jeudi 9 octobre 2014

Modiano et les quatorze autres Prix Nobel français de littérature

Modiano, Prix Nobel. Enfin! 
Prix Nobel de Littérature:  Patrick Modiano (° 1945) a été récompensé pour "l'art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l'Occupation"
Son dernier roman vient de sortir: "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier"

L'année dernière,  c'est à la Canadienne Alice Munro (° 1931) que le Prix avait été attribué.
Cette année, les favoris étaient:
 la Biélorusse Svetlana Alexievitch, (°1948)
le Kenyan Ngugi wa Thiong'o (°1938)
le Japonais Haruki Murakami (° 1949)


On parlait aussi de  Margaret Atwood, Anne Carson, Joyce Carol Oates, Milan Kundera, des auteurs que j'aime bien également mais de tous, c'est Modiano, mon préféré!  



Les quinze  Français Prix Nobel de Littérature:
  1.  1901 -  Sully Prudhomme
  2. 1904 - Frédéric Mistral
  3.  1915 - Romain Rolland
  4. 1921 - Anatole France
  5. 1927 - Henri Bergson
  6. 1937 - Roger Martin du Gard
  7. 1947 - André Gide
  8. 1952 - François Mauriac
  9. 1957 - Albert Camus
  10. 1960 -  Saint- John Perse
  11. 1964 - Jean-Paul Sartre (refusé par l'auteur)
  12. 1985 - Claude Simon
  13. 2000 - Gao Xingjian
  14. 2008 - Jean- Marie Gustave le Clézio
  15. 2014 - Patrick Modiano

mercredi 8 octobre 2014

Zouk, 1, une sorcière au grand coeur, Serge Bloch, Nicolas Hubesch, ma BD du mercredi, Challenge Halloween,






J’adore cette petite sorcière au grand cœur depuis que je l’ai découverte grâce au challenge de Lou et Hilde et ça tombe bien pour mes lectures  à voix haute du soir puisque c'est une série qui intéresse toutes les petites sorcières à partir de trois ans. C'est juste la tranche d'âge qui m'intéresse et la demoiselle rit autant que moi,  depuis une semaine,  aux aventures de  Zouk  et de sa famille de sorciers qui vivent dans une très grande ville du bout du monde, dans une toute petite maison entourée de gratte-ciel. Elle vit là avec son papa, Saluléga,  sa maman Salsepareille et ses deux amis, Noyau, le chat et monsieur Potiron. Elle a aussi une baguette magique dont elle ne sait pas encore  très bien se servir car elle oublie les formules, ce qui provoque bien des ennuis. 
Elle se déplace dans les airs sur son manche à balai, comme il se doit, protège tous les animaux  abandonnés, transformant sa maison en arche de Noé, ce qui fâche sa jolie maman car ils font plein de dégâts. Zouk alors promet de ne plus recommencer jusqu'à la prochaine fois. 
C'est une succession de petites histoires  comme ça, qui semblent prises sur le vif. Les dessins sont très agréables, avec suffisamment de détails pour qu'on puisse s'y arrêter et la séance de lecture s'allonge ainsi de réflexions en étonnements et éclats de rire. 
Les histoires sont courtes mais très variées. Dans le premier tome, par exemple on y trouve même une adaptation de La petite fille aux allumettes. 
Naturellement, la dernière a eu tant  de succès que j'ai dû la relire et la commenter une seconde fois. Il s'agissait  de Zouk rencontrant le Père Noël au milieu des guirlandes d'araignées dans sa chambre où elle avait aussi accroché des boules de chauve-souris pour faire encore plus joli! Rires feutrés assurés. On ne se sent  quand même pas tout à fait en sécurité! 
Comme il y a déjà dix tomes dans la série, on en a pour longtemps encore à découvrir  cette petite sorcière de Zouk, presque devenue une amie.


