jeudi 18 février 2010

Petit tour de manège sur blogs littéraires.

Parce que j’ai un peu de temps, j’ai réussi à butiner de ci de là, un peu plus longtemps que d’habitude  sur quelques blogs de ma liste !  Toujours en suivant l’ordre d’apparition sur GR  - et comme je suis en général plutôt du matin, je lis surtout les blogs qui publient  la nuit, me privant ainsi des autres tout aussi intéressants mais qui ne correspondent pas à mes horaires !  Je devrais parfois changer mes habitudes !
Voici donc mon butin matinal!

 Esmeraldae et Canel  présentent toutes deux le nouvel album de Laurent Audouin , avec Fanny Joly,   Qué Calor à Barcelone , suite aux histoires de Mirette et de son chat détective ! Sur son site il détaille minutieusement son travail de dessinateur ! J’ai appris plein de choses concernant la technique du dessin de BD grâce à lui !

Sur le blog de Dominique,  (à sauts et à gambades), j’ai vu pour la première fois une lanterne des morts, sorte de phare miniature en pleine campagne qu’on allumait la nuit pour montrer la route aux défunts !

Chez Brize, j’apprends que va se terminer ce soir, à Versailles,  une intéressante exposition sur Juillard, le dessinateur de BD. Désormais, je connaîtrai au moins cet artiste!

Chez Allie,   (A l'heure du thé)  j’ai recopié la lettre de Tourgueniev sur son lit de mort,  adressée à Tolstoï ! Il souhaitait  voir  celui-ci continuer d’écrire des romans  alors qu'il venait de décider d’arrêter!

Aifelle, quant à elle, de retour de son voyage éclair à Paris a ramené de très jolies cartes postales de Amélie Thiébaud (photo)

Je m’arrête là ! Bien obligée ! Le temps est un maître impitoyable  qui ne  concède jamais rien,  pas la plus petite seconde ! Il me mène toute la journée par le bout du nez !  (Mamannnnn !!!! C’est pas juste !!!!!)

Ici finit mon tour de manège de la matinée !

Je tiens à préciser quand même que tous les blogs visités étaient très intéressants!
Je n'ai retenu que ceux qui m'ont renvoyé vers d'autres blogs ou artistes ou sites ou mondes nouveaux!
J'ai noté  aussi qu'apparaissent de plus en plus de challenges,  tous plus intéressants les uns que les autres mais ils sont largement repris et répertoriés chez BOB, donc je n'en parle pas davantage  ( le temps, le temps!)

Le marathon de lecture, le Big-Rat, liste des livre choisis

Voici la liste des livres que je compte lire pendant les 24 heures du Read-A-Thon
ce week end. Naturellement il y en a beaucoup plus que je pourrai en lire,  mais je préfère être prudente au cas où certains ne me plairaient pas du tout!



1. Tartt Donna : Le maître des illusions (Pocket, 706 pages) (que je devais lire en lecture commune avec Neph et Craklou mais que je n'avais pas encore réussi à trouver!)
2. Murail Marie-Aude : Voici Lou (Pierre Marcel Favre, 127 pages) (Jeunesse) (merci Canel pour l'envoi)
3. Deghelt Frédérique : La vie d’une autre (252 p) (à peine reçu de Babelio , à lire en lecture commune pour le 25/02, avec Cynthia, Manu, Celsmoon, Abeille)
4. Dubois Jean-Paul: Vous plaisantez, monsieur Tanner (Points, 200 p) (PAL)
5. Updike John:  Jour de fête à l'hospice,  (pavillons poche, 274 p) (neuf) 25/02/
6. Sharma Bulbul:  Mes sacrées tantes ( Picquier poche, 260 p) (lecture prévue pour Le prix des lecteurs)
7. Frégni René:  Tu tomberas avant la nuit (Folio, 172 p) (PAL)
8. Martinez Carole:  Le cœur cousu (Folio, 439 p) (PAL)
9. Benacquista Tonino : Saga (Folio389 p) (lecture prévue pour le Blogoclub du 01/03)
10. Benni Stefano : Margherita dolcevita (Actes Sud, 249 p) (Merci  Mirontaine!)
11. Humbert Fabrice : L’origine de la violence (Le passage, 316 p) (Bibli)
12. Hammett : Moisson rouge (Gallimard, 284 p) (Bibli)
13. Harris Charlaine : Quand le danger rôde (la communauté du sud , 1) (J’ai lu, 315 p) (PAL)
14. Pelevine Viktor : Le livre sacré du loup-garou (Denoël, 412 p) (Jeunesse) (Bibli)
15. Machame D.J. : Bobby Pendragon, Le marchand de peur ( Rocher Jeunesse) 349 p) (Bibli)
16. Besson Philippe : Un homme accidentel ( 10/18, 244 p) (PAL)
17. Yates Richard : La fenêtre panoramique (pavillons poche, 529 p) (PAL)
18. Harbison Beth : Shoe Addicts ( Pocket, 375 p) (Chick Lit) (PAL)
19. Weisberger Lauren : People or not people (Fleuve noir, 459 p) (Chick Lit) (PAL)
20. Camus Albert : La mort heureuse ( Folio, 172 p)  Challenge Classique (PAL)
21. Modan Rutu : Exit Wounds (BD) (Bibli)
22. Fredman : La vie secrète,  tomes 1 et 2,  (BD) (Bibli)
23    Marrocu Luciano: Scarpe rosse, tacchi a spillo, (Il Maestrale, 235 p) Challenge VO) (Bibli)

mercredi 17 février 2010

Rosalie Blum, tome2, Camille Jourdy, Haut les mains, peau de lapin!

