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mercredi 12 novembre 2014

Ainsi soit Benoîte Groult, Catel, ma BD du mercredi


Ce livre est à l'origine l'histoire d'une amitié entre deux femmes de deux générations différentes, l'une romancière et pionnière du féminisme, l'autre dessinatrice et pionnière de la bio-graphique, telle qu'elle la nomme.


Rencontres dans tous les lieux chers à Benoîte, à Hyères, en Bretagne, à Paris, croquis de la famille, de ses trois filles, exploration de presque un siècle de féminisme (Benoîte aura 94 ans en janvier 2014), et retours sur les épisodes les plus marquants de l’histoire personnelle d’une femme engagée : de la famille grande bourgeoise mais libre aux combats les plus célèbres du féminisme, de l’avortement au divorce, de la féminisation des noms de métiers à l’amour qui s’invente au quotidien, de Georges de Caunes à Paul Guimard, de la mer bretonne à la pêche en Irlande, de la presse au roman. (éditeur)

Quelle merveille, cet album graphique, cette biographie dessinée d’une femme  que je connais un peu  grâce à son «Journal à quatre mains» écrit avec sa sœur Flora, et dernièrement avec "Mon évasion",  un livre de souvenirs qui m’avait beaucoup plu également!

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette nouvelle  évocation de sa vie, c’est qu’elle est faite cette fois par une jeune  dessinatrice  très douée, tenace et convaincante qui réussit non seulement à briser (un peu) les préjugés  de son inspiratrice mais qui finit par entretenir avec elle un vrai climat de sympathie et de proximité. Elle ne se contente pas de retracer les moments forts de sa vie mais elle crayonne sans cesse sur le vif les portraits de ceux qui l’entourent et les  maisons et les lieux où vit son modèle

On est toujours à la fois dans le passé  et dans le présent de Benoîte Groult qui se révèle , une fois de plus, une personne très attachante et toujours pleine de projets.

C’est passionnant! Je l’ai lu presque d’une traite, malgré le nombre de pages, désolée de devoir arrêter  ma lecture par moments. De Catel,  j’avais déjà lu les deux albums précédents: Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges mais celui –ci est encore meilleur, je trouve, plus spontané et plus personnel.  Un vrai chef d’œuvre ! 

Photo  de Benoîte Groult  en Bretagne, chez elle, à Doëlan, Clohars-Carnoët (Finistère-Sud) (O.F.)

Je me suis mise à la bande dessinée très tard dans ma vie - ce n'est pas vraiment de mon âge! 
Mais j'avais ressenti le coup de foudre de l'amitié dès ma première rencontre avec Catel Muller et je venais de lire d'une seule traite Kiki de Montparnasse, dont les personnages (peintres et écrivains pour la plupart) avaient été les amis de mes parents du temps où ils fréquentaient Montparnasse.  (Préface de Benoîte Groult)


A lire aussi, entre autres, les billets de  Canel,  Mior,   Cuné,  Theoma,  Cathulu,

Ainsi soit Benoîte Groult,  Catel, ma BD du mercredi
(Bernard Grasset, octobre 2013, 336 p.)

Top BD de Yaneck: 19,5/20 



Participants de ce mercredi :

Marguerite: La guerre des Lulus(1914), Hautière et Hardoc
Cuné: Skim, Jullian et Mariko Tamaki
Mo: Achevé d'imprimer, Mau, Mabesoone
Stephie: 520 kms/ Un été en apnée, Max de Radiguès
OliV': Les voleurs de Carthage, T2, Appollo, Tanquerelle
Jérôme: Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien Toulmé
Cristie: La fantaisie des Dieux, Rwanda 1994, Hippolyte, Patrick de Saint-Exupéry
Sandrine: Un petit livre oublié sur un banc, Jin, Mig
Yaneck: Superman identité secrète, Kurt Busiek, Stuart Immonen
Noukette: Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien Toulmé
Delphine: Délices, ma vie en cuisine, Lucy Knisley
Faelys: 273 amis, Cép, Edith Chambon
Cajou: Cœur de pierre, Gauthier, Almanza
Yvan: Merci, Zidrou, Monin
Maël: Boule à zéro, T1, Ernst, Zidrou
Bouma: La guerre des Lulus, 1/2, Hautière, Hardoc