Zouk, 1, Une sorcière au grand cœur, 2011
Zouk, 2, Danger public
Zouk, 3, Une sorcière à l'école
Zouk, 5, La sorcière qui rêvait d'être princesse
Zouk, 6,Nono, le zigoto
Zouk, 7, Sorcière de mère en fille
zouk, 8, Secrets de sorcière
Zouk, 9, Sage comme une sorcière
Zouk, 10,L'amitié, c'est magique, ( dernier paru: août 2014)
Serge Bloch, Nicolas Hubesch, 
Bayard Jeunesse, dès 3 ans. ,



Participent ce mercredi:
Marguerite:Bouche d'ombre (Lou 1985) Carole Martinez, Maud Begon 
Jérôme: L'aliéniste, Fabio Moon, Maud Begon
Noukette: L'aliéniste, Moon, Begon
Sandrine:  Bulles et nacelle,  Renaud Dillies
Maël: Rides, Paco Roca
Hervé: Biguden, T1, L'Ankou, Stan Silas
OliV: Angel Wings T1, Burma Banshees, Hugault, Yann
Mo:  Noxolo, Morandeau
Hélène:  Seton le naturaliste qui voyage, 1, Lobo le roi des loups, Taniguchi, Imaigumi
Lou:  Le Prince de la nuit, T1, Swolfs
Un-amour-de-BD:  Blue note ou les dernières heures de la prohibition, T2,Mariolle, Bourgouin
Sophie:  Les yeux d'Edith, 1, Cambremer, Djian, Ryser
Faelys:  Les enquêtes du Misterium,1, Le mystère Bephomet,Gaudin, Cossu
Val:  Literary life, Posy Simmons
Yvan:  Moi, assassin, Altarriba, Keko
Brize:   Hyperbole, Allie Brosh
Natiora:  Siorn, 2, Némésisi, Viozat, Tanco, Bechu, Gom
AcrO:  Courtney Crumin- Portrait du sorcier en jeune homme, Ted Naifeh
Élodie: Sorcelleries, 1, Le ballet des mémés, Valero, Guarnido
Moka: Perico, 2, Hautière, Berthet
Syl: Sorcières, Sorcières, 1, Le mystère du jeteur de sorts, Chamblain, Thibaudier
Anne:  Magasin général,3, Les hommes, Loisel, Tripp
Hilde: Black Mary,1,2,3, David Chauvel, Erwan Fagès
Mariejuliet: Death Note, 1, Tsusumi Ohba, Takeshi Obata
Marjorie:  Le Horla, Guillaume Sorel ( Maupassant)
 + Hantise,Edgar Allan Poe, Louis, Orenge, Verguet

mardi 7 octobre 2014

Réponds si tu m'entends, Marian Keyes

Un besoin de lecture facile et rapide au milieu de la Rentrée, et c'est tout de suite  ce petit livre rose à peine rendu par la lectrice devant moi à la bibliothèque qui m'a accrochée et donné envie de le choisir séance tenante. Je ne connaissais pas encore Marian Keynes si ce n'est par sa bonne réputation chez les familières de chick lit. Je n'ai pas regretté mon choix. 

Le prologue évoque une photo reçue par courrier postal, qui aurait tout changé dans la vie de l'héroïne narratrice et c'est  effectivement lorsqu'elle voit ce visage qu'elle croit reconnaître, à sa grande stupéfaction, que la vie d'Anna Walsh bascule et  commence la seconde partie du roman. 
Qui est donc Anna Walsh
Voici ce qu'il suffit de savoir pour commencer  selon l'éditeur:
Le " Meilleur Boulot du Monde " à New York pour une marque de cosmétiques ultra-branchées, une garde robe de rêve, une meilleure amie très fashion, une famille irlandaise gentiment foldingue et Aidan, un parfait petit mari, à la fois adorable et sexy : de l’avis de tous, Anna Walsh est une sacrée veinarde. Jusqu’à ce terrible accident qui la ramène tout droit à Dublin, sur le canapé de se parents, entre plâtre, cicatrices, médicaments, séries télé et zizanie familiale. Mais Anna est bien décidée à retrouver sa trépidante vie-new-yorkaise et son homme au plus vite. Aidan qui, depuis l’accident, n’a plus donné signe de vie... Anna est prête à tout pour le retrouver, quitte à mettre la Grosse Pomme sens dessus dessous!
Il y a une nette rupture dans le récit qui se fait plus douloureux au bout d'un moment.  J'ai aimé la première partie, en Irlande, quand toute la famille d'Anne l'entoure, après son accident à New York:  sa mère déjantée, ses sœurs, si différentes, son père, plus taciturne,  et ses amis qu'elle retrouve. Ensuite l'errance de spirites en charlatans pour retrouver son jeune époux m'a semblé  plus lourde et un peu trop longue mais heureusement l'histoire reprend très vite de l'intérêt  lorsque Anna  redevient rédactrice de mode, spécialisée en cosmétique donc très recherchée pour les cadeaux qu'elle ne cesse de distribuer.  C'est de nouveau plus léger que dans la période sombre du deuil.
Cette petit lecture facile m'a fait passer un bon dimanche! 
Sa valise à roulettes Louis Vuitton bien-aimée trônait près de la porte avec tout le nécessaire à l'intérieur: une trousse de toilette Lulu Guinness, deux bougies parfumées Jo Malone, un ipod, plusieurs nuisettes Marimekko, un appareil photo, un masque à la lavande pour les yeux,du vernis à ongles Ipo des fois que sa manicure/pédicure s'écaillerait "pendant que je pousse", un kit de blanchiment des dents pour passer le temps, trois tenues de bébé Versace et sa dernière échographie. 
Rien de plus vite démodée que la mode cependant! La Preuve!  