Dans le tome 1,  nous avions laissé  Vincent, le coiffeur, seul dans son salon de coiffure où vient de prendre rendez-vous , pour la première fois,  Rosalie Blum, la femme qu’il suit depuis plusieurs jours ! 

Premières pages du tome 2 : Où sommes-nous ? Plus de Vincent ! Plus de Rosalie Blum, La mère un peu folle a disparu aussi !
A qui appartient cette maison si en désordre ?
Une jeune fille aux cheveux noirs,  allongée sur un canapé  en velours rouge regarde un épisode de Lucky Luke  sur un vieux poste de télé !  Entrent en coup de vent une femme rousse en tutu bleu,  suivie d’un huluberlu,  torse nu,   qui veut la convaincre de faire quelque chose :
-  « Non, mais t’es timbré ,  je ne veux pas faire un truc pareil, c’est ridicule ! »
Ils se disputent ! Les gros mots volent de part et d’autre ! Elle  se déshabille, claque la porte et disparaît !
L’homme s’assoit,  désolé,  sur le canapé,  sans que la fille à côté soit le moins du monde troublée par cette dispute ! Elle semble habituée !

En réalité, c’est « Kolocataire »  avec qui elle partage la maison. Elle doit souvent lui prêter de l’argent qu’elle reçoit elle-même  on ne sait d’où. Personne ne travaille  dans cette maison, pourtant toujours pleine de monde !
- « Je crois que plus on ne fait rien, plus on ne fait rien »

Elle passe son temps à ne rien faire avec ses  deux très  bonnes amies  de lycée, Cécile et Bernadette.
Quant au « Kolocataire »,  son rêve est de créer un spectacle de cirque ,  surtout avec un lion qui apparaîtra bientôt dans la maison sous l’apparence d’un gros chien, faute d’argent ! Il y aura aussi  un lézard dans la baignoire de la salle de bains !
Bref, nous sommes dans une maison capharnaüm et bohême,  bizarre mais cool ! 

On comprend,  au bout d’une vingtaine de pages  que l’héroïne est la nièce de Rosalie Blum, qui la contacte un jour pour lui demander de suivre à son tour son  suiveur ! Les trois filles s’amusent alors à découvrir l’identité de cet homme.
C’est Vincent Machot,  notre coiffeur ! Rosalie Blum, la tante blonde,  décide alors de lui faire peur …
Et c’est là que les deux histoires se rejoignent!  On retrouve aussi  la mère,  en vieille harpie,  toujours aussi jalouse des fréquentations de son fils.
La fin de ce tome est exactement la même que celle du premier : plan final sur un page entière : Rosalie fume dans sa cuisine  et  Aude, sa nièce,  se balance sur une chaise : elles  semblent songeuses  toutes les deux : elles viennent de prendre rendez-vous chez le coiffeur !

On se pose donc toujours la même question, mais qui est vraiment Rosalie Blum et que va devenir Vincent ?  S’aimeront-ils  quand ils se connaîtront mieux ?  
Je me suis prise au jeu sur toute la ligne et j’ai hâte de savoir la suite !
Haut les mains, peau de lapin ! Tome 2,  Rosalie Blum ,  Camille Jourdy
(Actes sud BD, 2008) Photos prises chez Hiddenplace

