lundi 19 septembre 2011

Mo Yan - Le Maître a de plus en plus d’humour

Que faire quand on perd son travail à soixante ans, à un mois de sa retraite, après quarante ans de bons et loyaux services?
 Que faire surtout quand on découvre que les économies de toute une vie n’ont servi qu’à se soigner et que tout le monde autour de soi cherche un travail,  bon ou mauvais, juste pour manger et ne pas perdre pied dans la nouvelle société où la débrouillardise est devenue la qualité primordiale,  question de survie et on a beau avoir une morale à toute épreuve et de bonnes mœurs,  il faut ce qu’il faut. 
C’est ce que se dit le brave Maître Ding, ancien ouvrier modèle d’une usine désormais fermée lorsqu’il découvre un drôle de manège autour d’un autobus désaffecté dans un bois proche de chez lui. 
Qu’à cela ne tienne se dit-il alors lorsqu’une idée géniale jaillit qui lui permettra enfin de s’enrichir, il n’hésite pas et s’investit dans ce qui deviendra sa petite entreprise où son sérieux habituel fera merveille. Après tout ne doit-on pas payer  partout maintenant pour aller aux toilettes, dans cette nouvelle société devenue capitaliste à son tour?
Il ne réussira que trop bien et la suite est surprenante lorsqu’à l’arrivée de l’hiver l’activité se ralentit et que l’attend une «nuit de terreur»
Ce récit est délicieux et se lit d’une seule traite en moins de deux heures. Idéal lors d’un déplacement!
Ce Maître Ding si naïf, si tendre et si plein de bonne volonté  est à la fois  touchant, attendrissant, rusé, débrouillard et la nécessité aidant, son humour se développe avec son succès.  Il lui en faut d’ailleurs pour conserver la dignité à laquelle il tient tant dans cette nouvelle activité! 
C’est Cynthia qui m’avait permis de découvrir cet auteur chinois dont curieusement le pseudonyme signifie «Ne rien dire» et qui dénonce subtilement ici la nouvelle économie de marché de son pays.   
"La politique est présente dans les thèmes de mes romans. C’est une critique de la société et de la politique, de la corruption des officiels et aussi des côtés les plus sombres de tout individu quel qu’il soit… La critique n’est pas le but de ma création. L’art de l’écriture, seul, en est la source. Mais un écrivain ne vit pas hors du temps et ni hors de sa société. Je ne suis le porte-parole de personne, je réclame l’indépendance de mes héros tout comme j’exige la mienne."
Ce ne sera sûrement pas le dernier livre que je lirai de cet auteur
Mo Yan - Le Maître a de plus en plus d’humour (Seuil, 2005, 108 pages) Traduit du chinois par Noël Dutrait

dimanche 18 septembre 2011

La chanson de Prévert et Les feuilles mortes, en hommage à Cora Vaucaire

En souvenir de Cora Vaucaire disparue hier.  (Voir ses videos ICI)

Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée
Je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma

Et chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour
Les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Avec d'autres bien sûr je m'abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m' indiffère
A cela il n'est rien
A faire

Car chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour
Les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne
L'hiver
Et que la chanson de Prévert

Cette chanson
Les Feuilles Mortes
S'efface de mon souvenir
Et ce jour là
Mes amours mortes
En auront fini de mourir.

Les Amours mortes ou La chanson de Prévert, paroles de Serge Gainsbourg  chantées par Cora Vaucaire
http://youtu.be/IPErnEAAJj4

Les feuilles mortes

Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi.

Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

:
C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Jacques Prévert et Joseph Kosma, Chanson par Cora Vaucaire: http://youtu.be/Vu0kZR-dIKg (Billet précédent)

samedi 17 septembre 2011

Décès de Cora Vaucaire, interprète de grand talent de Prévert, d’Aragon, de Ferré...

 Je viens d’apprendre le décès cette nuit  de Cora Vaucaire,  une chanteuse que j’aimais beaucoup. C’est elle la créatrice des «Feuilles mortes» de Prévert, de «Quand reviendras-tu ?» de Barbara. Elle a également  beaucoup chanté Léo Ferré.

Née Geneviève Collin, à Marseille, le 22 juillet 1918, fille d'un capitaine au long cours, épouse du parolier  Michel Vaucaire qui créa avec Charles Dumont la chanson de Piaf: "Non, je ne regrette rien",  elle a été surnommée «La dame blanche de Saint-Germain-des-Prés» par opposition à Juliette Gréco, "La dame en noir".

Trois fois couronnée par l'Académie Charles Cros, elle interpréta "La Complainte de la Butte" dans le film de Renoir "French cancan" en 1955 et "Trois petites notes de musique" dans celui de Colpi, "Une aussi longue absence" en 1960.

"Silhouette menue, le sourire éclatant, la voix claire et la diction parfaite, Cora Vaucaire - qui a débuté au théâtre - chantait en comédienne, ciselait chaque chanson en une petite pièce de trois ou quatre minutes, l'interprétant avec charme, émotion et sincérité."


J’ai aimé son interprétation de  «Quand les hommes vivront d’amour», du «Temps des cerises», du «Pont Mirabeau» d’Apollinaire, de «Maintenant que la jeunesse» d’Aragon, de «L’écharpe» de Maurice Fanon et de tant d’autres.

Je la connaissais bien pour l’avoir souvent rencontrée lors de ses vacances en Bretagne où nous étions voisines. Je l’aimais bien. Elle était d’une grande simplicité et ne vivait que pour la musique, ses tours de chant et ses chansons.Un grand merci pour tout. Une pensée aussi pour sa fille.