Marian keyes, Réponds si tu m'entends, Pocket, 526 pages  (2006/2008)
Anybody out There? 
Traduit de l'anglais (Irlande) par Laure Manceau

dimanche 5 octobre 2014

"Je ne te quitterai plus", Eluard - "Jamais la mer ne se retire", Ange Leccia - Champs d'amours", Jean-Michel Pancin, Palais de Tokyo, Exposition,

(Ange Leccia, Jamais la mer ne se retire, 2014) (Video au Palais de Tokyo)

Air vif

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard
Derniers poèmes d'amour

Jean-Michel Pancin, «Champs d’amours», 2010-2011.(Palais de Tokyo)

samedi 4 octobre 2014

Chevrotine, Éric Fottorino

Rapidement résumé, ce livre raconte le naufrage d’un couple  et d’une famille recomposée.   La faute à la femme si tout va mal car  si elle se montre enjôleuse et charmante  en public, dans le privé elle s’avère une très efficace manipulatrice n’ayant  de cesse d’avilir son mari et d’éloigner les enfants de celui-ci. Ça se termine très mal puisque l’homme finit par tuer cette femme, aussi odieuse que séduisante.
On le sait dès le début qu’il y aura crime, ne serait-ce que par le titre. 
«Chevrotine», c’est du gros plomb de chasse et il  suffira d’un seul coup de  fusil pour  que Alcide Chapireau,  se débarrasse  finalement de Laura, sa seconde femme qui faisait le vide autour de lui et qui venait de jeter les dernières affaires de ses enfants nés d’un premier mariage très heureux avec une jeune modiste,  aussi simple que lui, mareyeur à La Rochelle. Ses deux fils, écœurés par  la méchanceté de leur belle-mère, ne venaient plus le voir depuis longtemps. Il lui restait Automne, la  fille de son mariage avec  Laura.
C’est à elle qu’il tente d’écrire, vingt ans après les faits, alors que le corps de sa femme n’a jamais été retrouvé et que personne ne l’a soupçonné, lui, mais il est à la veille d’une opération  du cœur et il désire tout lui révéler sans savoir  par où commencer.

Il suffit d’une seule phrase finalement pour tenter une explication :
 Toutes les femmes attendent le grand amour. Ta mère cherchait son assassin. 
et quoi de mieux encore qu’une phrase  tirée du Horla de Maupassant pour exprimer ce qu’il ressentait avec cette femme  aussi séduisante que maléfique?
 Cette nuit, j’ai senti quelqu’un accroupi sur moi et qui, sa bouche sur la mienne, buvait ma vie entre mes lèvres. 
C’est avec  plaisir et rejet à la fois que j’ai lu ce roman. Le style en est sobre, efficace et agréable. Ce sont les personnages qui m’ont rebutée. Le père pour sa faiblesse, la femme pour sa perversité. Les deux m’ont agacée. Je me sentais trop proches des enfants, de leur révolte et de leur sentiment d’injustice et d’abandon pour excuser ces adultes  incontrôlables, entraînés par leur passion destructrice.
Il faut que je lise un autre livre de cet auteur, sans doute  L’homme qui m’aimait tout bas.
C'était la technique de Laura: insinuer. Elle n'en démordait pas et Chapireau la laissait s'énerver toute seule. 
 Avec Laura, les sorties de crise étaient toujours la crise. Elle avait ses moments oui et ses moments non. Ils étaient encore dans les moments non. Non aux caresses, aux baisers, à l'amour. Oui aux regards fugaces où filtrait chez elle, à travers la forêt de ses longs cils, un éclair insoupçonné de tendresse. Oui aux gestes s'ils se limitaient à une pression de sa main qui broyaient les doigts de Chapireau. Leur lit ressemblait toujours à l'hiver. 
Chevrotine, Éric Fottorino
(Gallimard, mai 2014, 180 pages)

