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mercredi 28 mai 2014

Les Folies Bergère de Porcel et Zidrou, ma BD du mercredi

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J'écris mon billet à 23 heures 15, ce mardi 26 mai 2014.
France 2 diffuse un documentaire poignant sur le débarquement en Normandie et moi je termine la BD de Zidrou et Porcel sur la guerre des Tranchées!
Drôle de coïncidence!
Difficile de me concentrer!
Les deux plus tragiques événements du siècle dernier  absorbés en même temps!
Deux folies absolues.
Deux boucheries!
Impossible d'écrire un résumé cohérent.
Les témoignages sont trop forts et les images trop prenantes.
 Un coup d'œil sur la BD, un autre sur l'écran ... je n'aurai jamais fini ce billet à temps.
Vous me pardonnerez. Je ne peux que recopier le résumé de l'éditeur et certaines phrases qui me paraissent significatives et vous renvoie aux nombreux autres billets déjà publiés sur ce one-shot si réussi .

La guerre 14-18. Les tranchées. Des soldats sont confrontés à la souffrance et à la mort. Considérés comme de la chair à canon par leurs chefs, ils tentent de survivre. Pour défier la mort, les soldats appellent leur compagnie "Les Folies Bergère" et se donnent à chacun un surnom. Dans les tranchées, ils se serrent les coudes. Plaisantent. Dessinent. Gardent espoir. Et se battent. Meurent dans d'atroces souffrances. Se suicident ou perdent la raison. L'un d'eux est condamné au peloton d'exécution et... en réchappe. C'est un miracle. Jusqu'à ce qu'on lui amène sa fillette égarée sur les terres de personne. Le propos est désespéré et les personnages sont tragiques, attachants. Les dialogues vont à l'os et le dessin, réaliste, est très éloquent. (Résumé de l'éditeur)
"A la fin de la guerre - parce que faudra bien qu'elle se termine un jour, hein! - on s'est tous juré d'aller fêter ça aux Folies Bergère, à Paris. C'est pour ça le nom."
"Les Folies Bergères, ça sonne mieux que "La 17ème compagnie d'infanterie". Pas vrai? 
Reste à savoir ce que l’ami Jules Verne aurait pensé de cette guerre … «La science comme levier du progrès»! Tu fabules, Jules! Tu balivernes, Verne! Les canons à longue distance ne servent pas à envoyer les hommes sur la lune comme tu l’as rêvé mais Ad patres.
"Vingt mille lieues sous les mers",  "vingt mille lieues sous les terres", cela aurait fait un bon titre pour un roman du père Jules avec de belles gravures bien proprettes . Le tout relié en cuir par ce bon Monsieur Hetzel. Les gravures, c’est comme les photos, : ça ne transmet pas les odeurs. L’odeur des cadavres, celle de la peur … et cette odeur que vous dégagez quand vous défoncez à coups de crosse le crâne d’un pauvre allemand qui ne vous a rien fait, un gamin, pas même vingt ans…


Autres billets: Yvan,   JViel,  MaëlLaSardine,   Val,  Stephie,  Noukette, OliV,  et j'en oublie plein...
Les Folies Bergère de  Porcel et  Zidrou, ma BD du mercredi

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Participent peut-être ce mercredi 28/05/14:
Anne,  Acro,  Alex,  Angéla Morelli,  Asphodèle,

 Blogaelle, Brize ,   

Carolinedécouvrelemonde,

Choco, littéraires Chroniques, Cléanthe,    

 
Cristie ,   Crokbulle,  Cuné,    Cynthia,  

 Delphine,   Didi, 


Elodie,    Estellecalim, Evalire,   Hilde,    Hélène ,   Hervé,  

  Iluze,   Irrégulière,    Itzamna , 


JViel,   Jérôme,  Julie,   

Khadielit,  Kikine,   La-ronde-des-post-it, Laurie,

Lirepourleplaisir, 

Lorouge, Loo, Lou, Lounima, Lystig,   

Manu,  Margotte,  Marguerite,    Marie,  Mariejuliet, 

Marjorie,  Marion,  MarionPluss, Marilyne,
  
Mathilde, Mélo,  Mlle Alfie,

Miss Bouquinaix,  Moka,    Mo,   ​​M. Zombi,  Natiora,   Neph,  

Noukette,   OliV,  Pascale,  Paulinelit,

 Sandrine,  Sandrine (Mes Promenades),   Sandrounette,   Sara ,

Sophie (des Bavardages),    Sophie Hérisson,  Soukee,  Stephie,   Syl,   Theoma,
Un amour de BD 
Vero,  Yaneck Yoshi73,  Yvan, 

