mardi 21 septembre 2010

Quelques belles découvertes sur des blogs cette semaine

Comme d'habitude, je me perds parfois,  souvent, sur le net, de lien en lien, je vais du pire au meilleur ou inversement plutôt d'ailleurs.
Voici ce qui m'a le plus frappée cette fois-ci

1) Les routes les plus dangereuses du monde chez Topito  au Pakistan, en Bolivie, en Chine,  en Italie, au Tibet, à nouveau au Pakistan et en Bolivie.

    
                                              




2 Le  Bibliofil:  nouvelle tendance qui consiste à se tatouer le livre dans la peau, 3 Site sur les tatouages littéraires Contrariwise





4 , Par Grégoire leménager, dans le BibliObs, des citations  en pagaille sur les écrivains par d'autres écrivains, extraits du livre  Dictionnaire des injures littéraires», 
par Pierre Chalmin, :
Parmi les phrases que je préfère:



Gide (André)


« Mort d'A.G. La moralité publique y gagne beaucoup et la littérature n'y perd pas grand-chose.»



Paul Claudel

Mallarmé (Stéphane)


« Mallarmé, intraduisible, même en français.»

Jules Renard

Proust (Marcel)


« Un poète persan dans une loge de concierge.»

Maurice Barrès cité par Walter Benjamin


Zola (Émile)


« Tant qu'il n'aura pas dépeint complètement un pot de chambre plein, il n'aura rien fait.»

Victor Hugo (cité par Léon Daudet)

lundi 20 septembre 2010

Robe de marié de Pierre Lemaître

Toutes les lectrices blogueuses l’ont aimé, ce thriller. ( pas Manu cependant) Je partais donc confiante. Et comme je savais que j’allais le lire, j’ai préféré éviter tous les résumés pour ne m’assurer que des  impressions ! J’ai été sage et ne peux que me réjouir de cette décision  car ainsi j’ai pris les événements et  les coups de théâtre  en pleine figure. J’en ai eu le souffle coupé ! Cette lecture, c’est comme  les montagnes russes:  une série de secousses très fortes : Je me suis sentie bluffée, manipulée, complètement déconcertée, et finalement admirative ! Bravo l’artiste!

Quel roman bien ficelé! Quatre parties, quatre virages à 180°.  Je n’avais vraiment rien vu venir à la fin de la première, intitulée:  "Sophie" C’est l’héroïne, elle est complètement folle, dangereuse,  en cavale,  avec toute la police française à ses trousses ! C’est une tueuse ! Elle  a déjà supprimé sa belle-mère qu’elle détestait, son mari devenu invalide dans un accident de voiture et enfin l’enfant de six ans dont elle s’occupait. Elle ne désire plus qu’une chose : changer d’identité pour disparaître plus complètement. Elle va rencontrer "Frantz"  dont on lit le journal intime dans la deuxième partie, enfin ce sera, pour finir, changement subtil mais essentiel,  «Frantz et Sophie» et  «Sophie et Frantz»,  les  deux dernières parties de ce roman extrêmement bien structuré… Impossible d’aller plus loin !.

Je n’ai plus lâché ce livre, une fois commencé : j’étais devenue une zombie et le traînais partout avec moi, à table, devant la télé, au lit. Plus question de m’impliquer dans quoi que ce soit d’autres, ce  week end. Une partie de la famille revenait d’un petit séjour à Prague. Je n’écoutais que d’une oreille ! Je sais : ce n’est pas beau mais ils me connaissent, ils sont devenus indulgents avec le temps, ils ont ri. Heureusement, ça ne m’arrive quand même pas si souvent mais cette fois c’était l’immersion totale : je voulais coûte que coûte savoir la suite !
Quoi de mieux  quand on lit un policier ? Un autre très grand policier ! Vite!
"Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel: elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle." (1ère page)

Merci à Alex qui en a fait un livre voyageur et à Lystig qui me l'a envoyé. J'ai bien compté une trentaine de billets sur ce livre, si ce n'est plus.  BOB les a recensés  ICI
Robe de marié de Pierre Lemaître ( Camann-Lévy, 2009, 271 pages)

dimanche 19 septembre 2010

Le dernier poème de Robert Desnos

Le dernier poème

J'ai rêvé tellement fort de toi,  
J'ai tellement marché, tellement parlé,  
Tellement aimé ton ombre,  
Qu'il ne me reste plus rien de toi.  
Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres  
D'être cent fois plus ombre que l'ombre  
D'être l'ombre qui viendra et reviendra  
dans ta vie ensoleillée.