Les feuilles mortes de Préverthttp://youtu.be/Vu0kZR-dIKg


La complainte de la butte: http://youtu.be/mz-4ab9i16Q

vendredi 16 septembre 2011

Rouge majeur de Denis Labayle. Le peintre Nicolas de Staël au cœur d'un roman

Rouge est le dernier tableau de Nicolas de Staël, celui qu’il n’a pas terminé quand il s’est défenestré à Antibes où était son atelier, le 16 mars 1955.
Ce tableau, c’est «Le Concert». Onze jours avant son suicide, le peintre avait été bouleversé par la musique d’Anton Webern,  au théâtre Marigny, à Paris. Il n’avait alors eu de cesse de tenter de  reproduire sur sa très grande toile l’émotion artistique qui l’avait envahi.
C’est à partir de ces faits réels que le roman de Denis Labayle est organisé.
Il imagine que huit ans après son débarquement en Normandie, un jeune journaliste américain retourne en France avec l’espoir d’y retrouver une femme qu’il a aimée pendant la guerre. En réalité il est envoyé par son journal auprès du peintre devenu célèbre pour connaître l’influence des femmes sur son œuvre.

Les deux hommes se rencontrent au concert, sympathisent et vont vivre ensemble dans l’atelier du peintre les dix derniers jours de sa vie. Ils ne se comprennent pas, ne s’aiment pas vraiment et ne sont ensemble que par intérêt, nécessité et curiosité pour l’un et par peur de la solitude pour l’autre.
L’Américain retrouve la femme qu’il aime et qui quittera tout pour lui. Entre temps il vole un tableau du peintre qui, lui, à l’inverse,  perd à la fois son inspiration, croit-il,  et plus sûrement encore sa maîtresse dont il est fou, celle du «Grand nu bleu», le modèle pour qui il a abandonné femme et enfants. Il est dans une solitude totale, avec ses seuls tableaux, ses souvenirs d’enfance traumatisants et son insatisfaction chronique quant à son talent. Son dernier geste demeure une énorme interrogation face à une œuvre inachevée. Il avait 41ans.

J’ai aimé tout ce qui évoque la réalité du peintre, les allusions à sa vie, à ses tableaux, à ses amours, bref, j’aspire à une biographie. L’enrobage du roman m’a beaucoup moins convaincue.


"L'artiste doit répudier la toile terminée le plus tôt possible, afin qu'elle ne serve pas de modèle à la suivante. Ma peinture se situe comme ma vie, dans un espace étroit entre l'ordre et le chaos. Je fuis le stable, le simple, toujours trompeur. Il y a quelque chose de mort dans le parfait défini. L'art doit être recherche, aventure, instabilité. Une toile réussie est une toile sui bouscule l'esprit jusqu'au vertige. Sans vertige, pas de génie. Comment pourrais-je atteindre le hasard en m'entourant de certitudes?  Chez moi, tout est déchirure. J'aime le chaos ordonné."
"Plus la toile est grande, plus le regard la transperce. Et moi, je n'ai de réels élans qu'en grand format." (lettre à Jacques Dubourg, 26 novembre 1954)


Les couleurs 
"Velasquez utilisait  vingt-sept noirs différents... Et moi, des gris, j'en ai dénombré près de cent.
Le bleu, c'est une aspiration  vers l'inconnu. J'ai toujours aimé cette apparition de l'infini sur terre. Quand tu fixes un ciel bleu, tu vois la réalité abstraite en mouvement. Mais pour cette nouvelle toile, je cherche autre chose. Le rouge me fascine autant qu'il m'inquiète. Je l'ai longtemps tenu à l'écart ou utilisé par touches, avec parcimonie. Mais depuis quelque temps, cette couleur m'envahit. Pour Le Concert, le rouge s'impose comme une évidence. J'ai rendez-vous avec lui et je crois que je vais m'y rendre."
"Je dois peindre les notes d'une nouvelle symphonie et je ne suis pas sûr de cet effet figuratif. Plus l'orchestre prend forme, plus j'hésite. Ces instruments m'emprisonnent. Je dois les dépasser, mais jusqu'où aller pour les rendre à la fois visibles  et parfaitement audibles.... Je marche comme un funambule sur le fil des émotions."

Mon précédent billet sur Nicolas de Staël
Rouge majeur de Denis Labayle (Editions Dialogues, mai 2011, 215 pages
Tableaux: "Le grand nu bleu", "Le Concert"

jeudi 15 septembre 2011

Prix Femina. Première sélection

Le jury pour ce prix qui s'est réuni aujourd'hui est composé de

Paule Constant
Camille Laurens
Diane de Margerie
Solange Fasquelle
Viviane Forrester
Claire Gallois
Benoîte Groult
Paula Jacques
Christine Jordis
Mona Ozouf
Danièle Sallenave
Chantal Thomas

Voici leur première sélection pour ce prix  qui sera décerné le lundi 7 novembre
En rouge, les livres que j'ai l'intention de lire, sans limite de temps et  pour diverses raisons, le plus souvent influencée par d'autres avis de lecteurs: journalistes ou blogueurs.
Daniel Arsand, Un certain mois d'avril à Adana (Flammarion)
Nathalie Bauer, Des garçons d'avenir (Philippe Rey)
Patrick Deville, Kampuchéa (Seuil)
Clara Dupont-Monod, Nestor rend les armes (Sabine Wespieser)
François Emmanuel, Cheyenn (Seuil)
Colette Fellous, Un amour de frère (Gallimard)
David Foenkinos, Les Souvenirs (Gallimard)
Brigitte Giraud, Pas d'inquiétude (Stock)
Alexis Jenni, L'Art français de la guerre (Gallimard)
Simon Libérati, Jayne Mansfield 1967 (Grasset) (dans ma pal)
Céline Minard, So long, Luise (Denoël)
Véronique Ovaldé, Des vies d'oiseaux (L'Olivier)
Michel Schneider, Comme une ombre (Grasset)
Anne Serre, Les Débutants (Mercure de France)
Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit (JC Lattès). (lu)

Pour la littérature étrangère, la première sélection est la suivante:

Eleanor Catton, La Répétition (Denoël)
Francisco Goldman, Dire son nom (Christian Bourgois)
Jens Christian Grondahl, Quatre jours en mars (Gallimard)
David Grossman, Une femme fuyant l'annonce (Seuil)
Jonathan Franzen, Freedom (L'Olivier)
Siri Hustvedt, Un été sans les hommes (Actes Sud)
Laura Kasischke, Les Revenants (Christian Bourgois)
Joseph O'Connor, Muse (Phébus)
Alessandro Piperno, Persécution (Liana Lévi)
Ursula Priess, A travers tous les miroirs (Zoé)
Jon Kalman Stefansson, La Tristesse des anges (Gallimard)
Duong Thu Huong, Sanctuaire du cœur (Sabine Wespieser)

A-t-on retrouvé Michel Houellebecq?

