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mercredi 6 avril 2011

Emma de Christian de Metter,1,2,3, Ma BD du mercredi



Parce que j’ai beaucoup aimé « Shutter Island » la BD de Christian de Metter, j’ai choisi de lire sa première série en trois tomes intitulée «Emma», un thriller à base d’amnésie, de peinture, de séances de pose, de modèles féminins dont Emma à la beauté foudroyante avec sa chevelure rousse. 
L’histoire se déroule  sur deux mois, novembre et décembre 1922, à Paris autour de la clinique du  docteur Blanche puis chez une logeuse du quartier où s’installe Alex, un peintre amnésique, pour lequel viendront poser des modèles. La mort rôde ainsi que l’alcool, la pauvreté et la folie. Des femmes sont assassinées. Alex fait des cauchemars de plus en plus violents. On ne sait rien de lui, ni des autres personnes qui demeurent des énigmes. Emma est belle et rieuse. Alex est sombre et uniquement occupé à peindre. Il a du succès. Il va très mal, De plus en plus de sang, des images de plus en plus déstructurées s’accumulent autour de lui et l’enferment. 
Peu importe l’histoire disent tous les commentateurs, ce sont les images qui sont belles et qui rendent cette série intéressante et prometteuse. Moi, je n’ai pas aimé : Trop glauque! Trop sombre! Trop sordide! Pas pour moi. 


Participent aux BD du mercredi
Bienvenue à Yvan et à son blog Sin City qui a décidé de se joindre à notre petit groupe!
BenjaminChoco,, Chrys, Delphine, Dolly, Emmyne
Estellecalim,  Hathaway, Hilde, Hérisson08, L'Irrégulière, Jérôme Kikine,
Lire pour le plaisir, Lounima, Lystig, Manu, Marguerite,  Mathilde,, Mo'laFée, Noukette,  Sandrounette,  Sara, Soukee,   Theoma,   Valérie, Vero, WensYoshi73, Yaneck,  Yvan Tilleuil, Mr Zombi,


Je participe aussi au challenge BD Pal sèches  de Mo',  à celui de  M. Zombi et au Top BD de   Yaneck  (note pour top BD: 12/20)

lundi 20 septembre 2010

Robe de marié de Pierre Lemaître

Toutes les lectrices blogueuses l’ont aimé, ce thriller. ( pas Manu cependant) Je partais donc confiante. Et comme je savais que j’allais le lire, j’ai préféré éviter tous les résumés pour ne m’assurer que des  impressions ! J’ai été sage et ne peux que me réjouir de cette décision  car ainsi j’ai pris les événements et  les coups de théâtre  en pleine figure. J’en ai eu le souffle coupé ! Cette lecture, c’est comme  les montagnes russes:  une série de secousses très fortes : Je me suis sentie bluffée, manipulée, complètement déconcertée, et finalement admirative ! Bravo l’artiste!

Quel roman bien ficelé! Quatre parties, quatre virages à 180°.  Je n’avais vraiment rien vu venir à la fin de la première, intitulée:  "Sophie" C’est l’héroïne, elle est complètement folle, dangereuse,  en cavale,  avec toute la police française à ses trousses ! C’est une tueuse ! Elle  a déjà supprimé sa belle-mère qu’elle détestait, son mari devenu invalide dans un accident de voiture et enfin l’enfant de six ans dont elle s’occupait. Elle ne désire plus qu’une chose : changer d’identité pour disparaître plus complètement. Elle va rencontrer "Frantz"  dont on lit le journal intime dans la deuxième partie, enfin ce sera, pour finir, changement subtil mais essentiel,  «Frantz et Sophie» et  «Sophie et Frantz»,  les  deux dernières parties de ce roman extrêmement bien structuré… Impossible d’aller plus loin !.

Je n’ai plus lâché ce livre, une fois commencé : j’étais devenue une zombie et le traînais partout avec moi, à table, devant la télé, au lit. Plus question de m’impliquer dans quoi que ce soit d’autres, ce  week end. Une partie de la famille revenait d’un petit séjour à Prague. Je n’écoutais que d’une oreille ! Je sais : ce n’est pas beau mais ils me connaissent, ils sont devenus indulgents avec le temps, ils ont ri. Heureusement, ça ne m’arrive quand même pas si souvent mais cette fois c’était l’immersion totale : je voulais coûte que coûte savoir la suite !
Quoi de mieux  quand on lit un policier ? Un autre très grand policier ! Vite!
"Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel: elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle." (1ère page)

Merci à Alex qui en a fait un livre voyageur et à Lystig qui me l'a envoyé. J'ai bien compté une trentaine de billets sur ce livre, si ce n'est plus.  BOB les a recensés  ICI
Robe de marié de Pierre Lemaître ( Camann-Lévy, 2009, 271 pages)

