jeudi 17 décembre 2009

Un rôle qui me convient, Richard Russo


Abandon non programmé !  Abandon surprise même puisqu’on annonçait ce roman comme « à la fois drôle et désabusé,  rappelant ceux de John Updike! » Rien de moins ! Updike que je viens de découvrir et d’aimer.   Mais il est rare qu’un même miracle se reproduise !  Je n’ai pas réussi cette fois à entrer dans l’ histoire!
En vertu de ma loi n° 1, je suis dons obligée d’abandonner ce livre à la page 165, ce qui est déjà être allée trop loin !
En effet, cette loi précise que si aux environs de la page 75,  je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’histoire, pour une raison ou pour une autre, je dois fermer le livre pour en ouvrir un autre et passer à une nouvelle lecture !
C’est exactement ce qui m’est arrivé avec ce livre. J’ai constamment confondu  tous les personnages de cette université où travaille le héros-narrateur, William H. Devereaux Jr.
 En tant que président par intérim du département des lettres d’une petite université de Pennsylvanie, il doit faire face à plusieurs problèmes majeurs : la rivalité et la bassesse de ses collègues, la jalousie envers sa femme dont il soupçonne la trahison, le divorce de sa fille et surtout ses difficultés avec sa prostate. La crise de la cinquantaine s’installe.
La première partie s’intitule : « Le rasoir d’Occam » . Occam est le chien de la famille mais encore ? Pourquoi ce titre ?  Pour en savoir plus, je plonge dans Wk
« Le rasoir d’Ockam ou d’Occam est un principe de raisonnement que l’on attribue au frère franciscain et philosophe Guillaume d’Ockam (XIVe siècle) mais qui était connu et formulé avant lui : « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité.» C’est un des principes fondamentaux de la science.
« La simplicité est la sophistication suprême » Léonard de Vinci
Autrement dit : la solution la plus simple est toujours la meilleure et  Hank, le héros, utilise justement ce principe pour tenter d’expliquer tout ce qui lui arrive !
Ce livre a énormément plu à Cuné, entre autres  qui termine ainsi son billet : "Je suis totalement sous le charme de la plume de Richard  Russo. Caustique et bon enfant, je l’imagine ricanant et débordant d’amour". Dommage que je sois passée à côté! 
Un rôle qui me convient, Richard Russo  (10/18, 430 pages, 1999)  Traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre. Titre original : « The Straight Man »

mercredi 16 décembre 2009

Réponses au jeu de l'erreur


Qui a trouvé ? Personne ! Etait-ce trop difficile?
Toutes les réponses ont été proposées exceptées les 3, 5, 7
Voici donc la vérité!
1 J’aime les trains de nuit : Vrai ! N’aimant ni l’avion,  ni le bateau, j’ai pris plus d’une centaine de fois le Palatino, Paris/Rome, en wagon-lit, pas en couchettes: j’y dors toujours très bien.
 J’aime les très hauts talons aiguille : Vrai ! Passion transmise par ma mère Je les admire comme des œuvres d’art mais ne les porte que chez moi ou pour des réceptions.

3 J’aime les bijoux : Vrai. Les très anciens, ceux qui viennent du passé lointain des scythes, des égyptiens , des romains , des incas, mais je n’en porte que très peu et des plus discrets !
4 J’aime l’opéra : Vrai : amour de l’Italie oblige !
6 J’aime les truffes au chocolat : Vrai !
7 J’aime la couleur or : Vrai.

5 J’aime les musées : Faux ! Ce sont les chefs d'œuvre exposés là que j’aime et si j’ai  passé et passe encore un temps fou dans les musées, c’est comme on va au cimetière. On défile devant les tableaux comme on passe devant les tombes!

Je reconnais des progrès dans la mise en valeur des œuvres exposées, de moins en moins accumulées sur un même mur mais je regrette encore bien des désagréments : la cohue avant tout ! Voir les peintures entre  les  têtes  des autres visiteurs n’a rien d’agréable,  manque ou excès de lumière,  impossibilité de s’arrêter longtemps devant un même tableau  etc. Le musée idéal n’existe pas encore, mais on pourrait s’en approcher un peu plus! J'écrirai  peut-être un billet à ce sujet, un jour!
Désolée! Je ne pensais pas que ce serait si difficile et merci à vous toutes qui avez essayé de trouver! :)

mardi 15 décembre 2009

Cherchez l'erreur!

Marie L des Carabistouilles m’a passé le flambeau :
je dois énoncer sept affirmations,  six vraies et une fausse.
Cherchez l’erreur !

1) J’aime les trains de nuit.
2) J’aime les très hauts talons aiguille
3) J’aime les bijoux
4) J’aime l'opéra
5) J'aime les musées
6) J’aime les truffes au chocolat
7) J’aime  la couleur or

Je passe le relais à CécileQde9, Soie, Laurence,  si elles veulent bien. 

lundi 14 décembre 2009

Les sorcières d'Eastwick, John Updike


Quelles drôles de sorcières et quel étrange livre ! Fascinant ! A déguster sans faire la fine bouche ! A prendre en bloc ou à laisser tomber !  
Premier roman que je lis de cet écrivain et me voilà sous le charme ! C’est drôle, fantaisiste, érotique,  cruel et sans pitié mais si enchanteur ! 
A Eastwick, petite ville américaine des années soixante dix, trois jeunes amies,  Jane, Alexandra et Sukie, veuves ou divorcées,  très libres et même libérées,  papotent  sans arrêt quand elles se réunissent  et les commérages vont bon train, tant sur les habitants alentour que sur leurs amants respectifs qu’elles n’hésitent pas à s’échanger quand il le faut ! ! Elles ont la dent dure mais elles savent être drôles, dynamiques, malicieuses et séduisantes ! De vraies pestes parfois mais des pestes sympathiques qui vont toutes les trois tomber sous le charme de Daryl Van Horne, « l’homme au dos des mains tout noir de poils » venu d’ailleurs pour acheter la plus belle propriété de l’endroit.
« Riche, quarante-deux ans, jamais marié,  originaire de New York, vieille famille de souche hollandaise.Il invente des choses. » Un séducteur, en somme, et  si le début des relations est idyllique et léger, l’histoire tourne vite au drame avec l’apparition d’une quatrième sorcière, plus futée encore que les autres