Vous ne saviez même pas qu’il avait disparu ?
Vous vous moquez royalement de son sort ?
Vous êtes bien protégé dans votre tour d’ivoire de tous ces buzz journalistiques  ou éditoriaux qui pleuvent ici et là sur les épaules des blogueuses trop curieuses qui n’ont pas ouvert leur parapluie en guise de protection publicitaire?

Eh bien moi, je suis tombée dans le piège et j’y ai cru un moment à cette nouvelle de la disparition de Michel Houellebecq,  possible après tout,  vu son long silence,  qui durerait  depuis juin,  selon ses connaissances,  juste après le décès de son chien corgy très aimé,  depuis aussi le faux bond récemment fait à ses lecteurs belges qu’il devait rencontrer ces derniers jours. Depuis lors,  j'ai vu  passer de nombreux  articles s'inquiétant de lui :
 Ici, Ici, Ici,  Ici, Ici, Ici, etc.
jusqu'à ce qu'enfin ce matin grâce au quotidien italien Il Corriere della Sera,  j'apprenne que le Prix Goncourt 2010 s'est enfin manifesté pour rassurer  tout son petit monde.
Et voilà un buzz de moins !
Ceci dit j'aime mieux ça que le contraire. Si seulement les mauvaises nouvelles qui nous tombent dessus à la pelle en ce moment pouvaient se dégonfler de cette manière et qu'on s'entende dire haut et fort par la suite : "Tout va pour le mieux", quel soulagement ce serait!
Allez,  "Tout se calme, il n'y a plus que des herbes agitées par le vent. Le triomphe  de la végétation est total." (Dernières phrases de "La carte et le Territoire")


Edit: 7H20 Voici ce que j'ai trouvé sur le journal italien ce matin:: STA BENE - Poi però arrivava la rassicurazione della casa editrice Flammarion: lo scrittore sta bene e non è scomparso. Non è chiaro però perché abbia saltato gli appuntamenti in Belgio ed Olanda.(Redazione Online 14 settembre 2011 14:13)
Edit: 10H  apparemment, on n'est encore sûr de rien. Voir ce qu'écrit Isabelle Ory sur le site d' Europe 1dans la matinée.
Edit du  17: Retrouvé chez lui en Espagne, où il vivrait sans portable ni internet. Il avait oublié la promesse faite aux éditeurs belges et hollandais d'être avec eux pour la sortie de la traduction en hollandais de son dernier livre. (Ici)

mercredi 14 septembre 2011

Blacksad, T2, Artic-Nation, Diaz Canales et Guarnido, Ma BD du mercredi.


 C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le grand Blacksad, l’élégant chat noir au museau blanc, le bel enquêteur qui ne sourit jamais mais qui, cette fois,  éclate enfin de rire à la dernière planche de ce deuxième volume de ses exploits.
C’est en duo qu’il enquête pour des crimes racistes  en série. La fouine, un reporter à sensations  d’un journal local ne le lâche plus. Il est aussi petit, négligé, remuant que Blacksad est imposant, soigné et calme.
A la recherche d’une petite fille noire disparue, ils affrontent les pires dangers d’un quartier contrôlé par des animaux à fourrure blanche, tigres, ours, renards, tous appartenant à la dangereuse et raciste Artic-Nation qui impose ses lois dignes du KKK de l’Amérique des  années cinquante.
Rien à dire : l’intrigue, des plus classiques, est magnifiquement servie par les dessins remarquables de précision et de fantaisie qui surprennent à chaque planche. Les scènes d’intérieur, violentes,  avec de très gros plans corporels pour les affrontements, les extérieurs poétiques des rues sous la neige vues du ciel,  les couleurs neutres où éclatent les rouges et les jaunes violents des rendez-vous secrets où se préparent les crimes, tout est maîtrisé et impeccablement satisfaisant.
Me voici définitivement accroc à ce grand chat impassible et efficace.  
Blacksad, T2,  Artic-Nation, Diaz Canales et Guarnido 
(Dargaud, 2003, 59 pages)


Participent aux BD du mercredi: 
Arsenul,  Benjamin, Choco, Chrys, Delphine,  Didi, Dolly,  Emmyne Estellecalim, HildeHérisson08, Irrégulière, Jérôme,      Kikine, La Ronde-des-pos-it
, Lire pour le plaisir, Lou,  Lounima, Lystig,  Mango, Manu,  MargotteMarguerite,  Mathilde,Moka,  Mo', Noukette, Pascale,   Sandrounette, Sara,  Soukee, Theoma, Valérie,  Vero,Wens, Yaneck, Yoshi73  Yvan, Mr Zombi
Je participe aussi au challenge BD Pal sèches  de Mo', au Top BD de Yaneck. (Note: 18 /20)

mardi 13 septembre 2011

Marie Curie et ses filles, Lettres,

Les lettres de Marie Curie et de ses filles.
Cette correspondance entre mères et filles éminemment scientifiques  et célèbres  ne présente ici que les lettres les plus familiales et affectueuses, celles   privilégiant la collaboration  scientifique  entre Marie et Irène ayant déjà été publiées auparavant.

