Locmant : J.-K. Huysmans, le forçat de la vie 
2009    Viviane Forrester : Virginia Woolf (lu et présenté ICI)
(Source Wikipédia)

Edit: Le prix Goncourt de la Biographie 2010 a été attribué à l'historien Michel Winock pour sa biographie de Madame de Staël chez Fayard.