mardi 16 février 2010

Recette de solo ou morue salée du livre de Léonora Miano, Soulfood équatoriale,


Recette  de solo = morue salée 
du  livre de Léonora Miano : « Soulfood équatoriale » (Nil éditions « Exquis d’écrivains »,  2009 , 101 pages)
« Au départ, ça n’a l’air de rien. Juste de la morue salée… Elle fut adoptée par les populations du littoral camerounais. »
Sa préparation semble simple : il n’y a qu’à dessaler la morue en la faisant bouillir puis à la faire revenir dans de l’huile avant d’y ajouter de la tomate. Concentrée en grande partie.
« La jeune fille avait des papilles entraînées. Elle reconnut chaque élément ayant contribué à la composition de la sauce. Oignon, ail, soupçon de gingembre parfaitement écrasé dont on ne sentait pas les fibres, piment trempé entier peu avant la fin de la cuisson pour qu'il n'éclate pas et ne laisse que son parfum... Puis, la clé du mystère : pas plus d'une demi-aubergine. Le supplément de tomate fraîche avait pour but d'en atténuer l'amertume. »
Voici donc ma recette qui  est encore en train de mijoter dans la cuisine et dont le fumet ravit déjà mes papilles (à condition naturellement de ne pas redouter l’odeur du poisson !)
Ingrédients pour deux personnes :
200 g de morue séchée, mise à dessaler  dans une grande bassine, toute la soirée d’hier,   en renouvelant l’eau souvent.1/2 aubergine., 2 oignons, .2 piments, 1 gousse d'ail, 2 cuill. à soupe d’huile, Sel, poivre..
Préparation !
Je lave l' aubergine et la coupe en morceaux..
Je pèle et émince les oignons.
Je lave et fends en deux les piments, j’en retire graines et pédoncules et je les coupe en petits morceaux.
J’égoutte et fais revenir dans l’huile les oignons, l'ail et l' aubergine, 5 min en remuant.
Je sale et poivre et ajoute piments et poisson et sauce tomate fraîche préparée à l'italienne
Je fais cuire 35 min environ sur feu doux, à couvert,  en remuant de temps en temps .
Je servirai dans un plat creux, avec un peu de riz blanc (hérésie , je sais, mais je n'ai pas de manioc etc.)
On dégustera bientôt!
Recette publiée dans le cadre du challenge de Chiffonnette: "A lire et à manger". ( 2ème contribution).
1 ère = Recette du beurre blanc à l'ancienne
Appréciations concernant cette recette:
C'était bon mais la prochaine fois je ne mettrai qu'un seul piment et surtout je prendrai une aubergine entière que je couperai en lamelles de 1 cm d'épaisseur et que je ferai dorer dans un peu d'huile à part  pour l'ajouter ensuite sur le plat terminé. (si elles ne sont pas cuites de cette façon, je n'aime pas les aubergines!)

Soulfood équatoriale, Léonora Miano

Voici un livre apparemment sur la cuisine africaine, plutôt du Cameroun, pays d’origine de l'auteur.
 Le titre déjà ! La soul food est un endroit plus ou moins bancal, où tout le monde peut venir manger un plat unique, vite fait et pas cher
 Celui des treize chapitres ensuite évoquant  des recettes aux noms étranges : solo, jazz, saxophone,
 Le vocabulaire  enfin qui intrigue et saute aux yeux rien qu’en feuilletant ce petit ouvrage : kingang, nginge, jambalaya, calalu,  misole, Ndole, mukandjo 
Mais ce texte est plus qu’un simple livre de recettes, c’est avant tout un retour aux sources, sur la terre natale, un voyage vers les saveurs de l’enfance, de la famille, du territoire !
  Il s’agit ici d’identité !
A travers la nourriture, la voyageuse, de retour au pays,  remonte  à la source de ses souvenirs et plus loin encore à la source de l’histoire de ses ancêtres  du temps de l’esclavage !
Le tout emballé dans une écriture rapide, enlevée, prompte à un peu
 d’humour quand il le faut!
L’ensemble est séduisant et donne envie d’aller goûter sur place cette nourriture singulière, encore peu connue!
Présenté aussi par Leiloona, Cathulu, Chiffonnette, Schlabaya,  et probablement d'autres blogs encore que je n'ai pas su trouver!
Soulfood équatoriale par Léonora Miano
(Collection « Exquis d’écrivains », NIL éditions, 2009, 101 pages)

lundi 15 février 2010

Les hommes à terre, Bernard Giraudeau










1 Indochine
Un  père, malade d’un cancer du poumon,  retourne pour trois semaines  avec son fils  au Viêtnam  où il a vécu autrefois, pendant la guerre de ce qui était alors l’Indochine. Sa femme les accompagne à la gare : elle s’affaire pour ne pas pleurer.
A Hô Chi Minh-Ville, l’ancienne Saïgon, le fils part en repérage pour le film qu’il compte tourner bientôt. Le père retourne sur les traces de son passé. Il retrouve la femme à qui il a écrit pendant quarante ans. Rentrera-t-il en France avec son fils ?


2 Une histoire simple
" C’est une histoire de marins et de femmes de marins. Ça pourrait se passer à Sydney, Veracruz ou Manille. Celle-ci se passe à Brest".
Elle s’appelait Hélène. Elle avait une fille. Lui, le marin, leur racontait des histoires. La mère se maria avec lui. Il était toujours parti et leur écrivait des lettres avec encore des histoires. La mère voulait qu’il reste à terre mais il ne pouvait pas et continuait ses  tours du monde. La fille aimait tellement ses récits et ses lettres qu’elle aima aussi le marin. Un drame eut lieu qui cloua le marin au sol et fit s’envoler la fille sur les grands navires aussi où à son tour elle fit plusieurs fois le tour du monde.
Mais l’histoire ne finit pas là ! Le marin ne pouvait rester à terre même cassé comme il était.  Il ne rattrapa  jamais la fille mais l’histoire pour une fois finit bien ! 


