vendredi 18 janvier 2013

Je lis aussi des albums et je participe au challenge 2013 chez Hérisson08




Comme je lis aussi des albums, je participe au challenge 2013  de Hérisson08,  en "catégorie Libre" pour le moment. C'est commode.  J'ajouterai mes lectures au fur et à mesure car impossible de me faire une idée du nombre d'albums pour 2 ans que je pourrais lire  les mois prochains.
Autant  commencer de suite avec la lecture du moment:


La girafe, le lion, l'éléphant, le kangourou,  l'otarie, le hibou,
Tout le monde a un défaut
qu'il faut cacher sur la photo.
Alors tout le monde dit
"Fais ceci, fais cela."

Mais le plus rigolo...
C'est Ouistitiii!!! ...
avec son appareil photo...
Et tout le monde  dit ou crie: ...
Ouistitiii!!!

Et puis on rit.
Clic!
Et on applaudit
Ouistitiii!!!!....

Ce livre a fait son effet et on s'est bien amusé.
Voilà qui est parfait!

Ceci n'est que  le thème de l'album ainsi que l'idée directrice mais pas les paroles qui  sont plus savoureuses et collent très bien avec  les dessins,  simples et drôles. L'ensemble est très réussi.

Tout le monde dit de Jean Leroy, Mathieu Maudet, 20 pages cartonnées.

jeudi 17 janvier 2013

Maisons perdues, Nathalie Heinich

Un jour, j'ai eu envie d'écrire sur les maisons que j'ai fréquentées, et qui ont disparu de ma vie, exactement comme des gens qu'on a aimés, qui ont énormément compté pour nous, et puis qui sortent de nos existences, pour telle ou telle raison.( ...)Et puis enfin, un jour, j'ai trouvé ma maison. 
Et si moi aussi je faisais le récit de ma vie à travers les endroits où j’ai vécus et plus précisément les immeubles, appartements, chambres d’étudiants, maisons d’amis ou de parents, pensionnat où le hasard de ma naissance et de ma vie m’a posée un temps suffisamment long pour m’y créer des souvenirs et me forger mon identité actuelle?
Des lieux perdus désormais - définitivement - qui font mal quand je les revois parce que la magie  n’y est plus.  Ils sont morts. Ils appartiennent à d’autres et c’est leur deuil que je dois renouveler quand j’y retourne très exceptionnellement.
Telles sont les réflexions que je me fais une fois le livre de Nathalie Heinich refermé. Il m'inspire, me parle, me donne des idées... Je l'ai aimé, m'y suis retrouvée, ai revécu en sa compagnie des moments forts de ma génération, des plaisirs, des espoirs, des influences, des modes  mais aussi des souffrances, des révoltes, des déceptions que j'avais oubliées.  
Quand elle parle de ses maisons et des pans de sa vie qui y demeurent  liés, elle me rappelle aussi des moments de la mienne, noirs ou roses mais toujours intensément vécus. Elle est fondamentalement du sud et moi profondément de l'ouest mais qu'importe... Les émotions, les sentiments, les joies de l'enfance, les craintes et les ambitions de l'âge adulte, les regrets  des années qui défilent, tout est semblable en définitive.
Évidemment le chapitre 8, "Du Mont Dol à  Plougasnou"   me parle peut-être davantage. J'y ai encore des attaches, de très chères amies  de pensionnat qui vivent dans deux maisons voisines  mais ce n'est pas de topographie  dont il s'agit ici et nos souvenirs divergent dans leurs précisions même. Il reste les sensations que je prends plaisir à recopier parce que ce sont les mêmes que j'y ai ressenties.
Les soirs de juin, après dîner, je prenais sa voiture et montais la côte au-delà de Saint-Jean-du-Doigt, sur le promontoire où je me garais pour m’asseoir au bord de la falaise en à-pic au-dessus de l’océan, face au grand large, avec le ciel clair à onze heures, les mouettes qui piaillaient tout autour de moi, la vue sur la maison au loin dans son bouquet de pins. (…)  J’étais seule et heureuse. Bien que seule – ou parce que seule ? L’avenir allait à l’infini, comme l’horizon. J’étais sans âge.
Un beau moment de lecture. Un seul regret: le manque de photographies des lieux évoqués.

