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lundi 22 septembre 2014

Quand tout est déjà arrivé, Julian Barnes

Julian Barnes «Quand tout déjà est arrivé» , «Levels of  Life»,  livre choisi pour avoir déjà aimé «Le perroquet de Flaubert» et après l’achat en Poche de «Une fille,  qui danse». 

Je ne connaissais pas le sujet du livre  et  comme Cuné,  ayant survolé la présentation de l’éditeur et n’en ayant retenu que des histoires  d’envols en  ballons  ou en montgolfières et de célébrités telles que Nadar et Sarah Bernhardt, je ne m’attendais pas  à éprouver  un si grand coup de cœur en le terminant.
Ma lecture est allée crescendo.
 Au début il ne s’agissait encore  que d’un intérêt souriant et  quelque peu narquois, quoique parfois attendri et admiratif dans les deux premières parties,  évoquant l’éternel désir  que  l’homme  a manifesté pour  ce que Barnes appelle  «Le péché d’élévation» ou l’ambition de monter toujours plus haut, que ce soit dans les airs ou dans le savoir, l’art, les sciences,  l’amour,  au risque de retomber toujours plus bas,  à moins de se contenter de rester «A hauteur d’homme» et de sombrer parmi la cohorte des amants oubliés de la divine Sarah, comme le fut Fred  Burnaby, un intime du Prince de Galles, grand voyageur  en contrées lointaines et exotiques.
Nous vivons à ras de terre, à hauteur d’homme, et pourtant – et par conséquent- nous aspirons à nous élever. Créatures terrestres, nous pouvons parfois nous élever jusqu’aux dieux. Certains s’élèvent au moyen de l’art; d’autres, de la religion; la plupart,  de l’amour. Mais lorsqu’on s’envole, on peut aussi s’écraser. Il y a peu d’atterrissage en douceur. On peut rebondir sur le sol assez violemment pour se casser une jambe, entraîné vers quelque voie ferrée étrangère. Chaque histoire d’amour est une histoire de chagrin potentielle. Sinon sur le moment, alors plus tard. Sinon pour l’un, alors pour l’autre. Parfois pour les deux.

Alors pourquoi aspirons-nous constamment à l’amour ?
Parce que l’amour est le point de rencontre entre la vérité et la magie. Vérité, comme en photographie; magie, comme en aéronautique.
 Mais si la lecture des deux premières parties m’a  très agréablement surprise, la dernière, «La perte de profondeur» m’a autrement touchée et émue. Cette fois le récit aborde un tout autre registre avec la biographie de l’auteur, l’amour conjugal, le deuil brutal et trop  vite arrivé, la tentation du suicide, l’amertume et la colère  pour les réactions  des intimes, le sens de la vie et tous les grands sujets autour de la perte de l’être aimé. Mes références sur ce thème sont les immenses livres de Joan Didion et de Joyce Carol Oates dont je ne peux me séparer mais les dernières pages de Julian Barnes vont les rejoindre désormais.  Son analyse à lui aussi est inoubliable par sa justesse et sa grande sensibilité.
Dans la jeunesse, le monde se divise sommairement entre ceux qui ont fait l’amour, et les autres. Plus tard, entre ceux qui ont connu l’amour, et les autres. Plus tard encore (…) , il se divise entre ceux qui ont connu le chagrin, et les autres. Ces divisions sont absolues; ce sont des tropiques que nous franchissons.  

Il y a la question du chagrin opposé au deuil. On peut essayer de les différencier en disant que le deuil est un processus; mais ils se chevauchent inévitablement; (…) Le chagrin est vertical – et vertigineux- tandis que le deuil est horizontal; Le chagrin tord les tripes, coupe le souffle, freine l’irrigation sanguine du cerveau; le deuil vous emporte dans une nouvelle direction.
"Trois récits limpides. Sur l'élévation par l'art avec Nadar, par l'amour avec Sarah Bernhardt, et sur la chute, avec le deuil impossible de l'être aimé."(éditeur)

Un livre à conserver près de moi et à relire un jour! 

Aimé par Cuné, Clara, ...

Julian Barnes -  Quand tout est déjà arrivé
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
Titre original : Levels of Life
(Mercure de France, 2014, 128 pages)

Julian Barnes vit à Londres. Auteur de quatorze romans ou recueils de nouvelles, de six essais ou récits, traduits en plus de trente langues, il a reçu en 2011 le David Cohen Prize pour l'ensemble de son oeuvre. Toujours en 2011, son roman Une fille, qui danse (Mercure de France) a été couronné par le prestigieux Man Booker Prize.

dimanche 7 septembre 2014

Une veuve de papier, John Irving,

«Une nuit, alors qu’elle avait quatre ans et dormait sur la couchette inférieure de son lit gigogne, Ruth Cole fut réveillée par le bruit d’un couple en train de faire l’amour, bruit qui provenait de la chambre de ses parents et qui lui parut tout à fait insolite. Elle relevait d’une grippe intestinale; à entendre sa mère faire l’amour, elle crut tout d’abord qu’elle était en train de vomir.»
                                         Ainsi commence ce récit qui finit 650 pages plus tard  dans mon édition de poche. Il est divisé en trois grandes parties,lues tour à tour comme si chacune était  un livre à part.

