vendredi 18 novembre 2011

Camille. Aujourd'hui.

Camille
Parce que je viens de la découvrir à l'émission "des mots de minuit", en rediffusion: Camille, auteur, compositeur, interprète.

Paroles de :Aujourd'hui:
Aujourd'hui, c'est le plus beau jour, c'est la plus belle vie, 
C'est le plus grand amour, sur la plus belle planète
Et aujourd'hui, c'est la plus belle minute, c'est la plus belle poussée, 
C'est la plus belle chute 
Sur la plus belle planète, la plus belle planète
Et aujourd'hui, c'est la plus belle seconde, c'est la plus belle la plus belle voix lactée, la plus belle ronde
Sur la plus belle planète, la plus belle planète
Et aujourd'hui c'est le plus beau col, c'est le plus beau cordon, le plus beau bisphénol, le plus beau plomb, placentas, béton, colostrum, ATL, uranium, OGM, homme, aime, femme, dioxyde de carbone.
Sur la plus belle planète, la plus belle planète...
Et aujourd'hui c'est le plus beau moment, c'est le plus beau bébé, c'est la plus belle maman, 
Sur la plus belle planète

mercredi 16 novembre 2011

Grosse Bêtise, petite souris de Alain Kokor et Loïc Dauvillier. Ma BD du mercredi.

Il faut un début et à tout et voici mon premier billet sur une BD pour enfants à partir de 8 ans.Comme beaucoup de petites filles de son âge, Suzy est insouciante, espiègle,  joueuse, menteuse et pourtant adorable. Sa vie se passe entre ses parents qui se désespèrent de toutes les sottises qu’elle peut commettre pour s’amuser et ses petites copines d’école avec lesquelles elle partage ses petits secrets. Justement la grande affaire du moment est qu’elles perdent toutes leurs dents de lait et que la petite souris les en récompense. Suzy est la seule à qui ça ne soit pas encore arrivé et elle s’en désespère. Elle en a trouvé une dans la vieille grange de son grand-père et ce sera la cause d’un gros mensonge et surtout d’une très grosse bêtise qui aurait pu devenir dramatique d’ailleurs.C’est agréable à lire et surtout à regarder. J’aime beaucoup les dessins un peu pointus et dynamiques ainsi que  leur mise en page pleine de surprises mais qui  reste simple et facile à suivre. Je m’imagine très bien lisant l’histoire à voix haute, en suivant les images, une petite chipie à mes côtés. C’était une bonne première approche de la BD enfantine. Merci à Jérôme,  Lire pour le Plaisir, CRDP d'Amiens et aux Editions de la Gouttière grâce à qui j’ai reçu ce très  sympathique album déjà  présenté par Mo’, Lire pour le plaisir et par wensGrosse Bêtise, petite souris, de Alain Kokor et Loïc Dauvillier  (Editions de la Gouttière,2010, 32 pages)

Les participants: 
Arsenul,  Benjamin,  Choco, Chrys, Delphine,  Didi, Dolly,  Emmyne,  Estellecalim, Hilde, Hélène, Hérisson08, Irrégulière, Jérôme,   Kikine, La ronde-des-post-it, Lirepourleplaisir, Lou,  Lounima, Lystig, Mango,  Manu,  Margotte, Marguerite, Mathilde, Moka, Mo',  Noukette, Pascale,   Sandrounette, Sara, Soukee,   Theoma, Valérie,  Vero, Wens, Yaneck, Yoshi73,  Yvan, Mr Zombi,   32 octobre,
Je participe aussi au Top BD de Yaneck. (Note: 15,5 /20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'.

mardi 15 novembre 2011

Lire sans plaisir, à quoi bon?