3 Billy (c'est l'histoire la plus belle, celle que je préfère)
Billy est un marin plus jeune, plus beau, plus doux que les autres. Il est cultivé et aime lire. D’ailleurs son surnom vient de Melville. Il a des amis. Tout le monde l’aime,  garçons ou filles. Un soir,  dans un  bordel d’un port du bout du monde,  une femme très belle et très élégante le choisit et le conduit dans sa demeure. Elle lui présente sa fille handicapée et mourante à la suite d’un accident de cheval, sa fille jeune et triste qui ne veut pas mourir sans connaître l’amour. Tous les autres ont refusé. Billy accepte et revient chaque soir.. Inattendue,  la tragédie surviendra trop vite, celle qui n’était pas prévue
Ces nouvelles sont magnifiques. L’écriture  est belle, précise, directe, lyrique quand il le faut . Elles m'ont vraiment plu, moi qui n'aime pas tellement les nouvelles! Elles ne donnent jamais l'impression que l'histoire gagnerait à être traitée en roman ! Elles sont équilibrées: on ne connaît que l'essentiel, sans s'attarder mais sans trop de sécheresse non plus! 
Quelques phrases que j'ai aimées. 
"Un port regarde la mer, forcément. Il attend les étraves, vous accueille à cœurs ouverts, vous protège. C'est un refuge cosmopolite".

"Un type tout seul  avec un bandonéon pleurait des amours impossibles, des passions, des abandons, une soupe sentimentale qui faisait frissonner les équipages. La nostalgie les emmenait en voyage pour un retour au port d'attache avec une grosse vague de rhum pour noyer le tout."
J'aime les grands cargos arrêtés dans les rades
Qui ne se mêlent pas à la vie de la ville
Et qui libèrent le soir les marins éperdus. »
Louis Brauquier
"Pour moi Brest est une séquence essentiellement féminine." 
Blaise Cendrars
Les hommes à terre de Bernard Giraudeau
Editions Métailié, 2004, 177 pages

dimanche 14 février 2010

Hymne de Baudelaire,

A la très chère, à la très belle
Qui remplit mon cœur de clarté,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L’atmosphère d’un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis,  invisible,
Au fond de mon éternité.

A la très bonne, à la très belle,
Qui fait ma joie et ma santé,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

Hymne de Baudelaire (Les épaves, Les Fleurs du Mal)
Tableau: Le baiser  éternel de Gustav Klimt (1907-1908)
C'était mon premier choix, mais  tout compte fait , j'ai préféré 
 "l'Olympia" de Manet (1862), plus adapté et par la date et par l'idée même à Baudelaire! 
Tous les participants aux dimanches poétiques Ici

samedi 13 février 2010

Pas ici, pas maintenant, Erri De Luca

C’est le premier roman de l’auteur, paru pour la première fois en 1989. Depuis il en a écrit d’autres  traduits dans de nombreux pays, me glisse-t-on,  en avant-première. En 2002, il a reçu le prix Femina étranger pour Montedidio et il est considéré comme un des écrivains les plus importants de sa génération. Tiens donc !  Il est né en 1950, à Naples et vit aujourd’hui près de Rome. Voilà ce que l’éditeur français a cru nécessaire de me faire savoir avant même que je commence ma lecture !
Il a peut-être eu raison car je n’ai encore jamais entendu parler de ce romancier ! Mais est-il si nécessaire après  tout,  ce petit préambule ? 
 Serais-je plus indulgente en sachant l’écrivain déjà reconnu et glorifié  par ses pairs? Ce n’est pas si sûr!   Le récit doit se défendre seul !
Justement de quoi s’agit-il ? 
Pour moi, j’y vois essentiellement une autobiographie un peu particulière en ce sens que l’auteur s’adresse à sa mère, celle qui se trouve sur une photographie où on la voit jeune,  traversant une rue près d’un autobus. Il s’imagine, lui, déjà âgé à l’intérieur de celui-ci et  ne voyant sa mère qu’à travers une vitre.  Il remonte le temps et les lieux où ils ont vécu ensemble. Les souvenirs s’entremêlent et se déforment au gré de la mémoire douloureuse du narrateur !
 Il en veut à cette mère pour qui ce n’était jamais le bon moment ni le bon endroit pour  se laisser aller, vivre, être soi-même dans le feu de l’action, la joie de l’instant, le Hic et Nunc des  épicuriens, d’où le titre, cette phrase qu’elle lui opposait sans cesse : « Pas ici, pas maintenant ! ».
Pourtant c’est à Naples qu’ils vivaient, dans cette ville débridée, si joyeuse, violente et folle à la fois où tous les excès se côtoient ! De son passé il ne garde que dix-sept années de vie heureuse : les dix premières, dans leur premier appartement petit et misérable, quand son père le photographiait sans cesse avant qu’il ne devienne aveugle. Puis eut lieu le déménagement dans un appartement et un quartier plus riche où vivaient aussi les Américains d’après-guerre qui  restaient entre eux et snobaient tout le monde. L’auteur  devint alors mauvais élève, silencieux, il bégayait constamment. Son meilleur ami mourut noyé lors d’un plongeon en apnée, leur principale distraction. Il ne fut heureux ensuite que durant les sept années de son mariage jusqu’à la mort de sa femme,  avec lui à ses côtés ! Ils n’ont pas eu d’enfants, ont voulu en adopter mais la maladie les en a empêchés.
 Il se dit inadapté à la société dans laquelle il vit comme il l’a été avec sa mère et avoue à la fin de son itinéraire:
« Je sens monter en moi l’impatience et le besoin d’arrêter ce temps de la photo et de l’autobus. »

