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dimanche 9 novembre 2014

Les charmes de l'amitié, Charles de Saint-Évremond

Il n'y a rien qui contribue davantage à la douceur de la vie que l'amitié; il n'y a rien qui en trouble plus le repos que les amis, si nous n'avons pas assez de discernement pour les bien choisir. 
Les amis importuns font souhaiter des indifférents agréables. 
Les difficiles nous donnent plus de peine par leur humeur qu'ils ne nous apportent d'utilité par leurs services. 
Les impérieux  nous tyrannisent: il faut haïr ce qu'ils haïssent, fût-il aimable; il faut aimer ce qu'ils aiment, quand nous le trouverions désagréable et fâcheux.
Les jaloux nous incommodent: ennemis de tous les conseils qu'ils ne nous donnent pas, chagrins du bien qui nous arrive sans leur entremise, joyeux et contents du mal qui nous vient par le ministère des autres. (p.55) 
Mais,  quelque honnêtes, quelque réglés que soient les amis, c'est une chose incommode que d'en avoir trop: nos soins partagés ne nous laissent ni assez d'application pour ce qui nous touche, ni assez d'attention pour ce qui regarde les autres. 
Vivons pour peu de gens qui vivent pour nous, cherchons la commodité du commerce avec tout le monde , et le bien de nos affaires avec ceux  qui peuvent nous servir.  (p. 61)

Les charmes de l'amitié, Charles de Saint-Évremond
(La part commune,  3e trimestre 2014, 62 p.)

dimanche 8 décembre 2013

En passant

Il y a des miroirs pour le visage 


Il n'y en a pas pour l'esprit.


(Baltasar Gracian y Morales) 

samedi 2 février 2013

"Il faut aimer les bêtes" Joy Sorman

"Il faut aimer les bêtes, pas nécessairement les animaux domestiques, chiens et chats, pas forcément les bêtes sauvages, hyènes ou lions, mais les animaux familiers, les apprivoisés, les rentables.(…) On sait rarement comment mourir, les animaux savent, il n’y a qu’à les regarder et faire comme eux. Ils se trouvent un endroit, un petit coin, et ils attendent discrètement, ils contrôlent leur respiration, comptent les minutes, parfois les heures, s’efforcent de ne pas trop déranger, de ne pas trop se faire remarquer, ils ne poussent aucun cri. Les bêtes sont exemplaires mais elles ne le savent pas.

Il faut aimer les bêtes qui nous apprennent à mourir puisque nous mourrons tous de la même mort, il n’y aura pas de quartiers, elles nous disent qu’il n’y a pas d’échappatoire, pour elles comme pour nous, c’est la même carcasse à l’arrivée. Elles nous apprennent aussi à vivre, avec excès puisque la bête est la fièvre de l’homme: nous souffrons comme des bêtes, nous sommes de grosses côtes de bœuf saignantes, nos corps nous échappent, nous glissent entre les doigts, les doigts de la conscience." 
 Extrait du livre: Comme une bête, Joy Sorman  (billet ICI)


Joy Sorman: Née en 1973, fille de Guy Sorman,
 Photo Jérôme Bonnet de Libération

dimanche 18 novembre 2012

"Petit oiseau du ciel", de Joyce Carol Oates, dans un nid bien terre à terre!

Petit oiseau du ciel ... dans un nid bien terre à terre. 
Le livre bouleversant de beauté dans lequel je suis plongée!
C'était une époque confuse! - un tourbillon fou de feuilles mortes dans une tempête, à vous donner envie de fermer les yeux, de fermer les yeux et de hurler Allez-vous-en!
 Une époque confuse, et les souvenirs d'un enfant ne sont pas fiables parce que aucun enfant ne pense en termes de calendrier, de dates. Aucun enfant ne pense en termes logiques avant, après.  En termes causals Ceci, à la suite de cela. Ceci, une conséquence de cela. Un enfant pensera C'est ici, maintenant. Voici ce qui se passe, maintenant.(p.179)
Petit oiseau du ciel, Joyce Carol Oates, (éd. Philippe Rey, 2012, 539 pages), Traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude Seban 

jeudi 22 décembre 2011

Attachante Marilyn désenchantée

« …à partir de demain je vais prendre soin de moi car en réalité c’est tout ce que j’ai et comme je le vois à présent tout ce que j’ai jamais eu. »
Marilyn Monroe. (1926-1962) (Notes de Roxbury en 1958)

Avec son mari Arthur Miller,elle s’est installée là, à la campagne, dans une grande  propriété  qui lui semble très vide maintenant que l’amour de Miller lui paraît s’enfuir. Il travaille difficilement à l’adaptation de sa nouvelle: «Les désaxés» et elle se désespère de son manque d’enfant. 