Domaine public, 1944 (Gallimard ed.)  Robert Desnos,  poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au Camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug de l'Allemagne nazie.
Tableau d'André Masson, ami de Desnos

samedi 18 septembre 2010

La vie adulte de Virginie Mouzat, Rentrée littéraire 2010

La vie adulte ne s’atteint pas facilement mais par degrés généralement. Ici cependant, la narratrice revit ce passage violent de ses 14 ans quand,  avec  son frère,  elle a été contrainte de quitter l’enfance douillette et choyée  d’une jeune adolescente de  la banlieue ouest, le soir où sa mère chérie et admirée, sans crier gare, n’est plus jamais rentrée dans son foyer. Sa première réaction : son changement de prénom !  Ce sont les premières lignes du récit : « Je ne m’appelle plus Dominique. Je m’appelle Nathalie. C’est ce que j’ai dit à mon père. Il a dit « Et pourquoi plus Dominique, ma chérie ? – Parce que maintenant ce sera Nathalie-ma-chérie », j’ai dit. Il a souri. Il sourit facilement. Nous sommes dans la cuisine, en bas. Il est debout. Il reste debout, il me regarde. Il ne répond pas.  A cet instant le temps s’arrête sur lui, sur moi. » … « Ma mère était partie. Volatilisée. Je l’imaginais portant son vison jour et nuit, accrochant la lumière des phares sur sa fourrure sombre, jambes nues déjà."
Une histoire triste d’abandon qui se résume en peu de  mots mais qui, par la magie du verbe,  du style, de l’écriture, du talent de la romancière résonne longtemps  comme une petite musique aigrelette et nostalgique,  une sonnerie de portable dans une maison vide . une chanson ancienne à moitié oubliée.
Virginie Mouzat dont c’est le deuxième roman après  « Une femme sans qualités », en 2009,  raconte ici la disparition volontaire mais inattendue d’une mère, un beau soir de mars . Le père, le frère aîné et la narratrice, l’attendront longtemps avant de réorganiser tant bien que mal leur quotidien. La fin explique un peu l’énigme sans davantage s’appesantir, simplement en replaçant un peu mieux l’incident dans le cours de l’histoire d’une génération, à Paris, après 68.
Je croyais ne plus aimer les romans trop intimistes, nombrilistes  si nombreux depuis quelque temps mais celui-ci brille par l’ absence de sentiments violents, par  l’attente quotidienne mais sans paroles qui finit par s’installer au milieu de l’incompréhension générale,  la résignation et le besoin de continuer sa propre vie à son tour sur de nouveaux chemins.  Un beau récit, qui surprend, attriste et séduit en même temps. J’ai aimé.  


La vie adulte de Virginie Mouzat  


(Albin Michel (août 2010), 133 pages)  


Merci aux éditions Albin Michel et à Ulike pour ce livre  



Ont présenté ce livre: Stephie , Diddy  , Cynthia  et qui d'autres? 

vendredi 17 septembre 2010

Journées européennes du patrimoine 2010, Maisons d'écrivains en Yvelines

Pour les journées du patrimoine du 18/19 septembre20 de  cette année, j'aimerais visiter ou aller voir une de ces maisons d'écrivains près de chez moi ,sauf  évidemment  celles que j'ai déjà vues (en noir)

Bougival: Ivan Tourguéniev

Bourdonné:
Le poète José-Maria de Heredia est décédé au château de Bourdonné le 2 octobre 1905.

. Fontenay-le-Fleury: Sacha Guitry,  Sacha Guitry  vécut à Fontenay de 1937 à 1957 au château de Ternay où il épousa sa quatrième épouse, Geneviève de Séréville .Propriété privée, le château de Ternay ouvre les grilles de son parc à titre exceptionnel.


Le Vésinet: Alain (pas de visites)


Levis-Saint-nom: André Gide (Sa maison est-elle indiquée? Je n'ai pas réussi à le savoir)


Louveciennes: Leconte de Lisle, Anaïs Nin

Magny-les-Hameaux: Abbaye de Port-royal


Maisons-Laffitte: Jean Cocteau, 


Médan: Maurice Maeterlinck, Emile Zola


Montfort-l'Amaury: Germaine Beaumont, Colette, José Maria de Heredia,Victor Hugo, Jacques de Lacretelle


Neauphle-le-château: Marguerite Duras, Michèle Manceaux,  ( Ne se visitent  pas,mais intéressantes à voir)


Port-Marly: Alexandre Dumas père, (Château de Monte-Cristo) 

Edit du 18/sept. Prix unique= 3,50€. Je croyais que les visites étaient gratuites ces journées-là! 