Depuis quelque temps, des livres s’accumulent autour de moi  que je n’arrive pas à terminer ou dont je ne sais pas écrire les billets. C’est toujours mauvais signe quand ils traînent ainsi, c’est qu’ils ne me plaisent pas outre mesure! 
 Certains, je les ai définitivement écartés. Je n’ai même plus de curiosité à leur sujet et m’en désintéresse complètement au point d’oublier leur existence et leur titre.  D’autres, les plus nombreux,  sont  encore dans l’entre deux, avec un marque-page à l’endroit où ma lecture s’est arrêtée.  Je les rouvre de temps en temps dans l'espoir que la suite m’intéresse davantage mais c’est  rare et je les abandonne à nouveau pour passer à un autre. 
 En général si je dois aimer un livre, je l’avale goulument, presque d’une traite.  Je le promène partout avec moi, prête à le lire n’importe où et n’importe quand, quitte à y perdre mon sommeil. C’est à ça aussi que je sais que j’aime ce livre, avant même d’analyser pourquoi. 
 Je mets rarement en avant mes déceptions mais cette fois, je dois le faire car le silence  signifierait que je ne les ai pas lus or quelques-uns  d’entre eux m’ont été envoyés par de jeunes auteurs qui veulent se faire mieux connaître et c’est encore plus délicat. 
Mon avis est des plus subjectifs. Longtemps j’ai lu par désœuvrement parce que là où j’étais, il n’y avait pas beaucoup d’autres loisirs, puis j’ai lu pour mes études, ensuite pour mon travail. J’ai passé mon temps à  lire et relire les classiques français et étrangers, les anciens, grecs et latins, puis les italiens et j’ai aimé ça  mais  je ne  lis plus que pour mon plaisir. Je ne cherche plus à briller en société  en me montrant à la pointe de l’actualité. Je n’ai plus de grandes ambitions. Je me sens zen!
Mon seul critère de sélection pour juger si j’aime un livre ou pas, c’est mon plaisir or, pour me plaire, un livre ne doit pas être trop hermétique, trop plat ou trop agressif.

Les beaux livres que j’aime, les grands classiques sont profonds mais simples. Ils recherchent  la clarté, pas la complication. Un bon auteur respecte ses propres idées,sa langue et ses lecteurs. sans s’aplatir au niveau zéro de la mode. C’est lui qui crée et impose sa manière. Choquer pour choquer me déplaît. 

Ces critères de jugement posés, voici les livres que je n’ai pas su apprécier ni même terminer.


Indignez-vous de Stéphane Hessel : Quoi , c’est tout ?  Une succession d’évidences! Bien sûr qu’il faut s’indigner -  à bon escient - au bon endroit - au bon moment.  


David Servan-Schreiber : On peut se dire au revoir plusieurs fois.  C’était bien parti et j’ai apprécié sa volonté de combattre et de vivre. J’ai encore avec moi ses livres précédents  mais un post-it à la page 97 m’indique que je n'ai pas fini, celui-ci. Trop, c’est trop. Je ne continuerai pas. J’abandonne:  «Cultiver la gratitude, Moments précieux, La tentation de Lourdes, Aborder le tabou, Testament jubilatoire, Le souffle d’Emily, Lumière blanche,»  et autres chapitres. 

Philippe Bartherotte : Sugar Baby (}aê{les éditions arkhé, 2011, 243 p} "À travers ce récit, tour à tour excessivement brutal, drôle et éprouvant, l’auteur questionne les repères moraux d’une société où l’individu est la proie d’addictions implacables."
Etant une fan de Bret Easton Ellis,  ce n'est pas tant le côté trash qui m'a dérangée que l'ennui ressenti devant le vide de ce personnage qui ne rêve que de se transformer en serial killer et de coucher avec de très jeunes filles. Second degré peut-être mais qui a fini par me lasser  tellement les actions sordides sont répétitives.
Dommage! Pour une fois qu'on me dédicaçait un livre!

Il y en a d'autres mais ce billet est déjà  trop long et je me suis lassée, donc stop. "La belle amour humaine" de Lyonel Trouillot m'attend.

lundi 14 novembre 2011

Décès de Hubert Nyssen, le fondateur des éditions Actes Sud


Par une dépêche d'actuaLitté j'apprends le décès de Hubert Nyssen, 86 ans, le fondateur des éditions Actes Sud, installées à Arles depuis 1978.
Je le connaissais surtout grâce à ses Carnets que je lisais régulièrement jusqu'au début de cette année encore. Il avait arrêté d'écrire depuis janvier  mais j'espérais toujours qu'il reprendrait  la plume bientôt mais il est parti samedi matin, sans se réveiller.  
Site de Hubert Nyssen.

Avant le silence des forêts - Lilyane Beauquel.

Otto, Simon, Heinrich et Nathan, quatre jeunes Allemands de vingt ans, partent découvrir le monde, portés par le train de l'Histoire. Quand ils quittent le bourg bavarois où ils sont nés, leurs désirs affleurent à peine et ils ne connaissent de la vie que leur belle amitié. À leur arrivée, ils comprennent vite vers quoi on les a envoyés. Nous sommes en 1915, en Lorraine.

