La rentrée littéraire 2013 sera aussi celle de Proust. En effet, c’est en novembre 1913 qu’a été publié «Du côté de chez Swann». De nombreux livres qui lui sont consacrés, sortiront cet automne en guise d’hommage.
Je retiens déjà pour ma part (mais il y a plein d'autres titres de prévus):
Je retiens déjà pour ma part (mais il y a plein d'autres titres de prévus):
- Le fac-similé de Combray, la première partie de Du côté de chez Swann, avec les corrections manuscrites de Proust, mais le tirage n’étant prévu que pour 1200 exemplaires, le prix en sera de 219 euros. (A voir si on a une bibliothèque généreuse ou éprise de Proust ou d’éditions rares!)
- «Proust est une fiction» de François Bon.
- "Chambres de Proust" d’Olivier Wickers.
Cette
fois l’auteur se propose d’évoquer ce que l’on peut savoir des derniers moments
de celui qui a reçu le prix Goncourt, en novembre 1919, alors même qu’il vient
de s’installer depuis un mois, à sa dernière adresse, au 44, rue Hamelin. Il a
48 ans et il ne lui reste que trois ans à vivre. C’est Gallimard en personne
qui vient lui annoncer la bonne nouvelle, accompagné entre autres de Jacques
Rivière mais Proust ne les reçoit pas: il s’en excuse mais il est
fatigué. Gallimard insiste par l’intermédiaire de Céleste et la rencontre a
finalement lieu mais c’est pour refuser à l’éditeur le grand banquet qu’il veut donner pour célébrer l’événement. Après
son départ, Proust ordonne à Céleste de ne plus laisser entrer personne et de
ne plus répondre à aucune question du moindre visiteur :… «rien, motus.
Il dessine une croix contre ses lèvres.»
Proust, le mondain, ne veut plus voir de monde. Il a bien mieux à faire. Sa seule préoccupation désormais est d'améliorer, de perfectionner son roman, qu'il connaît par cœur et qu'il ne cesse de transformer. D'ailleurs sa santé se dégrade. "Ses crises d'asthme sont de plus en plus fréquentes. le docteur lui fait des piqûres de morphine. Cela l'abrutit."
Lucien Daudet lui reproche d'être devenu: "Un professionnel de la littérature" et Reynaldo Hahn se plaint que le Marcel illustre soit moins attachant que le Marcel d'avant le succès.
C'est lui pourtant qui envoie des pneumatiques à tous leurs amis le jour fatidique:
"Notre cher Marcel est mort ce soir, après un mois de maladie pendant lequel il a obstinément refusé de se laisser soigner."
Défile alors un long cortège:
"Le premier à venir le dimanche 19, c'est Léon Daudet, qui pleure. Puis la comtesse de Noailles qui prend Céleste dans ses bras en sanglotant. Puis Paul Morand, Fernand Gregh, la princesse Lucien Murat, Robert Dreyfus qui n'a pas le cœur d'entrer dans la chambre et repart aussitôt, Lucien Daudet, le frère cadet de l'autre, Georges de Lauris, Robert de Billy, Edmond Jaloux qui remarque son masque creux et maigri, les ombres verdâtres sur son visage, portrait d'un grand peintre espagnol, puis Jean cocteau, Gabriel Astruc, Marthe et Suzy Proust, Jacques Porel qui passe au doigt de Marcel un camée offert naguère par Anatole France à sa mère Réjane, après la première du Lys rouge, en 1899. Le peintre Helleu, Dunoyer de Segonzac, Man Ray sollicité par Cocteau...Tels sont le sujet et le style du livre : très vivants.
"Notre cher Marcel est mort ce soir" de Henri Raczymow (Denoël, 2013, 115 p.)