Il faut lire ce livre ! Pour une fois j’adhère totalement à ce passage de l’éditeur :
« Un roman provocateur, sarcastique, irrévérencieux, rocambolesque et riche en paradoxes qui,  s’il illustre les maléfices  de la chair, de la passion et du pouvoir, ambitionne  avant tout de divertir et d’enchanter par l’évocation poétique de la réalité quotidienne. »

Un film a été tourné par George Miller, en 1987, à partir de ce livre, avec Jack Nicholson, Cher,  Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer.
La suite du roman quant à elle: « Les veuves d’Eastwick », reste encore inédite en France:
John Updike, (1932, 2009) est surtout connu pour ses quatre livres dont  Rabbit est le héros. Il a reçu deux  fois le prix Pulitzer.
Un avis divergent chez Hathaway qui s'est ennuyée.

Les sorcières d’Eastwick de John Updike (Gallimard,  1984, 350 pages) Traduit de l’anglais par Maurice Rambaud, Titre original : The Witches of Eastwick

dimanche 13 décembre 2009

Le Mousse de Tristan Corbière, dimanche poétique



-Mousse : il est donc marin,  ton père ?...
-Pêcheur. Perdu depuis longtemps.
Et découchant d’avec ma mère, 
Il a couché dans les brisants…


Maman lui garde au cimetière
Une tombe- et rien dedans.-
C’est moi son mari sur la terre, 
Pour gagner du pain aux enfants.


Deux petits. – Alors sur la plage, 
Rien n’est revenu du naufrage ?...
-Son garde-pipe et son sabot…


La mère pleure le dimanche,
Pour repos... Moi: j'ai ma revanche
Quand je serai grand - Matelot!-


Baie des Trépassés
Tristan Corbière: poète français, né en 1845, au manoir de Coat-Congar, à Ploujean, (près de Morlaix), mort à 30 ans, en 1875, à Morlaix également ( Finistère nord).


Toujours malade, malheureux en amour, il n'a connu qu'une vie solitaire, brève et misérable. Il se considérait comme un poète maudit de plus.


Il n'eut qu'une seule passion: la mer qu'il aima comme un fou. Il rêvait d'être marin mais ne put satisfaire son désir.
Je l'ai choisi en souvenir de mes deux ancêtres (AGP), morts à Terre-Neuve,  et pour avoir passé sept ans en pension dans cette ville! 
Le nom des Amours jaunes, son unique recueil, a été donné à la bibliothèque publique ancienne  ainsi qu'au lycée de Morlaix (Finistère)
Le Mousse de Tristan Corbière (Les amours jaunes)
Monique Morelli chante cette chanson  (sur D...)

Les autres participants aux dimanches poétiques sont chez Celsmoon .

samedi 12 décembre 2009

Une année étrangère de Brigitte Giraud

Laura  est une jeune fille au pair de 17 ans, partie apprendre l’allemand,  dans les années 80,  juste avant la chute du mur. Elle est mal dans sa peau et dans sa famille, après la mort accidentelle de son jeune frère  et les disputes constantes de ses parents. Elle se sent seule. Elle se cherche à travers une nouvelle langue, une nouvelle famille, un nouveau pays. Elle espère de nouvelles rencontres, de belles découvertes stimulantes qui la délivreraientt de ses complexes et de son sentiment constant de culpabilité.
Elle tombe dans une famille à la fois banale et étrange où il lui semble qu’on n’attend rien d’elle ! Les enfants Bergen, Thomas, 15 ans et Susanne, plus jeune, sont indépendants et ne s’intéressent pas à elle. Le mari est indifférent. Seule la mère semble plus positive  mais  elle lui semble aussi très vite étrange, lointaine, évanescente.
Peu à peu et parce qu’elle s’ennuie et ne connaît personne, Laura prend en main la vie domestique de la maison. Elle en devient tour à tour la domestique et l’accompagnatrice des uns et des autres.
Elle passe son temps libre à écrire à son frère aîné et à lire : « La montagne magique » de Thomas Mann d’abord puis « Mein Kampf », trouvé chez le grand-père Bergen.
Une année se passe et on se rend compte que  c’est une jeune fille plus adulte qui s’apprête à rentrer en France. L’adolescente a retrouvé une nouvelle assurance en retrouvant l’usage de sa langue maternelle qui lui permet de mieux affronter le monde. 
Ce roman est avant tout un bel hommage à la parole à travers l’apprentissage des langues, à la lecture en VO, les seuls réels soutiens de la jeune fille solitaire à laquelle personne ne fait attention car trop silencieuse !
Le style adopté par Brigitte Giraud est très maîtrisé : des phrases courtes, simples, strictes comme la jeune fille au pair qui raconte son histoire.
Voici le début du récit :
« Cela se passe dans le froid d’un hiver allemand. Je descends du train après avoir parcouru plus de mille kilomètres. Madame Bergen m’attend au bout du quai. Grande, grave et belle. Notre premier échange est bref et approximatif. (…) Je suis là pour apprendre. Alors ne perdons pas de temps. J’y suis, consentante. »

C’est un livre très sérieux  sur le même thème  que celui de Xialu Guo lu et commenté  récemment : Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants, un réel coup de cœur, celui-là !

Très nombreux sont les blogs qui en ont parlé! C'est celui de Cécile qui m'a donné envie de lire ce roman et c'est Valérie qui m'a reproché de ne pas l'avoir encore lu!