Saint-Arnoult-en-Yvelines;Elsa Triolet, Louis Aragon


Saint-Germain-en-Laye, Port-Marly, Alexandre Dumas


Versailles: Maurice Martin du Gard, Jean et Jérôme Tharaud





Château de Monte-Cristo
Source:"Balade en Yvelines" par Marie Noëlle Craissati (ed.Alexandrines")  Sur les pas des écrivains des Yvelines "

Mediator 150 mg de Irène Frachon

J’ai lu ce livre comme un policier, en retenant ma respiration.. Au départ, pourtant, je croyais qu’il ne s’agissait que d’une sorte de documentaire pharmaco-médico etc. C’est bien plus que ça  et je reprends la  phrase  d’un autre lecteur : "Un livre qui se lit comme un polar. Un polar qui vous glace le sang. Mais un polar où tout est vrai."
Il paraît avec un bandeau blanc indiquant que le sous-titre choisi : « Combien de morts »  a été tout récemment  censuré par un juge brestois, à la demande du laboratoire Servier. Brest est en effet la ville d’où tout est parti : les recherches médicales et le livre. 
De quoi s'agit-il ? D’une question vitale et bien symptomatique de la toute puissance des laboratoires pharmaceutiques en France, dernier pays où le Médiator était encore prescrit jusqu’en novembre dernier.  Voici ce que dit Charles Kermarec, directeur de la Librairie Dialogues : Le" Mediator 150mg est un médicament antidiabétique souvent prescrit comme coupe-faim, dont l'autorisation de mise en marché a été suspendue par l'Afssaps (Agence du médicament), en novembre 2009, en raison de sa toxicité avec risque avéré d’atteinte des valves du cœur que sa consommation entraînait pour les patients. Les valvulopathies sont des maladies qui peuvent être mortelles. Deux millions de personnes ont consommé du Mediator. Et 300 000 encore tous les jours au moment où l'interdiction faite aux pharmaciens de le vendre a été prononcée. Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, a été l'un des médecins dont l'enquête a conduit l'Afssaps à faire retirer le Mediator du marché. » 
Dans  cette histoire,  une femme  se dresse seule au départ contre un des plus grands  groupes pharmaceutiques  de notre pays pour que soit interdit un médicament dangereux.  Pendant ce temps, l'état français commandait d'urgence cette énorme quantité de vaccins qui s'avérera inutile contre une hypothétique  pandémie de grippe H1N1 qui terrifiait tant les autorités médicales d'alors ! Qui maîtrise quoi? 
Edit de 15 H:  Aujourd'hui même  se décide l'issue d'un procès qui oppose  des patients ayant consommé du Mediator et le laboratoire Servier. Au mois de novembre, aura lieu l'appel du procès qui a obligé les éditions Dialogues  à retirer le titre initial.
" L'omniprésence de l'industrie pharmaceutique à tous les stades de la décision est un fait, avant d'être une critique. Elle n'est évidemment que la conséquence du retrait des pouvoirs publics de ce champ et donc du poids croissant du financement par l'industrie des différentes instances de contrôle des médicaments. Résultat: ce sont les producteurs eux-mêmes qui, de fait, procèdent à l'évaluation de leur production. La commission d'AMM, par exemple, qui décide en dernier ressort de la mise en circulation des médicaments et de leurs indications précises, enjeux de première importance financière, est financée aux trois quarts par des laboratoires."

Un livre que je suis contente d'avoir lu et pour l'envoi duquel je remercie  Ulike  et la librairie Dialogues   Alex en parle aussi. 
Mediator 150 mg de Irène Frachon, (Editions-Dialogues, 2010,148 pages)