Les lettres échangées sont celles d’une famille  comme les autres où la mère écrivait presque chaque jour à ses filles lorsque les vacances les éloignaient car c’est surtout alors qu’elles se séparaient, Marie Curie restant travailler à Paris avec l’ardeur et le succès que l’on sait mais obligeant ses petites filles à prendre le bon air au bord de la mer en Bretagne, à l’Arcouest, près de Paimpol où se retrouvaient de nombreux intellectuels antidreyfusards. Elle-même, plus tard, quand sa santé déclinera, prendra l’habitude d’aller se baigner pour profiter du soleil à Cavalaire, alors qu’Irène soignera son début de tuberculose, en allant skier dans les Alpes. Sport et grand air, voilà une des règles d’hygiène de la famille et j’ai été très étonnée, en découvrant que très jeunes encore, les deux jeunes filles marchaient facilement de Paimpol à Guingamp, ou de Paimpol au château de la Roche-Jagut, aller et retour sans peine,  soit des «promenades à pied» d’une quarantaine de kilomètres en une  journée.

Les premières lettres commencent en 1906,  après la mort de Pierre Curie, renversé par une voiture à cheval. Irène a neuf ans et Ève moins de deux ans. Marie Curie écrit alors à son amie d’enfance :
«Ma vie est saccagée de telle sorte qu’elle ne s’arrangera plus…Je désire élever mes enfants le mieux possible, mais même elles ne peuvent réveiller la vie en moi. Je fais de grands efforts pour qu’elles deviennent solides et bien portantes.»
On assiste à l’évolution des enfants si différentes l’une de l’autre, Irène suivant les traces de sa mère tandis qu’Eve devient pianiste puis journaliste. Les deux scientifiques, la mère et la fille aînée,  mourront toutes les deux de leucémie aiguë, due à leur travail, on le sait maintenant,  Marie en  1934, à soixante sept ans et Irène Joliot-Curie, en 1956, à cinquante neuf ans. Ève Labouisse-Curie,  quant à elle, mariée à un Américain et habitant New York, vivra cent trois ans jusqu’en 2007. 


Au fil des lettres, on s’aperçoit combien Marie Curie était restée simple et discrète malgré tous les honneurs qu’elle recevait. 
Ainsi en 1925, à Berlin, elle déplore, à la descente du train, les grandes manifestations d’accueil en son honneur:
«Il me semble que le fait d’acclamer de cette manière a en lui-même quelque chose qui n’est pas à recommander, quel que soit l’objet de la manifestation. Je ne vois cependant pas clairement comment on devrait procéder et à quel degré il devrait être permis de confondre la personne avec l’idée qu’elle représente.»
Au passage, sans jamais s’étendre, elle remarque, à Genève, en juillet 1928:
 «Einstein n’est pas ici et la raison en est qu’il est malade ; son cœur fonctionne mal. J’en suis très peinée, d’abord pour lui, ensuite parce que cela me prive de sa société sur laquelle je comptais.» 
De New York où elle se trouve,  en octobre 1929,  pour récolter des fonds  pour une œuvre, elle déplore une fois de plus :
«Je n’aime pas être si loin de vous et je n’aime pas me sentir un objet de curiosité quoique bienveillante.»  
En1930, à Ève devenue une amie de Colette, elle indique:
«J’ai reçu le livre de Colette et t’en remercie. J’ai commencé à le lire et le trouve beau. Il est curieux à quel point il lui faut des souvenirs personnels pour tirer d’elle  ce qu’elle peut donner de mieux. Son imagination est uniquement descriptive, mais dans cet ordre d’idées c’est vraiment unique. C’est, d’ailleurs, aussi peu intellectuel que possible. Il ya une relation très directe entre l’impression sensuelle et l’expression extérieure.» (Il s’agissait de Sido) 
Enfin, tout n’était pas toujours rose entre sa dernière fille et Marie. Voici ce qu’elle lui écrivait en 1932, inquiète alors de la vie qu’elle menait:
«Ma petite enfant, je souhaite que tu en aies fini au plus tôt avec les inquiétudes et les préoccupations et que tu organises ta vie d’une manière plus calme et plus raisonnable. Peut-être ne saurais-je pas bien t’expliquer en quoi consiste le bonheur, mais il n’est certainement pas dans le drame, et il y a bien assez de cet élément autour de nous, même quand nous ne le cherchons pas. Je crois que je passerai le restant de mes jours dans une crainte constante de l’imprévu qui nous guette pour nous accabler.»
J’ai passé un bien agréable moment avec cette famille, dont les joies et les peines exprimées dans cette correspondance sont très actuelles  et très proches des préoccupations  mères et filles d’aujourd’hui, sauf que désormais qui écrit encore des lettres manuscrites? 

Marie Curie et ses filles, Lettres, (Pygmalion,  2011, 417 pages) par Hélène Langevin-Joliot et Monique Bordry

lundi 12 septembre 2011

Humeur du jour

Petite journée.
Petite semaine.
Travaux dans la maison.
Grrr!...
Où vais-je lire?
Dans la voiture?
Il pleut.
Il fait gris.
Tout est riquiqui.
Hop!  Un tour sur les blogs.
Tablette bien en main.
Elle me suit partout.
"Ni vue, ni connue,
Le temps d'un sein nu
Entre deux chemises"
Qui l'a dit?
Rimbaud  ou Musset?
A contrôler
Si quelqu'un peut m'aider!
Sinon, je vais y penser
Toute la sainte journée!

dimanche 11 septembre 2011

Modes du XXe siècle, les années folles, Eve Bertero - Sophie George


Grâce à ce livre,  j’ai découvert  une très jolie collection sur la mode à travers le temps,  depuis l’Egypte antique jusqu’au Streetwear actuel. 

Ce qui me frappe tout d'abord et qui m'a tout de suite séduite c'est la gaieté qui se dégage de ces pages très aérées et très structurées avec un bon équilibre entre l'image et le texte en face, peu encombrant, genre résumé. Le parti-pris était de montrer des dessins très colorés de femmes à la mode plutôt que des photos en noir et blanc. L'ensemble est très sympathique

Il a fallu quatre années de guerre et l'apparition des premières automobiles pour émanciper la femme et son costume qui  s'allège grâce au remplacement du terrible corset par la gaine plus légère et le soutien-gorge qui n'est qu'un simple bandeau tout d'abord pour écraser la poitrine que l'on veut plate. La plupart des femmes se servent d'ailleurs de bandes Velpeau.. Ce n'est qu'en 1931 que la maison  américaine Warner commercialise le modèle à deux bonnets. 