Une année étrangère de Brigitte Giraud  (Stock, septembre 2009, 208 pages)

vendredi 11 décembre 2009

Corot, la lumière des villes



Avec cet album de 40 vues panoramiques, j’ai appris à mieux connaître ce peintre dont Nicolas de Staël,  que j’aime tant, s’est beaucoup inspiré.
C’est à Rome où il a vécu trois ans que Camille Corot (1796-1875) s'est perfectionné grâce à la nouvelle école du paysage à peine créée. A son tour, il se fait connaître par un genre nouveau où l’éclat de la lumière met en valeur l’architecture.. C’est là qu’il côtoie les œuvres des grands maîtres italiens, acquiert une palette vive et solaire grâce surtout à la découverte des couleurs de Raphaël.


Voici le jugement de Baudelaire sur Corot :
« Corot compose parfaitement bien. Il y a, chez lui, une infaillible rigueur d’harmonie et un profond sentiment de la construction. »


Auparavant, le sujet prévalait mais avec Courbet, Millet, Corot, suivis par Boudin et Jongkind et précédés par Géricault,  l’expression désormais primera toujours sur le sujet.


 Au printemps et en été, Corot peint dehors, des paysages, des villes vues de loin, mais jamais il n’a voulu peindre un paysage en automne ou en hiver. Il préfère alors s’enfermer dans son atelier et avec le fusain et la pointe sur cuivre, sur pierre ou sur verre, il découvre de nouvelles formes du mouvement .  A la fin de sa vie, il sera un peintre plus près des maîtres zen du paysage chinois qu’aucun occidental ne le fut avant lui. Il sidère Degas qui déclare : « C’est le plus fort de nous tous. Il a tout prévu. »


En peignant ses paysages, ses villes,  il enlève le plus possible de détails pour ouvrir son tableau à l’espace et à la lumière. Tout ce qui est anecdotique est éliminé. 
Il exécutera dans sa vie une vingtaine de vues panoramiques. Mais c’est à Gênes et à Volterra qu’il atteint le sommet de son art et il n’y aura que de Staël, bien plus tard, pour approcher cette  force de composition.
Corot, la lumière des villes de Claire Lebeau et Martin Dieterle (impossible de trouver la photo de couverture)  (Le musée miniature, Herscher, 1996, 63 pages)

jeudi 10 décembre 2009

Arrêt sur ma rentrée littéraire


Arrêt sur ma rentrée littéraire
La fin de l’année approchant et les challenges  poursuivant tranquillement (ou non) leur cours, je ressens comme une nécessité de devoir m’arrêter sur ceux que j’ai terminés, sans m’empêcher cependant par la suite de les prolonger !
A l’origine, soit en octobre 2009, je me suis engagée  ICI  à terminer exactement 14 challenges et même 15 avec celui de Loula (consistant, pour  rappel, à s’engager à lire plusieurs livres dans l’année !)

J’en ai terminé deux :
 celui de Cynthia pour lequel j’ai lu :
Tougueniev: Clara Militch
Guy Goffette: L'autre Verlaine
Hubau et Lenglet: Le dernier mot

Celui de Levraoueg : 2% RENTRÉE LITTÉRAIRE 009
Je les classe par ordre de préférence :
1) Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé
2)  Personne de Gwenaëlle Aubry (Prix Femina)
3 ) Les jumelles de Highgatede Audrey Niffenegger
4) Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann:

5 ) Charleston Sud de Pat Conroy
6) Dans les limbes de Jack O'Connell
7) BW de Lydie Salvayre 
8) Un roman français de Frédéric Beigbeder
9) Loin des bras de Metin Arditi
10) La mort lente de Luciana B. de Guillermo Martinez
11)  Yanvalou pour Charlie de Lyonel Trouillot:
12) Mr Zero de Patricia Wentworth 
13 ) La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint 
14) Les heures souterraines de Delphine de Vigan (abandon)

Je trouve que j'ai été chanceuse car aucun ne m'a vraiment déçue et si j'ai abandonné celui de Delphine de Vigan, c'est que je n'ai pas supporté l'histoire elle-même  que j'ai trouvée trop déprimante, à ce moment-là, pour moi!  Maintenant je vais un peu plus me tourner vers mes chers classiques,  je pense, j'espère, bien que, connaissant mes penchants, je redoute l'attrait incontrôlable des nouveautés dans ce domaine aussi !

mercredi 9 décembre 2009

Crocodiles de Djian



Crocodile : espèce dangereuse pour les humains. Il peut attendre plus de six mois sans boire et un an sans manger. Inutile donc de grimper dans un arbre pour vous sauver, il attendra tranquillement au pied de l’arbre. Inutile de courir en zig-zag, il possède un sixième sens grâce auquel il perçoit les vibrations !

A soixante-dix ans,  le narrateur, un écrivain qui n’écrit plus,  vit seul dans une grande maison,  loin de la ville et passe son temps à lire, à flâner ou à pécher avec un ami. Sans femme et sans enfant, il ne regrette rien et ne craint rien, ni sa solitude ni la mort. Il n’attend plus rien de la vie  Il se dit heureux ainsi,  avec quelques bons livres et de beaux saumons en perspective.
Arrive la rencontre accidentelle (C’est le cas de le dire !) avec une jeune femme et son petit garçon de trois ans qui fuient  un homme violent. Elle accepte l’hospitalité du narrateur et s’installe chez lui nonchalamment. Le petit garçon mutique suit le vieil homme partout et celui-ci  apprécie ces moments. Le temps s’écoule et un fragile équilibre s’instaure entre eux jusqu’au coup de téléphone qui va  perturber cette apparente bonne entente. La fin est violente