BD du mercredi 28/05/14


Alexandre, L'épopée, T1, Le roi vient de mourir, Chauvel, Le Galli, Java, par Un amour de BD
L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, T3, Le mystère de la femme araignée, Lupano, Salomone, par JViel
Lueur de nuit, Olivier Boiscommun, par Noukette
Le souffle court, Le Lay, Le Houellou, par Marguerite
Les carnets secrets de Guillaume Bianco, T1, Les seins, par OliV
Dillies Blues, saveur Renaud, par Moka
Shelley: La vie amoureuse de Frankenstein , Casanave et Vandermeulen, par Jérôme
Fairy Quest, T1, Les Hors-la-loi, Jenkins, Ramos, par yaneck
Burn out, Ozanam, Sommer, par Yvan
L'arbre aux Pies, Daria Schmitt, par Sandrine (Mes Promenades)
Ekhö, monde miroir, T2, Paris Empire, Arleston, Barbucci, par Soukee
Les ombres du styx: Le maître de l'éternité, Isabelle Dethan, par élodie
Notre mère la guerre, 1, 2, Maël et Kris, par Maël, La-ronde-des-post-it
Mon père ce héron, Jul par Hervé
Les Tchouks, 1, 2, Richard kerascouët, par Hervé
Des canards trop bizarres, Castellucci, Waron, par Hervé

lundi 28 avril 2014

Thierry Cohen, Je n'étais qu'un fou


New York, Upper East Side. Samuel Sanderson est un écrivain célèbre et adulé qui profite de sa notoriété pour séduire ses lectrices… Jusqu’au jour où un curieux message lui arrive sur Facebook: "Je suis toi dans vingt ans. Et je viens t’avertir des drames à venir."
Qui se cache derrière cette mise en garde? Un lecteur dément? Un confrère jaloux? Une femme délaissée? Un proche qui voudrait lui faire changer de vie?
Ou s’agit-il vraiment de son double?
Pris au piège, Samuel part à la recherche de son mystérieux messager. Une quête effrénée et paranoïaque qui le conduira aux frontières de l’amour et de l’impossible.

4 de couv. 


 "Je n'étais qu'un fou.
A la fin de ce roman, je serai mort.
Je suis au terme de mon destin. Un incroyable destin qui, las de chercher un équilibre artificiel entre réalité et mysticisme, entre la vie d'ici et celle d'ailleurs, a décidé de donner au mot "fin" la plénitude de son sens.
Alors, par vanité et souci d'esthétisme, je vais commencer ce texte en vous disant adieu."

Ainsi débute ce gros roman de 363 pages. Si ce n’est pas une bonne accroche, ça,  je ne m’y connais plus.  Tout y est.   En quelques   phrases, la lectrice est conquise … et s’interroge. Voilà une mort annoncée tambours battants,  dès le prologue, celle du héros  narrateur, un  écrivain.   Mort pour cause de  folie?  Une folie furieuse? Est-il  lui-même  victime ou  meurtrier?  Est-il d’ailleurs vraiment mort?

Bon, après 46 chapitres de «Révélations», un autre de  «Confessions»,  suivi de sept autres, très courts d’ «Investigations», voici enfin l’ «Épilogue»,  expédié en trois petites pages.  C’est parfait comme construction. Rien à dire … sauf que, voilà,  mon intérêt est loin d’avoir été constant et j’ai bien failli laisser tomber cette histoire au beau milieu de l’action. Par ennui.  Mon principal reproche? Les dialogues. Toujours des dialogues, Tout est dans les dialogues . C’est lassant à la longue.