vendredi 3 octobre 2014

Le bouddha de banlieue, Hanif Kureishi

Début du roman:
Je m'appelle Karim Amir et je suis anglais de souche, enfin presque. On me considère souvent comme un drôle d'Anglais, un Anglais un peu bizarre, vu que je suis le fruit de deux vieilles histoires. Mais je m'en moque. Je suis anglais (pas vraiment fier de l'être) et j'habite la banlieue sud de Londres, bien décidé à faire mon chemin. [...] je courrais après les ennuis, les coups en tout genre, j'aimais les histoires, et surtout celles de sexe. Il faut préciser que les choses, je ne sais trop pourquoi, étaient dans notre famille d'un morne, d'un lourd, d'un pesant incroyables. Si vous voulez tout savoir, ça me déprimait complètement, si bien que j'étais prêt à n'importe quoi. 
Puis un jour, tout a changé. Le matin, les choses étaient comme ça, et le soir, au moment d'aller au lit, elles étaient différentes. J'avais dix-sept  ans.

Quatrième de couverture:

Londres, fin des années 70. Karim, dix-sept ans, tiraillé par sa double origine, court après les ennuis, le sexe et la gloire. Entre un père indien et sa british de mère, la communauté paki en mal d'intégration et une famille en mal de repères, il peine à se trouver. Jusqu'au jour ou Pa se recycle en gourou New Age, jetant son fils dans la cohue de la vie, le show business et les expériences en tout genre... 
Roman d'éducation up tempo, album de famille loufdingue et chronique sauvage de l'Angleterre métissée : un livre échevelé, irrévérencieux et drôle. Salué par Salman Rushdie
. 


C’est un livre que j’ai aimé parce qu’il  ressemble à mes romans préférés qui traitent de saga familiale, de recherche d’identité, sexuelle, culturelle ou ethnique, de choc des cultures, de sexe, d’amour,  d’amitié, de tout ce qui importe le plus au sortir de l ‘adolescence.  Un vrai roman picaresque!  Les critiques disent aussi qu’il ressemble d’assez près  à un roman autobiographique.
 On y trouve de tout mais surtout de l’humour, de la légèreté, de l’absurde, de la fantaisie. On va de surprise en surprise mais le fond est sérieux et très actuel. De la banlieue de Londres où vivent les nouveaux immigrés et donc la famille paternelle de Karim jusqu’au bel appartement de West Kensington, en passant par des années de succès artistiques à New York, dans les années soixante dix. 
C’est un récit en perpétuel mouvement, à la suite du jeune héros, enfant de divorcés qui, bien que très proche de sa mère anglaise, trop passive, choisit  de suivre son père  appartenant à la communauté indienne de religion musulmane mais qui  en changeant de religion,  devient le «Bouddha de banlieue», d’où le titre. La vie avec lui et sa nouvelle amie anglaise, fantasque et dirigiste à la fois, est bien plus drôle et animée.
Le seul reproche que je lui ferais vient de la fin trop ouverte. On quitte le héros en pleine action, Rien ne lui est encore acquis et les questions à son sujet se bousculent: qui est celle qu’il aime vraiment mais au fait, n’est-il pas définitivement bisexuel?  Après ses succès au théâtre,  continuera-t-il dans cette voie?  Et que deviennent ses amis et  les membres de sa famille? Bref, on les quitte un peu trop brusquement je trouve, signe d’ailleurs qu’ils m’ont tous beaucoup intéressée.
Jouer la comédie est une chose vraiment curieuse. (…)On essaie de convaincre les gens qu’on est quelqu’un d’autre, qu’on n’est pas soi. Mais,  pour arriver  à ce résultat, lorsqu’on incarne un personnage,  qu’on essaie de ne pas être soi,  on doit cependant être totalement soi-même.  Pour rendre plausible  ce non-moi, on doit le dérober à son moi authentique le plus profond. Un faux mouvement, une fausse note, quelque chose de factice et vous apparaissez au public aussi incongru qu’un catholique nu dans une mosquée. Plus on est proche de soi-même en jouant, meilleur on est. Voici le paradoxe des paradoxes: pour réussir à être quelqu’un d’autre, on doit être profondément soi-même. C’est quelque chose que j’ai bien retenu, croyez-moi. 
Le bouddha de banlieue, Hanif Kureishi
Traduit de l'anglais par Michel Courtois-Fourcy
(10/18, 1993/2012, 418 pages) 