Les années folles, c'est aussi le début de la femme sportive, toujours en mouvement et les robes  deviennent kinétiques, c'était le mot à la mode. Le plissé s'impose sous toutes ses formes, plat, mille-feuilles, Fortuny.  
Enfin Paul Poiret et Coco Chanel lancent la maille, le jersey et le tricot. Sobriété, souplesse et praticité deviennent les maîtres mots des garde-robes. 

Le travail du biais, les origamis, l'art déco, les chinoiseries, les robes-kimono, les réticules, les chapeaux-cloches caractérisent cette époque qui est aussi celle de l'âge d'or de la joaillerie avec les maisons  Cartier,  Mauboussin et  Boucheron. 
Quant à la Haute-Couture,les nouveaux noms sont Chanel, Vionnet,  Schiaparelli

Le dynamisme de cette mode se ressent dans ce livre très soigné et très didactique.  
Que penser cependant de quelques petites surprises ici et là du genre:  "Tout au long des quatre années de guerre qui viennent de s'écouler, les femmes occidentales ont tenu les rennes de leur foyer" Les malheureuses: où ont-elles donc  été chercher ces animaux et pourquoi?
Challenge de Irrégulière
Modes du XXe siècle, les années folles,  Eve Bertero - Sophie George  (éditions Falbalas, 2009, 77 pages) 

Sans domicile fixe de Clementina Suarez. Dimanche poétique.

Les poètes partout nous parlent "dans une langue inconnue, mais pas étrangère."


Sans domicile fixe

Je vais
Je viens,
Et puis je pense.

Que ce soit
Ici ou bien là,
Il n’y a pas
De lieu
Acquis. Ici
Ou là,
Je suis ce que
Les gens appellent
Un étranger.

Et comme un étranger
J’irai et viendrai
Jusqu’à  ce qu’ici
Ou là
Ni moi
Ni personne ne le soit plus.

Clementina Suarez
Poésie hondurienne du XXe siècle
Traduit par Claude Couffon, Patino, 1997
Le tour du monde en 80 poèmes par Yvon Le Men
Portrait de Clementina Suarez , la première femme à avoir été publiée dans son pays.
C'est en cherchant la photo du livre que j'ai trouvé ce site sur la poésie

samedi 10 septembre 2011

Lee Child, L’espoir fait vivre, Une enquête de Jack Reacher

C’était mon premier contact avec cet auteur britannique célèbre, traduit partout,  habitant maintenant à New York et dont c’est le dernier  livre traduit en français avec pour héros le même Jack Reacher, un personnage  solitaire, ancien officier hanté par son passé,  détaché de tout et dont le seul but  désormais est de traverser les Etats-Unis en diagonale, en marchant,  sans attache, sans téléphone, sans carte de crédit, sans autre bagage que ses armes. 
Arrivé devant les Rocheuses, il est arrêté par une ville bien étrange et désespérante, celle de Despair où d’emblée tous les habitants se montrent hostiles à sa présence. Il retourne donc à Hope, la ville voisine bien plus accueillante où  il ne tarde pas à s’allier avec Vaughan,  une jeune policière qu’il aime bien et qui va l’aider sauf qu’elle ne veut pas franchir la frontière qui sépare les deux villes : la route est belle du côté de Hope, horrible dès qu’on arrive à Despair. Naturellement Jack Reacher n’a plus qu’une idée en tête : découvrir le secret de cette ville si fermée et dont l’unique usine est dirigée par une seule personne toute puissante. 
Ce dont je me souviendrai surtout, c’est de ces nombreux et dangereux va et vient du héros entre ces deux villes ; d’un côté la paix, les conversations, la bonne compagnie, l’amour même,  de l’autre, la fermeture, le silence, les menaces,  l’hostilité avant les crimes. Le secret! 
Ai-je aimé ? Non ! Pas du tout, sauf les premières pages, prometteuses. Ensuite, je me suis ennuyée. Trop long, trop répétitif, trop terne, trop, trop, trop, et pas assez  de peps, de surprise, de piquant… C’est lourd, lourd, lourd. J’ai sauté plein de pages à la fin. Je regrette.
Lee Child,  L’espoir fait vivre, Une enquête de Jack Reacher (Seuil Policiers,  2011,  578 pages)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-François Le Ruyet .

vendredi 9 septembre 2011

"Guerre et Paix" en lecture intégrale en direct ce week end, La Tolstoïade


Ce soir dès 21 heures et demain toute la journée et dimanche encore, je suivrai de temps en temps la fameuse Tolstoïade  organisée par la Mairie d'Angers. 

De quoi s'agit-il?  De rien de moins que de la lecture non stop des  1700 pages de Guerre et Paix par  200 lecteurs bénévoles différents. 
Si comme moi cet évènement vous intrigue et vous intéresse, voici les sites  où se rendre: ICI, ICI

"Les grandes oeuvres d’art ne sont grandes que parce qu’elles sont accessibles et compréhensibles à tous" (Tolstoï)

Prix de Flore 2011, première sélection

Pour mémoire, ce prix a été créé en 1994  par Beigbeder. Voici ce qui en était dit alors:
«Le jury se distingue par son indépendance, sa liberté, son insolence. C’est au mois de novembre que le Prix est remis lors d’une soirée au café de Flore. Mr Miroslav Siljegovic, président d’honneur, remet au lauréat un chèque de 6100 euros ainsi qu’un verre de Pouilly gravé à son nom, à consommer sans modération durant une année au Flore.»