Et puis,et puis, parce que, au soupçon de folie, de double, de schizophrénie, d’hérédité, d’alcoolisme, de sexe facile et même de science-fiction, (ouf),  se substitue une nouvelle piste possible, plus classique, j’ai fini par me prendre au jeu et commencé à m’intéresser au sort de ce Samuel Anderson, à sa fille chérie, à son parcours universitaire,  etc, etc.  J’ai dévoré les dernières pages et ce qui ne m’arrive pratiquement jamais, j’ai lu les dernières lignes  pour me rassurer … ou pas d'ailleurs.

Bref, que dire finalement de cette lecture sinon qu’elle a été mouvementée et que je reste perplexe quant à mon jugement? Conseillerais-je ce roman à ma meilleure amie? Non si c’est une lectrice exigeante et aguerrie, oui, comme lecture de plage ou de voyage par exemple. 


Le billet de Keisha

Je n'étais qu'un fou, Thierry Cohen
(Flammarion, avril 2014, 363 p.)

vendredi 25 octobre 2013

Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon

Voici un roman de la rentrée qui divise les blogs:  plusieurs l’encensent, d’autres se sont ennuyés ou se sont sentis agacés en le lisant.  Je fais partie de ce dernier groupe.
C’est le premier livre de D. Bertholon que je lis, je n’avais donc aucun a priori avant de commencer  et n’ayant pas encore pris connaissance des avis de mes blogueuses préférées, j’étais vierge de toute influence.  Il se présentait à la bibliothèque. Je connaissais le nom de l’auteur d’où mon choix.

Ce que j’ai aimé tout d’abord, c’est l’histoire elle-même:  cette opposition constante et sourde des deux sœurs de 24 et 22 ans qui ne peuvent se passer l’une de l’autre en raison de l’événement marquant qui leur est arrivé à 4 et 6 ans et qui les maintient dans un rapport névrotique où la Grande impose sa volonté malsaine et cruelle à la Petite comme pour la protéger et la sortir de son  anorexie, de son enfermement dans sa chambre de bonne qui ne donne que sur un mur aveugle, de sa solitude et de son obsession de la propreté. C’est la Petite qui raconte, elle  dont on ne connaît le  nom qu’à la fin du récit quand un nouvel événement   dramatique surviendra enfin comme une libération, comme le soleil à ses pieds que sont les souliers dorés  de la mère,  ceux  aussi achetés comme on s’offre une victoire, ceux de la couverture du livre…

Alors pourquoi ce manque d’enthousiasme?  Pour deux raisons essentiellement: Les personnages sont tellement opposés  du tout au tout et maintenus d’un bout à l’autre dans cet amour haine qui les enferme que je les ai sentis à la longue comme des sortes de marionnettes, des caricatures. L’écriture elle-même, au bout d’un moment, m’a fortement agacée par l’accumulation de  phrases courtes, de clichés enfantins, justifiés peut-être mais énervants à force de répétitions,  une écriture que j'ai ressentie comme artificielle pour une telle histoire et  à laquelle je n’ai pu adhérer complètement.   

 Les avis de   Sophie Hérisson,   Canelkiwi,  Stephie,    Noukette,  Clara,   Krol ,  Yv,    A bride abattue, 
 L'Insatiable,  Lire et relire, Mon petit chapitre,  et +

Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon, 
Roman, JCLattès,  août 2013, 184 pages

Rentrée 2013 Challenge 1%  Rentrée littéraire 2013

vendredi 7 décembre 2012

Les Adieux de Dan Franck


Mon premier livre de l'auteur.
Un portrait peint par Modigliani sur la couverture.

Le narrateur dont il est question tout au long du roman est peintre avant tout - solitaire- obsessionnel - paranoïaque -  bientôt amoureux fou - d'une Juliette au Jardin du Luxembourg - alors heureux - puis malheureux - vraiment fou furieux, et peintre désespéré - déchaîné - jusqu'à se métamorphoser.  Un vrai changement d'identité.  Il y a de quoi être affolé! 