La première, intitulée «Été 1958»,   raconte l’événement majeur de la vie de Ruth Cole, l’héroïne, qui, à 4 ans, avait déjà perdu ses deux frères plus âgés dans un accident de voiture dont sa mère, Marion, ne réussit jamais à  se remettre et qui l’abandonna cet été-là, la laissant seule avec son père Ted, un écrivain d’ouvrages pour enfants, coureur de jupons,  bien décidé à se séparer de sa femme au point de la pousser dans les bras du jeune Eddie, un étudiant de seize ans qui en tomba fou amoureux d’où la scène d’ouverture du livre.  Marion, cet été-là est  surtout intéressée par les photos de ses frères, très nombreuses, agrandies et placées sur tous les murs de la maison. Elle connaît par cœur l’histoire de chacune tant on lui en a parlé constamment  depuis l’accident. Au départ de sa mère, seuls restent les crochets sur les murs vides et c’est ce qui la troublent le plus.

La seconde partie, «Automne 1990», prouve combien toutes ces disparitions ont eu de l’importance dans la vie de Ruth, devenue écrivain en grande partie pour  retrouver le souvenir de ses frères et à force de repenser aux crochets et aux photos correspondantes. Elle a 36 ans et refuse l’idée de se marier et d’avoir des enfants.  Eddie aussi est devenu écrivain. Il a 48 ans quand  ils se retrouvent à l’occasion d’une lecture publique. Il est toujours amoureux de Marion  qui se serait aussi mise à écrire !
 Ruth, elle, a une vie agitée, entre une  amie, Hannah,  agaçante et dévergondée , un amoureux, Allan et des amants de passage mais c’est  à Amsterdam, en suivant une prostituée  pour les besoins de son futur roman qu’elle vit  une nouvel épisode des plus traumatisants.

La dernière partie, «Automne 1995» , commence comme une enquête policière et la fin m’a surprise, comme toute bonne fin de récit qui se respecte! A lire et à relire! 
                                                                          
John Irving est mon auteur fétiche depuis ma lecture du
 Monde selon Garp, lu et relu avant le blog
Coups de cœur assurés ensuite avec 
Une prière pour Owen,  
L'hôtel Newhampshire
Dernière nuit à Twisted River
et maintenant, plus que jamais avec celui-ci. Heureusement j'ai encore bien d'autres lectures d'Irving qui m'attendent dont un gros pavé à nouveau , déjà dans ma Pal: "A moi seul, bien des personnages"
LC avec Valérie

Une veuve de papier, John Irving
(Points, Poche,  Seuil, 1999, 650 pages)
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun
A Widow For One Year, 1998)

Ce sera ma participation au challenge de Brize, Le Pavé de l'été 2014

vendredi 27 août 2010

Re Nothomb

Le seul livre de la rentrée que j'ai eu le temps et l'occasion de lire pour l'instant  est celui d'Amélie Nothomb: "Une forme de vie",  ici

Je viens de lire son interview ce matin dans l'express et me suis régalée!
Edit du 28:  Encore mieux, chez Margotte on peut l'écouter!

Amélie, je l'aime avec ses outrances et sa constance aussi!
 Elle vaut pour moi toutes les Miss France et les Miss Univers si formatées qu'on les distingue à peine l'une de l'autre  et les chanteuses à succès à la mode de l'année et les stars de cinéma américaines et toutes ces jolies filles qu'on voit à longueur de pages dans les magazines people, dans les pubs de télé, dans les couloirs du métro  ou sur les murs des grandes villes. 

Au moins, elle ne ressemble à personne et elle assume ses excentricités avec panache,  la preuve ses chapeaux! Ridicules? Mais non, seulement son signe de ralliement! 


Elle m'amuse et m'intéresse toujours quand elle passe à la télé mais on ne l'y voit pas très souvent: car qui s'intéresse encore aux créateurs dans ce monde de commerçants capables de vendre tout et  n'importe quoi?
J'aimerais vivre dans un monde qui glorifie les écrivains, les peintres, les compositeurs, tous les artistes  plutôt que les financiers musclés  et les tailles mannequins standardisées uniquement! 

Question: Faut-il aussi être jeunes  et belles pour devenir une femme auteur célèbre? 

Moi je dis: vive Amélie et ses chapeaux!  Vive les femmes écrivains de toutes sortes, jeunes ou vieilles, belles ou moches, petites ou grandes, minces ou grosses,  pourvu que leurs livres me touchent! Vive la Belgique!