dimanche 6 avril 2014

Loving Frank par Nancy Horan, Lecture commune


Je termine ce livre  bouleversée après être passée par toute la gamme possible des réactions d’une lectrice lambda qui, tout en connaissant l’architecte Frank Lloyd Wright et ses belles réalisations, ignorait tout de sa vie privée. Autant dire que  je suis passée par bien des émotions  durant la lecture de ces 540 pages (Buchet/Chastel éd.). Tout d’abord, j’ai failli abandonner dès la première partie  tellement l’histoire de l’infidélité du couple Frank Lloyd Wright et Mamah  Borthwick Chesney, chacun marié de son côté avec 9 enfants à eux deux, me semblait convenue et  désormais banale mais l’intérêt est venu dès leur fuite en Europe et s’est accru avec la rencontre entre Mamah et la féministe suédoise  Ellen Key  dont elle voulait devenir la traductrice au point de ne pas suivre son  amant lors de son retour en Amérique. Quant à la troisième partie,  le divorce de Mamah  et les retrouvailles avec ses enfants, la construction de Taliesin, leur maison commune à elle et  Frank mais près de la famille de celui-ci et la fin surtout, je l’ai trouvée d’une grande intensité dramatique. J’ai avalé ce récit, le cœur battant,  d’autant plus que je savais l’histoire  vraie  puisque,  comme journaliste, la romancière avait fait de sérieuses recherches avant de se lancer dans son récit.
La grandeur de ce roman tient avant tout pour moi au fait que ce ne soit pas une simple histoire d’amour contrarié, violemment rejeté par la société et la presse de l’époque mais c’est surtout l’évocation plus ample de la difficulté d’être une femme libre en ces premières années du XXe siècle qui est au centre du récit.

J’ai longtemps été partagée  entre deux sentiments contradictoires: le rejet et l’agacement devant la légèreté des personnages quant à l’abandon de leurs enfants. Ceux de Mamah n’avaient alors que deux et sept ans si je me souviens bien. Pour moi, il n’y a rien à faire, excuser un tel comportement m’est difficile. D’un autre côté j’ai admiré la prise de position féministe qu’elle a adoptée par la suite et son courage  pour affronter tous les moments de détresse éprouvés au cours des nombreuses épreuves   vécues dans la solitude la plus complète. Le personnage de Frank Lloyd Wright ne sort d’ailleurs  pas grandi de cette histoire  me semble-t-il. Je l’ai ressenti comme trop  égoïste et léger  pour être attachant. Ceci dit, j’ai beaucoup aimé ce livre et je vais poursuivre avec quelques recherches sur  ces personnalités  remarquables mais fragiles aux destins si tragiques . 

C'est une lecture commune avec Enna  , Jules, Sylire et Sophie/Vicim  

Loving Frank par Nancy Horan
(Buchet-Chastel, Traduit de l'américain par Virginie Buhl 2007/2009, 540 p)


lundi 3 mars 2014

Contrecoup, Rachel Cusk

« Mon  mari et moi nous sommes séparés il y a peu, et en quelques semaines, la vie que nous avions construite a été brisée, tel un puzzle réduit à un tas de pièces aux formes irrégulières. »
Quand j’ai lu cette première phrase du livre, j’ai cru à un roman sur un couple qui vient de se  séparer mais non, pas tout à fait!  Il s’agit surtout d’un livre de réflexions autour de la situation d’une  femme et de ses deux  filles après son divorce. Est-ce autobiographique?  Peut-être car elle est écrivain comme l’auteur mais ce n’est jamais vraiment dit si bien que je suis restée dans le doute. Je n’aime pas ce genre d’ambiguïté.
J’ai pu apprécier certains passages comme la comparaison avec Clytemnestre tuant Agamemnon dès son retour pour venger sa fille.  Elle, elle veut garder ses enfants  bien que ce soit son mari qui ait délaissé son métier d’avocat pour les élever. Il la trouve monstrueuse etc.  mais tout reste trop intellectualisé. C’est froid. Je n’ai pas ressenti d’émotion à la lecture de ce qui me semble plus un essai que le récit d’une expérience bien que ce soit sous-jacent.
J’ai aimé la fête de la grand-mère entourée de son importante descendance et la remarque que se fait la féministe, la première divorcée de cette grande famille :
«Ce  n’est pas pour défaire mais pour préserver qu’il faut de la force, car il suffit d’un instant pour que la structure se fissure.»
Elle va mal :
« Je suis une exilée de ma propre histoire. Je n’ai plus de vie. C’est une vie après la mort, le contrecoup. »
Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre bien qu'ayant apprécié le style, rigoureux et précis.
Cependant  je vais poursuivre ma découverte de cette auteure, après avoir bien aimé son interview par François Busnel dans ses "Carnets de Londres".  Arlington Park (2007), Egypt Farm (2008), Les Variations Bradshaw (2010).