C’est un beau roman dont il m’est difficile de parler.
Pourquoi ? Parce que je ne le ressens pas comme un récit mais comme un texte poétique magnifiquement écrit.
Je ne l’ai pas lu d’un bout à l’autre ni même entièrement  non plus bien que je sois allée jusqu’aux dernières pages.
Je ne l’ai pas seulement parcouru, mais  je l’ai  savouré, dégusté, voire même dévoré par moments tant les pages sont belles. Toutes, sans exception. Seulement, je n’ai pas pu en lire trop à la fois  et j’ai gardé longtemps ce livre auprès de moi, non par ennui mais par plaisir. J’en lisais quelques passages puis  le reposais  tant  étaient fortes l’émotion et l’admiration provoquées par cette lecture. Après il me fallait un temps de silence, de méditation, m’imaginer les moments évoqués dans la réalité vécue non plus par les personnages mais par toute cette génération, allemande ou française, de ces années-là, une  génération perdue.
C’est un livre  à tenir près de soi, à lire et à relire. Un livre de textes précieux, ciselés dans une belle langue classique, forte mais simple, fière et pourtant attendrie.
Les soldats sont jeunes et pleins de vie, d’espoir, d’enthousiasme et de naïveté aussi, des deux côtés, peu importe, c’est pareil.
Ils savent vite que leur jeunesse se passera là,  coincée dans ces boyaux boueux,  avec pour seule perspective la mort en face mais il faut vivre et occuper le temps qui passe «Avant le silence des forêts»
Alors, rêver, écrire, crier et rire, en attendant.
 «Champagne:
De tels prodiges pourraient nous rendre fous : voilà que nous buvons du champagne. Heinrich l’a volé à une maison du bourg, elle bâillait par toutes ses portes, et, dans la nuit, ses lucarnes avaient un regard de louve.
(…) Nous mettons beaucoup d’amitié à tirer sur nos pipes et le champagne circule avec les scintillements des nuits de Noël, il nous en faudrait beaucoup pour renoncer à téter ces bouteilles, à les faire chanter comme flûtes taillées rien que pour nous! Nous gardons cette volonté d’être très gais.»

«Le grand rire, il nous reste cela, le grand rire.»
«Dormir puis mourir.»
«Chacun est à sa folie.»
«Notre vérité, c’est d’être ici, malgré toutes nos différences, ceux qui y croient, ceux qui n’y croient pas.»

C’est grand et c’est beau! Il faut juste le lire.  
Avant le silence des forêts de Lilyane Beauquel.  (Gallimard, août 2011, 295 pages) Premier roman. Challenge de la Rentrée  ICI.
Challens de la Littérature au féminin et de Hérisson 08
Défi de Anne Premier Roman

dimanche 13 novembre 2011

Le portrait chinois (bis)

Cette fois, c'est pour Manu.
Si j'étais ..., je serais...

1. Un écrivain: L'équivalent féminin de John Irving.

2. Un aliment: le chocolat ( Tant pis pour la pub indirecte mais le chocoletti de Lindt  fait mes délices,  praliné-Noisettes, 18 carrés individuels, à la flamboyante confection bleu,  vert et or - j'y suis addict, hélas!)

3. Un supplice (gniark gniark): manquer de chocolat évidemment!

4. Un animal: Je n'en connais qu'un: celle-là! Une petite maigrichonne des plus malignes, tout droit venue de sa gouttière!

5. Une couleur: toutes mais nuancées.

6. Une pièce (d’une maison, d’un château, d’un immeuble, au choix): une véranda sur  mer.

7. Une profession: archiviste ou interprète

8. Un objet: ma tablette numérique à laquelle je m'habitue peu à peu, ce qui ne m'empêche pas de continuer à acheter des livres  près de chez moi même si ma petite librairie a été remplacée par une plus grosse  que je n'aime pas parce que les employées sont des vendeuses  de produits  interchangeables et ne connaissent rien aux livres. mais les livres me font toujours de l'œil quand je passe devant les tables où ils sont exposés et j'aime les voir, beaux et tout neufs et naturellement je cède  toujours à mes envies à un moment ou à un autre et je repars  toujours avec quelques exemplaires que je n'avais pas prévu d'acheter. C'est plus fort que moi. Heureusement qu'il y a aussi la bibliothèque  municipale. C'est ce qu'il faut souhaiter je crois: la diversité de choix, la plus grande possible. et si quelquefois on veut économiser en achetant en ligne, ce que je n'ai pas encore expérimenté mais qui peut arriver un jour, alors pourquoi pas?
 Je réponds aussi longuement parce que je viens de lire le billet polémique mais nécessaire de Ys ICI. Elle met les pieds dans le plat concernant le prix des livres, la nouvelle taxe et les pétitions à ce sujet. Allez sur son blog, c'est très intéressant!

