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lundi 10 février 2014

Fiançailles, Chloé Hooper


Venue d'Angleterre, Liese Campbell travaille dans une agence immobilière à Melbourne. Afin de rembourser ses dettes, elle a pris l'habitude de retrouver Alexander, un riche homme d'affaires, dans des appartements en location, pour s'adonner à des jeux érotiques rémunérés. Alexander ne sait rien du double jeu de Liese, qui commence quant à elle à éprouver un certain malaise par rapport au rôle qu'elle s'est façonné, qui l'oblige à mythifier son passé et à redoubler de prudence. Résolue à quitter l'Australie, elle accepte toutefois la proposition d'Alexander de passer un week-end dans sa grande propriété au milieu du bush. Mais rien ne se passera comme elle l'avait imaginé...
«Comme dans les meilleurs romans de Patricia Highsmith, on ne sait pas clairement si un crime a été commis. L'une des grandes qualités de ce roman tient justement au fait que sa relecture ne résout pas tout mais instille au contraire davantage de doute. Fiançailles nous rappelle l'immense pouvoir de la fiction.» The Gardian
«Un thriller psychologique complexe qui s'inscrit dans la lignée de Jane Eyre et Rebecca. [...] Puissamment érotique The Independant
(Quatrième de couverture)
Mon avis
Qui est qui? Qui ment? Difficile de le savoir en refermant le livre!
Liese, la narratrice, criblée de dettes, raconte au riche Alexander, ses aventures avec ses autres clients soi-disant rencontrés dans les belles maisons de Melbourne qu’elle fait visiter en tant qu’agent immobilier. Alexander, qui semble puritain et rigide, est  très attiré par ces récits et invite la jeune femme à passer un week end dans sa propriété victorienne du bush australien avant qu’elle ne retourne en Angleterre, son pays d’origine. Ceci, bien sûr, en lui promettant, comme toujours, une forte somme d’argent.
Jusqu’ici, la lectrice que je suis  suivait agréablement les jeux  érotiques que Liese semblait mener à sa guise mais tout a changé du tout au tout lorsque de la ville  l’action s’est transportée  dans l’immense domaine désertique de celui qui se montrait alors  plus fermier qu’homme d’affaire. A ce moment j’ai craint le pire,  le récit semblant virer au thriller avec Alexander pour psychopathe. Tout semblait le suggérer: la grande maison vide avec les portes toujours fermées à clé, les chiens menaçants, l’absence de voisins et de téléphone et surtout le comportement soudain très dominateur de l’homme qui se montrait possessif et jaloux du passé de Liese, tout en se déclarant amoureux, lui imposant une très belle bague   de fiançailles suivie de la cérémonie. Liese se sentait piégée et n’avait qu’une envie:  s’enfuir.
Mais  c’était sans compter sur les lettres d’inconnus dénonçant la cupidité de Liese et son passé de véritable prostituée quand elle-même prétendait le contraire, affirmant que tout avait été inventé par elle  pour attiser le désir de son partenaire.
J’ai toujours eu envie de la croire mais je n’en suis plus sûre désormais étant donné ce qui se passe à la fin! Qui a mené le jeu en définitive? Qui est sain d’esprit et sincère? Qui est fou dans cette histoire où deux vérités s’opposent?  J’ai ma petite idée maintenant …
En tout cas , ce livre m’aura finalement bien intéressée et c’est avec plaisir que je l’ai lu.

Les billets:  ceux de Cynthia, et de  Gwen sont mitigés,   Theoma,  elle, a aimé ainsi que Lillyinthevallée, et quelques autres.
Fiançailles, Chloé Hooper, (Bourgois, septembre 2013, 304 pages)
Titre original: The Engagement. Traduit de l'anglais (Australie) par Florence Cabaret

Chloé Hooper, est journaliste et habite à Melbourne. Elle a suivi des cours de creative writing à New-York. Ce roman est son troisième livre après "Grand homme" et "Un vrai crime pour livre d'enfant".

mardi 13 août 2013

L'héritière amoureuse, Valérie Parv, challenge Harlequin, " une impression de force brute et sauvage et une de plénitude après un baiser passionné ... et il part chasser le crocodile!."