Maisons perduesNathalie Heinich, (éditions Thierry Marchaisse,  déc. 2012, 128 pages)
Une autobiographie par les toits,  des années 1950 à nos jours, qui rend justice à la grâce des maisons et à la douleur de leur perte. (note de l'éditeur)
Nathalie Heinich, née à Marseille en 1955, est sociologue, directeur de recherche au CNRS. Elle est spécialiste de la sociologie de l'Art et des pratiques culturelles. Ses ouvrages sont traduits dans une quinzaine de langues.
Maisons perdues est le premier texte littéraire qu'elle publie sous son nom.

mercredi 16 janvier 2013

Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, ma BD du mercredi


Il est six  heures ce mercredi 16 janvier 2013 et je reviens  des Kerguelen, la tête toute pleine encore des images de ces îles perdues si loin là-bas dans les mers australes au sud de La Réunion, là où m’a emmenée Emmanuel Lepage avec ses croquis, ses dessins, ses aquarelles et son récit d’un mois de voyage passé sur le Marion Dufresne, en avril 2010, en compagnie des marins,  ouvriers, scientifiques, observateurs de tous bords, comme lui,  qui s’affairaient pour découvrir ces lieux improbables, encore relativement coupés du monde, sans les moyens de communication dernier cri. 
Je viens de refermer ce magnifique album et j’en suis encore éblouie. Je ne suis pas une grande lectrice de récits de voyage mais j’ai plus qu’apprécié celui-ci. En réalité, c’est  de l’émerveillement, de l’admiration et de la joie que j’ai éprouvé tour à tour en suivant ces pages superbes, les mêmes émotions que j’éprouve devant les toiles d’un artiste très aimé. Un vrai bonheur! Comme dans les bons et grands moments, j’ai un instant oublié qui j’étais  comme l’auteur lui-même dans ce qui fut pour lui le meilleur moment de son voyage, sur l’île d'Amsterdam:
C’est entre les mots rares échangés ce jour-là, en marchant à leur rythme, en silence, alors qu’un soleil maigre nous caressait la peau, que j’ai cru apercevoir ce que les hommes avaient pu vivre pendant ces longs mois au bout du monde. Ce fut une journée parfaite. La plus belle de ce voyage. Un instant d’harmonie et de fraternité. Un fragment d’éternité.
Ce que j'ai aimé aussi , c'est l'authenticité du récit lui-même, sans parti pris, sans plan précis, au fil du temps et des rencontres. Pas d'excès, pas de prise de position venant d'un novice, juste un regard, un compte-rendu, une histoire du passé que l'on ressort, une explication donnée par un expert du bord. Les bons et les mauvais moments, les ratages et les réussites, la nature sauvage et les animaux du bout du monde, la mer et le ciel par dessus tout,  sur tout. Et la dernière image: ce bateau dans la nuit qui s'approche du port, la Réunion, la côte et le ciel étoilé:
Les nuages accrochés à l'île sont comme deux larges mains ouvertes. 
 En ont beaucoup mieux parlé: Yvan, Yaneck, Jérôme, (aujourd'hui même, comme une lecture commune),  Noukette, Choco, Emmyne, La-ronde-des-post-it, Flo, et beaucoup d'autres ...


Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage

(Futuropolis, mars 2011, 160pages)

Top BD des Blogueurs de Yaneck:  19,5/20

Logo BD noirLogo BD bleuLogo BD vertLogo BD rouge

Je participe au loto BD 2013 chez Mo, organisé avec Valérie et Loula. Gagner un tas de BD à la fois? Un rêve!