L'auteur: 

Né à Londres en 1954, de père pakistanais et de mère anglaise. 
A fait des études de philosophie au King's College de Londres. 
A signé les scénarios de My Beautiful Laundrette et de Sammy et Rosie s'envoient en l'air, tous deux portés à l'écran par Sammy Frey.
Son roman Le bouddha de banlieue a reçu le Whitbread Award du meilleur Premier Roman et a été adapté en série télévisée avec une musique de David Bowie

mercredi 1 octobre 2014

La vie de Norman, Stan Silas, ma BD du mercredi, Début du challenge Halloween



Brrr!, Berk !!, Oups !!!

Je ne m’attendais pas à un album aussi gore, trash, loufoque, déjanté, totalement «Horrifique» si digne d'Halloween !
 Le dessin de la couverture, je le prenais au second degré. J’avais tort !
C’est bien du vrai sang qui coule sur le grand couteau.
C’est bien de  Norman dont il s’agit,  le héros, un serial Killer de huit ans qui ne pense qu’à exterminer ses petits camarades de classe, tour à tour et il s'y prend très efficacement,  à commencer par Jérémy, le petit nouveau à peine arrivé. 
Je m’appelle Norman, j’ai 8 ans et ma passion, c’est de tuer les gens. 
Voici sa présentation par l'éditeur car je ne suis pas sûre d'avoir tout compris ni  repéré et encore moins  apprécié toutes les allusions aux killers célèbres, aux mangas et autres séries dont l'auteur s'est inspiré. Autant dire que je ne suis pas le bon public.
"Norman a huit ans et il est fan de films d’horreur: Freddy Krugger, Jason Vorhees et Michael Myers sont ses modèles, dont il reproduit les exploits dans la vie réelle. Jérémy, le petit nouveau qui vient d’emménager au village, rejoindra vite la longue liste des enfants disparus et ne fera plus parler de lui… Mais Garance veille! Cette jolie blondinette va mener l’enquête sur l’étrange absence de son petit amoureux… "

La seule chose que j'ai pu apprécier, c'est le dessin, tout mignon, naïf,  drôle, plein de détails rigolos mais à part ça, les personnages sont presque tous de vraies petites pestes mais c'est la maîtresse d'école, la pire. Méchante, injuste, violente, pochtronne, nymphomane ... etc. elle a tous les défauts du monde. 
J'aurais dû rire mais je n'ai pas réussi. L'humour potache, j'aime pas décidément. 

Lyah n'a pas aimé non plus  et a même abandonné sa lecture mais Manu et Sara  , elles, se sont bien amusées.

La vie de Norman, Stan Silas,  2011, 64 pages, Tout public à partir de 14 ans. Série de trois tomes.
Makaka éditions

 , Yaneck, 8/20


Le Challenge Halloween de Lou et Hilde commence aujourd'hui jusqu'au 5 novembre. Comme déjà promis, je monte donc à bord de leur vaisseau fantôme avec cette BD  décevante pour moi. J'espère trouver mieux mercredi prochain. 

Voici quelques suggestions faites par Hilde:
 Locke & Key, Walking Dead, Zombillénium, Sherlock Holmes et les vampires de Londres, Courtney Crumrin, Aspic, Freaks’s Squeele, Ghostopolis


Participent ce mercredi:

Sandrine : Une nuit à Rome, L'intégrale, Jim
Cristie: Le tirailleur, Piero Macola, Alain Bujala
Jérôme: Chlorophylle, T1, Godi et Zidrou
Noukette: Chlorophylle,T1, Embrouilles à Coquefredouille,Godi, Zidrou, Macherot
Yaneck: La lune est blanche, François et Emmanuel Lepage
Hervé La lune est blanche, François et Emmanuel Lepage
Yvan: Red Skin, Welcome to America, Xavier Dorison, Terry Dodson
Hélène Errance en mer rouge, Joël Alessandra
Un amour de BD: Je, François Villon (T2), Bienvenue parmi les ignobles, Teulé,  Luigi Critone
OliBD: Le chant du cygne, T1, Babouche, Dorison, Herzet
Maël: Tsunami, Pendanx, Piatzszek
Marion+ Les images volées, Thierry Van Hasselt, Mylène Lauzon
Itzamna: Rosalie Blum, Camille Jourdy
Sophie Come prima, Alfred
Syl:  Le croquemitaine, Humphrey Dumbar, Civiello.

mardi 30 septembre 2014

La folie Giovanna, Élise Galpérine - A quel challenge inscrire ce roman?