Julien Blanc-Gras, Touriste (Au Diable Vauvert)
Marien Defalvard, Du temps qu’on existait (Grasset)
Alain Guyard, La zonzon (Le Dilettante)
Stéphane Hoffmann, Les autos tamponneuses (Albin Michel)
Titiou Lecoq, Les morues (Au diable Vauvert)
Patrice Lelorain, Revenants (La Table Ronde)
Jérôme Leroy, Le bloc (Gallimard, à paraître le 6 octobre)
Edouard Limonov, Journal d’un raté (Albin Michel)
Olivier Maulin, Les lumières du ciel (Balland)
Vanessa Schneider, Le pacte des vierges (Stock) (deux  femmes choisies)
(Source:News Book)

Livres primés les années précédentes:
2010   Abdellah Taïa   Le jour du roi (Seuil)
2009   Simon Liberati   L'hyper Justine (Flammarion)
2008   Tristan Garcia   La meilleure part des hommes (Gallimard)
2007   Amélie Nothomb   Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel)
2006   Christine Angot   Rendez-vous (Flammarion)
2005   Joy Sorman   Boys, boys, boys (Gallimard)
2004   Bruce Benderson   Autobiographie érotique (Rivages)
2003   Pierre Mérot   Mammifères (Flammarion)
2002   Grégoire Bouillier   Rapport sur moi (Allia)
2001   Christophe Donner   L'Empire de la morale (Grasset)
2000   Nicolas Rey   Mémoire courte (Au Diable Vauvert)
1999   Guillaume Dustan   Nicolas Pages (Balland)
1998   Virginie Despentes   Les jolies choses (Grasset)
1997   Philippe Jaenada   Le chameau sauvage (Julliard)
1996   Michel Houellebecq   Le Sens du Combat (Flammarion)
1995   Jacques A. Bertrand   Le Pas du Loup (Julliard)
1994   Vincent Ravalec   Cantique de la Racaille (Flammarion)
(Photos de Rita Crane)

Joanne HARRIS - Classe à part


A treize ans,  un adolescent a réussi à fréquenter quotidiennement un collège qui n’est pas le sien sans jamais se faire découvrir. Il se fait appeler Julien Dutoc.  Son père est le gardien  de Saint Oswald, une  école anglaise de style traditionnel pour enfants de riches où les professeurs portent encore des toges  mais lui, le fils, c’est au collège pour pauvres qu’il est inscrit,  à Sunny Bank Park «où il était évident que ceux qui aimaient la lecture étaient des victimes toutes trouvées.» Justement étant petit, malingre, timide et bon lecteur, il est le souffre-douleur de sa classe. Il est aussi seul avec son père  qui s’est mis à boire depuis l’abandon de sa femme partie en France avec un amant. Rien de plus facile pour lui que de s’emparer des clés,  de voler un uniforme et de se glisser incognito dans tous les couloirs et même la nuit sur les toits de cet établissement qui n’a bientôt plus de secrets pour lui. Il y fait la connaissance de Léon, qui deviendra son grand ami jusqu’au jour où…Impossible d’en dire plus.    
Le titre anglais est plus explicite : «Gentlemen and Players».  Le récit  est en effet traité comme un grand jeu d’échecs où le collège  Saint-Oswald  est l’échiquier sur lequel  s’affrontent deux narrateurs, acteurs et témoins tour à tour d’un grand jeu de la vengeance, le temps d’un  premier trimestre bien mouvementé, quinze ans après ce début.
 A Saint-Oswald, une nouvelle rentrée a eu lieu. Professeurs et élèves ont fait connaissance et trois nouveaux enseignants vont devoir trouver leur place dans cet endroit mythique alourdi de  traditions tout en  imposant les nouvelles technologies. Parmi eux, Keane, «un romancier en herbe» de vingt-sept ans qui ne cesse de prendre des notes: c’est le premier narrateur,  le  pion noir. L’autre le joueur-narrateur blanc, c’est Roy Straitley, le plus vieux professeur, celui de la «classe à part», à la veille de sa retraite, le professeur de latin, très aimé de ses élèves mais beaucoup moins de la nouvelle direction décidée à rajeunir les méthodes d’enseignement. 
Très vite des évènements  troublants surviennent, bouleversant l’atmosphère du collège et s’amplifiant, vols, coups, injures, dénonciations, meurtres. 
Un esprit malveillant se venge : l’élève Julien Dutoc, devenu professeur, a réussi  à se faire nommer dans le collège de tous ses malheurs mais  qui est-il et que veut-il exactement  et surtout jusqu’où ira-t-il ?  
J’ai beaucoup aimé ce roman conçu de façon magistrale. J’en sors émerveillée par sa composition très habile et la maîtrise de l’auteur pour gérer tant de personnages sans que son lecteur s’y perde. J’ai douté jusqu’au bout de l’histoire et je me suis bien trompée alors même que je croyais avoir tout compris!
Ma prochaine lecture de cette romancière, déjà dans ma PAL sera  Chocolat et j’espère avoir l’occasion de voir aussi le film.  
«Quand le vieux gentleman quitte la blanche ligne
Qui pourrait affirmer s’il l’a vraiment quittée?» (en exergue)
«Si j’ai appris quelque chose au cours de ces quinze dernières années, c’est bien ceci : commettre un meurtre, ce n’est pas si grave que ça.» (Première phrase) 
Joanne HARRIS - Classe à part (Flammarion, 2006, 458 pages) Traduit de l’anglais par Jeannette Short-Payen. Titre original : Gentlemen and Players
Voir  aussi: Dominique, qui l'a aimé et Emilie
Challenge de Kathel: Angleterre

jeudi 8 septembre 2011

"Demain est un autre jour" - Margaret Mitchell

Il s'agit de la dernière réplique de Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent   : "Tara! Home. I'll go home. And I'll think of some way to get him back. After all... tomorrow is another day." traduit de cette façon par Pierre-François Caillé (Quarto Gallimard, 1938):
"Je penserai à cela demain, à Tara. pour le moment, je n'en ai pas le courage. demain, je chercherai un moyen de ramener Rhett. En somme, à un jour près..."
Mille fois mieux la traduction littérale: Demain est un autre jour. 
Margaret Mitchell aurait pensé donner ce titre à son roman dans un premier temps puis elle  lui a préféré l'actuel et définitif:
"Autant en emporte le vent." Ouf!
"Avec l'énergie de ceux de sa race, qui ne s'avouent jamais vaincus,même lorsque la défaite les regarde en face,Scarlett releva le menton. Elle ramènerait Rhett à elle. Elle savait qu'elle y parviendrait. Nul homme ne lui avait jamais résisté, lorsqu'elle s'était mise en tête de faire sa conquête." (Dernières lignes) 

