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lundi 26 août 2013

Un repas chez les Buddenbrook de Thomas Mann


En ouverture du roman,   un  repas  des Buddenbrook, au centre de  toute la première partie, sur dix chapitres, (Poche de la page 13 à la page 56)

Ce dîner a lieu à Lübeck, en octobre 1835, pour l'inauguration de la nouvelle demeure de la famille.
 
 «C’était jeudi, jour où, une fois par quinzaine, la famille se réunissait régulièrement; mais aujourd’hui, outre ses membres établis dans la ville, on avait prié quelques bons amis à un dîner sans cérémonie et, sur les quatre heures, au crépuscule tombant, on attendait les convives. (…)
 La soubrette aux bras rouges et nus, en lourde jupe rayée, la nuque coiffée d’un petit bonnet blanc,  achevait de servir… la julienne fumante accompagnée de rôties; et l’on commença à jouer délicatement des cuillers. (…) 
 
On changea les assiettes de Saxe à bordure d’or, cependant que Mme Antoinette suivait avec une attentive vigilance les mouvements des servantes et que Melle Jungmann jetait des ordres dans l’embouchure du tube acoustique  reliant la salle à manger à la cuisine. On fit passer le poisson. (…)
On changea encore les assiettes. Un énorme jambon pané, couleur de brique, apparut, fumé, rôti, accompagné d’une sauce brune aux échalotes, au bouquet aigrelet, et flanqué d’une telle abondance de légumes que le contenu de ce seul plat eût suffi à rassasier tout le monde. (..) On fit passer aussi le chef d’œuvre  de Mme Élisabeth: la «marmite russe», macédoine de fruits en conserve à la saveur chatouillante et capiteuse. (…)
Alors, dans deux grandes coupes de cristal, apparut le pudding fourré, édifice savant de macarons, de framboises, de biscuits et d’œufs à la neige; au bout de la table, cependant, quelque chose flamba; c’était le plum-pudding, dessert favori des enfants, qu’on venait de leur servir." 
Dessert servi avec "le vieux malvoisie, jaune comme l’or et doux comme le raisin". Toast. 
Brouhaha des fins de dîner: cigares pour les amateurs, café pour tout le monde. Liqueurs. 
Soirée : concert harmonium et flûte pour les dames, billard pour les hommes.

samedi 12 février 2011

Gens de Dublin, dernier film de John Huston d'après une nouvelle de James Joyce

Je viens de voir sur TCM le film de John Huston qu’il a tourné  avant de mourir  et qui reprend  «The Dead »,  la dernière nouvelle du recueil   "Dubliners " de James Joyce. 

La nouvelle, publiée en 1914,  et le film tourné  en 1987  racontent une fête familiale un jour d’épiphanie à Dublin, en 1904. 
L’intrigue elle-même se résume à peu de choses mais cependant tout y est attirant, simple et parfait. Nous assistons à l’entrée des invités de deux demoiselles âgées, Kate et Julie Morkan et de leur nièce  qui,  chaque année à la même époque,  reçoivent leur neveu Gabriel Conroy et sa femme Gretta, ainsi qu’un petit cercle d’amis Tout se déroule de façon rituelle : on chante, on danse, on mange et on boit avant de finir par évoquer les morts  et de se séparer.  Sur l’escalier au moment du départ, la jeune Gretta s’arrête, émue par le chant d’un dernier invité. La dernière partie montre le jeune couple de retour dans sa chambre d’hôtel et Gretta raconte à son mari l’histoire de ce jeune homme qui l’a aimée et s’est tué pour elle. Gabriel dont le début de jalousie s’apaise regarde au loin par la fenêtre les flocons de neige sur Dublin et un solo de saxophone accompagne le panoramique final qui montre la ville et la campagne ensevelies sous la neige  tandis que Gabriel songe à l’inévitable écoulement de la vie cernée par la mort inéluctable. 
C’est un film d’un charme fou. Je suis encore sous le coup de l’émotion en terminant ce billet. 
Gens de Dublin, dernier film de John Huston  d'après  une nouvelle de James Joyce