BlogaelleChocoChrys, Cristie, Delphine, Didi, Dolly, Emmyne, 

Estercalim, HildeHélène, Hérisson08, Iluze,  Irrégulière


Lou, Lounima,  Lystig,  Mango,  Manu,  Margotte,  Marguerite,  

Marie, Marion, Mathilde, Mélo, MissAlfie, Miss Bouquinaix,  

Moka, Mo, Natiora, Noukette,  OliV', Pascale, 

Paulinelit, Sandrounette, Sara, Sofynet, SoukeeSyl, 

Theoma, Un amour de bd,  Valérie, Sophie/Vicim,  Syl, Vero, 

Wens,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 32 octobre,

mardi 15 janvier 2013

James Patterson, Lune de miel

Lune de mielIl ne faut pas se fier aux apparences. Tout allait parfaitement bien. Maintenant plié en deux, j’agrippe mon ventre, en proie à une souffrance atroce. Bon sang que m’arrive-t-il? Si seulement c’était la Mort, venant mettre fin à cet épouvantable martyre! Mais ce n’est pas elle, pas encore, et je comprends tout à coup que, même si je ne sais pas ce qui m’a tué ce soir,  je sais foutrement bien qui l’a fait.
Nora Sinclair,  jeune décoratrice new yorkaise,  est l’exemple même de la réussite: belle, élégante, recherchée, elle sait aussi se montrer très organisée. Il le faut lorsqu’on mène plusieurs vies à la fois, dans trois endroits très différents: son loft à Manhattan, le manoir de son fiancé Connor et la propriété de son mari, Jeffrey, un écrivain célèbre. Son point faible, ce sont les visites régulières  qu’elle rend à sa mère à demi inconsciente désormais mais envers laquelle elle éprouve une vraie dévotion.
En réalité Nora est une femme très dangereuse, une veuve noire, qui tue ses riches maris pour s’enrichir. Justement arrive John O’Hara, un inspecteur du FBI qui se fait passer pour un agent d’assurances… 

Comme il se doit tout semble trop simple et je n’ai cessé d’aller de surprise en surprise.
Je comprends mieux maintenant pourquoi en 2012, James Patterson était cité par le magazine américain Forbes comme l'écrivain le mieux payé au monde. Il est doué!
 James Patterson: Lune de miel (Honeymoon)
Traduit de l'américain par Catherine Ludet
Policier / Thriller (Poche), 2004, 348 pages.
Challenge de Liliba

lundi 14 janvier 2013

Jusqu'au dernier penny de F. Scott Fitzgerald

C’est un récit d’une soixantaine de pages en quatre parties.

Tout commence au Brix Grill, à Paris,  un de ces endroits propices aux événements …où, avant de vous fondre dans le crépuscule vert-crème de Paris,  vous éprouverez le sentiment d’être dans un de ces lieux prédestinés, au cœur du monde. 
C’est là qu’un soir a lieu une  rencontre insolite entre deux Américains aux tempéraments totalement opposés, d'un côté,  un riche et puissant homme d'affaires,  Julius Bushmill, et de l'autre, un jeune et beau jeune homme nommé Corcoran complètement fauché et affamé qui,  de son propre aveu,  n'a qu'un seul talent, celui de dépenser. 
En quelques minutes une sorte de complicité s’installe entre eux et le sort du second est décidé : il accompagnera Hallie Bushmill, sa mère et son fiancé à travers leur circuit européen laissant ainsi toute liberté à l’industriel pour s’occuper de ses affaires en Angleterre. Corcoran promet de tirer partie de ses erreurs et de ses expériences pour divertir le trio tout en dépensant le moins possible. Le pari est pris. 
Dans un premier temps il respecte si bien son contrat que  la jeune fille croit mourir d'ennui.
Corcoran alors lui promet de lui montrer ce qu’il sait faire et de l’amuser comme une folle, ce qu’il n’a aucun mal à réaliser. Mère et fille sont éblouies et lorsque  les comptes doivent être faits prouvant que le pari est perdu, Hallie réussit malgré tout à convaincre son père de continuer à engager le jeune homme pour leur voyage en Italie  avec en plus, cette fois la présence de son fiancé, Nosby.  Celui-ci,  un homme raide, sombre et d'une politesse affectée, très vite jaloux, décide de continuer le voyage à sa façon, de Naples à Palerme, en  se passant  de la connaissance des usages locaux de Corcoran
La fin arrive très vite alors... (inattendue et que je ne peux dévoiler, bien sûr)
Tel est pris qui croyait prendre . 
Savoir dépenser follement pour le bien être de tous ne  peut-elle  s'avérer la plus sage des qualités? L'auteur n'est-il pas Fitzgerald?  
C'est succulent à  lire.
Ce récit a été publié le 10 octobre 1925 dans The Saturday Evening Post. C'est aussi l'année de la publication de Gatsby le Magnifique
Jusqu'au dernier penny de F. Scott Fitzgerald
Titre original: A Penny Spent. Taduit de l'américain par Brigitte Brière
Alfil éditions,  1994,  62 pages.
Francis Scott Key Fitzgerald est né en 1896 à Saint Paul (Minnesota) et mort en décembre 1940 à Hollywood.