Voici la présentation de l'éditeur:
Mathias est peintre, mais c'est aussi un grand enfant que tout obsède et effraie. Réfugié dans la peinture qui le protège des agressions du monde, il ne quitte ses pinceaux que pour se rendre chez son marchand de tableaux ou au jardin du Luxembourg. Jusqu'au jour où apparaît Juliette, qui fait naître en lui une passion, un amour fou.Mais pour Mathias, il n'est pas facile de passer à un âge adulte qui trop souvent abolit les rêves. Et les jeux de l'enfance et de l'amour basculent peu à peu dans un drame silencieux, où seule la peinture, à nouveau, lui procurera une part d'absolu.
J'ai plutôt bien aimé car le style, classique et efficace,  est à toute épreuve! Dommage que le héros soit si tordu mais c'est tout le sujet du récit aussi suis-je de mauvaise foi en notant ce qui est loin d'être un détail et qui m'a empêché de me réjouir totalement de ma lecture. J'ai admiré mais pas vraiment  adhéré à l'histoire racontée. Je m'en sentais trop éloignée. Ce Mathias est un artiste  trop tourmenté  et un pauvre petit être d'une trentaine d'années, nettement trop fragile et mal adapté. On voudrait à la fois le bercer et le secouer!  Un malaise se crée!  

Début:
Je suis né du pied gauche. Chaque matin, je m'en souviens. Aujourd'hui, mais c'était comme hier, les éboueurs m'ont naturellement éveillé à l'aube. J'ai battu des paupières pendant quelques instants puis je me suis levé. Les arbres étaient fragiles, le ciel rose craie. Je n'avais pas envie de peindre. une lumière blanche et mate ternissait les dessins tracés dans la nuit: un œil de face, un œil de profil, un œil en coupe. 
Le titre:  
J'ai branché l'électrophone et mis la Vingt-sixième  sonate (de Beethoven): les Adieux. J'ai ramassé le jean, le jean des premiers jours, je l'ai trempé dans le fond de tous mes pots et j'ai frappé les fesses, les chevilles et les cuisses. Le sang s'est étalé en gouttelettes noires sur les plafonds et les murs. Morte Juliette. Mort Mathias. Mort Piotr. Sur le butane de la cuisine, j'ai brûlé trois toiles, recueilli la suie, étalé la suie de part et d'autre du nu, dans la chambre. Elle dormait là, à gauche du lit, sur le mur. 

Dan Franck, né le 17 octobre 1952 à Paris, est un écrivain français. Il fait des études en sociologie à l'Université de la Sorbonne, et fait quelques petits boulots avant de commencer ce qui lui tient à cœur, le métier d'écrivain. Il reçoit le prix du premier roman en 1980 pour Les Calendes grecques. Dan Franck écrit aussi en collaboration avec d'autres auteurs tels que Jean Vautrin, avec lequel il a conçu la série de romans Les Aventures de Boro, reporter photographe, ou Enki Bilal.
Ecrivain, il est aussi scénariste pour le cinéma et la télévision. Il a également écrit en tant que nègre littéraire 62 livres signés par d'autres personnes.(Wikipedia)
Les Adieux, Dan Franck 

dimanche 28 octobre 2012

Les greniers de Babel de Jean-Marie Blas de Roblès



Variation autour de La Tour de Babel, du peintre flamand Pieter Bruegel, ce récit  est le journal de voyage  d'un supposé  archéologue qui serait entré dans la Tour et aurait gravi un à un ses étages jusqu'au dernier,  perdu là-haut dans les nuages. Il commence son ascension, plein d'entrain, avec tout ce qu'il faut de matériel et de nourriture pour réussir son entreprise et fait de bien étranges découvertes au fur et à mesure qu'il s'enfonce toujours plus haut dans les étages. 
Il tente de comprendre les nombreuses épigraphes gravées sur les murs, toutes très  étranges. Il rencontre des êtres de plus en plus troubles et incompréhensibles et  de scientifique, la montée se fait dangereuse et fantastique. Le cerveau humain se trouble et le corps s'affaiblit . Qu'adviendra-t-il au bout de la montée, tout en haut de la Tour, dans les nuées qui cachent le sommet. Qui va-t-il rencontrer? 
J'ai mis du temps, je l'avoue,  à reconnaître une bibliothèque dans ce sixième ciel dévasté. 