9. Une chanson: "Un bel dì vedremo" , l'air de la Butterfly, que j'aime beaucoup

10. Un défaut: la distraction, l'étourderie, hélas.

Je refile ce TAG à Yaneck, qui se désespère de ne jamais être tagué, à  Elisabeth,  dimitri, Jérôme, wens, Mr Zombi, Yvan, si ça ne leur déplaît pas avec les mêmes mots.

Les mélopées de Guillaume Apollinaire. Hommage aux soldats morts au combat

Mais écoutez-les donc les mélopées
Ces médailles si bien frappées
Ces cloches d'or sonnant des glas
Tous les muguets tous les lilas


Ce sont les morts qui se relèvent
Ce sont les soldats morts qui rêvent
Aux amours qui s'en sont allés
Immaculés
Et désolés

Guillaume Apollinaire
 (Poèmes à Lou)


Photographie de Michael Kenna

samedi 12 novembre 2011

Flâneries littéraires matinales: les Prix, ça continue!


Je découvre, ce matin, avec retard, que le prix Décembre (qui se veut l'anti-Goncourt)  a été remis à deux auteurs ex-aequo.
à Jean-Christophe Bailly pour Le Dépaysement : voyages en France (Seuil), un carnet de voyages sur la France contemporaine.
à Olivier Frébourg pour Gaston et Gustave (Mercure de France) 
J'ai lu, un excellent article sur le blog de Léon MazzellaICI, au sujet de ce dernier livre que je tiens absolument à lire désormais. Il intéressera tous les passionnés de Gustave Flaubert.  (Le Gustave du titre, c'est lui, Flaubert,   et Gaston, c'est le fils  de l'auteur, jumeau prématuré mort-né qui  a bouleversé sa vie entière. Il est également l'auteur de Maupassant, le clandestin(Folio) 
La lecture du blog m'a également donné envie de lire une super biographie, très  bien documentée, celle de Jean-Marc de Biasi: Gustave Flaubert, une manière spéciale de vivre (Grasset)


Autre nouvelle concernant un prix qui sera décerné dans la soirée, celui de la biographie politique. Ont été retenus les trois titres suivants :
Madame Chiang Kai-shek (Gallimard), de Philippe Paquet
Pierre Brossolette (Fayard),  d'Éric Roussel
Trotski (Perrin), de Robert Service

Ce Grand Prix sera remis à l’hôtel Mercure du Touquet et sera précédé d’un échange entre les trois candidats sur le thème: «Un individu peut-il changer le cours de l'histoire?»

Quant au jury, voici sa composition:
Arlette Chabot, Catherine Pégard, Anne Méaux, Patricia Barbizet, Anne Lauvergeon, Marie-Louise Antoni, Christine Ockrent,
André Glücksmann, Alain-Gérard Slama, François Ewald et Mathieu Laine, Sébastien Le Fol, Patrick-Olivier Picourt.

Il m'arrive, bien que rarement, de lire des vies d'hommes politiques. Parmi ces trois-là, je lirais volontiers l'histoire de la seule femme  qui soit ici mise en valeur, celle de Madame  Chiang Kai-shek, curieuse de savoir si elle a eu de l'importance par elle-même ou si son influence politique ne tenait qu'à son mariage.

Edit de 19 H: Le cinquième Grand Prix de la biographie politique a été attribué samedi au journaliste et sinologue belge Philippe Paquet pour "Madame Chiang Kai-shek" (Gallimard), au premier tour et à l'unanimité, a annoncé le jury dans un communiqué.

vendredi 11 novembre 2011

Tiens, tiens, un tag...

Taguée par Clara, je me lance :

1- Si j’étais une chanson:
Fais dodo, Colas, mon p’tit frère
Si je ne la chante pas 10 fois par jour à un petit bout de chou de ma connaissance !…

2 - Un plat :
Les Spaghetti al pesto.
Je pourrais ne me nourrir que de ça !

3 - Un mot inavouable en public:
Tout bas alors : Miiiii…zzica mais en version sicilienne, je n’ose jamais dire le véritable  mot correspondant!

4 - Un proverbe:
Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!
Pour moi, c'est une variante du prendre la vie du bon côté ou encore du Carpe Diem des anciens.

5 - Un espoir:
Davantage d'espoir partout,  dans ma vie et dans le monde.

6 - Un pays:
Le mien, la Bretagne où je ne vis plus!

7 - Pénible!
Les transports parisiens, de banlieue en banlieue! 

8 - Une odeur:
Le jasmin

9 - Un des sept péchés capitaux:
Celui pour lequel j’ai le plus d’indulgence, tout en le craignant beaucoup c’est la gourmandise, naturellement.