Restée sur une très mauvaise impression avec « Impardonnables » le seul livre lu de cet auteur, je suis encore plus déçue par son  petit livre de six nouvelles dont cette dernière : « Crocodiles »  qui donne son nom au recueil. Je n’accroche décidément pas au style de  Philippe Djian. Ses personnages et ce qui leur arrive me laissent indifférente ! Eux-mêmes sont trop détachés de tout et font vraiment n’importe quoi avec la vie des autres ! Désabusés,  ils blessent  ceux qui les approchent, sans craindre d’aller jusqu’aux extrêmes,  montrant par là-même leur veulerie sous jacente derrière l’apparente nonchalance

 Crocodiles de Philippe Djian  - Un livre de moins dans ma PAL!

mardi 8 décembre 2009

Le cantique de l'apocalypse joyeuse de Arto Paasilinna


Avant de mourir, à  quatre-vingt-dix ans,  Asser Toropainen, ce grand brûleur d’églises,  cet acharné communiste finlandais, confie son testament et ses biens à son petit-fils Eemeli Toropainen  pour qu’il fasse bâtir une église en bois, sur un modèle très ancien, dans les forêts du Kainuu, une région sauvage de l’est du pays. Il voulait régler ses comptes avec le ciel.
Toute la première partie du roman est consacrée à l’édification de cet édifice, créé sans autorisation administrative et surtout contre la volonté des autorités religieuses mais avec l’aide des hommes rudes et tenaces du lieu ainsi que des lunatiques écolos accourus de tout le pays pour défendre la cause de ces réfractaires.
Le petit-fils est un sage et un bon vivant, très pragmatique et prévoyant si bien que malgré toutes les mille et une difficultés rencontrées, il réussit à faire vivre en autarcie cet endroit dont le nombre d’habitants s’accroît de jour en jour pendant qu’autour, dans le monde, la guerre fait rage jusqu’à l’apocalypse finale, en 2023. Apocalypse rendue joyeuse malgré tout, d’où le titre du récit ! Les techniques des ancêtres ont eu raison des modernes et un havre de paix subsiste quelque part sur la terre ravagée !
Ce récit est une fable, farfelue, délirante, optimiste, pleine d’humour mais un avertissement aussi, un appel à stopper la destruction de la planète,à quitter la société de consommation effrénée pour revenir à des méthodes plus douces, plus proches de la nature
Ecrit en 1992, l’auteur se montre précurseur de ce qui est devenu notre présent,  en 2009 !
C’est un roman très agréable à lire bien qu’il se penche sur de lourds problèmes très actuels!

J’ai reçu ce livre dans le cadre du Prix des blogueurs 2010 lancé par George. Alice a déjà commenté ce roman, Keisha, Laurent aussi,
Le cantique de l’apocalypse joyeuse de Arto Paasilinna (Folio, 1992/2009, 391 pages), traduit du finnois par Anne Colin du Terrail Titre original: "Maailman paras kylä" , "Le plus beau village du monde"

lundi 7 décembre 2009

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee ou Alouette, je te plumerai


Dans les années trente, aux Etats-Unis,  dans une petite ville d’Alabama, Scout est une petite fille malicieuse et intelligente de huit ans qui vit avec Jem, 10 ans, son frère aîné et son père,, l’avocat Atticus Finch, veuf,  homme intègre et affectueux , respecté de tous. Elle raconte sa vie en famille, avec la servante noire Calpurnia qu’elle adore et ses premiers jours d’école où elle s’ennuie car elle sait déjà lire. On connaît ses amis, ses jeux  préférés,  ses étonnements devant le monde tel qu’il se révèle peu à peu. Son monde,  c’est uniquement son quartier, les quelques  maisons avec les habitants dont elle connaît par cœur les habitudes, celle de la vieille femme méchante qui les gronde toujours, celle de leur adorable voisine, Mme Atkinson,  qui adore les fleurs de son jardin et qui leur confectionne des gâteaux. Surtout les enfants se font peur avec la grande maison d’en face aux habitants si mystérieux dont l’un, Boo Radley,  ne sort jamais et qui devient leur croquemitaine !  Ils font de grands détours pour ne pas passer devant cette demeure. Ils se lancent des paris fous pour aller ne serait-ce que mettre un pied sous la grille. C’est leur  maison hantée, à eux,  grâce à laquelle leur imagination vagabonde  entre le  songe et la réalité !

Et la réalité les rattrape très vite lorsque leur père est commis d’office pour défendre un jeune Noir accusé du viol d’une jeune femme blanche ! La ville entière se ligue contre lui qui prend cette tâche très à cœur. Toute la seconde partie du roman tourne autour de ce procès mais l’essentiel est  que les enfants grandissent à cette occasion et apprennent à mieux comprendre leur père et les valeurs d’humanisme qu’il tient par-dessus tout à leur inculquer.
La fin est sublime,  délicieuse, attendrissante !  J’ai rarement été séduite à ce point par la fin d’un roman
«Atticus avait raison. Il avait dit un jour qu’on ne connaissait vraiment un homme que lorsqu’on s’était mis dans sa peau. Il m’avait suffi de monter sur le perron des Radley. »

J’ai tardé à me rendre compte que ce livre avait deux titres différents en français, selon les éditions et les traducteurs !  J’ai lu celui des éditions Julliard, traduit en 1989, et je ne trouvais absolument rien à son sujet sur la toile, même pas la photo de la couverture  Bizarre !
Je n’ai compris qu’en lisant la biographie de l’auteur, dont c’est le livre unique, écrit en 1960, avec Truman Capote à ses côtés qui écrivait, lui, sur un quadruple meurtre ce qui deviendra « De sang froid » (In Cold Blood)
 Harper Lee est née en 1926, en Alabama et son père était avocat comme celui de son roman si bien qu’on a pu croire longtemps qu’elle avait en fait écrit une sorte d’autobiographie, ce qu’elle a toujours démenti. Par la suite, elle écrira quelques articles dans Vogue, puis disparut dans le silence. On espère seulement découvrir d’autres romans d’elle après sa mort mais elle laisse planer le doute ! Ce livre, vendu à 30 millions d’exemplaires,  a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Il est devenu un classique de la littérature américaine très étudié dans les lycées  des Etats-Unis.
Il est tout simplement magnifique ! C’est un grand coup de cœur!