jeudi 16 septembre 2010

La citation du jeudi. Métamorphose des pirates en dauphins par Ovide


"Voilà le vaisseau  qui s'arrête sur les flots, tout comme s'il eût été à sec dans la cale. Eux, stupéfaits, continuent à battre la mer de leurs rames et larguent toutes les voiles, espérant par ce double moyen  faire filer le navire. Mais des lierres embarrassent les rames, serpentent en flexibles étreintes et suspendent leurs grappes aux voiles appesanties.
Le dieu, couronné de raisins, brandit une lance voilée de pampres; et, autour de lui s'allongent des tigres, des apparences de lynx, des formes cruelles de panthères tachetées. 
Les hommes, vertige ou terreur, sautent à la mer. Et Médon, le premier, noircit, s'amincit en nageoires, se courbe en arc. Et Lycabas: "quel miracle, dit-il, quelle métamorphose!" Mais, comme il parlait, sa bouche s'élargit, son nez s'allonge, sa peau durcie se couvre d'écailles. Libys, qui peinait à retourner les rames, voit ses mains se réduire et se contracter: non plus mains mais nageoires. Un autre voudrait tendre les bras pour débarrasser les cordages: il n'a plus de bras; privé de membres, le dos voûté, il saute dans les ondes; et sa queue ressemble à une faux ou à la courbe du croissant de lune.
De toutes parts ils bondissent et font jaillir l'eau en rosées, émergeant encore et rentrent sous le flot,  et jouent comme un chœur dansant et lancent capricieusement leurs corps, aspirent la mer et la rejettent de leurs larges naseaux". ..
Métamorphose des pirates en dauphins  (Métamorphoses d'Ovide, III, v. 629-685) Traduction de Jean Bayet, 1958  Photographie: Mosaïque de Cnossos


Lecture de nuit , Valérie, Ovide et les Métamorphoses

Cette nuit de 3 H 30 à 6 H ,sur Direct8, Valérie (je ne connais pas son nom)  a lu Les Métamorphoses d'Ovide
J'ai bien aimé sa lecture  très vivante, évitant à la fois les deux écueils qui m'ont parfois gênée avec d'autres lectures: la monotonie et l'interprétation excessive.
 Ici, c'était une lecture ressemblant plus à un intermède entre amis qu'à une performance d'acteurs: Tout semblait naturel jusqu'aux petites erreurs , vite reprises et de façon naturelle, sans trouble, le besoin de boire un verre d'eau, un froncement de sourcils selon le texte, une accentuation de temps à autre dans les dialogues mais sans exagération
Une lecture intelligente et souriante, en somme, mettant bien en valeur un texte pas si facile
C'est une excellente initiative que ces lectures de nuit que je n'ai découvertes que trop récemment.. Sont prévues les lectures de  "Christophe Colomb" par Jules Verne et de "Voyage en Orient" de Gérard de Nerval
Plus de renseignements  ICI,

mercredi 15 septembre 2010

La BD du mercredi, La Porte au Ciel, 1,de Sicomoro & Makyo

Julie, Manu et Anna sont trois adolescentes d’un même lycée  appelées les Japonaises pour avoir tenté plusieurs fois de se suicider. Bien que très différentes et toujours prêtes à  se disputer,  elles sont cependant de très bonnes amies.  Un jour, elles décident de s’enfuir ensemble et de  se réfugier dans une maison forestière ayant appartenu aux grands parents de l’une d’elles. Elles s’y cachent pour échapper aux gendarmes   et découvrent peu à peu leur nouvel abri et quelques voisins étranges et inquiétants : un peintre qui ne cesse de peindre sa fille morte qui ressemble étrangement à Manu, un célibataire simplet tyrannisé par sa tante, et quelqu’un de mystérieux qui les épie sans cesse derrière ses jumelles.
L’endroit aussi est spécial puisque dans la cave, se trouve « la porte au ciel » qui communique avec les morts.  Elle porte une croix celtique comme deux autres endroits voisins.

J’aime beaucoup cette histoire qui s’avère captivante . Les dessins sont clairs, nets et précis, les visages très expressifs et les couleurs séduisantes. Ce n’est pas loin d’être un coup de cœur : j’attends la suite avec impatience !  