10 - Une lectrice pas raisonnable
Francesca da Rimini  qui se retrouve dans l’Enfer de Dante,  pour avoir lu  un roman d’amour  avec Paolo, le frère de son mari difforme,  épousé pour des raisons politiques. Quand celui-ci les surprend  s'embrassant à la lecture de Lancelot, il les tue aussitôt.

Et maintenant je tague à mon tour, selon leur bon vouloir ou pas:  Aifelle,  Mo',  Marine Rose, Noukette,  Alex,  Soukee,  Margotte,
Les mots à reprendre cette fois sont les suivants: Un peintre - un film - une grande héroïne  amoureuse - Une ville - Une gourmandise - Un jouet -  Une couleur - Une profession - Un vêtement -  Une qualité.
A votre tour de vous amuser!

Une fille occupée, Dominique Conil

L’histoire est loin d’être banale puisqu’il s’agit d’une plongée dans la vie de Ka, une jeune héroïne, occupée /dévorée/ détruite/ravagée par le monde de ses parents et de son frère, tous trois écrivains en puissance. Pour eux l’essentiel de la vie tient dans l’écriture, les livres, les mots, les leurs et ceux des autres.
 Financièrement, en banlieue ouest de Paris, ils ne vivent que grâce à  la plume du père qui écrit des polars à la chaîne, toujours installé au centre du salon et dont le bruit de la machine à écrire rythme toute la vie de la famille.  Le frère aussi, plus tard, publiera à son tour. Quant à la mère, dépressive, elle se contente de lire et d’écrire  sur des feuillets Rhodia  qu’elle détruit aussitôt. 
Se sentant négligée, Ka n’échappe à cette ambiance morbide qu’en fuyant et en s’agrippant au réel. Dans le sud,  elle finit par travailler chez des vendangeurs puis  rencontre Manuel, tour à tour camionneur, cambrioleur,  brocanteur, puis taulard et enfin écrivain à succès. L’écriture rattrape encore et toujours l’héroïne qui, de fuite en fuite, se sent envahie, possédée, comme occupée par toutes les citations, les situations  et  les personnages des grandes œuvres qu’elle connaît par cœur. A la fin, le plus beau passage du roman selon moi, les mots des autres s’emparent de son esprit, court-circuitant ses propres pensées,  à un moment primordial de sa vie.   

Il est des livres graves, douloureux, ambitieux, qui semblent se rétracter plutôt que s’offrir spontanément quand on les ouvre. C’est ainsi que je ressens la lecture de ce récit, difficile d’accès, au style exigeant, que j’ai failli abandonner à plusieurs reprises  mais que je viens de terminer,  soulagée d’en avoir fini avec ces personnages toujours insatisfaits et  cependant admirative de l’habileté de l’auteure pour relancer l’intérêt de son lecteur au bon moment.

«Notre père (…) ne pouvait œuvrer ni coupé du monde, ni dans le bruit du monde. Il lui fallait occuper un espace central,avec vue aérienne sur nos vies. Chez lui, la toute-puissance de l’écrivain avait curieusement dérapé, et il nous préférait en muet, mais sa rage de produire se nourrissait des fureurs que lui inspiraient nos grattements, soupirs, portes claquées, sons cliquetants ou répétitifs.

Nos yeux étaient encore à la hauteur des poignées de porte, mais nous connaissions dix façons d’assassiner proprement. Les meurtres se répétaient d’un bouquin l’autre, comme dans les contes, avec une part raisonnable de monstres et de malheur dans des forêts urbaines obscures. Voilà tout, c’était moins effrayant que ces chansons qui s’interrompaient sur les blocs Rhodia, blanc vertigineux. Le crime s’achevait, lui, prévisible et circonscrit, en page 182. 
La mère lisait tout, les courses, les choses à faire, les gens à appeler, les lettres à envoyer, les dates limites de paiement, les livres à lire, les rendez-vous chez le dentiste, les dates de vaccination, les rappels, la vermifugation du chat, elle notait tout, les poches de ses vestes débordaient de papiers froissés et d’enveloppes timbrées. Et puisqu’elle avait noté, elle oubliait.»
Une fille occupée de Dominique Conil (Actes Sud, février 2011, 200 p)

jeudi 10 novembre 2011

Tolstoï, la technicienne de surface et l'art d'aujourd'hui

"Les grandes oeuvres d’art ne sont grandes que parce qu’elles sont accessibles et compréhensibles à tous"  Léon Tolstoï