En ont parlé déjà:  Ys, qui présente aussi le film qui en a été tiré, Papillon, qui en fait un grand coup de cœur, Hérisson 08, qui a aimé,  deliregirl1, qui a été déçue ainsi que Belle de Nuit, qui n'a pas aimé la fin et a trouvé que le livre ne semblait pas fini, Tamara qui l'a trouvé magnfique ainsi que Jules et LisaSylire a trouvé que c'était plus qu'une belle histoire, enfin Hervé qui l'a trouvé Excellent! Kali qui compare Atticus à un sage philosophe romain, et c'est vrai qu'avec ce nom-là..Keisha aussi l'a aimé, préférant la seconde partie à la première qu' elle a trouvée un peu longue, enfin Katell explique la signification de l'oiseau moqueur et donne d'autres liens.avec d'autres avis encore que je n'ai pas su voir...

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee ou Alouette, je te plumerai. (autre titre)
Titre original : To Kill a Mockingbird
(Julliard, 404 pages,1960/1989) Traduit de l’anglais par Isabelle Stoïanov

dimanche 6 décembre 2009

La Nuit de Claude Roy, dimanche poétique





La Nuit


Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
À pas de vent de loup de fougère et de menthe
Voleuse de parfum impure fausse nuit
Fille aux cheveux d'écume issue de l'eau dormante.


Après l'aube la nuit tisseuse de chansons
S'endort d'un songe lourd d'astres et de méduses
Et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons
Veille sur le repos des étoiles confuses.


Sa main laisse glisser les constellations
Le sable fabuleux des mondes solitaires
La poussière de Dieu et de sa création
La semence de feu qui féconde les terres.


Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
À pas de vent de mer de feu de loup de piège
Bergère sans troupeaux glaneuse sans épis
Aveugle aux lèvres d'or qui marche sur la neige.

(L’Enfance de l’Art, ed. Fontaine, 1942)

Claude Roy (1915/1997)


La  nuit étoilée de Van Gogh

Les autres participants aux dimanches poétiques sont chez Celsmoon

samedi 5 décembre 2009

La chaîne de l'amitié


Taguée par Sybilline pour le plus beau des Tags, celui de l'amitié, je ne pouvais décemment pas me dérober malgé ma promesse de ne plus en accepter avant l'année prochaine mais un tel Tag ne se refuse pas! D'autant plus qu'il n'est pas compliqué: on accepte le prix et on le passe à 7 autres ami(e)s. C'est tout!
 C'est la chaîne de l'amitié!
  Le plus dur tient dans le choix, bien sûr! parce que c'est toujours délicat de choisir! Si je pouvais je sélectionnerais tous ceux et celles qui me lisent quelquefois en me laissant des petits mots et chez qui je passe aussi, jamais assez souvent, à mon gré, faute de temps!
Pour commencer, je le donne à
 1) Aifelle, aussi matinale que moi! Tant pis, je sais bien que tu as promis aussi de ne plus en accepter mais celui-là, tu es obligée! :)
 2) Puis à Leiloona, qui me suit presque depuis le premier jour et qui est venue s'inquiéter de mon silence sur mon ancien blog quand celui-ci ne fonctionnait plus! Merci de ta gentillesse et de ta fidélité!
 3) à  Cynthia, si dynamique qu'elle me met toujours de bonne humeur.
 4)  à Sylire, de si bon conseil, qui le passera peut-être à Valérie, un blog tout neuf que j'aime déjà beaucoup!
 5)  à Brize, avec laquelle j'aurais bien aimé me rendre aux dédicaces de Sciences-Po, si cela m'avait été possible!
 6)  à Géraldine que la curiosité a poussée à me proposer un petit questionnaire qui paraîtra demain sur son blog et qui popose une rencontre entre blogueuses à Paris, le jeudi 10 décembre.
 7) Enfin à  Celsmoon, avec laquelle j'aurais dû être en ce moment, en Normandie avec toute une joyeuse bande de blogueuses acharnées comme elle,
et tant d'autres encore que j'ai déjà taguées ou que je taguerai bientôt! toutes mes amies blogueuses quoi!
Ainsi passe la chaîne de l'amitié!  

vendredi 4 décembre 2009

Personne de Gwenaëlle Aubry, Prix Femina,


Le hasard a voulu que je lise, en dehors de toute véritable volonté de ma part,  presque coup sur coup, deux livres dont le héros est fou et  fréquentant parfois les hôpitaux psychiatriques parisiens,  mais en même temps, doué et  célèbre,  doué et aimé, doué et  source d’inspiration d’un livre récent.

 Aucun d’eux ne renie le terme de fou et de folie, ce que  j’apprécie. Ils n’utilisent pas cette horrible langue de bois administrative qui atténue les termes mais certainement pas les situations !

Fous donc et non seulement malades mentaux, le peintre Garouste qui raconte son histoire dans son  livre  troublant : « L’intranquille »  et le père de Gwenaëlle Aubry, François-Xavier Aubry, juriste, professeur à la Sorbonne, qui souffrait, lui aussi,  d’une psychose maniaco-dépressive.