mercredi 7 septembre 2011

Les BD estivales du mercredi, juillet - août 2011



Qui peut dire que les deux mois d'été sont toujours des mois de flemmardise? 
Pas pour les lecteurs/blogueurs des BD du mercredi en tout cas 
qui sont restés fidèles aux rendez-vous hebdomadaires pour la plupart. 
Farniente peut-être, sans doute, probablement, j'espère, 
mais l'appel des BD est resté  le plus fort 
 et la plupart de ceux qui étaient 
au loin, ailleurs, en voyage,   
avaient  programmé leurs billets auparavant. 
si bien que ce sont 
147 billets 
qui ont été publiés durant ces deux mois d'été. 
J'espère n'avoir oublié personne.
Merci à tous encore une fois 
et  particulièrement à ceux et à celles qui ont rejoint le groupe ces dernières semaines! 
Nous sommes désormais une quarantaine!
Il n'est jamais trop tard pour rejoindre le groupe 
Il suffit de publier son billet BD un mercredi,au rythme que l'on veut.
Et c'est reparti pour de nouvelles belles découvertes et de nouveaux échanges! 

BD du mercredi 6 juillet 2011
Les Princesses vont aussi au petit coin, de Chabouté, par Wens
Asterios-Polyp, David Mazzuchelli, par Vero
L'affaire du Trompnoptère, Eddie Campbell, par Soukee
Anguille et baldaquin, Valentin Seiche, par Emmyne
Elinor Jones 2, Le bal du printemps, Aurore, Algésiras, par Sara
Appelle-moi Ferdinand, Durieux, Bourhis, Bouty, par Choco
Le mangeur d'histoires de Fabrice Lebeault de Yvan
La Montespan de Jean Teulé et François Bertrand par Kikine
L'ïle au poulailler 1, 2, Laureline Mattiussi par Theoma
La rue des autres de Violaine Leroy par Yoshi73
Les funérailles de Luce, Springer, par Mo'
Le perroquet des Batignolles T1, L'énigmatique Monsieur Schutz,T2 de Stanislas, Nouju, Tardi, par Jérôme
Monster, Naoki Urasawa, par Yaneck
Déesse blanche, déesse noire de Servais par Pascale
Le Marquis d'Anaon, T1, L'île de Batz, Vehlmann, Bonhomme, par Mango
BD du mercredi 13 juillet 2011
Calvin et Hobbes, 1 , Adieu monde cruel, Bill Watterson, par Manu
Zizi, Zézette, Zistoir Lamour,Luc Chevallier, Téhem, par Noukette
Julia & Roem, Enki Bilal, par Wens
Tony Chu, Détective cannibale,1 Goût décès, John Layman, Rob Guillory par Arsenul
Appelle-moi Ferdinand, Bourhis, Durieux, par Delphine
My Way, T1,Ji Di par Sara
La guerre des Sambres Hugo et Iris, T1, Le mariage d'Hugo,Livre 1 Yslaire et Balac par Kikine
Nanja Monja, T1, Shizuka Ito, Pa Lire pour le plaisir
Les larmes de l'assassin de Thierry Murat par Vero
Déesse blanche, déesse noire, T2, Servais Jean-Claude, par Pascale
Les Mauvaises humeurs de James et la tête X, présentée par Yvan
Schtroumpfissime, Peyo, Hugues Payet, par Jérôme
Question de dessin, Edmond Baudoin, par Theoma
Le sourire du clown, T3, Brunwchwig, Him, par Yaneck
Femmes de réconfort, esclaves sexuelles de l'armée japonaise de Jung Kyung-a par Mango
BD du mercredi 20 juillet 2011
Mademoiselle Else de Manuele Fior par Arsenul
Lune de Guerre, Hermann, Van Hamme, par Noukette
Clues de Mara, T1, par Dolly
Rosalie Blum, T1, 2, 3, de Camille Jourdy par Maël Lasardine Lastennet
Judge de Yoshiki Tonagai par Val
L'accablante apthie des Dimanches à Rosbif, de Vassant et Larher par Delphine
Missy de Rivière et Paluku par Yvan
Marsupilami T24: Opération Attila, de Batem , Colman , par Lire pour le plaisir
Zombéllinium, T1, de Arthur des Pins par Theoma
La vie de Norman, T1 de Stan Sticas par Wens
Minik de Marazano par Choco
Sorcières de Chabouté par Pascale
Tout seul de Chabouté par Yaneck
Le Journal de mon père , Jirô Taniguchi, par Kikine
Les Schtroumpfs T9,Peyo, Delport par Jérôme
Zoé de Chabouté par Mango
BD du mercredi 27 juillet 2011
Souvenirs d'un Elficologue,T2,Gloris, Bordier, Lacroix par Hilde
Au nom du fils, Belin, Perrotin par Marguerite
Voyage aux îles de la désolation par Choco
Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh par Val
The autobiography of me too de Bouzard par Maël Lasardine
Quelques jours ensemble de Montgermont et Alcante par Yvan
Purgatoire de Chabouté par Sara
La fille du professeur de Guibert et Sfar par Kikine
Caktus, T1 de Pothier, Pilet par Lire pour le plaisir
Mes hommes de lettres de Catherine Meurisse par Pascale
Freaks agency de François Baranger par Lystig
Les larmes de l'assassin de Thierry Murat pat Theoma
La croisières des oubliés, Christin, Bilal par Wens
Alex Clément est mort, Lepape, Rieu par Yaneck
Les enquêtes de Margot, T1,Marin, Van der Zuiden par Jérôme
Les enfants du Capitaine Grant, Jules Verne, Alexis Nesme par Mango
BD du mercredi 3 août 2011