Je croyais m’être inscrite à un challenge Harlequin cet été mais impossible de le retrouver. Aurais-je rêvé?
(Merci à Coccinelle et à Crokbulle qui m'ont aidé à retrouver les Harlequinades de Karine

Quoi qu’il en soit, je viens de terminer une histoire totalement dans le ton de cette collection Harlequin, sirupeuse à souhait.  
Romantique, intense, passionné… dit la quatrième de couverture!  Hum! Très convenu surtout et sans surprises. Rien que du très attendu!

Il y est question  d’une riche héritière, Shara, très belle, bien sûr,  au regard de braise et aux longs cheveux de jais.
Elle est  en fuite chez les aborigènes  d’Australie. Elle craint son poursuivant auquel son père vient de la fiancer: le terrible Jamal prêt à la tuer plutôt que de la perdre! 

Celui qui va la sauver, c’est Tom McCullough, le bellâtre,   le beau et riche propriétaire qui la découvre un matin sur ses terres alors qu’elle a dû abandonner sa voiture un peu plus loin. Dès les premières lignes on sait qui vaincra, malgré les enlèvements, les trahisons, les courses poursuites, bref les habituelles péripéties du genre!  

Voici l’apparition du héros et de son ami :
Il émanait d’eux une impression de force brute et sauvage. D’une certaine façon, ils se ressemblaient. Tous deux étaient très beaux. Les bouts de tissu noués autour de leurs reins révélaient des corps parfaits tout en muscles qui roulaient doucement sous la peau. La chemise ouverte de Tom laissait voir quant à elle un torse athlétique et un ventre parfaitement plat. Leurs yeux brillaient d’un même éclat farouche, indomptable, presque animal. On aurait dit deux fauves qui n’attendaient qu’un prétexte pour bondir sur leur proie. (p. 16)
Enfin voici le baiser passionné si attendu vu par un témoin attentif:
Il se dégageait d’eux une impression de plénitude, comme s’ils ne formaient plus qu’un être unique rayonnant d’un amour qui suffisait à embellir la vie de tous ceux qui les entouraient ; pour la première fois de sa vie il se demanda s’il pouvait exister quelque chose de plus beau que cela. Puis, rajustant son chapeau, il partit chasser le crocodile. (p. 243)
Aucune surprise! Éternel recommencement!  J'en ai lu de plus drôles. J'attendrai encore l'été prochain avant d'y revenir!  L'avantage, c'est que ça se lit à toute allure et que je ne peux pas me sentir déçue puisque c'est toujours copie conforme. C'est presque rassurant en un sens! 

L'héritière amoureuse,  Valérie Parv, 
Collection Ambre, Harlequin,2004, 244 pages 
Traduction française de Fabrice Canepa
Titre original: Heir to Danger

samedi 9 avril 2011

R.A.T. Troisième livre: Piège nuptial de Douglas Kennedy

Je viens de terminer mon troisième livre de la journée avec Piège nuptial  de Douglas Kennedy (251 pages) 
 J’espère ne pas faire de cauchemar après tant d’horreur!  Le pauvre Nick, «l’amerloque» qui rêvait d’une vie rude dans le désert australien a été bien vite piégé par une étonnante autostoppeuse qui l’a entraîné à sa suite dans un village immonde au cœur de sa famille-tribu plus vertigineuse encore d’où il lui sera presque impossible de s’échapper! 
«L’homme seul, dans un environnement inconnu, éprouvera naturellement de l’angoisse!» 
 Je me sens incapable maintenant de commencer quoi que ce soit d’autre.  Je dors debout. Repos obligatoire par conséquent et au réveil, enfin, j’espère une lecture moins sombre, plus lumineuse! 
Piège nuptial (Cul de sac), Douglas Kennedy, (Pocket, Belfond,2008,  251 p),  Traduit de l’américain par Bernard Cohen 

vendredi 5 novembre 2010

La voleuse de livres de Markus Zusak ou quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter

Parce que ses parents étaient accusés d’être des communistes, persécutés par les nazis, Liesel a été confiée par sa mère à une famille pauvre. Elle a vu mourir son petit frère dans le train la conduisant vers sa nouvelle famille  et cette scène lui causera des cauchemars toutes les nuits. Elle ne reverra jamais sa mère.
Le jour de l’enterrement elle commet son premier vol:  un livre d’apprentissage tombé de la poche d’un jeune fossoyeur. C’est avec lui et grâce à Hans Huberman son père adoptif,  peintre en bâtiment et joueur d’accordéon qu’elle apprendra à déchiffrer les lettres et  commencera à lire
Par la suite elle en volera d’autres  ou on lui en offrira au prix de mille difficultés dans une période où on brûle les livres le jour de l’anniversaire du führer
Entre temps elle aura appris la puissance des mots  et des paroles lors des discours enflammés de Hitler et de ses imitateurs de quartier!
C’est elle ensuite qui encouragera les habitants de sa rue, enfermés dans l’abri anti-aérien  à la fin de la guerre. Elle leur lira des livres.
J’ai vécu quelques jours avec la petite Liesel Meminger et je l’ai beaucoup  aimée,  elle, sa famille adoptive, les Huberman,  ses amis  et connaissances  de  la rue Himmel, dans la petite ville de Molching, en Bavière et j’ai  eu bien du mal à la quitter.
 C’est une voleuse  de livres, bien sûr,  mais c’est aussi ce qui me la rend sympathique car elle a souffert par et pour les mots, toute sa vie.

C’est un livre d’apprentissage  juste comme je les aime où on  voit grandir, vivre,  souffrir et s’épanouir   une enfant avec les grands et les petits moments de sa vie familiale et sociale jusqu’à savoir ici ce qu’elle deviendra  plus tard, dans sa vie d’adulte et même jusqu’à sa mort.
Cette histoire, ainsi résumée n’a l’air de rien que de très banal! Ce serait sans compter  ce qui la caractérise vraiment: l’époque  et l’endroit très particuliers où elle se déroule:  l’Allemagne nazie, de  1939 à 1943, du bûcher de livres  aux bombardements   de la fin de la guerre qui détruira sa rue et ses habitants.
L’autre particularité de ce roman australien tient à la narratrice qui n’est autre que la Mort, la mort elle-même,  la seule vraie puissance victorieuse de cette époque de  folie humaine dominée par les mots d’un fou, mots écrits de Mein Kampf, livre qui jouera un grand rôle dans l’histoire des Huberman,  mots sans cesse hurlés dans les discours et les ordres des grands rassemblements militaires de l’époque.
La Mort  connaît l’avenir et devance parfois la narration pour nous laisser entrevoir une partie du futur des personnages. Ainsi,  à la page 175 :
«Or cette fillette vivait dans l’Allemagne nazie.
Comme il était important alors qu’elle découvre le pouvoir des mots »
D’abord moquée devant toute la classe parce qu’elle ne sait pas lire et qu’elle fait seulement semblant, en passant par toutes les heures passées à apprendre, la nuit le plus souvent, avec son père adoptif puis avec Max, le boxer juif caché dans leur cave, grâce aussi aux livres offerts,  ceux prêtés par la femme du maire, ou plus souvent ceux volés dans des circonstances tragiques, elle connaît son apothéose  en lisant des romans qui calment l’effroi des habitants de sa rue cachés à leur tour sous terre.
Un grand et beau livre vraiment.  Un de ceux que je ne suis pas prête d’oublier

Cette lecture a éte faite en même temps que Ellcrys,  Canel,  Valérie, Clara, Cynthia,  Soie ,  Lalou
En ont déjà parlé aussi: Lilly  ,  Manu ,  Yoshi73 ,  et sûrement d'autres encore que je n'ai pas trouvés.