Pourquoi ai-je choisi ce livre ?  Pourquoi ai-je poursuivi ma lecture jusqu’à la fin ? 
J’ai voulu comprendre !  Erri De Luca est un de ceux qui ont adhéré au mouvement d’extrême gauche Lotta continua durant ces années terribles d’après 68 où on abattait comme des chiens, en Italie,  les opposants à ses propres idées politiques mais de cela il n’est pas du tout question dans ce récit ! Il ne s'agit donc ici que d'une histoire de vie ni plus mouvementée ni plus malheureuse qu'une autre. S'agissant d'une traduction, je ne peux juger du style. Je suis  en définitive restée sur ma faim et je n'aime pas ça!

Pas ici, pas maintenant, de Erri De Luca
Titre original : Non ora, non qui, traduit de l’italien par Danièle Valin
(Gallimard, 2008,127 pages)

vendredi 12 février 2010

La fille du papillon , Anne Mulpas, Livre jeunesse,

Me voici plongée dans un profond dilemme : celui de la lectrice adulte en contact permanent avec des adolescents mais dont le souvenir personnel de cet âge ingrat s’éloigne désormais à grands pas, qui
vient de finir un de ces  livres typiquement ciblés jeunesse  et qui ne sait pas si elle l'a aimé ou si c’est l’agacement qui domine !

 Au début, c’est sûr, j’ai été séduite, c’est frais, spontané, (du moins en apparence !)

La jeune fille du livre, Solveig (ou Sol ou Soleil, selon le degré d’intimité), 16 ans, commence un journal intime  alors même qu’elle détestait ça auparavant. Mais voilà, c’est un jour de pluie de printemps et elle vient de rencontrer Le Monde, ni plus ni moins, son premier grand amour !
 Comme Juliette sur son balcon, elle vient de voir son Romeo par la fenêtre ouverte, assis en bas sur le trottoir, en face de sa chambre. Ils se regardent longtemps en silence, puis il se met à lui réciter du Pessoa :

« Tout ce que nous voyons,nous devons le voir pour la première fois, parce que c’est réellement la première fois que nous le voyons. »

Solveig est en première L et c’est une bonne élève qui adore sa prof de français. Elle apprécie et découvre très vite qu’il est le petit fils de son voisin, l’ancien libraire de sa rue qu’aimait beaucoup sa mère, morte récemment.

Bon ! A ces ingrédients,  il faut encore ajouter
un père papillon (d’où le titre), sympa, aimant, compréhensif  mais vite déboussolé par les extravagances de sa fille, ce dernier trimestre au lycée.
Une grand-mère adorable, style Poupette (Denise Grey) dans La Boum !
Une meilleure amie qu’elle aime presque d’amour, style Pénélope ( même film), avec laquelle elle est prête à toutes les bêtises possibles .
Enfin, un caractère de petite fille trop gâtée, capricieuse, tête en l’air,  rêveuse, jalouse, boudeuse mais pas trop car, en réalité, elle a un cœur d’or !
Son défaut qui gâche tout : elle veut tout et tout de suite.
Son excuse qui  justifie en partie ses fugues et autres sottises : la mort de sa mère et l’arrivée d’une autre femme dans la vie amoureuse de son père.

Mon avis finalement : J’ai  bien aimé au début: la présentation des pages  est moderne, aérée, variée, légère ! L’histoire est enlevée, l’écriture, soignée, souvent en rupture de rythme,  à la première personne,… je, je, je, … et au présent, forcément, journal intime oblige !
A mi-parcours, cependant, j’avais hâte de finir !  Je pressentais la fin !  La lassitude l’emportait sur la curiosité du début ! J’avais l’impression d’avoir déjà lu la même histoire plusieurs fois déjà et c’est là que j’ai compris pourquoi ce livre est classé «jeunesse » !
Les adolescents qui en sont à leurs premiers coups de cœur aimeront certainement! Je n’en doute pas un seul instant. La recette est bien suivie : tous les ingrédients sont bien dosés!
Je ne suis tout simplement plus dans la cible visée!

Ce livre est un premier roman
Clarabel en a parlé .