En flânant, cet été,  de blogs en blogs, à l'aveuglette, ce que j'aime beaucoup faire dès que j'ai un peu de temps, je suis tombée sur un challenge qui m'a tout de suite intéressée mais impossible de retrouver l'adresse du blog qui le proposait. 
Il s'agissait de choisir à la bibliothèque un auteur dont on n'a encore jamais entendu parler et de lire un de ses ouvrages. 
La lettre proposée était le G. 
Comme très souvent déjà je me suis  étonnée et attristée de voir tant de noms de romanciers dont j'ignorais l'existence dans toutes les bibliothèques où je suis passée, j'ai trouvé l'idée excellente et à ma dernière visite, j'ai choisi tout à fait par hasard ce petit livre de 240 pages dont même l'éditeur m'est inconnu: Nicolas Chaudun, proche d'Actes Sud dont il a conservé le fameux format.  

Il s'agit du second roman de la romancière : Galpérine Élise dont je sais maintenant, grâce une fois de plus à Wikipedia:
- qu'elle est née à Paris en 1964, dans une famille bourgeoise.
- qu'elle est également  professeur spécialisée en droit à l'université Paris V René Descartes, où elle est chargée de cours. 
- que son premier roman a pour titre  Le murmure des tissus. 
- qu'elle est l'épouse d'Alexis Galpérine, violoniste et professeur au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Naturellement j'ai lu aussi la quatrième de couverture avant de me lancer dans ma lecture de La folie Giovanna [deuxième lettre G: je suis en plein dans le challenge! :)] 
La première phrase m'a donné envie de fuir:
L'ordre règne en maître débonnaire dans cette maison patricienne où l'on cultive une fantaisie millimétrée, grossie de fadaises dynastiques et de petites vacheries spirituelles. 
Une autre m'a retenue par l'allusion à deux auteurs que j'ai aimés:
Les fragilités lissées qui confinent si volontiers à la folie rappellent l'univers de Chardonne ou de Mauriac.
La comparaison est ambitieuse et j'ajouterais: hasardeuse parce que, même si j'ai trouvé agréable à lire ce roman familial dont l'action se déroule dans la première moitié du XXe siècle, je n'en fais cependant pas un coup de cœur, comme   Yv, par exemple, très enthousiaste! 

De quoi est-il question dans ce roman? De la souffrance ressentie par toute une famille  élargie, devant la maladie et le handicap d'un enfant chéri et adorable.  Tous cependant ne réagissent pas de la même façon. Giovanna, la mère, résistera -telle face à cette réalité? 
La narratrice, c'est la sœur de Louise,  la tante de l'enfant, celle que sa mère écartait méchamment, créant ainsi une jalousie que rien ne peut apaiser: 
Elle (Giovanna) ressemble  à une porcelaine de Saxe. Elle est vraiment ravissante, elle se mariera. Toi, ma pauvre Louise, ajoutait-elle à mon endroit, tu es laide, mais tu as l'esprit de ton père ... Que veux-tu, le Bon Dieu a ainsi réparti ses bienfaits!
C'est elle pourtant  qui s'occupe le plus efficacement du jeune garçon, son neveu et filleul , avec Mariette, la servante fidèle  au grand cœur et le docteur qui passe à l'improviste pour donner des pommades  et des médicaments "en cas de douleur" mais  qui se sait incompétent et impuissant face à la maladie. La tragédie n'est pas loin. 
Hélas, le bonheur qui s'échappait, nous eussions dû le goûter avec lenteur, en examiner les moindres replis,  car les événements qui suivirent ont occupé ma mémoire, comme un mur qui ne permettrait de distinguer le passé qu'au travers d'étroites meurtrières. 
J'aurais pu tomber plus mal mais le hasard a bien fait les choses puisque ce roman, plein de nostalgie,  de détails vrais, de pensées délicates et de sentiments violents sous le silence de la bienséance, m'a  attendrie et séduite à la fois,  mon intérêt s'accroissant vers la fin, avec une  meilleure connaissance des personnages et un grand attachement à certains d'entre eux. 
Une bonne expérience ce challenge!
Saurais-je finalement qui l'a lancé? 


La folie Giovanna,  Élise Galpérine,

(Nicolas Chaudun, 2012, 240 pages)

lundi 29 septembre 2014

Ce lundi, je lis ...