La voleuse de livres de Markus Zusak ou quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter, Oh ! Éditions,2005/2008, 634 p.) Traduit de l’anglais (Australie) par Marie France Girod. Titre original : The Book thief

jeudi 6 mai 2010

Une femme raisonnable de Kate Jennings

La narratrice est une journaliste new yorkaise habitant un deux pièces élevé  en face de Central Park où elle promène ses deux chiens adorés, Stanley et Sophie. ( d’où le titre anglais)
Elle vient de perdre son mari. Elle est encore bouleversée par l’horreur du  11 septembre. Elle a perdu tous ses repères mais comme elle se pense et se veut  une femme raisonnable (le titre français) elle s’occupe de ses deux borders terriers comme s’il s’agissait de ses enfants. (La couverture, elle,  montre un cairn terrier rendu célèbre car l'un de ses représentants  joua Toto dans le film Le magicien d'Oz)
Elle en est folle mais sans excès pense-t-elle car elle se dit irascible et cynique, détestant toute sensiblerie! Cependant, pour tous ses amis, elle est folle à lier de ses chiens désobéissants,  jaloux et querelleurs! 
Un jour cependant, elle doit vendre son appartement et se séparer de ses animaux! C’est un déchirement mais elle a la chance de leur trouver d’excellents maîtres. Elle fait le vide autour d’elle, en vendant jusqu’à ses livres et tous ses meubles! Elle recommence une autre vie!
«J’ai conçu le rêve de partir ailleurs. C’est difficile mais personne ne m’a priée de rester et ailleurs n’est pas une destination.»
Elle vivra désormais avec les «hameçons qui lui rongent le cœur» : les deux trahisons qu’elle a dû accomplir en laissant son mari mourir dans une clinique au lieu de le laisser à l a maison et en abandonnant son chien chéri.  «Elle l’a vu partir,  trottinant aux côtés de son nouveau maître sans se retourner vers elle».
C’est un livre drôle et très enjoué. Le récit est mené tambour battant!
J’ai trouvé l’héroïne totalement  déraisonnable et ses chiens particulièrement  dérangeants mais je les ai adorés et j’ai beaucoup aimé ce petit livre
Cathulu l'a également bien aimé

Une femme raisonnable de Kate Jennings
(Editions des Deux Terres, 2010, 171 pages)
Titre original : Stanley et Sophie, traduit de l’anglais (Australien) par Anne Rabrinovitch

mercredi 24 juin 2009

Haut vol:Histoire d'amour de Peter Carey

Dans un coin perdu de la Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie, après trois jours de pluie diluvienne, deux frères, Butcher, un peintre célèbre mais alcoolique qui a tout perdu dans son divorce : fortune, femme et enfant et Hugh, son frère attardé dont il a la charge, reçoivent une visite improbable : celle de Marlène, une très jolie jeune femme, experte en œuvres d’art. Elle poursuit les tableaux de son beau père décédé, dont les toiles valent une fortune et qu’elle désire faire passer illégalement à New York pour en tirer un bon prix.

A partir de là, le lecteur, accroché et séduit, suit à toute allure les aventures effrénées de ce trio haut en couleurs et déjanté. Une grosse arnaque se prépare où est sans cesse remise en question l’authenticité des œuvres d’art. Pendant ce temps, des affections naissent, amicales, fraternelles ou passionnées. Tout vacille perpétuellement entre mensonge et réalité. Tout bouge constamment, tout change sans cesse. Le doute est permanent, la fortune des uns et des autres, leur notoriété, leur pouvoir, leurs attachements, leurs demeures.
On s’amuse beaucoup en lisant. On s’attendrit aussi.

« C’est une histoire hilarante, c’est saignant dans tous les sens du terme : familial, profane, brutal, couleur primaire, à briser le cœur », écrit Jonathan Franzen et John Updike précise que « ce cambriolage de haut vol est du grand art dans une saga fraternelle ».

Voici le tout début :

« Je ne sais pas si mon histoire est de taille à être une tragédie, bien qu’il soit vraiment arrivé un tas de trucs merdiques. Il ne fait aucun doute que c’est une histoire d’amour, mais elle n’a commencé qu’au milieu des trucs merdiques et j’avais déjà perdu et mon fils de huit ans et ma maison et mon atelier à Sydney où j’avais un jour été aussi célèbre qu’un peintre peut espérer l’être sur son terrain de jeux ».