La fille du papillon Anne Mulpas
(Editions Sarbacane,  coll. Exprim,  2006, 218 pages)

jeudi 11 février 2010

Maison de Marguerite Duras, TAG photo

 Yoshi73 m'a désignée il y a quelques jours déjà pour ce petit jeu que j'aime parce qu'il me semble facile à exécuter! 
« Il s'agit d'aller dans le dossier "images" de votre ordinateur, d'ouvrir le premier fichier et de mettre sur votre blog la première photo en la commentant. »




J’obéis et je tombe sur une série de photos de la maison de Marguerite Duras à Neauphle que j’avais prises au printemps dernier, à l’ouverture de mon blog et que j’avais bien oubliées depuis !
C’est une ancienne maison toute recouverte de lierre, à l’entrée de la ville, près du centre!
Un petit étang la longe sur un côté et un grand parc la prolonge à l’arrière ! 

 La romancière parle très souvent de cette maison dans ses derniers
 livres! 
Elle y a vécu seule très longtemps et y écrivait facilement
Je suis contente d’avoir retrouvé ces photos à l’occasion de ce petit jeu !
Maintenant je dois passer le relais à six personnes de mon choix.

Alors, je désigne cette fois, 
 Brize , TitineCanel Cecile , Dominique , l'ivre de livres, In Cold Blog ,

mercredi 10 février 2010

Une journée d'enfer avec Malavita de Tonino Benacquista

Une fois n’est pas coutume mais mon billet du jour commencera par un aveu des plus  personnels: j’ai passé hier une journée d’enfer ! Désormais la date du 9 février 2010 sera définitivement marquée d’une pierre blanche : celle de l’arrivée et de l’installation de mes voisins !
Quelle journée ! Quelle aventure !
 Je ne l’oublierai jamais !
Je ne suis plus chez moi, dans ma petite ville normande de Cholong-sur-Avre, dans l’Eure,  à continuer ma petite vie calmissime de petite lectrice anonyme oh combien compulsive, …non, non... je suis constamment à la fenêtre,  derrière les rideaux  à peine soulevés,  à épier les allées et venues de ces étranges voisins qui s’installent, en plein milieu de la  nuit,  juste en face de chez moi, dans ce pavillon 1900, en pierre et briques normandes,  vide depuis si longtemps!
Comme ils ont l’air sympathiques ! Ils se sont présentés tout de suite, dès le jour levé, à tout le voisinage et ils nous ont même invités  pour un prochain barbecue dans leur jardin ! Les enfants sont tout excités car
 ce sont des Américains !
Les Blake, ils s’appellent,  et le père, Frederick, un bel homme fort et décidé, est aussi un écrivain qui restera tout le temps chez lui pour terminer son livre consacré au débarquement de Normandie ! Tous les anciens veulent déjà l’aider en lui racontant leurs souvenirs ! Il est bricoleur aussi et s’entend déjà à régler notre éternel problème d’eau  polluée dans nos robinets qui s’éternise depuis des années ! Il a pris rendez-vous avec le plombier qui n’a encore jamais réussi à trouver la solution !
Maggie,  la mère, est une femme parfaite, dynamique, le cœur sur la main. Elle s’est déjà documentée sur tous nos problèmes car elle veut s’investir dans les associations charitables ! Quels braves gens !
Ils ont deux enfants, Belle, leur fille aînée de dix-sept ans, superbe et décontractée, gentille et polie comme tout ! Son frère, Waren , quatorze ans,  plutôt petit et musclé, s’intéresse à tout et a l’air très doué en informatique ! Il a déjà rassemblé autour de lui tous les lycéens du quartier !
Enfin, je ne dois pas oublier Malavita, leur chienne, un adorable bouvier australien gris cendre, d’une étonnante discrétion,  qui n’aboie jamais, dort toute la journée et ne mange que la nuit !
Malavita ! Etrange nom pour un animal ! « Mauvaise vie » littéralement, en italien ! Et pour tout Italien qui se respecte, Malavita, c’est la Mafia  et uniquement la Mafia, la terrifiante mafia américano-sicilienne !
Brr !... J’en ris encore !
En réalité, vous l’aurez compris, ma journée d’hier, c’est mon entrée dans la « Malavita » , le livre désopilant et irrésistible de Tonino Benacquista dont tout le monde ou presque avant moi a déjà parlé ! 
Cette journée,  entièrement consacrée à la lecture de ce livre,  a été grâce à lui des plus amusantes et enjouées ! Je me suis vraiment bien divertie et que demander de plus à un livre  quand on ne veut plus lire   que pour son plaisir?
Toute la journée j’ai accompagné cette famille horrible et pourtant sympathique, (c’est un comble!),  genre famille Adams, en réalité ici, celle de Giovanni Manzoni , le père, ancien chef de gang mafieux new-yorkais repenti ! Elle est dans une situation gravissime, car recherchée par tous les mafieux du monde et protégée par le FBI, toujours auprès d’elle. Elle doit faire ses mauvais coups en douce et  ses cinq composants (car il ne faut pas oublier la chienne!) y parviennent très bien et réussissent  parfaitement à s’imposer et à rendre inoubliable leur passage dans cette petite ville si paisible !
 Il a déjà reçu plein  de prix. Il  est réclamé partout, cinéma, feuilletons télévisés, romans, nouvelles. Tout lui réussit ! J’avais déjà aimé : « La Maldonne des sleepings » mais celui-ci est encore mieux ! Je vais me plonger dans la suite, avec jubilation car je crois savoir que « Malavita encore »  vaut le premier  tome de cette saga  familiale!