Ainsi disait Tolstoï mais  ce qui s'est passé récemment dans un musée de Dortmund prouve qu'il n'est pas toujours facile de différencier une création artistique  actuelle d'un simple désordre domestique.
Une femme de ménage,  certainement pleine de bonne volonté, a vu au milieu  d'une grande pièce vide une bassine en caoutchouc au  pied d’un échafaudage. Elle la trouve sale. Elle est payée pour nettoyer,  alors, logiquement, que fait-elle sinon récurer le récipient  à fond?  Seulement voilà, il s’agissait d’une œuvre d’art de Martin Kippenberger, évaluée à 800 000 euros et intitulée: «Quand le plafond commence à fuir.»
 Pleine de zèle, la malheureuse avait oublié l’endroit où elle se trouvait et négligé le règlement des musées qui interdit au personnel de nettoyage de s’approcher à plus de 20 centimètres des œuvres. 
Heureusement, ayant convaincu  tout le monde de sa bonne foi, elle ne sera pas sanctionnée, aux dernières nouvelles.
(source : ICI

mercredi 9 novembre 2011

Non!

                                                                     Quentin Blake (vu chez Za)
Non à l'augmentation de la TVA sur les livres
J'ai signé la pétition Ici
Développement chez Clara

Pinocchio de Winshluss, ma BD du mercredi.

Fauve d’or à Angoulême,  respecté, admiré, vénéré par tous les blogueurs que j’estime, Winshluss s’est servi des contes de son enfance et en particulier  de l’histoire de Pinocchio par Collodi  pour prendre sa revanche,  se défouler en renversant les rôles et présenter sa vérité.  
 Le renversement des valeurs est à l’ordre du jour? Le gentil pantin n’est qu’un robot sans cervelle et Jiminy Cafard se loge dans sa tête et en prend les commandes.  
Geppetto,  le créateur, l’inventeur diplômé, n’est qu’un assassin en puissance et finit comme Blanche Neige, entouré des sept nains énamourés, violeurs et prisonniers comme lui. 
Dans un entretien, Winschluss s’est comparé à un fabricant de chocolats empoisonnés  et il s’en donne à cœur joie en imaginant les pires noirceurs et les pires situations pour sa marionnette. Tous les vices y passent. La terre, c’est l’enfer. Laideur des personnages, cruauté des éléments, folies meurtrières, avidité sans fin. C’est le règne du pouvoir, de l’argent et du sexe. La vulgarité est partout. 
Cependant, si les contes roses des enfants sont cruels au fond, les contes noirs comme celui-ci peuvent finir tendrement et j’ai adoré les dernières pages.

Arrivée à ce point de mon essai d’interprétation de ce gros volume, je dois avouer mon malaise croissant. Tout au long de ma lecture j’ai souffert d’un sentiment d’infériorité qui n’a fait que s’accroître.
 Eblouie par l’évidence de la supériorité de cette BD sur presque toutes celles que j’ai lues jusqu’ici (pas toutes cependant!), amusée par la force de l’invention et  par les trouvailles incessantes de l’auteur, j’ai fini par me sentir écrasée par tout ce qui m’échappait par manque de références. Je dois admettre que j’ai la désagréable impression, la certitude même, de  n’avoir pas tout compris. Certaines pages me  sont restées muettes  malgré mes efforts, souvent les passages sous l’eau ou avec les monstres et tellement d’autres. Il me faut une autre lecture, ça me semble évident. En revanche et sans doute pour compenser j’ai eu tendance à voir partout ou presque, dans chaque vignette, le long nez de Pinocchio et ses interprétations multiples. C’était comme une devinette, comme un jeu.
 Pas étonnant si j’ai mis un temps fou à terminer cet ouvrage, si lourd et si magnifique dans sa présentation. 
Cette incompréhension partielle mise à part, j’ai beaucoup apprécié la folie de l’auteur, la liberté qu’il s’accorde pour délirer à fond. J’ai aimé ses excès, ses débordements, son mauvais goût souvent, la variété des couleurs, des dessins, l’absence de vignettes la plupart du temps, bref sa grande richesse, si énorme que je dois recommencer à le découvrir avec un regard neuf – dans quelque temps.
 Voir les avis de Mo'Choco, Yvan, Yaneck, Sara, Jean-no,

Pinocchio, de Winshluss (Les Requins Marteaux, 2008, 188 p)
Histoire très librement inspirée du roman de Carlo Collodi.
Mise en couleurs: Cizo assisté de Frédéric Boniaud, Thomas Bernard, Frédéric Felder.