samedi 21 août 2010

Monstrueux de Natsuo Kirino

A Tokyo, le destin de trois jeunes filles est brisé par le meurtre de deux d’entre elles, deux amies de bonne famille , ayant fréquenté un lycée des plus réputés, Yuriko et Kazue,  devenues prostituées.. Le retentissement de cet évènement sur la sœur aînée de Yuriko, l’une des narratrices, est naturellement énorme. Elles sont filles d’un Suisse et d’une Japonaise. L’aînée se sent mal aimée et jalouse  de la très grande beauté de sa cadette, c’était aussi l’amie de Kazue. Tout les prédestinait à un bel avenir mais c’était sans compter sur le monstre caché en chacun.  Sous des apparences charmantes, belles et paisibles  grouille un monde de sentiments et d’émotions des plus horribles.
Monstrueuse se révèle la grande beauté de Yuriko vue  par sa sœur qui se sent négligée et délaissée. Monstrueuses, les multiples persécutions supportées  par cette  trop belle jeune fille métissée  aussi bien dans sa famille que dans son lycée. Son journal intime nous la montre très différente de ce qu’on  en savait jusque là : elle se voit en Lolita, en nymphomane sans jamais  se considérer victime  des adultes, son oncle et son professeur d’anglais, qui devaient la protéger lors de sa minorité.
Monstrueux, les crimes pour vol avec effraction  et monstrueuse l’exploitation des travailleurs émigrés au Japon etc.
Les monstres sont partout, sous des apparences trompeuses,  dans ce Japon moderne, mais tout est  décrit le plus simplement possible par l’auteur dont j’admire la faculté à nous harponner dès les premières lignes sans plus nous lâcher ensuite. J’ai dévoré ce récit dur, très dur mais moins à la façon des thrillers habituels  que des grands romans psychologiques qui fouillent l’âme humaine plutôt que les cadavres.
Nul doute que je vais lire aussi les autres livres de Natsuo Kirino, déjà traduits : Disparitions, Out, Le vrai monde

Ce livre est divisé en huit grandes parties avec un titre chacune. Pourquoi donc cette désagréable habitude de ne pas les indiquer à la fin du volume? Non, il faut que le lecteur les découvre au fur et à mesure et moi ça me gêne, alors voilà,  je les indique ici,  pour une prochaine lecture éventuellement! 
Si l’auteur a jugé bon de répartir ainsi son histoire autant que ce soit clairement indiqué!
  1. 1 La faune de mes enfants fantômes
  2. 2  Un bosquet de Gymnospermes
  3. 3  Une putain-née, Journal de Yuriko
  4. 4  Un monde sans amour
  5. 5  Mes crimes : Déclaration écrite de Zhang
  6. 6  Décadence et putréfaction
  7. 7  Jizô, mon amour, Journal de Kazue
  8. 8 Murmures de la cascade dans le lointain: dernier chapitre.

"Chaque fois que je croise un homme, je me prends à imaginer l'aspect qu'aurait notre enfant si l'idée nous venait d'en faire un ensemble. C'est pratiquement devenu une seconde nature... Je commence toujours par imaginer le meilleur des scénarios possibles, mais bientôt des visions d'horreur surgissent à l'exact opposé du spectre." 

Monstrueux de Natsuo Kirino
(Seuil, Thrillers, 2008, 615 p), Titre japonais: Gurotesku, traduit depuis l’édition anglaise  parue sous le titre de Grotesque , chez Harvill Sexker, Londres,2007  par Rebecca Copeland et pour la traduction française ? Editions du Seuil, janvier 2008 !  Bizarre cette absence de nom pour la traduction japonaise ! Un peu léger comme procédé !
Ce livre est ma seconde participation au Challenge Japon de Choco

lundi 12 juillet 2010

Sang pour Sang, Une enquête d'Alan Seriani, par Gipsy Paladini

New York City 1965.
Cinq heures du matin.
Dans une chambre d'hôtel. "Sur le côté droit d'un lit poisseux"
Réveil de Al Seriani: Il a la gueule de bois. Il se dispute violemment avec la P... à ses côtés. Il se lève, regarde un long moment par la fenêtre et se dit que "C'est beau une ville la nuit"
              All aimait la nuit car c'était la seule chose qu'il craignait. S'il avait le malheur de devoir s'endormir une fois la ville engloutie par les ténèbres, il s'arrangeait toujours pour être ivre mort de manière à ne pas se réveiller avant le lever du soleil. Les ténèbres à jeun le terrorisaient 
Coup de T°. C'est David Golberg, Dave, son coéquipier, en stage, tout jeune, tout nouveau, tout pur, l'unique personne à aimer Al le grincheux!
Le gamin avait le don de le faire marrer. Surtout quand il utilisait ce langage de films noirs qui ne collait pas du tout avec son allure frêle de jeune premier. On aurait dit un de ces petits cons de Brooklyn qui se prennent pour Al Capone parce qu'ils portent des chaussures vernies et savent jurer en italien.
Un mort les attend ... Et ce ne sera pas joli à voir!
L'aventure qui suit est des plus violentes,  les crimes sont horribles et vont crescendo dans l'horreur! Tout un pan de l'histoire la plus noire du siècle dernier revient comme un cauchemar. C'est bien écrit, à l'américaine a-t-on dit, le rythme est rapide: pas le temps de souffler, on est pris dans l'engrenage, on soupçonne tout le monde et on se trompe constamment, bref un vrai bon polar!
Mais le meilleur c'est quand même le duo classique de l'ange blond et du diable  sordide formé par les deux policiers. L'intrigue les touche de manière de plus en plus personnelle.  C'est dense, c'est mordant, c'est haletant, c'est un policier réussi. Peut-on parler de thriller? 
Et comme je suppose, à lire la préface de l'éditeur, que ce ne sera sans doute pas le seul emploi de ce policier, je précise encore son portrait ( Le vrai titre d'ailleurs semble être : "Une enquête d'Alan Seriani" puisque "Sang pour sang" est le titre d'une nouvelle collection initiée par ce roman-ci)
Penser de lui qu'il était un paumé le fit marrer. Plutôt un homme sans but, quelqu'un qui avait baissé les bras, qui ne cherchait plus un quoi et comment, et qui se laissait voguer au rythme des années sans chercher à se défendre. Un type qui refusait de trop penser et s'efforçait de parer aux jours puis aux mois qui s'abattaient violemment sur lui.
Sang pour sang, une enquête d'Alan Seriani par Gipsy Paladini
(Polar/Transit, octobre 2009, 330 pages) 
Merci à Géraldine pour ce livre voyageur