Et pour finir Amélie au Musée Grévin.

jeudi 26 août 2010

Mon photographe préféré: Jacques-Henri Lartigue


C'est grâce à un petit album de  photographies de Jacques-Henri Lartigue  (1894-1986)  que j'ai connu ce photographe qui reste depuis mon préféré
Je m'étais alors plongée dans la lecture de Proust  dont.je lisais  un volume  chaque été et ces instantanés évoquaient bien cette époque du début du XXe siècle.
Ce sont des photos prises par un jeune enfant ou un adolescent qui faisaient partie de l' album de sa  famille et que le photographe n'a montré que vers la fin de sa vie, en 1962, pour une exposition au Musée d'Art Moderne de New York
C'est en 1901, à sept ans que son père lui offre son premier appareil photographique
A vingt ans, il avait pris déjà environ 20000 photographies et il a continué jusqu"à sa mort , à 92 ans!
Ce qui fait son charme c'est son émerveillement constant devant le quotidien.
On le voit ici dans un entretien avec un journaliste  http://archives.tsr.ch/player/personnalite-lartigue

J'aime particulièrement ces trois silhouettes de  femmes  aux courses des Drags, à Auteuil, en 1910.
Et celle-ci prise Avenue des Acacias, en 1911


Ici, c'est le patinage sur le lac du Bois de Boulogne en décembre 1906


Une autre prise à Biarritz, en 1927


Enfin, la plus ancienne où on le voit avec son premier appareil



Jacques Henri Lartigue
(Delpire-Nouvel observateur, deuxième ouvrage de la collection « Aperture-Delpire », septembre 1976)
Photographie de J-H Lartigue par Jean-Loup Sieff


dimanche 22 août 2010

Facehunter de Yvan Rodic ou la mode de la rue




Livre de photos de la mode des rues 2010.
Théâtre: les métropoles du monde entier!
Yvan Rodic est un photographe blogueur de mode "qui parcourt la planète  pour dénicher sur le vif les looks les plus inattendus, inventifs, avant-gardistes  délirants, glamour."
Une photo par page
Très peu de textes.
Le tout très intéressant!


"Chacun de nous est en train de devenir son propre micro-Etat, son propre directeur artistique et, enfin, véritablement soi-même. Les modes sont mortes! L'exhortation de Nietzsche "Deviens qui tu es " est à présent une réalité.'"


"Je cherche tout sauf le cirque. les gens qui portent des costumes de clowns comme dans FRUITS, ce n'est pas mon truc."
"Je n'ai jamais compris pourquoi les rédac-chefs mode des magazines dépensaient autant de temps et d'argent à faire traverser la moitié du globe à de fades mannequins professionnels pour une séance photo. Leur vie serait bien moins compliquée s'ils travaillaient comme moi: partir dans une grande ville, trouver une beauté naturelle et élégante qui habite au coin de la rue, l'amener dans une aire de jeux pour qu'elle s'amuse sur les toboggans, donner des bonbons aux enfants pour qu'ils déguerpissent, appuyer sur le bouton. Cinq minutes plus tard, c'est fait et vous pouvez aller vous détendre en terrasse."


Facehunter de Yvan Rodic 
(Thames & Hudson)), 2010, 320p.  326 illustrations en couleurs))
Traduit de l'anglais par Gladys Marivat











vendredi 9 avril 2010

Un après-midi avec Kenna, grand photographe.

Connais-tu Kenna ? demandait Chrys dans son journal
Eh bien, non!  Il y a deux heures encore, je ne le connaissais pas et voilà que je ne peux plus m’en passer !
 J’ai passé toute mon après-midi à découvrir cet immense photographe qu’est Michaël Kenna, un anglais né en 1953, vivant aux Etats-Unis et dont la BNF vient d’organiser une exposition..
Regardez : ses photos sont superbes  et si vous voulez, comme moi, en voir toujours plus, allez  sur son site :  Michael KENNA et perdez vous dans ses photos comme je viens de le faire: le temps n'existe plus!











lundi 8 février 2010

Un visage magnifique



Une ride est un pli sur la surface de la peau.
C'est le souffle des ans.
 La beauté du temps.


A quelle héroïne de romans pourrait correspondre ce visage? 
J'opte pour Rose Bustamente, la grand-mère qui a élevé Vera Candida dans "Ce que je sais de Vera Candida" de Véronique Ovaldé. D'accord,disent Val et Gio


La mère de Pearl Buck , je la vois bien comme ça aussi! D'accord pour "La mère" dit Anjelica


Auriez-vous d'autres idées?
 In Cold  Blog propose les personnages des  nouvelles de Joseph Broyden: "Là-haut vers le nord"
Géraldine propose:  "Le fils de l'Himalaya" de Jacques Lanzmann 
ou l'un des personnages du  'Cœur cousu" de Carole Martinez


Photo trouvée sur le blog de Frankierama via celui de CécileQde9