"Seule! Je suis seule. Je suis toujours seule
 quoi qu'il arrive".


11 décembre 1960:
"Ai toujours admiré les hommes qui avaient plein de femmes;
Cela doit être ainsi quand on est l'enfant d'une femme insatisfaite.
La monogamie est une idée creuse."


"Je ne puis faire plus d'une chose à la fois.
Prendre mon temps pour penser."
La fin de ce livre est déchirantes avec les lettres écrites par Marilyn à son médecin  alors qu'elle était enfermée dans un hôpital psychiatrique, en 1961.
Elle se plaint de n'avoir pas le droit de téléphoner.  Et eux qui s'enorgueillissent de leur atmosphère "comme à la maison." Je leur ai demandé, aux médecins, ce qu'ils entendaient par là. Ils m'ont répondu: "Eh bien on a de la moquette partout au sol et du mobilier moderne", à quoi j'ai répondu: "oui, exactement ce que n'importe quel architecte d'intérieur peut fournir, pour autant qu'il y ait des fonds pour cela", mais puisqu'on traite des êtres humains,  pourquoi ne pas avoir la moindre idée de ce qui fait l'intérieur d'un être humain?"
Marilyne Monroe.  Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres. (Seuil, 2010, 270 pages) Traduit de l’anglais par Tiphaine Samoyault)

jeudi 7 juillet 2011

Citation de Virginia Woolf


 "Le temps me manque pour exposer mes projets. J'aurais  pourtant beaucoup à dire au sujet des "Heures", et de ma découverte: comment je creuse de belles grottes derrière mes personnages. Je crois que cela donne exactement ce qu'il me faut: humanité, humour, profondeur. Mon idée est de faire communiquer ces grottes entre elles, et que chacune s'offre au grand jour, le moment venu."  Virginia Woolf, Le Journal d'un écrivain, jeudi 30 août 1923.

(Trad. C.-M. Huet, Stock, Nouveau Cabinet Cosmopolite) (Michael Cunningham, Les heures,, belfond, p.9)  "Heures" est le nom donné par Virginia Woolf dans son Journal pour évoquer son livre en cours: "Mrs Dalloway"
Parce que je commence la lecture du livre de Michael Cunningham: "Les Heures" ,j'ai choisi cette citation  sur une idée de  Chiffonnette)

jeudi 16 juin 2011

De la relativité selon d'Annunzio. Citation du jeudi


"Et son prix était nul ou incalculable selon la qualité de l'œil qui la contemplait."
Gabriele d'Annunzio,  prince de Montenevoso, écrivain italien, 1863/ 1938. Principal représentant du décadentisme italien, héros de la Première Guerre mondiale, il soutint le fascisme à ses débuts et s'en éloigna par la suite.(W) Son premier roman , "L'enfant de volupté", "Il piacere" en italien,  le rendit célèbre ainsi que sa liaison avec l'actrice Eleonora Duse puis évidemment sa carrière politique, ses poèmes et ses pièces de théâtre. 


Sur une idée de Chiffonnette

jeudi 26 mai 2011

Citation, Le pays des Grottes Sacrées, Tome 6, Les Enfants de la Terre de Jean M. Auel, Début de l'histoire.

 « Le groupe de voyageurs avait emprunté le sentier courant entre les eaux étincelantes de la Rivière des Prairies et la paroi calcaire blanche veinée de noir, le long de la rive droite. Les uns à la suite des autres, ils longeaient la courbe où la roche surplombait le bord de l’eau. Devant eux,un sentier plus étroit filait en direction du gué où l’eau s’étalait, moins profonde, et bouillonnait entre des affleurements de rochers.    La jeune femme qui ouvrait la marche s’arrêta brusquement et , les yeux écarquillés, regarda devant elle. Elle esquissa un mouvement du menton et murmura, apeurée :- Là-bas ! Des lions !    Jonathan, le chef, leva un bras pour indiquer au groupe de faire halte. Au-delà de l’endroit où le sentier se divisait, ils découvrirent des lions des cavernes au pelage marron clair paressant dans l’herbe haute. Celle-ci leur offrait un couvert si dense que les voyageurs ne les auraient pas repérés si tôt sans le regard perçant de Thefona. La femme de la Troisième Caverne avait une vue exceptionnelle. Son talent, décelé précocement, avait été encouragé par les membres de sa Caverne dès l’enfance. Elle était leur meilleure guetteuse. »
Première phrase d’un livre reçu récemment  que je commence aujourd'hui même et dont j’attendais l’arrivée avec impatience  car je suis une inconditionnelle des cinq tomes précédents,  dévorés à la suite les uns des autres.
Le pays des Grottes Sacrées  (Les Enfants de la Terre) de Jean M. Auel,  (Presses de la Cité, mars 2011, 682 pages)
Sur une idée de Chiffonnette