dimanche 13 janvier 2013

Je sais que tu m'as inventée de Hélène Cadou, Le Bonheur du jour

Je sais que tu m'as inventée
Que je suis née de ton regard
Toi qui donnais lumière aux arbres
Mais depuis que tu m'as quittée
Pour un sommeil qui te dévore
Je m'applique à te redonner
Dans le nid tremblant de mes mains
Une part de jour assez douce
Pour t'obliger à vivre encore.

Hélène Cadou, Le Bonheur du jour
Cité par Charles le Quintrec dans son anthologie: Poètes de Bretagne; p. 230

Demeure de René Guy Cadou
Hélène Cadou: a écrit une importante œuvre poétique (Prix Verlaine 1990). Elle est aussi connue comme épouse du poète René Guy Cadou à la mémoire de qui elle a consacré une grande part de sa vie.

La demeure de René-Guy Cadou . Ce poète, disparu à l’âge de 31 ans, avait été nommé instituteur à l’école de Louisfert en 1945. En souvenir, sa classe a été aménagée en salle d’exposition.

samedi 12 janvier 2013

Le tag des cadeaux à 9 euros


C'est Alex qui me tague pour ce premier questions-réponses de l'année.


tag-9kdo9euros

Pour ce tag, vous devez juste vous demander ce que vous offririez dans les 9 catégories de cadeaux suivantes si vous aviez un budget d’environ 9 euros par cadeau. Vous pouvez choisir un cadeau unique ou un lot composé de plusieurs éléments.

1 – Livres
Monteriano de Edward Morgan Forster
Monteriano de Forster. (actuellement à 3, 55 € sur le net)

2 – Chocolats
Les meilleurs macarons au chocolat de Paris - Fauchon

3 – Epicerie fine:



Un macaron ou un éclair chez Fauchon, chocolat ou citron.
Miam! Miam!

4 – Musique:
21 - Adele
Trouvé à 7, 82€

5 – Culture
La Princesse Des Glaces - Camilla Läckberg
Un audiolib trouvé à 8 €

6 – Accessoire de mode:
Je sèche!


7 – Gadgets ou truc inutile et affreux:
Je passe! 

8 – Boissons:

Pris  debout à l'italienne avec un verre d'eau 
et un ami à qui souhaiter la bella vita!

9 – Souvenir d’ailleurs:
Mini ventilateur de poche  à piles, indispensable l'été: 4,49 €
Difficile à trouver en France! 

9 victimes :

vendredi 11 janvier 2013

Le bain du bébé dans Monteriano de E.M. Forster


 Le bain du bébé (suite du billet précédent sur Monteriano  de Forster, billet à lire de préférence) 

- Il me faudrait une serviette bien douce maintenant, dit Miss Abbott, que son service exaltait étrangement.
- Voilà ! voilà !
Sans hésiter, il courut au placard. Mais où diable trouver une serviette douce ? Il bouchonnait d’habitude l’enfant avec le premier objet sec venu.
-  Et si vous aviez un peu de poudre…
Il se frappa désespérément le front. On avait juste épuisé la réserve de poudre, semblait-il.
Elle sacrifia son propre mouchoir blanc. Gino disposa pour la jeune fille un siège dans la loggia, qui, orientée vers l’ouest,  restait agréablement fraîche. Quand elle fut assise, détachée sur le fond du paysage – trente kilomètres de paysage -  Gino posa sur ses genoux le bébé ruisselant. Il rayonnait de santé et de grâce et reflétait le jour comme un vase de cuivre. C’est un enfant semblable que Bellini couche, languissant, sur les genoux de sa mère, que Signorelli jette frétillant sur un pavé de marbre, que Lorenzo di Credi, moins divin, plus respectueux, dépose avec soin dans les fleurs, la tête  sur une poignée de paille dorée. Gino, un instant, resta debout à contempler. Puis, pour mieux voir, il s’agenouilla tout près de la chaise, les mains jointes.
Tel est le groupe que Philippe vit en entrant et qu’il prit à tous égards, pour la Vierge, l’Enfant et le Donateur. 
Monteriano de E.M. Forster, (Le bruit du temps), P.166