Chi, une vie de chat de Konami Kanata par Estellecalim
Frontière, 1,2,3,4, de Rodolphe et Martial par Lystig
Inès de Dauvillier et D'Aviau par Choco
Judge,1 de Yoshiki Tonogai par Sara
L'homme perdu dans le brouillard de Ramuz et Berthod par Moka
La guerre des Sambre de Hugo et Iris par Kikine
La permutation (Errata), de William Henne Par Maël,La Ronde des Post-it
Le tueur,1, Long Feu de Jacamon et Matz par Noukette
Les Technopères , 1, de Jodorowsky,Janjetov, Beltran par Margotte
Princesse Sara, 1, de Alwett et Moretti
Rides de Paco Roca par Yvan
Sur les quais, de Von Linthout, Rodolphe, Schulberg par Wens
The Unwritten, 1, de Carrey et Gross par Yaneck
Un Américain en balade de Craig Thompson par Theoma
West de Dorisson et Nury par Arsenul
XXe ciel, 1, de Yslaire par Mango
BD du mercredi  10 août 2011
Aya de Yopougon de Abouet et Oubrerie
Chute de vélo de Etienne Davodeau par Maël La Sardine Lastennet
De briques et de sang, Hautière et François par Moka
Exposition Toppi à Thiers par Choco
La Boîte noire de Ferrandez et Benacquista par Benacquista
La guerre des Sambre, Hugo et Iris, 3, I, Yslaire, Bastide, Mezil par Kikine
La vie de Norman, 1 de Stan Silas par Sara
Les récits Grand Large, Arthur Rimbaud Collectif par Pascale
Lilas de Yvan Pommaux par Margotte
Lystig par lystig
Malika Secouss, T1, Rêves partis de Tehem par Noukette
Manuel du puceau. retour au collège, Riad Sattouf par Theoma
Rural d'Etienne Davodeau par Yvan
Soupe froide de Charles Masson par Yaneck
Un Dieu mineur de Toppi par Mango
Vieille bruyère et bas de soie, T2 Murder party de Etienne Willem par Manu
BD du mercredi 17 août 2011
Apnée de Zviane par Arsenul
Blacksad, L'Enfer,le silence, Diaz, Canales, Guarnido par Kikine
Calvin et Hobbes de Bill Watterson par Estellecalim
De cape et de crocs ,Le secret du janissaire,Ayroles et Masbou par Moka
Des lendemains sans nuage,Vehlmann,Gazzotti, Devillers par Yaneck
Elle ne pleure pas, elle chante, Corbeyran, Murat par Choco
L'archer vert de Edward Wallace par Lystig
L'invitation,de Jim et Dominique Mermoux par Theoma
La Marie en plastique de Prudhomme et Rabaté par Mango
Lou T4,Idylles de Julien Neel par Sara
Magi, The labyrinth of magic, T1, Ohtaka et Kurokawa par Lire pour le plaisir
Quintett,premier mouvement,L'histoire de Dora Mars, Giroud et Bonin par Noukette
Seton, le roi des loups de Taniguchi par Yvan
Zarla 13,L'enfant piège,Guilhem, Janssens, Cesano par Jérôme
BD du mercredi 24 août 2011
Billy Wild,Céka, Griffon par Mo'
Blacksad, T1 Diaz Canales, Guarnigo par Mango
Charly,Magda, Lapière par 32 octobre
Fraternity, Diaz Casales, Munera par Arsenul
Garfield, Les yeux plus gros que le ventre, Jim Davis par Manu
Groenland Manhattan, Chloé Cruchaudet par Choco
La découverte de l'Amérique , Geronimo Stilton par Lire pour le plaisir
La quête du Graal, 1,2,3, Debois, Bileau par Lystig
Le combat ordinaire, T3, Manu Larcenet par Maël la sardine
Le journal de mon père, Jiro Taniguchi par Soukee
Les vacances de Jésuset Boudha, T1, Hikaru Nakamura par Sara
Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, Regnaud, Bravo par Noukette
Magasin sexuel,T1 Turf par Jérôme
Mon dernier séjour au Vietnam, Will Eisner par Emmyne
Petit Polio, T1,Semaine soleil,Farid Boudjellal par Yaneck
Powa-Aurore,T2 Ben Fiquet par Kikine
Quartier lointain,Jirô Taniguchi par Yoshi73
Smart Monkey, Winshluss par Yvan
Tintin, Le secret de la licorne, Hergé par Dolly
BD du mercredi 31 août 2011
Animal'z de Enki Bilal par Margotte
Blues46, Eric Stalner, Laurent Moënard par Herisson08
De l'autre côté de Simon Schwartz par Delphine
Face cachée , Runberg, Martin par Mango
Gaston Gaffe au neveu de Leturgie, Marsu par Lire pour le plaisir
Je ne mourrai pas gibier de Alfred par Soukee
Joséphine (T3),Joséphine change de camp de Pénélopre Bagieu par Sara
L'histoire du corbac aux baskets de Fred par Mo'
La guerre des Sambre, T1,2,3, Yslaire, Bastide, Mezil, par Dolly
La parenthèse de Elodie Durand par Yaneck
Lady Elza T1 de Dufaux et Wurm par Benjamin
Le combat ordinaire de Manu Larcenet par La Ronde-des-Post-it
Le signe de la lune de Bonet et Munuera par noukette
Les larmes de l'assassin de Thierry Murat par Choco
Les personnages de Tinitin dans l'Histoire par Wens
Polina de Bastien Vivès par Theoma
Radisson 2 Mission à Onondaga de Bérubé par Kikine
Scalped de Aaron et Guéra par M.Zombi
Solanin T2,Inio Asano, par Yvan
Tea Party de Nancy Pena par Manu
Une nuit de pleine lune de Hermann et Yves H. par Jérôme