Lorsque les livres disparaissent, c'est un tort de croire  que quoi que ce soit puisse leur survivre. 
Un récit sur le langage, plein de saveur,  mais  qui fait froid dans le dos.  
Les greniers de Babel de Jean-Marie Blas de Roblès, Récit, (Collection Ekphrasis,  invenit-éditions, 2012, 70 pages)
L'auteur: Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain archéologue, Prix Médicis avec Là où les tigres sont chez eux,
La Tour de Babel, 1568, de Pieter Bruegel (1525-1569), Musée de Rotterdam
Autre livre de cette collection dirigée par  Dominique Tourte  commenté ICI. Mademoiselle Liberté de Michel Quint, sur le tableau de Delacroix , La liberté guidant le peuple
Challenge littéraire 2012

lundi 4 juillet 2011

Comme ton ombre de Elizabeth Haynes, thriller

Cathy Bailey est une jeune londonienne à qui tout sourit dans la vie lorsqu’elle rencontre Lee, videur en boîte de nuit et policier de jour. Coup de foudre immédiat et début de liaison idyllique. Toutes ses amies l’envient.  Il est non seulement très amoureux mais séduisant, charmeur, attentionné, l’amant idéal et Sylvia, en particulier, la meilleure amie de Cathy,  en devient jalouse. 
Romance banale, simple petit livre pour l’été?  Loin de là!  Il s’ouvre et se termine sur deux procès, à quatre années d’intervalle, 2004 et 2009. 
C’est un thriller. Le danger rôde à chaque page. Une atmosphère menaçante plane sur les jeunes amies. Il y est question de soupçons, de coups, de violence morale et physique, de folie et de crimes, de prison et de récidive, bref du mal absolu qui ne s’arrête jamais, pas même par  la justice des hommes.
C’est une lecture haletante car tout du long se pose le problème pour le lecteur de la crédibilité de la narratrice, cette Cathy-Catherine qui écrit son journal et qui se dit victime de harcèlement et de violences sexuelles  de la part de l’homme qu’elle aime et qui purge pour cela une  peine de trois ans de prison. 
Elle était insouciante et  libre avant de connaître Lee. Elle sortait la nuit avec  ses nombreuses amies et, très jolie, accumulait les conquêtes d’un soir mais désormais elle s’enferme chez elle, victime de tocs et d’une sorte de paranoïa pour laquelle elle a dû être enfermée deux fois en psychiatrie. Elle se sent constamment épiée, poursuivie, constate des vols réguliers chez elle. Elle souffre de crises de panique et doit contrôler, suivant un rituel très précis, la fermeture de ses portes et fenêtres pendant des heures. 
Le pire, c’est lorsque ses amies se détournent d’elle à leur tour, toutes convaincues de sa folie. 
A ce stade du récit , je me suis sentie perdue. Qui croire?  De quoi s’agit-il au juste?  De folie ou de violences dans un couple? Est-ce la femme qui ment, dénonce et envoie l’homme qu’elle aime en prison ou est-ce l’homme qui  bat,  menace  et tue  celles qu’il dit aimer? 
Le doute subsiste jusqu’au dernier moment. Un bon polar par conséquent, bien mené et vite lu. Bonne première lecture de vacances pour moi qui entre dans le challenge de Cynthia.       
Comme ton ombre de Elizabeth Haynes,(Presses de la cité, mars 2011, 462 p) Traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter)