Luca Signorelli: Madonna et enfant, 1505

Lorenzo di Credi
Bellini, Madonna del Prato, 1505 environ, National Gallery, Londres.

E.M. Forster, Monteriano


Le récit commence à la gare de Charing Cross,  avec le départ en grande pompe  pour l’Italie de la jeune veuve  Lilia, chaperonnée par Miss Abbott, une jeune fille de l’endroit tout aussi inexpérimentée. Toute la belle famille Herriton a tenu à l’accompagner: sa belle-mère, ainsi que Philippe et Harriet, le frère et la sœur de son mari défunt avec Irma sa propre fille. Elle est heureuse : elle se sentait trop étroitement surveillée jusque là et ce voyage soulage tout le monde car Lilia, insouciante et imprévisible, commet  bévues sur bévues, ce qui est très mal vu et considéré comme inquiétant.
Cependant ce sera pire en Italie lorsqu’elle décide de se marier  avec le beau Gino, scandalisant sa famille anglaise  puisque ce n’est qu’un fils de dentiste. On envoie alors Philippe, le beau-frère, en ambassade et en catastrophe, pour essayer d’éviter cette mésalliance mais il arrive trop tard.  
 Je m’attendais à ce que ce soit Lilia, une fois remariée en Italie,  qui devienne  le personnage principal mais il n’en est rien et les rebondissements sont suffisamment nombreux et surprenants pour que pas un seul instant l’intérêt de la lecture ne se relâche. C’est passionnant, tragique et drôle,  très enjoué aussi selon les moments.
Philippe et Miss Abbott rivalisent de présence et de prises de positions importantes et décisives, sans oublier Harriet, l’intransigeante et  fatidique belle sœur.
Si l'homme italien offre  beauté,  joie de vivre et amour, les décisions importantes sont prises par les femmes anglaises auxquelles seul l’amour paternel résistera pour le malheur de tous.

Quelques citations:
Aucun d'eux ne comprit que le conflit les dépassait, qu'il était national, que des générations d'ancêtres, bons, mauvais ou indifférents, interdisaient à l'homme latin de se montrer chevaleresque envers la femme nordique, comme à cette dernière de pardonner à l'homme latin.
 (Sa propre mère) effrayait Philippe, sans lui inspirer un respect profond. Car sa vie n'avait pas de sens et son fils le voyait. A quoi servaient sa diplomatie, ses mensonges, sa perpétuelle domination? Quelqu'un en était-il meilleur ou plus heureux? En était-elle même, personnellement, plus heureuse?  Harriet, avec sa bigoterie aigre et triste, Lilia, avec son avidité au plaisir, étaient encore d'une qualité plus divine que cette machine logique, active et parfaitement inutile. 
Le bain du bébé: Miss Abbott, comme toute femme, aimait laver n'importe quoi, a fortiori un objet humain.
 Monteriano [ou “Là où les anges craignent de marcher», ( …les sots se précipitent…, citation de Pope), son autre titre]  est le premier roman de E. M. Forster après sa découverte de l’Italie. Paru en 1905,  il est traduit en 1954 en français  par son ami Charles Mauron et c’est cette traduction que «Le bruit du temps» vient de publier en juin  2012. On y trouve déjà les thèmes principaux de «Avec vue sur l’Arno», l’affrontement entre deux modes de vie, celui, rigide et austère de l’Angleterre d’alors et celui plus souriant et spontané de la Toscane puisque le titre se réfère à San Giminiano, la ville aux treize Tours.
Tout l'art de Forster est déjà là et j'ai aimé ce premier roman presque à l'égal des autres: Avec vue sur l'ArnoHowards end,  Maurice
Autres billets: Dominique, Lilly, ...