De très nombreux blogs en ont parlé! Je retiens celui de Soie, un des  plus récents, avec des photos de la petite ville normande!

Malavita de Tonino Benacquista
(Folio, Gallimard,  2004, 375 pages)

mardi 9 février 2010

Rosalie Blum, Tome 1, Camille Jourdy, Une impression de déjà-vu ,

Voici enfin la première BD que j’ai aimée depuis bien longtemps,  ma culture en ce domaine se réduisant aux inévitables Tintin, Spirou, Astérix  de départ, après quoi, je m’en suis définitivement détournée. C’est du moins ce que je croyais! Mais découvrir que certains blogs bien aimés étaient si enthousiastes de ces albums et les commentaient comme des romans m’a donné envie d’y revenir !  Merci d’ailleurs à celles qui n’ont pas hésité à m’encourager et à me donner quelques précieux conseils pour bien débuter ! Merci  en particulier à Brize, Agnès et Choco qui m’ont bien détaillé la méthode nécessaire pour ne pas me perdre d’emblée dans l’abondance des titres d’albums et des noms d' auteur.
Rosalie Blum a été de loin la BD que l’on m’a le plus souvent recommandée pour commencer et je ne suis pas déçue, bien au contraire !
C’est une histoire simple et touchante, aux dessins classiques et séduisants !
L’histoire : Vincent, un jeune coiffeur célibataire vit en province avec son chat dans un appartement sous celui de sa mère dont il s’occupe après qu’elle ait eu une attaque Celle-ci le manipule à sa façon très enfantine. Elle passe son temps à jouer avec des poupées,  des sortes de jeux de rôle violents et surprenants où elle révèle ses sentiments inconscients! C’est drôle! Elle a comme un grain de
 folie!
Lui aime une femme partie à Paris, qu’il voudrait rejoindre mais on devine qu’elle ne veut plus de lui. Il est donc très seul. Il n’a que son cousin avec qui parler ! Un soir il se met à suivre la caissière de son épicerie, croyant l’avoir déjà vue. Dès lors,  il la suit partout parce qu’il la sent aussi seule que lui. C’est Rosalie Blum dont nous ne savons presque rien , si ce n’est qu’elle est plus âgée que lui, mal habillée, pas attirante, sans amis, qu’elle vit en dehors de la petite ville dans une maison délaissée et mal tenue et qu’elle passe son temps le soir, seule au cinéma ou  à boire dans un bar dont  elle ressort parfois ivre et titubante.
Depuis qu’il la suit incognito,  Vincent se remet en question et fait des rêves étranges.  Il voudrait changer de vie.
Un jour,  Rosalie Blum décide d’aller chez le coiffeur. Au téléphone, Vincent-le-coiffeur inscrit son nom sur son cahier de rendez-vous! Il est troublé!
Grande image finale sur toute la dernière page : dans le salon désert, assis dans un fauteuil,  face au grand miroir mural , les yeux  ronds, un doigt sur les lèvres, le jeune homme semble bien perplexe !
Je n’ai lu que le tome 1 et j’ai très hâte de savoir la suite ! 
Qui est donc vraiment cette Rosalie Blum ? 
BD présentée également par EnnaMorue la Fée,  Je n'ai pas lu les blogs qui présentaient les trois albums en même temps. 
Rosalie Blum par Camille Jourdy,
Trilogie, tome 1, Une impression de déjà-vu ,
(Actes Sud BD, 2007)

lundi 8 février 2010

Un visage magnifique



Une ride est un pli sur la surface de la peau.
C'est le souffle des ans.
 La beauté du temps.


A quelle héroïne de romans pourrait correspondre ce visage? 
J'opte pour Rose Bustamente, la grand-mère qui a élevé Vera Candida dans "Ce que je sais de Vera Candida" de Véronique Ovaldé. D'accord,disent Val et Gio


La mère de Pearl Buck , je la vois bien comme ça aussi! D'accord pour "La mère" dit Anjelica


Auriez-vous d'autres idées?
 In Cold  Blog propose les personnages des  nouvelles de Joseph Broyden: "Là-haut vers le nord"
Géraldine propose:  "Le fils de l'Himalaya" de Jacques Lanzmann 
ou l'un des personnages du  'Cœur cousu" de Carole Martinez


Photo trouvée sur le blog de Frankierama via celui de CécileQde9

dimanche 7 février 2010

Mon amour, je t'associe à la senteur de l'herbe de Luc Bérimont

Mon amour, je t'associe à la senteur de l'herbe que l'on a coupée dans le pré
Je te marie au chant du rossignol, à la splendeur des boutons d'or et des genêts
Mon amour, le corps universel que nous cherchons à travers nous deux, à tâtons
Est présenté dans l'ombre des ombrelles, dans le bleu têtu des chardons
Mon amour, tenons bon la route, et la sente, et l'herbier des nuits
Tout nous est donné, sans le doute qui ronge les cœurs et les dents
Je parle d'astres, de survie. Par toi, je suis, de nouveau, né
Entends la flamme de l'été qui ronfle sur nos champs de vie
Et crois que l'accord est passé pour les cent mille ans du passé
Autant que pour l'éternité »