Clara a aimé, Antigone également malgré un petit bémol. Pour Cathulu c'est une réflexion nécessaire et le résumé de l'éditeur m'avait alléchée. Le voici:
  "On se rencontre. On s’aime. Parfois, on se sépare. Dans l’intervalle, qu’a-t-on construit ? Les sentiments, les projets, les moments partagés, que deviennent-ils après la rupture ? Pour écrire ce livre, Rachel Cusk a puisé dans son expérience, celle de son divorce. Ni confession impudique, ni fiction pure, ce texte est surtout l’histoire d’une femme, écrivain, féministe, mère de deux filles, qui observe ses propres réactions avec la même acuité qu’elle met en scène les personnages de ses romans.Recréant des scènes quotidiennes vécues ou nourrissant sa réflexion de mythes et de références littéraires, Rachel Cusk analyse le retentissement profond d’une séparation".
 Rachel Cusk, Contrecoup, traduit de l’anglais par Céline Leroy, Editions de l’Olivier, 177 p.

mercredi 30 janvier 2013

Valentine Pitié, André Benn, T 2, Le bras du chapitre, ma BD du mercredi

Benn a raconté la vie de Valentine Pitié en deux parties.  Après le tome 1: La pierre du matin blanc présenté  ici, voici le tome 2 de l'histoire de cette femme intrépide, pionnière des aéronefs: Le bras du chapitre.

De retour du Grand Nord où elle a vécu à la dure  dans une famille inuit, après le décès des ses parents, la jeune Valentine rejoint son oncle dans la maison familiale près de Créteil selon le vœu de sa mère.  Elle arrive au moment où Paris subit la grande inondation de 1910. Son amie Jeanne la retient alors chez elle et  lui présente deux frères, pionniers de l’aviation, Lucien et Emile qui tous deux tombent amoureux d’elle et lui apprennent à conduire qui  une automobile, qui un aéroplane. C’est une femme libre, indépendante et audacieuse qui cependant ne peut ni ne veut oublier  ses expériences passées si difficiles dans un endroit des plus hostiles. 
Elle sera de ces premières femmes libres du tout début du XXéme siècle  dont les exploits agacent  encore plus les hommes  qu ils ne les éblouissent.
C’est une figure très attachante, gaie, énergique, drôle, courageuse. On la suit jusqu’à sa fin… dans les années soixante-dix, toujours à Créteil, après deux mariages et une vie bien remplie. 
Tout va très bien, merveilleusement bien, n’est-ce pas Valentine? 
Un album très agréable à lire, presque autant que le premier, pourtant très différent. Les planches me séduisent toujours beaucoup avec leurs dessins si élégants, précis et séduisants qui évoquent avec joie et légèreté la Belle époque parisienne. 

Valentine PitiéT2,  Le bras du chapitre, André Benn,  Dargaud, 2011, 64 planches, 



Logo BD bleuLogo BD vertLogo BD rougeLogo BD noir


Quelle sombre affiche pour le festival de cette année! Est-ce parce que c'est la crise?  Comme si on pouvait l'oublier! J'aurais préféré des couleurs plus optimistes pour nous la faire un peu  mettre de côté justement! 
Jean Claude Denis a préféré cette image crépusculaire?
Soit! C'est lui le président!
 Il impose son choix. 
Normal après tout!
Qui parmi les blogueurs des mercredis aura la chance d'y aller 
et peut-être de nous écrire un petit  
ou un grand compte-rendu? 

Anne,  Blogaelle, Choco, Chrys, Cristie, Delphine, Didi, Dolly, Emmyne, 

Estellecalim, Hilde, Hélène, Hérisson08, Iluze,  Irrégulière, 


Lou, Lounima,  Lystig,  Mango,  Manu,  Margotte,  Marguerite,  

Marie, Marion, Mathilde, Mélo, MissAlfie, Miss Bouquinaix,  

Moka, Mo, Natiora, Noukette,  OliV', Pascale, 

Paulinelit, Sandrounette, Sara, Sofynet, Soukee, Syl,

Theoma, Un amour de bd,  Valérie, Sophie/Vicim,  Syl, Vero, 

Wens,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 32 octobre,