jeudi 19 mai 2011

Mireille Havet, citation du jeudi

«Aller droit à l’enfer, par le chemin même qui le fait oublier.»
Victoria, lectrice dans l’émission : «Voyage au bout de la nuit», a lu cette nuit le début du 
"Journal intime" (1909-1924) de Mireille Havet. 
Elle continuera demain  encore à nous faire entendre cette voix d’une jeune femme bien intéressante que je ne connaissais pas mais dont  l’éditrice Claire Paulhan  vient de publier le Journal  dont le manuscrit n’a été retrouvé qu’en 1995. 
Née en 1898, à Médan, le village de Zola dans les Yvelines, elle est morte en 1935 de la tuberculose,à 34 ans. Elle a aussi écrit un roman : «Carnaval» publié en 1923
Ouvertement homosexuelle, elle fut l’amie de Colette, Cocteau, Apollinaire, Crevel et de bien d’autres écrivains et artistes de cette époque. Une place porte son nom dans le 11éme arrondissement de Paris. 
Une biographie lui a été consacrée par Emmanuelle Retaillaud-Bajac
"Mireille Havet, l'enfant terrible" (2008).
Quelques Blogs pour en savoir plus. Ameleia, Clarabel, Du coq à l'âne, Malice

vendredi 13 mai 2011

Le jeudi, c'est citation: devinette

Ce livre vient d'être présenté dans  de très  nombreux blogs.  Beaucoup reconnaîtront sûrement  ces premières phrases d'un livre sorti en mars 2011 aux Éditions des Deux Terres
Certains l'ont  aimé: CecileKeishacathuluPlaisirs à cultiverPascaleLily et ses livresArmande,Tamara
D'autres moins: SaxaoulManuLeiloonaCynthiaSylireIn cold blogCachouCécile émoiClara,Nadael
 George, elle, l'a abandonné.

J'évite les réunions. Je ne suis ni rebelle, ni recluse, ni même asociale, et je suis trop jeune pour être qualifiée d'excentrique, même s'il est vrai que j'ai récemment passé le soir de mon vingt-cinquième anniversaire non à faire la fête entre amis ou à boire du champagne à la lueur des bougies avec un amoureux, mais face à moi-même et mon travail: vernir une grande coupe ovale de céramique en écoutant Ella Fitzgerald chanter des airs des frères Gershwin.
Un, deux, trois: une liste.Et je comprends alors,au plus vif de mon chagrin,dans le tumulte de mon cœur, que dans cette vie, la seule vie qui nous est donnée - Cl.. et moi  étions souvent en désaccord, mais nous nous rejoignions sur ce point -, le dernier mot est le mien, et c'est une grâce.
(Réponse donnée mais cachée) 

       
Julia Glass: Louisa et Clem





Idée de Chiffonnette .Lu dans le cadre de Babelio  que je remercie ainsi que les Editions des Deux Terres. 
Désolée mais ce billet  paru hier a disparu aujourd'hui avec tous les commentaires et mes réponses.  Je le republie mais impossible de retrouver les commentaires.  Je prie les blogueurs et blogueuses qui avaient eu la gentillesse de m'en laisser de bien vouloir excuser cette disparition qui n'est pas de mon fait . 

jeudi 28 avril 2011

Le jeudi c'est citation, Tonino Benacquista

Plongée avec délices, presque en apnée, dans le livre écrit en 2001 par un de mes auteurs favoris  : Tonino Benacquista, «Quelqu’un d’autre», je ne résiste pas à l’envie de citer quelques aphorismes d’un de ses deux héros qui voulait changer d’identité.
          " Méfie-toi de ceux qui confondent l’éclairage et la lumière. "

          "Craignez les anxieux, le jour où ils n’auront plus peur, ils deviendront les maîtres du monde. "