 Luc Bérimont - Dimanche 29 Mai 1983 -
paru dans la revue Signes de mars 1985
 Marc Chagall (1887 - 1985)
Les autres  participants aux dimanches poétiques sont Ici

samedi 6 février 2010

De Grey, histoire romantique par Henry James

En 1820, dans une grande maison new-yorkaise (p 17), vivent quatre personnes excellentes, aimables et dignes d’être aimées.
 Mrs de Grey est une riche veuve de « soixante-sept printemps », encore belle, « placide et élégante »
 Son fils unique, Paul, l’amour de sa vie, est parti à vingt-deux ans en Europe  pour parfaire son éducation. C’est un jeune homme bien sous tout rapport qui écrit des lettres si charmantes « que sa mère et son ancien précepteur… n’auraient su dire s’il leur donnait plus de satisfaction lorsqu’il était avec eux ou à l’étranger. »
Mr. Herbert, prêtre-précepteur, grand érudit,  est  installé depuis vingt-cinq ans à demeure dans cette maison amie où il consacre tout son temps à l’étude, dans l’immense bibliothèque de son ami défunt. « Il était la politesse même, mais sa courtoisie était froide et formelle » Il souriait du bout des lèvres et serrait la main du bout des doigts.
 Enfin, la jeune et jolie orpheline, Marguerite Aldis,  la dernière arrivée, engagée pour combler la solitude de Mrs De Grey en l’absence de son fils.
La vie s’écoule, tranquille, douce, juste un peu endormie lorsque ce qui était attendu arriva : à force d’entendre vanter les mérites du beau jeune homme absent et d’admirer ses portraits sur les murs, la jeune fille en tombe amoureuse.
Une lettre leur apprend bientôt à la fois la mort brutale de la fiancée de Paul et le retour précipité de ce dernier.
Dès lors tout change et une sourde inquiétude s’empare des deux anciens. Eux savent qu’une malédiction terrible pèse sur cette famille dès lors que naît un amour sincère.
A ce moment commence vraiment le récit.
 Histoire romantique annonce le titre !
 Romantique à souhait -  vraiment -  étrange, mystérieuse, inéluctable ! Le sort, le destin, tout
se déchaîne et s’acharne sur ces deux malheureux dans la tourmente de leur passion amoureuse.
Qui en sortira vainqueur ? L’amour ou la mort ? Eternelle lutte chère aux Romantiques dont les clichés s’envolent grâce à la plume inspirée de l'auteur !
J’ai beaucoup aimé !
Livre 5 du challenge Folio de Cynthia
De Grey, histoire romantique d’Henry James
(De Grey : A Romance, The Atlantic Monthly, Boston, juillet 1868 )  
 traduit de l’américain par Pierre Fontaney
( Nouvelles complètes,  Bibliothèque de la Pléiade , Gallimard, Paris, 2003), collection « Folio  », éditions Gallimard, Paris, septembre 2009 ; 96 pages

vendredi 5 février 2010

Recette du beurre blanc à l'ancienne par Nina Killham dans l'art d'accommoder les restes

A challenge culinaire, recette oblige! 
Dans le cadre du challenge de Chiffonnette: A lire et à manger, voici une recette trouvée dans le livre de Nina Killham: "L'art d'accommoder les restes", celle du beurre blanc à faire soi-même!
 On oublie les sachets plastiques et les  cartons industriels. On compte 5 minutes de plus pour la préparation du repas  et on récolte des sourires et des regards d'approbation autour de la table!
« Elle fit signe à la caméra de la suivre jusqu’au plan de travail. Elle attrapa deux gousses d’échalote qui avaient été posées là à son intention et se mit à les émincer.
Je vais vous montrer comment on prépare un beurre blanc.
Prenez une poêle, jetez-y vos échalotes, versez votre vinaigre, votre vermouth et votre jus de citron, posez votre poêle sur le feu et remuez.
Joignant le geste à la parole, elle s’empara d’une poêle, y jeta ses ingrédients et se mit à touiller.
- Allez-y doucement, vous n’êtes pas aux pièces. Regardez, vous voyez le liquide qui s’évapore ? A présent, versez la crème. De la crème entière, j’insiste. Si vous osez toucher à cette pisse d’albinos qu’est la crème allégée, je vous tranche les deux mains. Continuez à remuer et réduisez la flamme. Votre sauce s’épaissit.
Jasmine, concentrée, regardait le fond de sa poêle et tournait délicatement sa cuillère en bois. 
- Ajoutez quatre carrés de beurre. Et voilà  Vous avez votre beurre blanc."

Recette du beurre blanc à l’ancienne
Recette du livre de Nina Killham : L’art d’accommoder les restes
(Pocket, pages 183, 184