J’ai découvert un bel album pour enfants que j'écoute en boucle dans la voiture, autant dire une bonne partie de la journée tellement je dois faire de navettes en ce moment, mon petit bout de chou très attentive à l'arrière,  avec ses: "Encore! Encore!" quand le disque se termine.
C'est un adorable livre /CD qui me plaît  bien à moi aussi. Les voix des créatrices, qui sont lectrices et chanteuses, tour à tour, sont un enchantement et je me suis très vite surprise  à fredonner les chansons. 
L'histoire et les dessins sont des plus simples mais tous les enfants de  trois ans et plus s’y reconnaissent sans difficultés et s'identifient facilement aux deux petites amies, Iris et Lou.

Celles-ci s'ennuient chez elles, un beau jour d'automne et la maman d'Iris téléphone  à celle de Lou pour inviter sa fille à venir jouer avec la sienne.  Ensemble, elles s'amusent toujours bien. Elles dansent,  chantent, se déguisent, passent une bonne journée mais elles se disputent aussi. C'est à qui sera la fée. Iris prétend que le rôle est pour elle puisque les ailes lui appartiennent et Lou pleure mais la maman présente intervient et trouve la solution pour les réconcilier. 

Le récit est entrecoupé de deux jolies chansons interprétées par  Coralie Clément (la sœur de Benjamin Biolay?) et par la dessinatrice Gesa Hansen dont les belles voix cristallines s'accordent très joliment. 

«Il arrive qu’on ait les mêmes envies 
Quand on est amies 
On rit de tout 
Même des soucis 
Mais quand on est amies 
La magie c’est qu’on est heureux 
De tout partager, 
Car c’est ça, l’amitié.» 

C’est juste ce que j’ai envie de bien faire comprendre à ma petite, pas encore très partageuse, avec ses «c’est à moi!» constants, quand elle est au parc, en ces fins de journée ensoleillées et qu’on lui prend son seau ou sa pelle mais qui, elle, ne se prive pas d’être attirée à son tour par les jouets des autres!

Un joli petit album/CD à lire et écouter!

Iris & Lou, Coralie Clément, Gesa Hansen
Album jeunesse à partir de 3 ans, inclus 1 CD, 36 pages.

samedi 27 septembre 2014

Haruki Murakami, L’incolore Tsukuru Yazaki et ses années de pèlerinage


Tsukuru Tazaki, le héros du pèlerinage dont il est question dans le titre,  se juge lui-même  d’une grande banalité   car,  contrairement  aux noms de famille de ses quatre  amis de lycée  qui renvoient tous à des noms de couleur, le sien fait exception. Ses amis, deux filles et deux garçons,  rebaptisés Rouge, Bleu, Blanche et Noire, vivaient comme lui  à Nagoya où ils sont restés tout  le temps de leurs études  mais, là encore, Tazaki  s’est différencié  en  choisissant l’université de  Tokyo, seul endroit où il pouvait suivre sa passion pour la construction de gares ferroviaires. Cependant il revenait chaque vacances les retrouver dans leur ville natale jusqu’au jour où ils lui demandèrent de ne plus jamais les voir. Il ne sut jamais pourquoi mais sa vie fut  à jamais bouleversée par cette  si abrupte  et mystérieuse rupture.

Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université  jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukaru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.Son vingtième anniversaire survint durant cette période mais cette date n’eut pour lui aucune signification particulière. Pendant tout ce temps, il estima que le plus naturel et le plus logique était qu’il mette un  terme à son existence. (Premières phrases)

Enfin, après seize années de vie très solitaire, étant tombé amoureux de Sara, une jeune femme un peu plus âgée, celle-ci le persuade de rechercher les raisons de son exclusion.  C'est ainsi qu'il entreprend un véritable pèlerinage et une longue enquête pour retrouver chaque membre du groupe, ce qui le conduit du Japon jusqu'en Finlande, avec sans cesse en arrière plan la musique de Liszt. Il ira de découverte en étonnement et son passé prendra une toute autre couleur  dès lors qu'une partie de la vérité lui sera dévoilée mais sait-on jamais tout sur soi?

              Même si l'on peut dissimuler ses souvenirs, on ne peut pas changer l'histoire.