C’est sa fille et elle l’aime. Elle l’a longtemps protégé comme un enfant mais maintenant, après sa mort,  elle essaie de mieux le cerner pour mieux le comprendre. Elle en fait le portrait en vingt-six petits chapitres et en suivant l’ordre alphabétique, de A comme Antonin Artaud, enfermé lui aussi dans cette maladie  à Z comme Zelig,  l’homme caméléon et psychotique de Woody Allen qui devient gros près d’un gros,  vert et roux dans un pub irlandais,  nazi parmi les nazis, un petit homme que l’on voit dans la foule, en fuite, toujours en fuite.
 Mais c’est un portrait impossible,  toujours éclaté,  éparpillé en de multiples personnalités, toujours changeantes, jamais stabilisées, au centre absent.
« …mon père n’était pas comme les autres, il était les autres, il ne voulait pas s’en faire aimer, il cherchait en lui, celui qu’il pourrait aimer,  tous l’habitaient simultanément. …il  a préféré les cendres à tous vents dispersées, peut-être a-t-il trouvé, dans le désert blanc de la mort, ce que depuis toujours il cherchait : le droit, enfin, de ne plus  être quelqu’un. »

J’ai beaucoup aimé cette recherche du père par la fille, philosophe agrégée elle aussi, spécialiste de l’Antiquité, traductrice des œuvres de Plotin,  ancienne élève de L’ENS.  Son écriture est très belle.  Elle se donne le temps de retrouver son père en longues phrases claires qui s’étirent, sans qu’on s’en aperçoive,  tant tout semble lumineux malgré les vérités douloureuses qu’elle découvre  et révèle.  Le dernier chapitre de ce portrait d’un père psychotique mais aimé  n’est qu’une seule phrase qui se développe sur deux pages  pour enfin encercler cet acte d’amour filial qu’est ce beau récit entre l’affirmatif et l’énigmatique «Personne» du titre et le «quelqu’un ?» interrogatif du dernier mot, le mot de la fin. 
Un livre à ne pas laisser de côté!
Personne de Gwenaëlle Aubry, Prix Femina 2009  ( Mercure de France, novembre 2009, 159 pages)

jeudi 3 décembre 2009

Liste définitive des auteurs pour les dédicaces à Sciences Po ce samedi 5 décembre


Plus que deux jours avant le 5 décembre et la  62e journée Dédicaces  à Sciences Po , de 14 à 18 heures, au 27, rue Saint Guillaume, 75007, Paris
Voici une petite vidéo teaser  pour vous donner envie de leur rendre visite.

http://www.dailymotion.com/video/xbbesp_62e-journee-dedicaces-sciences-po-l_creation 
Voici aussi la liste définitive des auteurs qui seront présents cette année

David Abiker, Laure Adler, Eva Almassy, Michka Assayas, Jérôme Attal, Jacques Attali, Gwenaëlle Aubry, Jean-Pierre Azéma, Bertrand Badie, Élisabeth Barillé, Jean-Luc Barré, Samuel Benchetrit, Serge Bernstein, Jacques-André Bertrand, Patrick Besson, Alain Blottière, Ariane Bois, Jocelyn Bonnerave, Stéphanie Bonvicini, David Boratav, Camille Bordas, Christophe Bouquerel, Pascal Bruckner, Jean-Louis Bruguière, Sylvie Brunel, Vincent Brunner, Julien Capron, Julien Cendres, Sorj Chalandon, Patrice Delbourg, Olivier Duhamel, Raphaël Enthoven, Luc Ferry, David Foenkinos, Gilles Finchelstein, Jean-Pierre Fleury, Hélène Gaudy, Jacques Généreux, Brigitte Giraud, Pierre Grosser, Jean-Pierre Guéno, Éric Giuily, Gisèle Halimi, Simone Harari, Yannick Haenel, Jean Hautepierre, Fabrice Humbert, Alexandre Jardin, Eva Joly, André Kaspi, Jacques Jouet, Serge Joncour, Nelly Kaplan, Gaspard Koenig, Alexandre Lacroix, Cécile Ladjali, Dany Laferrière, Claude Lanzmann, Renaud Leblond, Thomas Lelu, Simon Liberati, Géraldine Maillet, Francine de Martinoir, Dominique Missika, Vincent Message, Leonora Miano, Jean-Pierre Milovanoff, Pierre Milza, Maurice Mimoun, Alain Minc, Yann Moix, Tania de Montaigne, Dominique Noguez, Florence Noiville, Christine Orban, Jean-Marc Parisis, Laurence Plazenet, Patrick Poivre d'Arvor, Roger Pol-Droit, Laurent Quintreau, Chloé Radiguet, Annelise Roux, Sempé, Didier Schlachter, Olivier Sebban, Boris Sirbey, Alain-Gérard Slama, Pierre Stasse, Lucien Suel, Tardi, Jean Teulé, Camille de Toledo, Camille de Villeneuve, Oliver Weber, Florian Zeller.
95 auteurs dont 27 femmes. 
Finalement, à bien examiner la liste, je constate que, à part Gwenaëlle Aubry dont je viens de terminer et d'apprécier le livre : "Personne",  Prix Femina 2009, et peut-être Brigitte Giraud dont je viens de choisir le dernier livre, pas encore lu cependant,  il n'y a pas vraiment de romanciers que j'aime, même parmi ceux en gras qui seraient pourtant mes préférés! Je ne suis pas sûre d' y aller! 

mercredi 2 décembre 2009

La table de Montaigne de Christian Coulon


Montaigne n’est pas réputé pour être un fin gastronome mais c’était un esprit curieux qui, dans ses voyages, aimait s’adapter aux cuisines étrangères.
Voici ce que j’ai retenu de ce petit livre bien agréable de Christian Coulon, ce professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Bordeaux qui a écrit aussi: Festins gascons."