Monteriano de E.M. Forster,
Traduction de l’anglais par Charles Mauron. Édition présentée et annotée par Catherine Lanone
(Le Bruit du Temps, 2012, 224 pages) Couverture: Wim Schuhmacher, San Gimignano

Titre de 1905 : Where Angels Fear to Tread

mercredi 9 janvier 2013

L'Épervier, T8, Corsaire du Roy, de Patrice Pellerin, ma BD du mercredi


Ce tome 8 de la BD historique L’Épervier s'est fait attendre trois ans et demi, ce qui semble bien long mais la qualité est au rendez-vous, ce qui compense l'attente.
Il s’agit ici de la suite des aventures  de Yann de Kermeur, surnommé l’épervier, du nom de l’animal ornant le blason de sa famille. C’est lui le capitaine de La Méduse, le vaisseau du Roi.
 L’histoire a lieu en 1742, entre Brest, Morlaix et son Château du Taureau et Versailles avec en point de mire le Canada. 
A bord de la magnifique frégate de L’Épervier, prête à appareiller vers l’Ouest, les marins sont inquiets car leur capitaine a disparu. Dans la cour de marbre de Versailles et les Grands Appartements, on s’inquiète aussi pour la même raison. Le Roi et Maurepas se désespèrent du sort réservé à celui auquel ils ont confié une mission ultra secrète. Ils craignent sa disparition. 
En réalité Yann de Kermeur est prisonnier de la comtesse  Aude de Séverac qui veut découvrir à tout prix les plans de sa mission. Il est battu et torturé mais ne livre rien et réussit même à s’enfuir mais cette aventure ne fait que commencer et les trahisons, l’espionnage, les blessures, les affrontements maritimes entre navires anglais et français se succèdent à un rythme suffisamment haletant pour qu’on n’ait aucune envie de refermer cet album avant d’avoir terminé l’histoire qui hélas  va se poursuivre ailleurs sur les terres canadiennes et dans le tome 9. La dernière planche est superbe qui voit la Méduse, toute voiles dehors, voguant vers le Grand Large, pourchassée par deux vaisseaux ennemis mais le Corsaire du Roy est heureux : il est dans son élément.
 Je sais pourtant que le danger est là juste derrière nous à portée de canons anglais et aussi devant nous dans une traversée peut-être périlleuse. …Mais pour l’heure, insouciant, je savoure le bonheur d’être en mer. 
Le graphisme est superbe. C'est un plaisir d'admirer les dessins, et les détails des navires, de Versailles, de la rade de Brest, de Morlaix. On s'y croit! C'est beau et on rêve de liberté, d'évasion et d'aventures en compagnie de ces personnages si fougueux qui ne craignent ni le danger ni la douleur,pour des causes nobles auxquelles ils croient de tout leur cœur.


J'ai beaucoup aimé!  
  L'Épervier, T8, Corsaire du Roy,  de Patrice Pellerin,  (Quadrants, 01/07/2012,  46 pages)

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  • Je rajoute cette semaine la BD de mercredi dernier de Kikine que je n'avais pas encore relevée.Le chant du pluvier de Laprun, Béhé et Surcouf. Il faut parfois me tirer l'oreille dans un commentaire car je ne vois pas toujours  toutes les  BD du jour. Certaines échappent parfois à mon attention qui se voudrait un peu plus vigilante! 
  • A la demande de Yaneck, ( dont le blog vient de fêter ses cinq ans et qui organise un concours à cette occasion),  je reviens sur le bilan du dernier trimestre publié ICI  pour indiquer les auteurs les plus souvent présentés cet automne 2012. 
Curieusement, la première place revient à un auteur qui ne fait pas forcément l'unanimité et qui a même été souvent contesté ces derniers mercredis.
  • Bastien Vivès, avec 8 billets sur des titres divers, suivi de 
  • Kirkman,Moore, Adlard: Walking Dead, 4 articles
  • Davodeau et  4 billets sur 2 titres: Les ignorants, Lulu, femme nue,
  • Zidrou avec 4 billets (plusieurs titres)
  • Chabouté, 3 billets (titres variés)
  • Lupano, Moreau avec le singe de Hartlepool, cités 3 fois
  • Lepage et Un printemps à Tchernobyl, 3 fois
  •  Larcenet avec Blast, 3 fois
Choco, Chrys, CristieDelphine, Didi, Dolly, Emmyne, 