Participent  aux 
Arsenul,  Benjamin,  Choco, Chrys, Delphine,  Didi, Dolly,  Emmyne,  Estellecalim, Hilde, Hélène, Hérisson08, Irrégulière, Jérôme,   Kikine, La ronde-des-post-it, Lirepourleplaisir, Lou,  Lounima, Lystig, Mango,  Manu,  Margotte, Marguerite,  Mathilde, Moka, Mo',  Noukette, Pascale,   Sandrounette, Sara, Soukee,   Theoma, Valérie,  Vero, Wens, Yaneck, Yoshi73,   Yvan, Mr Zombi,   32 octobre,
Je participe aussi au Top BD de Yaneck. (Note: 16,5 /20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'.
Cet album a reçu le Fauve d'or au festival d'Angoulême en 2009.
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BD du mercredi des mois de la rentrée 2011

Voici les 150 titres des BD lues les mercredis de septembre, octobre  2011 par les fidèles à ce rendez-vous hebdomadaire que je remercie vivement pour leur assiduité, leur compétence, la variété de leurs choix, la pertinence et la sensibilité de leurs analyses et de leurs commentaires et enfin  et peut-être surtout les échanges entre  tous les participants, les influences et les affinités qui se créent au fur et à mesure
Merci à tous, à ceux qui viennent régulièrement comme à ceux qui ne font que passer de temps en temps. 
Amateurs et lecteurs de BD, ne restez pas à l'écart: ces mercredis sont faits pour vous. 
Je ne forme qu'un seul vœu pour les  dernières semaines de l'année: surprenons- nous encore, surprenons-nous toujours!
  