1. Ses mets favoris. L’Amérique vient d’être découverte mais l’Europe ne connaît pas encore les pommes de terre, ni les tomates, ni les courgettes, ni les piments. En revanche, au XVIe siècle,  c’est l’Italie qui donne le ton et exporte deux mets très à la mode : l’artichaut et le melon. En se gavant d’artichauts lors d’un mariage,  Catherine de Médicis eut une indigestion sévère et célèbre. Montaigne, lui,  raffolait des melons.  Bien que friand de cuisine populaire, il suit cependant les habitudes alimentaires de la cour des derniers Valois qu’il fréquente : il mange gras et surtout de la viande avec toutes sortes de sauces. Il aime aussi  beaucoup le poisson, le lard et l’ail mais se détourne des légumes, des salades et des fruits.                            
2. Sa médiocrité dans l’art culinaire . Nul en cuisine, de son propre aveu, il était incapable de faire cuire un œuf  et n’entendait rien aux principes de l’agriculture,  ne distinguant pas un chou d’une laitue. D’Italie, il revient très impressionné par cette « science de la gueule », qu’il y a trouvée, ce discours savant et solennel sur la cuisine qui est alors une spécificité purement italienne.
3. Un bel appétit. Il aime tous les plaisirs : « Je hais un esprit hargneux et triste qui glisse par-dessus les plaisirs de sa vie. »  Il est même intempérant et mange goulûment : « Je mords souvent ma langue, parfois mes doigts, de hâtiveté. » Seules la vieillesse et la maladie le contraindront à se modérer.  Et encore ! « J’aime mieux être moins longtemps vieux que d’être vieux avant que de l’être. Jusqu’aux moindres occasions de plaisir que je puis rencontrer, je les empoigne. »     
4. Un honnête buveur. Comme l’élite de son temps, il préférait le clairet au vin rouge  qu’il ne buvait qu’à table, dans des petits verres, et qu’il coupait d’eau selon l’habitude du temps.
5. Ses habitudes de vie quotidienne. I l ne prend pas de petit déjeuner, ne fait pas de sieste, ne va au lit que vers trois heures après le souper, évite les collations. Il mange avec les doigts,  sans nappe et sans serviette blanche.
6. Sa maladie due aux excès alimentaires. La gravelle ou les calculs rénaux.  Il en souffrit dès ses 47 ans, et son père en mourut aussi ! S’il s’en plaint souvent dans son « Journal de voyage », il resta jusqu’au bout un bon mangeur.
7. Cuisine et voyage. En Allemagne et en Italie où il a longtemps voyagé, Montaigne a beaucoup observé et beaucoup appris. Pour lui, la meilleure des cuisines est celle qui nous met en relation avec l’Autre.Ce qui implique qu’on « lime sa cervelle à celle des autres, que l’on se jette aux tables les plus épaisses d’étrangers. »     
C'est un livre que j'ai trouvé non seulement intéressant mais aussi très agréable à lire. L'érudition y est légère! 
La table de Montaigne de Christian Coulon  ( arléa,  février 2009, 186 p.)

mardi 1 décembre 2009

L'A26 de Pascal Garnier




Jamais , avant d’avoir vu certaines demeures , dans l’émission : «C est du propre », je n’avais imaginé qu’on pouvait vivre dans un tel désordre et une telle saleté,  au milieu des rats, des puces et de que sais-je encore? 
Ce sont ces images que j’avais en tête en lisant le livre de Pascal Garnier :
 L’ A26   du nom de l’Autoroute du Nord,  alors en construction près du village où se déroule l’action.
Les lieux  sont désespérants : près du grand chantier en construction, bien pratique pour y cacher les cadavres,  Bernard et Yolande, le frère et la sœur, se terrent dans une maison  encombrée d’objets et de détritus jusqu’au plafond. Jamais rien n’en sort, tout s’y accumule, aussi bien les choses que les souvenirs et les souffrances passées.
 Yolande, tondue à la libération, s’y est enfermée à jamais. Elle ne voit le monde que par le « trou du cul » foré dans la porte d’entrée et sa paranoïa ne cesse de s’aggraver. Le seul lien à la relier encore avec le monde extérieur, c’est son frère Bernard qui a sacrifié sa vie pour elle. Mais celui-ci, retraité de la SNCF depuis peu, se meurt d’un cancer. Depuis quelque temps, il a profité du béton de l’autoroute pour  mieux y cacher les jeunes filles du village qu’il viole et tue.

Des vies banales ou misérables glissant dans la folie ou le meurtre, tels sont les ingrédients des deux livres que j’ai lus de Pascal Garnier : « Lune captive dans un œil mort » et celui-ci : « L’A26 ». Autant j’ai beaucoup aimé le premier, autant celui-ci me laisse une impression d’amertume, voire d’écœurement. Les personnages sont odieux,  complètement  « fêlés » et amoraux, frustes et cruels, irrécupérables, au bord de l’abîme dès le début du récit et les lieux évoqués tiennent du cauchemar !
Et pourtant j’ai tenu bon ! Je suis allée jusqu’au bout de ma lecture, sans jamais ressentir l’envie de l’abandonner et  tout en détestant l’histoire elle-même !
Par quel miracle ? Le style tout simplement !  Le talent de l’auteur pour la construction et le rythme de son texte ! Il a su retenir mon attention jusqu’au bout, malgré mon adhésion rétive ! Un grand conteur et un excellent écrivain mais un livre que je n’ai aucune envie de relire ! 
In Cold Blog, dan son billet: "L'égoïste" a classé ce livre parmi ses grands crus.
L’A26 de Pascal Garnier ( Zulma, 1999, 115 p)

lundi 30 novembre 2009

L'intranquille de Gérard Garouste avec Judith Perrignon

Fils,  peintre et fou, tel se présente avant tout le peintre à succès  Gérard Garouste, un des plus grands peintres français actuels,  internationalement célèbre qui  vient de publier son  autobiographie.  Né en 1946 et vivant en Normandie, il y  raconte ce qu’il considère comme le plus important dans sa vie,  son parcours d’homme en tant que fils d’un père détesté et antisémite, peintre à succès et  fou à lier,  familier, par épisodes, des hôpitaux psychiatriques.
Ce livre ne s’adresse manifestement  pas aux spécialistes de sa peinture, ni aux marchands, ni aux acheteurs, encore moins aux experts. C’est un livre grand public qui frappe à la fois par son  écriture rapide et sans fioritures et par son apparente franchise. Il semble ne rien vouloir cacher de son mal être,  de ses souffrances d’enfant solitaire et mal aimé par sa famille bourgeoise de grands fabricants de meubles parisiens, de son long séjour en internat  très strict d’où il a fini par être renvoyé au bout d’une dizaine d’années!