Estercalim, HildeHélène, Hérisson08Iluze,  Irrégulière


Lou, Lounima,  Lystig Mango,  Manu,  Margotte,  Marguerite,  

Marie, Marion, Mathilde, Mélo, MissAlfie, Miss Bouquinaix,  

Moka, Mo, Natiora, Noukette,  OliV'Pascale, 

Paulinelit, Sandrounette, Sara, Sofynet, Soukee, Syl, 

Theoma, Un amour de bd,  Valérie, Sophie/Vicim,  Syl, Vero, 

Wens,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 32 octobre,

mardi 8 janvier 2013

Derrière l'épaule, de Françoise Sagan, Mémoires et autocritique


A défaut d’écrire sa biographie, Françoise Sagan, à la fin de sa vie, relit ses romans pour la première fois et en fait une critique des plus lucides, à sa façon détachée  et élégante. Elle sait avoir la dent dure comme lorsqu'elle déconseille tout simplement la lecture de Un profil perdu dont la lecture ne serait qu'une corvée!  

Quant à ce Derrière l'épaule, lui,  ce sera son dernier livre,  publié en 1998, six ans avant sa disparition. 
En parlant de douze de ses  romans, c'est sa vie qu'elle revit et c'est délicieux et plein d'humour! Pouvais-je seulement imaginer que je m'amuserais tellement, tout en m'attendrissant souvent aussi, en lisant ce livre de souvenirs?
Si on aime Sagan, il faut lire ces pages! 

De Bonjour Tristesse que dit-elle?  
C'est un livre  à la fois instinctif et roué, usant de la sensualité et de l'innocence à parts égales, mélange encore détonant aujourd'hui comme il le fut hier...(...) Il respire l'aisance, le naturel et toute l'habileté  inconsciente que donnent la fin de l'enfance et les premières brûlures de l'adolescence: il est rapide, heureux et bien écrit. (...) C'est un livre qu'on peut lire sans ennui et sans déchéance. 
Il faut lire sa première interview chez ses parents, avec un journaliste demi- bègue, ce qui  réveille illico chez elle la demi-bègue qui y somnolait et se manifestait rapidement. Derrière la porte entrouverte sa mère est prise d'un fou-rire et moi aussi, en lisant ce passage très drôle. 
Elle dit avoir écrit ce premier roman l'été de son bac alors qu'elle préparait le rattrapage de septembre.

Un certain sourire , son second roman, fut celui où les  quatre principaux critiques de l'époque, Kemp, Henriot, Kanters et Rousseau, reconnurent enfin sa légitimité en tant que romancière car on l'avait accusée de n'être pas vraiment l'auteur du premier.
 Je fus donc déclarée la vraie mère de mes deux livres. Oui , c'était bien moi qui écrivais ces bleuettes péniblement scandaleuses, ces appels fugaces à l'érotisme, etc.
Ce roman fut celui de la découverte de Saint-Tropez, de l'amitié insouciante et du bonheur.

Quant au  troisième,  Dans un mois, dans un an, qui avait en arrière-plan  le terrible accident qui transforma sa vie et sa rencontre avec Guy Schoeller, un éditeur plein d'humour mais aux yeux tristes  qui fut son premier mari, ce livre fut très mal accueilli: on le taxa de vrai brouillon. Sagan reconnaît que c'était justifié car il est bourré de phrases de moraliste, genre: "Cette effrayante santé morale que donne l'ambition", mais c'est pour mieux s'en amuser car, ajoute-t-elle: "plus sa vie est tumultueuse, plus un auteur est sentencieux".  Dans ce chapitre, elle glisse une savoureuse rencontre avec Sartre, dans une maison de passe et un coup de griffe à Simone de Beauvoir.

Chaque partie apporte ainsi son lot de surprises passionnantes. 
C'est vraiment un livre délicieux, jubilatoire, indispensable à qui est fan de Sagan, comme moi. 

Derrière l'épaule de Françoise Sagan, Plon, 1998, 233p