          " A force d’écouter l’orage gronder sans se déclarer vraiment, tu vas gâcher ta vie à attendre un malheur qui n’arrivera jamais."
Chacun aura sans doute deviné le trait principal du caractère de ce personnage et peut-être aussi le chemin qu’il a pris pour se libérer de ce défaut ! 
Sur une idée de Chiffonnette

jeudi 21 avril 2011

Citation: les journalistes, Albert Londres, Prix des meilleurs journalistes de la presse écrite

"Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie."
 Albert Londres  (1884-1932) ( à propos des journalistes ) Depuis 1933, le Prix Albert Londres récompense les meilleurs journalistes francophones.
Le 73e Prix Albert Londres du grand reportage de presse écrite et le 27e Prix Albert Londres de l’audiovisuel seront remis le 14 mai 2011. Seules les qualités d'écriture et d'enquête sont appréciées. Chacun des Prix est doté de 3.000 €.
La composition du jury
Josette Alia, Lise Blanchet, Hervé Brusini, Annick Cojean (présidente), Michel Croce-Spinelli, Thierry Desjardins, Jean-Claude Guillebaud, François Hauter, Christian Hoche, Catherine Jentile, Marc Kravetz, Jean-Xavier de Lestrade, Alain Louyot, Jean-Paul Mari, Michel Moutot, Philippe Rochot, Patrick de Saint-Exupéry, Henri de Turenne, Olivier Weber, des lauréats 2009, Sophie Bouillon et Alexandre Dereims et des lauréats 2010, Delphine Saubaber et Jean-Robert Viallet.
« Si la liberté de pensée est un des piliers de la démocratie, la liberté de la presse en est son expression. Si les peuples arabes ont soif de liberté et se battent aujourd’hui pour la conquérir, les journalistes du Prix Albert Londres veulent leur tendre la main, et encourager amis et confrères tunisiens dans leur conquête de ce droit fondamental » a indiqué l’association organisatrice du très prestigieux concours de journalisme. C’est pourquoi l’association du Prix Albert Londres a décidé de se réunir cette année à Tunis. Les membres du jury y délibèreront avant d’inviter les lauréats du Prix Albert Londres 2011 – où qu’ils se trouvent – à venir les rejoindre dans la capitale tunisienne. 
Meilleurs journalistes de la Presse écrite récompensés ces dernières années par ce prix:

jeudi 14 avril 2011

Le jeudi, c'est citation, Edward Abbey, Le feu sur la montagne

LUMINEUX, LUMINEUX NOUVEAU-MEXIQUE. Dans la lumière éclatante, chaque roche, chaque arbre, chaque nuage et chaque montagne existait avec une sorte de force et de clarté qui paraissait non pas naturelle mais surnaturelle. Pourtant, tout suscitait en moi une sensation de territoire connu, de pays des rêves, d’une terre où je vivais depuis toujours. 
 Je vis un couple de bécasseaux détaler sur leurs pattes frêles et scintillantes, en longeant l'eau vers l'amont, et pris conscience du doux bruissement des frondaisons au-dessus de nos têtes. Je levais les yeux vers les branchages des peupliers qui bordaient le cours d'eau; leurs feuilles étaient prises  dans une fantastique lumière argentée de fin de nuit  et frémissaient continuellement sous une brise que je sentais à peine. 
Les arbres étaient vivants, en proie à une douce excitation,ils murmuraient, ils profitaient de la meilleure heure de la journée. Le soleil levé, ils allaient devoir entrer en somnolence pour traverser la chaleur desséchante du jour.  Je savais ce qu'ils pouvaient ressentie, je savais ce qu'ils ressentaient. (p.44)
 Très loin là-haut, sur le flanc de la montagne, posté comme une vigie, troublé par le feu,  le lion rugit.
 Première et dernière phrase de : «Le feu sur la montagne»  de Edward Abbey (Challenge de Chiffonnette)

jeudi 7 avril 2011

Le jeudi, c'est citation! Jean Rostand

"Il ne faut pas regarder l'honnête homme de trop près si vous tenez à lui conserver votre estime, ni le scélérat si vous tenez à lui conserver votre mépris."