Sa jeunesse a été une longue errance à la recherche de ce qu’il aimerait devenir, dans le domaine des beaux-arts de préférence! Sa seule supériorité tient au dessin. Il sera dessinateur,  décorateur, sculpteur avant de se faire vraiment reconnaître comme peintre dont on s’arrache les toiles.
Sa chance aura été sa femme Elizabeth, qui l’a toujours soutenu et qui, surtout, juive,  l’a  conduit à apprendre l’hébreu et à étudier les grands penseurs du judaïsme ainsi que la bible dont on retrouve  la grande influence dans son œuvre..
Son drame, ce sont ces crises terribles de folie pure qu’il décrit très bien et qui le conduisent régulièrement à l’internement thérapeutique dans les lieux de grande souffrance. Serait-ce le prix à payer pour la vie créatrice uniquement consacré à son art?
Sa générosité cependant le conduit à créer l’association La Source, en 1991, créée pour aider des jeunes défavorisés,  comme il l’a été lui-même, sur le plan affectif et créatif.
J’ai beaucoup aimé ce témoignage d’une vie contrastée où la grande réussite sociale, financière et artistique alterne avec une terrifiante souffrance intérieure et mentale!
«Si je ris, si je parle beaucoup, si j’ai l’air très en forme, si j’écoute de la musique très fort, si je danse, si je fais rire les autres, alors il faut s’inquiéter. Le pire est à venir. Etre heureux est dangereux pour moi, être en colère aussi. L’émotion forte m’est interdite. Elle bouscule trop de choses dans ma tête aux pensées et aux souvenirs mal accrochés. Une crise s’annonce»
In Cold BlogZarline, Malice , Sophielit  en ont parlé  et l'ont aimé aussi. Lire aussi l'article de
Pierre Assouline 
(Dépôt légal en mai 2009 mais imprimé en août, ce livre sera-t-il accepté comme appartenant à la rentrée littéraire par Levraoueg? Ce qui me ferait atteindre enfin la barre du 2%.
Edit du 1/12/2009: Livre rejeté! C'est très strict le challenge de Levraoueg! On ne plaisante pas!  La rentrée  ne commence qu'à la mi-août! C'est le dépôt légal qui compte! CQFD!)
L’intranquille de Gérard Garouste avec Judith Perrignon Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou.(L’Iconoclaste, dépôt légal : mai 2009,  achevé d’imprimer en août 2009, 202 p.)

dimanche 29 novembre 2009

Tristesse de Musset, dimanche poétique

Tristesse

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.


Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.


Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.


Dieu parle, il faut qu’on lui réponde,
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.


Musset


Les amateurs de poèmes du dimanche sont ici, chez Celsmoon, 

samedi 28 novembre 2009

Elégie pour un Américain par Siri Hustvedt


Le narrateur, Eric Davidsen, psychiatre divorcé, et sa sœur Inga, veuve récente d’un écrivain célèbre, découvrent la lettre qu’une femme a jadis adressée à leur père. Celui-ci  aurait été impliqué dans une mort mystérieuse. Ils n’auront de cesse de découvrir qui était cette mystérieuse correspondante et de quel événement il s’agissait. Mais chacun a ses propres problèmes dans une Amérique traumatisée par les événements du 11 Septembre survenus quatre ans plus tôt et la recherche se prolonge indéfiniment et souvent s’égare et le lecteur avec!

Autant j’ai aimé les premières pages du livre et beaucoup d’autres encore par ci, par là,  autant je suis déçue par l’impression d’ensemble que j’en retire !  Je regrette de n’avoir pas abandonné ma lecture. J’ai espéré trop longtemps que toutes les histoires  se réuniraient à un certain moment, qu’on découvrirait suffisamment tôt le secret du père pour que les histoires concernant son passé et celles du présent de ses enfants se rejoignent enfin ! Je me suis lassée et j’ai perdu le fil de la narration à plusieurs reprises. Seule m’a vraiment intéressée l’histoire des deux locataires du narrateur,  Miranda et son adorable petite fille Eggy  mais elles sont restées jusqu’au bout des personnages secondaires !

 Non, je l’avoue, je n’ai pas aimé ce livre malgré le plaisir que j’ai pu trouver à lire certains très beaux passages et à suivre quelques personnages attachants mais je n’aime pas les livres décousus où il faut faire trop d’efforts pour suivre le fil de l’histoire !  Immigration, importance du passé, secrets de famille, rêves, santé mentale, rôle de la mémoire et de la solitude, trop de thèmes sont abordés à la fois qui en font un livre trop ambitieux sans doute! Je n'en garderai pas un bon souvenir! 

Première page :
« Je crois que nous avons tous des fantômes en nous, et que c’est mieux s’ils parlent que s’ils restent muets. Après la mort de mon père, je n’ai plus pu lui parler en personne, mais je n’ai pas cessé d’avoir  avec lui des conversations dans ma tête. Je n’ai pas cessé de le voir dans mes rêves ni entendre ses paroles. Et pourtant c’est ce que mon père n’avait pas dit qui a pris un moment possession de ma vie. »
Alice est du même avis concernant la trop grande dispersion des thèmes !
Elégie pour un Américain par Siri Hustvedt (Actes Sud, 2001, 394 p.) Traduit  de l’américain par Christine le Bœuf. Titre original : The Sorrows of an American