La Porte au Ciel, 1, de Sicomoro/ Makyo
(Aire libre, Dupuis, 2008, 56 p)

 Participent aux BD du mercredi de Mango , Dollylou,    Hathaway,  HildeHérisson08, Lounima, Lystig,  Manu, , Mo'lafée,  Sandrounette
 Valérie,   yoshi73 , Kikine ,  choco, Emmyne, Noukette,  Mathilde

mardi 14 septembre 2010

En plein dans le nouveau Houellebecq, réflexion sur le Goncourt

Lire un livre, c'est toujours une aventure, surtout les nouveaux,  ceux de la rentrée en ce moment par exemple dont je n'ai pas encore lu les résumés ou les articles correspondants! Chacun d'eux est encore une terre vierge et c'est ce que j'apprécie surtout:  ne pas  subir trop d'influences! Situation rare!
Bien sûr si l'auteur est déjà bien connu et encore plus si on a déjà lu certains de ses livres, on n'est pas totalement neutre non plus! Bref, difficile de ne pas commencer un roman sans a priori!
C'est pourtant ce que j'essaie de faire avec le nouveau Houellebecq: La carte et le territoire. Je me suis embarquée dans ce roman comme on  se jette en direction d'une terre inconnue! Que vais-je y trouver? Quel sentiment dominera ma lecture: l'indignation, l'admiration, l ennui?
Pour l'instant, après deux jours de lecture assidue, je n'en suis encore qu'au chapitre 12 sur 14 plus l'épilogue. Je m'arrête à la page 238. Le volume en contient 428. J'ai donc juste un peu dépassé la moitié du livre. J'ai besoin de faire le point.
Il  est dans la sélection du Goncourt, soit!  Pour moi,  ça ne veut pas dire grand chose une fois passé l'effet de curiosité! Rares sont les Prix Goncourt que j'ai aimés. Je peux même affirmer le contraire  Je me souviens surtout de tous ceux que j'ai détestés ou abandonnés comme ce pauvre Weyergans avec ses " Trois jours chez ma mère qui gît empoussiéré sur son  étagère, attendant sans grand espoir que je le reprenne pour le terminer!
D'ailleurs, des dix premiers Goncourt de ce troisième millénaire  (ça fait bien quoique pompeux!) quels sont ceux que j'ai vraiment aimés? Je ne retiens que celui de Marie NDiaye, peut-être parce que lu récemment?  

2000 - Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven (Gallimard)  Beurk!
2001 - Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil (Gallimard) Trop long, ennuyeux.
2002 - Pascal Quignard, Les Ombres errantes (Grasset)  Un peu oublié,je dois dire
2003 - Jacques-Pierre Amette, La Maîtresse de Brecht (Albin Michel)   Pas mal.
2004 - Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta (Actes Sud)   AB
2005 - François Weyergans, Trois jours chez ma mère (Grasset)  Très ennuyeux,
2006 - Jonathan Littell, Les Bienveillantes (Gallimard)  Trop long, abandonné
2007 - Gilles Leroy, Alabama song (Mercure de France)   Sans plus.
2008 - Atiq Rahimi, Syngué sabour. Pierre de patience (P.O.L.)  Pas trop aimé
2009 - Marie NDiaye, Trois Femmes puissantes (Gallimard)  Oui!

A ce stade,  petit rappel des tout premiers Goncourt, les onze premiers d'avant la première guerre de 14/18
1903 - John-Antoine Nau, Force ennemie (Plume)
1904 - Léon Frapié, La Maternelle (Albin Michel)
1905 - Claude Farrère, Les Civilisés (Flammarion)
1906 - Jérôme et Jean Tharaud, Dingley, l'illustre écrivain (Cahiers de la Quinzaine)
1907 - Émile Moselly, Terres lorraines et Jean des Brebis ou le livre de la misère (Plon)
1908 - Francis de Miomandre, Écrit sur l'eau (Émile-Paul)
1909 - Marius-Ary Leblond, En France (Fasquelle)
1910 - Louis Pergaud, De Goupil à Margot (Mercure de France)
1911 - Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines (Grasset)
1912 - André Savignon, Filles de la pluie (Grasset)
1913 - Marc Elder, Le Peuple de la mer (Calmann-Lévy)
1914 - prix non décerné à cause de la guerre


Je  n'ai lu que le Pergaud, à cause d'ailleurs de son livre le plus célèbre: la Guerre des boutons, roman de ma douzième année,1918. Je connais juste de nom : Claude Farrère,  les Tharaud, bien sûr, de Miomandre et  Alphonse de Châteaubriand dont j'ai lu "La Brière", c'est tout!


Bon, je m'aperçois que j'ai divergé ! Mon premier propos était de ne parler que du livre de Houellebecq. qui me plaît et qui est tellement riche qu'il me trimballe sur un tas de pistes et de citations que je voudrais approfondir. Plus tard!
Couverture du Premier Goncourt, en 1903
John-Antoine Nau, Force ennemie (Plume) : portrait .

lundi 13 septembre 2010

La communauté du sud, 1, Quand le danger rôde de Charlaine Harris

Est-ce que ça existe déjà des Harlequins vampiriques  ou à la sauce vampire ?

