Ô temps, ô seul chemin d’un point à l’autre
Si
on me laissait faire, j’aurais vite changé
Le
cœur des hommes et partout il n’y aurait plus
Que
de belles choses
Si on me laissait faire j'achèterais
Les
oiseaux captifs pour leur rendre leur liberté
Je
les verrais avec une joie sans mélange
Prendre
leur vol et n’avoir pas même l’idée
D' une
vertu nommée reconnaissance
A
moins que ce ne soit gratitude.
Guillaume
Apollinaire
Poèmes
inédits (La Pléiade, p.859)
Georges Braque