lundi 7 mars 2011

Nouvelles pour une année de Luigi Pirandello

Le train a sifflé
 Il délire. Début de fièvre cérébrale ont dit les médecins alors on l’a interné, à l’asile psychiatrique de la ville où il travaille depuis toujours. Ses camarades de bureau lui ont rendu visite et ont pris  plaisir à répéter toute la journée  ce diagnostic à qui voulait l’entendre. «Il délire! Folie furieuse!»
Cependant la vérité est ailleurs  mais  personne ne s’en doute
Voilà un être dont tout le monde se moque et profite,  un écrasé de la vie qui, un matin, se révolte, s’exalte, s’enflamme au point d’étonner son entourage qui préfère le voir enfermé.
Qu’a–t-il dit de si terrible?
Il a répété toute la journée  qu’il avait entendu le train siffler la nuit. «Le train a sifflé. Le train a sifflé.»
On s’est étonné d’abord. On a ri sans rien comprendre. On s’est moqué de lui puis inquiété et on l’a enfermé.
Mais là encore la vérité est ailleurs et l’homme est tout à fait sain d’esprit. 
Il faudrait juste comprendre sa vie en famille, bien plus sombre encore que sa vie au bureau.
Le sifflement du train perçu en pleine nuit l’a réveillé, secoué,  fait renaître à l’existence. Maintenant il exulte. Il est heureux!
Il se sent vivre enfin. Il a senti le frisson, la palpitation du temps!
«Maintenant le monde s’est réintroduit dans son esprit. Il peut se libérer de temps en temps de son tourment pour respirer, par l’imagination, une goulée d’air dans le monde.»
J’aime beaucoup Pirandello que je me mets à relire après  de longues années d’oubli.
Luigi Pirandello est un écrivain Italien, poète, nouvelliste, romancier et dramaturge, né le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile durant une épidémie de choléra, et mort à Rome le 10 décembre 1936. Son œuvre a été récompensée du Prix Nobel de littérature en 1934.
Titre original : Novelle per un anno, Traduction de l’italien par Georges Piroué Challenge de Sabbio

lundi 20 septembre 2010

Robe de marié de Pierre Lemaître

Toutes les lectrices blogueuses l’ont aimé, ce thriller. ( pas Manu cependant) Je partais donc confiante. Et comme je savais que j’allais le lire, j’ai préféré éviter tous les résumés pour ne m’assurer que des  impressions ! J’ai été sage et ne peux que me réjouir de cette décision  car ainsi j’ai pris les événements et  les coups de théâtre  en pleine figure. J’en ai eu le souffle coupé ! Cette lecture, c’est comme  les montagnes russes:  une série de secousses très fortes : Je me suis sentie bluffée, manipulée, complètement déconcertée, et finalement admirative ! Bravo l’artiste!

Quel roman bien ficelé! Quatre parties, quatre virages à 180°.  Je n’avais vraiment rien vu venir à la fin de la première, intitulée:  "Sophie" C’est l’héroïne, elle est complètement folle, dangereuse,  en cavale,  avec toute la police française à ses trousses ! C’est une tueuse ! Elle  a déjà supprimé sa belle-mère qu’elle détestait, son mari devenu invalide dans un accident de voiture et enfin l’enfant de six ans dont elle s’occupait. Elle ne désire plus qu’une chose : changer d’identité pour disparaître plus complètement. Elle va rencontrer "Frantz"  dont on lit le journal intime dans la deuxième partie, enfin ce sera, pour finir, changement subtil mais essentiel,  «Frantz et Sophie» et  «Sophie et Frantz»,  les  deux dernières parties de ce roman extrêmement bien structuré… Impossible d’aller plus loin !.

Je n’ai plus lâché ce livre, une fois commencé : j’étais devenue une zombie et le traînais partout avec moi, à table, devant la télé, au lit. Plus question de m’impliquer dans quoi que ce soit d’autres, ce  week end. Une partie de la famille revenait d’un petit séjour à Prague. Je n’écoutais que d’une oreille ! Je sais : ce n’est pas beau mais ils me connaissent, ils sont devenus indulgents avec le temps, ils ont ri. Heureusement, ça ne m’arrive quand même pas si souvent mais cette fois c’était l’immersion totale : je voulais coûte que coûte savoir la suite !
Quoi de mieux  quand on lit un policier ? Un autre très grand policier ! Vite!
"Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel: elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle." (1ère page)

Merci à Alex qui en a fait un livre voyageur et à Lystig qui me l'a envoyé. J'ai bien compté une trentaine de billets sur ce livre, si ce n'est plus.  BOB les a recensés  ICI
Robe de marié de Pierre Lemaître ( Camann-Lévy, 2009, 271 pages)