J'ai trouvé ce livre passionnant.  J'aime beaucoup cet auteur dont j'ai  déjà lu trois romans  mais c'est celui-ci que je préfère. Il est plus épuré, plus simple,  plus lumineux. Il parle de ce que tout le monde peut ressentir dans les moments sombres de son existence: la solitude, la perte de l'amitié ou de l'amour, le manque de confiance en soi, le doute, l'isolement, la dépression, l'amour, le renouveau, le regain d'énergie, la quête des secrets du passé, les violences au quotidien mais aussi le viol, le crime, la foule, l'anonymat, bref, tous les grands sujets des grands romans. 
 Un excellent moment de lecture!

Haruki Murakami, L’incolore Tsukuru Yazaki et ses années de pèlerinage
Traduit du japonais par Hélène Morita
Roman, Belfond, 2014, 368 pages

Challenge de Hérisson: 6/6

mercredi 24 septembre 2014

Eve sur la balançoire, Conte cruel de Manhattan, Nathalie Ferlut, ma BD du mercredi




Ce "conte cruel de Manhattan" évoque la  vie tragique de Florence Evelyn Nesbit, (1884/1967), la première pin-up  américaine.  qui se rendit célèbre de 1901 à 1915, connut un procès retentissant et mourut dans l'anonymat. 



Pendant les premières années du siècle, elle fut l'idéal féminin de la Belle Epoque new yorkaise, très recherchée et très courtisée.  C'est elle  qui raconte son histoire. alors que, jeune adolescente insouciante, elle séduit les hommes par sa beauté tandis qu'elle ne rêve que de théâtre. 
Amoureuse de l'acteur John Barrymore, elle devra rompre cette idylle car sa mère, en vraie  maquerelle, la pousse dans les bras de Harry Thaw, un  homme très riche, héritier d'une fortune amassée dans le chemin de fer. Il deviendra son mari et plus tard l'assassin de son amant Stanford White, un architecte de renom. La suite est très sombre, à commencer par le procès. 

J'ai beaucoup aimé le graphisme et les  couleurs chatoyantes des aquarelles qui composent ce one-shot biographique,  un peu moins l'histoire elle-même, somme toute relativement prévisible.  Les personnages sont sans scrupules, surtout la mère de l'héroïne qui ne pense qu'à exploiter la beauté de sa fille qui n'arrive pas à se libérer de son emprise et dont la vie se termine bien tristement après ses années de célébrité. 

J'ai cependant beaucoup apprécié cet album d'une grande variété dans les couleurs,les dessins et l'agencement des planches. C'est un régal pour les yeux et après tout c'est ce que j'attends  surtout d'un roman graphique: que le dessin et les couleurs soient suffisamment  beaux pour me donner envie de suivre le récit.. C'est le cas ici.   

Avis de jérôme
Billet de Sandrine qui s'est fait dédicacer son album à Saint-Malo: jolie dédicace que l'on peut voir ICI

Eve sur la balançoire, Conte cruel de Manhattan, Nathalie Ferlut, (Casterman, 2013, 120 pages)




: Yaneck: 15



Cette année encore, je participerai au challenge  Halloween de Hilde et Lou,  qui se déroulera du premier octobre au 5 novembre. 
Je les suivrai à bord de leur vaisseau fantôme avec des albums dignes d'Halloween, j'espère,  même s'ils ne sont pas des plus faciles à dénicher dans les bibliothèques que je fréquente mais où je finis toujours par trouver des pépites.  
Serez-vous nombreux à y participer avec moi? 




Participent ce mercredi:

Noukette: 520 Km, Max de Radiguès
Mo, Les trois chemins, Trondheim, Garcia
Yvan, Ratafia, T7 Un besoin de consolation, Pothier, Pilet, Salsedo
Hervé, Le château des étoiles, T1, 1869, La conquête de l'espace (1/2), Alex Alice
Jérôme, Prévert, inventeur, Cailleaux, Bourhis,
Yaneck, Hamlet 1977, Vaughn, Ravard
Sandrine, Vivre à en mourir, Puchol, Galandon
Un amour de bd, l'Aliéniste, Fabio Moon, Gabriel Bà
Maël, Les Bidochon, 9, Les fous sont lâchés, Binet
Kikine, Soda, Prières et balistique,T 11, Tome, Gazzotti
Faelys, Nobara et la malle du sorcier,  Yûji Kanno, Matayoshi
Sophie, Mortelle Adèle,  Poussez-vous les moches, Mr Tran, Miss Prickly
Marion+, Buzz-moi, Aurélia Aurita

Eve sur la balançoire, Conte cruel de Manhattan, Nathalie Ferlut,
(Casterman,2013, 120 p. et +)