Peter Carey est né en Australie en 1943, Il a collaboré au scénario du film de Wim Wenders : Jusqu’au bout du monde. Il a été lauréat à deux reprises du Booker Prize pour Oscar et Lucinda et Véritable histoire du gang Kelly, roman pour lequel il a également obtenu le prix du Meilleur Livre étranger.

Haut vol : Histoire d’amour de Peter Carey (Christian Bourgois, 2007, 355 pages, traduit de l’anglais (Australie) par Elisabeth Peellaert) Titre original : Theft : A Love Story.

samedi 18 avril 2009

AILLEURS, Julia LEIGH



Un matin, une jeune femme et ses deux enfants,de 9 et 6 ans,se tiennent devant un grand portail fait de hautes grilles à pointes de fer. Ne trouvant pas la serrure, la femme longe le grand mur de pierre de l'immense domaine. Elle finit par trouver une petite porte recouverte de lierre dont elle a la clé mais la porte reste désespérément fermée. Alors le petit garçon , après bien des efforts, réussit à la défoncer et ils pénètrent dans la grande demeure en traînant leurs valises.

Tel est le début de ce récit très court (105 pages). Il pourrait à lui seul résumer symboliquement toute l'histoire. De quoi s'agit-il en effet sinon du retour au bercail d'une femme battue avec ses jeunes enfants, le corps blessé et marqué par les coups de son mari? Elle n'est pas attendue , pas très bien accueillie par sa mère et son frère que des épreuves douloureuses enferment aussi dans leur bulle de silence.

Ce retour de l'enfant prodigue coïncide avec le nouveau drame qui s'abat sur la famille: un enfant mort né que la mère traîne partout avec elle comme un paquet avant de se résigner à l'enterrer.

La mort est d'ailleurs en arrière plan de tout dans ce roman: mort récente et mystérieuse du père, mort prochaine et attendue de la mère déjà clouée dans son fauteuil roulant, mort du domaine familial qu'on voudrait protecteur comme dans l'enfance mais qui se révèle hostile et destructeur malgré les nombreux jardiniers et serviteurs qui s'y activent!

Mais tous ces drames sont vus par le jeune garçon de neuf ans qui essaiera à son tour de quitter cette réalité trop lourde à sa façon, avec sa petite soeur. C'est un garçon équilibré, réfléchi, débrouillard. Il tente de donner du sens à l'histoire, comme nous, lecteurs , qui ne connaissons que les faits, les gestes , les paroles des personnages.

La réalité est là , sous nos yeux, mais la vérité de chacun , leur histoire réelle reste à déchiffrerAilleurs semble toujours mieux mais c'est ici qu'on vit!

J'ai aimé ce petit livre qui a su me surprendre et m'attendrir! Rien n'est jamais si terrible que l'on croit puisque tout a une fin, même le malheur.

Ailleurs est aussi une ouverture, un recommencement, un espoir. Si le sujet peut sembler bien noir, le récit est lisse, troublant, à peine nostalgique, et même curieusement tonique, telles ces dernières phrases:"On pouvait tout refuser. Elle se tourna vers son fils.Mon enfant. Il avait un air antique et implacable; un garçon très beau. Mais aucun garçon n'est montagne ni lac, et sachant cela -sachant que la montagne est du rocher et le lac de l'eau, que même les rochers répandent des grains très fins et que l'eau change de forme , sachant qu'il est impossible d'être rocher ou eau, et sachant quelles déceptions elle avait connues-, elle fit un voeu pour lui. Tiens bon, tiens bon."

Curieusement, ce livre a été abondamment commenté et, c'est le moins qu'on puisse dire, les avis sont des plus variés! Il intrigue et je me demande si je l'ai vraiment compris!

Ailleurs (Disquiet), de Julia Leigh, Traduit de l’anglais (Australie) par Jean Guiloineau