Je demande parce que vraiment en lisant ce premier tome de la série de Charlaine Harris,  Quand le danger rôde, c’est la première impression que j’ai eue ! Tout y est : le patron et  la serveuse de bar,  vierge et sexy, naïve mais futée, télépathe en plus, la brave petite Sookie Stackhouse, la narratrice, sympathique et courageuse mais qui tombe raide amoureuse au premier coup d’œil du beau vampire Bill, tandis qu’elle refuse les avances de Sam,  son patron justement, qui a pour drôle d’habitude d’aimer la renifler ! Tiens donc serait-il, non un vampire, lui, mais un Garou (Attention, spoiler -  mais qui n’a pas encore lu ou vu cette série désormais?).

 Les scènes  d’amour, tour à tour  romance et sexe, ne manquent pas non plus, pimentées  de morsures et autres jeux sanguins  comme d’autres boivent du vin! Autour de l’affriolante héroïne et de son beau vampire, les meurtres se succèdent, voisins, amis, famille : il ne fait pas bon faire partie de leur entourage ! Comme l’indique le titre, le danger rôde et  ce sont  les amoureux  qui sont visés.
A partir de ce moment,  le roman rose vire au noir. Nous sommes dans un policier classique et même un thriller où on chasse le  ou les serial killer.

Histoire simple et basique par conséquent qui se lit très facilement, plutôt, en s’amusant qu’ en s’apitoyant ou qu’en étant effrayé ou horrifié ! Tout ça est trop convenu, pas assez fouillé. Rien de vraiment original ! Du méli mélo associé à du grand guignol sanguinolent! Pas désagréable au final pour qui n’attend de sa lecture qu’un peu de distraction ! Un petit roman de fin d’été pour moi. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire la suite!
Quelques extraits:  Première apparition du beau vampire:
"J'étais sur la véranda lorsque Bill arriva. Ce fut une entrée typiquement "vampire", avec nuage noir, sifflements dans l'air et apparition subite de l'intéressé au pied des marches de la véranda. Il ne manquait que le roulement de tambour."
Les faux et les vrais vampires .
Parmi les humains plus ou moins déguisés, fascinants et pathétiques  se trouvaient d'authentiques vampires. Ceux-ci,  contrairement aux faux  n'avaient rien à faire pour paraître inquiétants : leur teint spectral et leur regard fiévreux en disaient assez.Lecture commune avec Canel et Sofynet
Quand le danger rôde  de Charlaine Harris (La Communauté du sud, 1,J'ai lu, 2005, 315 p) Titre original: Dead until Dark, traduit de l'américain par Cécile Legrand-Ferronnière

dimanche 12 septembre 2010

C'est une chose étrange à la fin que le monde de Louis Aragon

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix


Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant



C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont chez eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre...


Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle


Louis Aragon, (1897-1982) 
Les Yeux et la mémoire, 1954, Chant II, Que la vie en vaut la peine
Jean d'Ormesson: C'est une chose étrange à la fin que le monde,2010


samedi 11 septembre 2010

de Gaulle à la plage, BD de Jean-Yves Ferri,

 Un grand merci tout d'abord à mon bibliothécaire préféré qui a glissé cette adorable BD en dernière minute sur mon tas de livres à enregistrer!
Il a eu raison et c'est la première lecture qui m'a attirée et tentée  dans la soirée. Elle m'a bien amusée et j'ai beaucoup aimé les couleurs franches et gaies de Patrice Larcenet. 

"Cet été 56, lassé de l'ingratitude des Français et de la médiocrité de leurs dirigeants, le libérateur de la France décide de prendre quelques vacances bien méritées".

Ainsi commence l'histoire.
Suivent ensuite des mini récits, souvent deux par pages, mettant en scène un de Gaulle caricatural mais touchant aussi, qui se comporte comme un Français moyen avec sa femme et son chien à ses côtés tandis qu'il garde la tête dans ses rêves de grandeur en dictant ses mémoires à son minuscule secrétaire qui le suit comme son ombre et lui remet sans cesse  les pieds sur terre. 
C'est drôle,dynamique,un peu nostalgique aussi, bref j'ai passé un bon moment avec ce personnage qui se voit lui-même si grand qu'il dépasse souvent le cadre de l'image comme sur la couverture! 
Un album  sympathique!  A lire à petites doses.