Jean Rostand, ( 1894/1977) est un écrivain,  moraliste, biologiste,  historien des sciences et académicien français, fils du dramaturge Edmond Rostand et de la poétesse Rosemonde Gérard.
Chiffonnette)

jeudi 24 mars 2011

Citation du jeudi, Chi Li, Triste vie,

«La vraie vie, c’est la littérature, la poésie, les poètes.  Quel plaisir matériel peut rivaliser avec ceux de l’esprit? Un poème peut faire rire, pleurer, c’est ça qui est merveilleux. Ecoutez, un poète a composé un poème d’un mot, vous entendez, un seul mot. Ça s’appelle « La vie », et le texte est : "Filet ". Qu’est-ce que vous en dites? Extraordinaire, non?  Lequel d’entre vous ne vit pas dans un filet?
Alors Yin s’échauffa :
- Je te propose un pendant à ton poème. Le titre reste le même, c’est encore un poème d’un mot…
- Tous les regards se portèrent sur lui pendant qu’il articulait tranquillement.
- -Rêve.
- -Bravo, bravo!
On l’acclama pour son talent. Quelques amateurs de littérature l’entourèrent pour échanger leurs points de vue sur la poésie moderne.»
Triste Vie de Chi Li

jeudi 24 février 2011

Coucher de soleil rose et cramoisi, citation de John Muir

23 août 1869
Coucher de soleil rose et cramoisi, suivi de peu par l’apparition des étoiles; la lune s’est levée avec la plus imposante majesté, juste au-dessus du mont Dana. J’ai flâné à travers la prairie dans sa lumière blanche. Les ombres des arbres, noires comme du jais, étaient si merveilleusement  distinctes et  paraissaient si solides qu’à plusieurs reprises j’ai levé bien haut le pied pour les enjamber, en les prenant pour des branches calcinées et noircies.
Un été dans la Sierra de John Muir, p.206

jeudi 20 janvier 2011

Comment réussir un best-seller ?

"Marie-Chantal avait décidé de prendre des cours d'écriture dans l'intention d'écrire un best-seller.
Le professeur explique: "Pour écrire un best-seller il faut traiter de religion, d'aristocratie, d'amour et de mystère. Prenez vos stylos et rédigez un exercice traitant de ces quatre sujets."

Moins d'une minute se passe et Marie-Chantal rend sa feuille.
 Le professeur, quelque peu éberlué, lit :
"Mon Dieu, dit la princesse, je suis enceinte, mais de qui ?"


(Rien à dire! Les quatre sujets étaient  respectés!)
(Trouvé sur ce site, en commentaire d'un article très bien fait sur Marc Lévy! 

jeudi 13 janvier 2011

Dernière nuit d’amour de Rosie chez Nuala O’Faolain


Ils s’aiment mais doivent se quitter – pour toujours ! - La vie, quoi !  -  Cruelle ! 
« Leo s’est endormi presque instantanément et j’ai dû affronter seule la tempête qui se déchaînait en moi. 
Je n’ai pas allumé; j’ai tisonné le feu et ajouté un peu de charbon puis je me suis assise, vêtue d’un pull et de ma culotte, avec Bell, le chat sur les genoux.  
Je répétais à mon cœur: Cesse de brûler, cesse de me faire mal, calme-toi,il n’y a aucun remède à ton angoisse et à tes regrets. Je savais que le sexe était bon pour le moral et que je pouvais m’estimer heureuse, parce que beaucoup de célibatires – et sans doute de personnes mariées- de mon âge n’avaient que trop peu d’occasions de faire l’amour. Et j’appréciais pleinement ma chance. Mais le Temps s’était invité dans le lit avec nous – mon ventre mou sur la hanche anguleuse de Leo, son bras osseux autour de moi. Et à présent la dure leçon du Temps sur l’impuissance d’autrui à apaiser notre souffrance se rappelait à moi. Je ne pouvais pas dire à Leo: Me retrouver si près de toi me fait sentir  encore  plus cruellement  ma solitude ordinaire. 
Chacun doit grandir sans importuner les autres.
C’était mon problème. Moi seule trimballais le souvenir de ce qui avait été – la gloire du monde tel que je l’imaginais quand j’étais jeune, quand la passion semblait me faire accéder à un immense royaume, quand, parfois, j’avais l’impression de quitter la terre  pour m’élancer dans l’univers et y scintiller de tout mon être. Quand je ne me posais aucune question sur moi-même. Quand j’avais foi en tout. 
Oh, rendez-moi cela! ai-je supplié la pièce obscure et silencieuse. Oh,  rendez-le moi ! que je puisse revivre ma vie avec ce que je sais maintenant! Rendez-moi un commencement! »
Dernière nuit d’amour de Rosie chez Nuala O’Faolain, de Best Love Rosie, (Sabine Wespieser éditeur, p520) Livre récemment lu ICI et très aimé! Sur une suggestion de chiffonnette