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dimanche 20 avril 2014

Un avion sans Elle, Michel Bussi, polar

Elle, c’est le bébé retrouvé dans la neige,  la veille de Noël  1980,   après un accident d’avion dans le Jura.  C’est aussi la seule rescapée,  mais qui est-elle?  Deux familles vont se disputer son identité. L’une est riche, l’autre pas.  Un détective est engagé et si bien payé qu’il consacre 18 ans de sa vie à cette enquête. Sans résultat.
Le roman s’ouvre par sa tentative de  suicide, brusquement interrompue à la vue  d’une page de journal datée de l’accident. Il a  enfin découvert la vérité mais, dommage, il est assassiné. Par qui ?  Pour  savoir la vérité il ne reste plus désormais qu’un  carnet de notes où sont  recensées toutes les pistes et les hypothèses des plus anciennes aux plus récentes.
L’enquête est alors reprise par le jeune Marc, le frère de  l’un des deux bébés présents dans  l’avion.  C’est à lui qu’est revenu  le carnet du détective mais il va lui falloir plus de cinq cents pages pour en lire la fin! C’est long! C’est vrai qu’il le lit dans le métro et qu’il est sans cesse interrompu. Il finit par en déchirer des pages mais là encore, catastrophe!: il oublie la plus importante, celle de l’explication tant attendue!
Alors qui est cette petite fille finalement? Lyse-Rose ou Émilie? Qui va gagner dans la lutte féroce qui s’engage entre les deux familles qui la réclament? La riche ou la pauvre?
Avant de connaître le pourquoi du comment,  juste dans les toutes dernières pages, il faut vraiment  de la patience car on a le droit à un procès plus ou moins bidon, à des meurtres à répétition, à des poursuites dans tout Paris, des coups de téléphone qui n’arrivent jamais,  une sœur rendue folle de douleur et apparemment très dangereuse qui ne se promène qu’avec un Mauser  L110.  Et puis interviennent des SDF, des infirmières, des tantes et  un tas d’autres personnes plus ou moins bien intentionnées. Tout ça  en alternance avec des bribes du carnet du détective qui, lui n'en finit jamais de raconter ses propres faits et gestes!
Bref, si j'ai commencé par me passionner pour cette quête d'identité dès les premiers chapitres, j'ai finalement bien vite déchanté  tellement tout m'a semblé invraisemblable et tiré par les cheveux.  Trop de retournements de situations, d'invraisemblances, de ruptures de rythme dans le récit, trop de trop! Je n'ai pas pu m'attacher à un seul des personnages, trop caricaturaux. J'ai fini par sauter des pages, vite jusqu'à la dernière et le fin fond de l'histoire qui  ne méritait vraiment pas une si longue attente, vu la révélation à laquelle je m'attendais plus ou moins tellement il fallait bien aller voir ailleurs après tant d'hésitations sur deux seules petites têtes. Une ultime révélation et le tour était joué! Ouf!
Non vraiment, ce n'est pas un polar dont je me souviendrai volontiers! A oublier même.

Un avion sans Elle,  Michel Bussi, (Pocket, 2012, 574 p.)

vendredi 7 décembre 2012

Les Adieux de Dan Franck


Mon premier livre de l'auteur.
Un portrait peint par Modigliani sur la couverture.

Le narrateur dont il est question tout au long du roman est peintre avant tout - solitaire- obsessionnel - paranoïaque -  bientôt amoureux fou - d'une Juliette au Jardin du Luxembourg - alors heureux - puis malheureux - vraiment fou furieux, et peintre désespéré - déchaîné - jusqu'à se métamorphoser.  Un vrai changement d'identité.  Il y a de quoi être affolé! 

Voici la présentation de l'éditeur:
Mathias est peintre, mais c'est aussi un grand enfant que tout obsède et effraie. Réfugié dans la peinture qui le protège des agressions du monde, il ne quitte ses pinceaux que pour se rendre chez son marchand de tableaux ou au jardin du Luxembourg. Jusqu'au jour où apparaît Juliette, qui fait naître en lui une passion, un amour fou.Mais pour Mathias, il n'est pas facile de passer à un âge adulte qui trop souvent abolit les rêves. Et les jeux de l'enfance et de l'amour basculent peu à peu dans un drame silencieux, où seule la peinture, à nouveau, lui procurera une part d'absolu.
J'ai plutôt bien aimé car le style, classique et efficace,  est à toute épreuve! Dommage que le héros soit si tordu mais c'est tout le sujet du récit aussi suis-je de mauvaise foi en notant ce qui est loin d'être un détail et qui m'a empêché de me réjouir totalement de ma lecture. J'ai admiré mais pas vraiment  adhéré à l'histoire racontée. Je m'en sentais trop éloignée. Ce Mathias est un artiste  trop tourmenté  et un pauvre petit être d'une trentaine d'années, nettement trop fragile et mal adapté. On voudrait à la fois le bercer et le secouer!  Un malaise se crée!  

Début:
Je suis né du pied gauche. Chaque matin, je m'en souviens. Aujourd'hui, mais c'était comme hier, les éboueurs m'ont naturellement éveillé à l'aube. J'ai battu des paupières pendant quelques instants puis je me suis levé. Les arbres étaient fragiles, le ciel rose craie. Je n'avais pas envie de peindre. une lumière blanche et mate ternissait les dessins tracés dans la nuit: un œil de face, un œil de profil, un œil en coupe. 
Le titre:  
J'ai branché l'électrophone et mis la Vingt-sixième  sonate (de Beethoven): les Adieux. J'ai ramassé le jean, le jean des premiers jours, je l'ai trempé dans le fond de tous mes pots et j'ai frappé les fesses, les chevilles et les cuisses. Le sang s'est étalé en gouttelettes noires sur les plafonds et les murs. Morte Juliette. Mort Mathias. Mort Piotr. Sur le butane de la cuisine, j'ai brûlé trois toiles, recueilli la suie, étalé la suie de part et d'autre du nu, dans la chambre. Elle dormait là, à gauche du lit, sur le mur. 

Dan Franck, né le 17 octobre 1952 à Paris, est un écrivain français. Il fait des études en sociologie à l'Université de la Sorbonne, et fait quelques petits boulots avant de commencer ce qui lui tient à cœur, le métier d'écrivain. Il reçoit le prix du premier roman en 1980 pour Les Calendes grecques. Dan Franck écrit aussi en collaboration avec d'autres auteurs tels que Jean Vautrin, avec lequel il a conçu la série de romans Les Aventures de Boro, reporter photographe, ou Enki Bilal.
Ecrivain, il est aussi scénariste pour le cinéma et la télévision. Il a également écrit en tant que nègre littéraire 62 livres signés par d'autres personnes.(Wikipedia)
Les Adieux, Dan Franck