Kathel et Alwenn ont aimé aussi et d'autres mais pas CécileQde9

de Gaulle à la plage par Jean-Yves Ferri,

(Dargaud, collection Poisson pilote, 2007 48 p , couleur: Patrice Larcenet)

vendredi 10 septembre 2010

Prix Goncourt des lycéens 2010, les 14 auteurs sélectionnés

Dans 55 lycées, les classes participant à l'édition 2010 du Prix Goncourt des lycéens vont devoir faire leur choix parmi les 14 auteurs figurant dans la sélection de l'Académie Goncourt :

- Olivier Adam, Le Cœur régulier (L'Olivier)
- Vassilis Alexakis, Le premier mot (Stock)
- Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages (Fayard)
- Vincent Borel, Antoine et Isabelle (Sabine Wespieser)
- Virginie Despentes, Apocalypse bébé (Grasset)
- Marc Dugain, L'Insomnie des Étoiles (Gallimard)
- Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud)
- Michel Houellebecq, La Carte et le territoire (Flammarion)
- Maylis de Kerangal, Naissance d'un pont (Verticales)
- Patrick Lapeyre, La Vie est brève et le désir sans fin (P.O.L)
- Fouad Laroui, Une année chez les Français (Julliard)
- Amélie Nothomb, Une forme de vie (Albin Michel)
- Chantal Thomas, Le Testament d'Olympe (Seuil)
- Karine Tuil, Six mois, six jours (Grasset)


Pour information, le Goncourt des lycéens est aussi sur Facebook :
http://www.facebook.com/leprixgoncourtdeslyceens
Et sur Twitter :
http://twitter.com/goncourtlyceen

L’homme qui m’a donné la vie de Virginia Bart, Rentrée littéraire, Premier roman

Voici un petit livre qui m’a enchantée. Je dis petit dans le sens de mince,  peu épais, facile à lire et très vite lu. Une fois commencé, difficile de le lâcher ! C’est un premier roman d’une jeune femme allant vers la quarantaine, originaire de Sète et journaliste à Paris. C’est tout ce que j’ai appris sur l’auteur. Je ne sais pas si son récit est autobiographique et si elle a vécu cet abandon d’un père plus beatnick que hippie, plus proche de kerouac que des soixante-huitards, fumeurs de hasch à Katmandou.
En tout cas tout semble vrai tant l’histoire ressemble à  bien  d’autres  ces dernières années : un père qui ne reste pas en place et abandonne tout régulièrement :  maison,  travail, femmes et enfants pour reprendre sa liberté, ce n’est plus si rare !

 C’est ce qui est arrivé à la narratrice, abandonnée très tôt par un père  non seulement absent mais marginal  dont elle aura honte longtemps et qui n’aura jamais pour tout bien que son vélo et sa guitare. Il partira sur les routes. sans prévenir, jusqu’en Inde où la dure réalité du pays le rejettera  vers l’Espagne. Sa fille le reverra épisodiquement pour le retrouver  une fois adulte et apprendre enfin à mieux connaître  cet homme charismatique au corps d’athlète mais à l’esprit cabossé,  tellement aimé, détesté et  redouté à la fois.

"Jeune, mon père était un très bel homme. Brun, bronzé, musclé, la peau éternellement brûlante et salée. Et jusqu'à l'âge de quarante ans, ni ses excès, ni son mode de vie marginal n'avaient réussi à entamer son physique solaire d'homme des criques, des jetées et des chemins de bord de mer qu'il parcourait à vélo, toujours vêtu d'un jean et d'un tee-shirt." (première phrase)

J’ai beaucoup aimé ce récit troublant et très émouvant, écrit un peu sèchement, par petites phrases courtes comme pour couper court à la sensibilité frémissante et à l’attendrissement que l’on sent proches.

Acheté dans le grand magasin culturel voisin, je ne pourrai pas profiter de l’offre étrange proposée aux acheteurs de ce premier roman : si vous n’aimez  pas,  vous écrivez pourquoi, vous  ramenez le livre et vous voilà remboursée.

Moi j’aime, je l’écris,  je serai donc punie.

Je ne comprendrai jamais la logique commerciale! 


L’homme qui m’a donné la vie de Virginia Bart
Rentrée littéraire 2010, Premier roman,
(Buchet Chastel, septembre 2010, 180p.)