BD DU MERCREDI 26 OCTOBRE 2011 
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle de Fabien Nury & Bruno par Jérôme
Essex County de Lemire par Mo'
Fables, Willingham, Collectif par Mr.Zombi
Grosse bêtise de Kokor et Dauvillier par Wens
India Dreams, T4, Charles par Soukee
Kirouek de Nicolas Poupon par Noukette
Le cabinet chinois de Nancy Peña par Choco
Le Grand Mort de Loisiel & Mallié par Emmyne
Le Retour à la terre de Ferri et Larcenet par La-Ronde-des-Post-it
Le Troisième Testament Julius, T1,Donson, Alice, Recht, Lapierre par Yaneck
Les Fonctionnaires T1, Métro, dodo, dodo de Bloz & M'Duc par Manu
Lorenzaccio, Régis Penet par Yvan
Maus de Spiegelman par Hélène
Pistouvi, T1, Le Pays des grands oiseaux par Lire pour le plaisir
Résistances,T1, L'appel de Plumail & Derrien par Hérisson08
Sorcières de Chabouté par Marguerite
Appelle-moi Ferdinand,  Durieux, Bourhis, Conty par Mango
BD DU MERCREDI 19 OCTOBRE 2011 
3" de Marc-Antoine Mathieu par Val
Animal Lecteur de Salma & Libon par Mango
Ascension, 1, de Nabata & Sakamoto par Yaneck
Blast, 1, de Manu Larcenet par Sara
Chroniques birmanes de Guy Delisle par Noukette
Construire un feu de Chabouté & London par Wens
Dallas cowboy de Manu Larcenet par La-ronde-des-post-it
Doomboy de Tony Sandoval par Jérôme
Je me souviens de Zeina Abirached par Hélène
La Terre sans mal de Lepage, Sibran par Noukette
Les aventures de Huckleberry Finn de Mattotti & Tettamanti
Les fruits sanglants de junji ito par Mr Zombi
Les ignorants de Davodeau par Yvan
Les Teutoniques de Rodolphe, Capo, Boutle par Lystig
Portugal de Pedrosa par Mo'
BD DU MERCREDI 12 OCTOBRE 2011 
Abélard, T2, Dilies, Hautière par Choco
Alter ego de Camille par Arsenul
Ethan Ringler de Mezomo et Filippi par Lystig
Fables amères de tout petits riens de Chabouté par Wens
Hamelin de André Houot par Jérôme
Histoire de France pour les Nuls, 1, Les Gaulois par Mango
It's not a piece of cake de Pena par Mo'
La parenthèse de Elodie Durand par Noukette
Le cadavre et le sofa de Tony Sandeval par Sara
Le casse de Coldrush par Yaneck
Le maillot rouge de Marianne Eskenazi par Margotte
Le retour à la terre 1, 2 de Ferri et Larcenet par La-ronde-des--post-it
Long John Silver T1,de Dorison et Lauffray par Soukee
Partenariats d'Octobre chez Lire pour le plaisir
Portugal de Pedrosa par Yvan
Sambre T2, Je sais que tu viendras de Yslaire par Moka
BD DU MERCREDI 5 OCTOBRE 2011 
3 secondes de Marc-Antoine Mathieu par Choco
3 secondes de Marc-Antoine Mathieu par Sara
America de James Sturm par Jérôme
Dans la nuit la liberté nous écoute de Le Roy par Mo'
Julia von Kleist T1, Allemagne 1932 de Djan et Marivain par Yaneck
Les échos invisibles de Sandoval et La Padula par Moka
Octobre noir de Daeninckx et Mako par Wens
oute la poussière du chemin de Martin et Antunes par Noukette
Paracuellos de Carlos Giménez par Mango
Rewind de Philippe Girard par arsenul
Seuls 1, 2 de Gazzotti et Vehlmann par La-ronde-des-post-it
Shutter Island de de Metter et Lehane par Soukee
Sous son regard de Marc Malès par Yvan
Un plan sur la comète T6 de Emile Bravo par Lire pour le plaisir
BD DU MERCREDI 28 SEPTEMBRE 2011 
3 secondes de Marc-Antoine Mathieu par Noukette
Blast 1,Grasse Carcasse, Manu Larcenet par La-ronde-des-post-itrcenet par La-ronde
Captain Biceps,T5, L'intrépide par Lire pour le plisir
Coronado, Loustal, Dennis Lehane par Wens
Coronado, Loustal, Dennis Lehane par Wens
Coronado, Loustal, Dennis Lehane par Wens
Garance de Gauthier, Labourot, Lerolle
Gargamel et les schtoumpfs, Peyo, par arsenul
Je ne suis pas un homme de Usamaru Furuya par Mango
Le camp-volant de René Hausman par Emmyne
Le château de Lord Valentin de Jouvray et Ratte par Hérisson08
Le rêve de Météor Slim de Frantz Duchazeau par Choco
Le signe de la lune de Bonet et Nunuera par Margotte
Le sortilège du Bois des Brumes de Bourgeon par Mo' et Jérôme
Lyz et ses cadavres exquis de le Lay et Horellou par Sara
Paul..., de Michel Rabagliati par Theoma
Rural de Etienne Davodeau par Soukee
Sambre T1, d'Yslaire et Balac par Moka
Soupe froide de Charles Masson par Yvan
Wolverine, Old man Dogan de Mullar et McNiven par Benjamin
BD DU MERCREDI 21 SEPTEMBRE 2011 
Abélard, 1, 2, de Hautière et Dillies par Mo'
Au nom du fils, T1, de Perrotin et Belin, par Noukette
Bloodlight de Zaz, Esdras, Gwen, par Arsenul
Des souris et des hommes, de Pierre-Alain Bertola, par La-ronde-des-post-it
Elmer de Gerry Alanguilan par Mango
En mer de Drew Weing par Yvan
Janet Burroughs, de Croci, Pauly, Py, par Emmyne
Joséphine l'intégrale, Pénélope Bagieu, par Soukee
L'homme qui n'aimait pas les armes à feu T1,Lucano, Salomone, Pieri, par Lou
La liste 66: 1, Illinois de Eric Stalner, par Manu
La sagad'Atlas et Axis, T1, de Pau, par Jérôme
Le cahier à fleurs, de Galandon et Nicaise, par Mr Zombi
Le chant d'Excalibur, de Arleston et Hübsch, par Hérisson08
Les princesses aussi vont au petit coin, de Chabouté, par Choco
Magasin sexuel, de Turf, par Sara
Okka, le cycle de l'eau, de Hub, par Lire pour le plaisir
Retour au collège de Riad Sattouf par Yaneck
Tout seul, Chabouté, par Wens
Tramp, de Kraehn et Jusseaume, par 32 octobre
Vivi des Vosges, de Aurélia Aurita, par Theoma
BD DU MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 
Alter Ego, Darius, par Arsenul
Blacksad T2, Artic-Nation, Diaz Canales et Guarnito par Mango
Blacksad,1,2,3,4, Diaz Canales, Guarnido par Mr. Zombi,
Blue de Kirito Nananan par Yvan
Boule et Bill, T33, A l'abordage de Verron par Jérôme
Couleur de peau, miel, T2 de Jung par Noukette
Frangins de Max de Radiguès par Lire pour le plaisir
Hontes enfantines de Mattiussi par Mo'
Judge 2, Yonishiki Tonoga, par Valérie
L'auberge du bout du monde de Prugne et Oger par Emmyne
L'auberge du bout du monde, Prugne, Oger, Par Emmyne
L'Hôte de Jacques Ferrandez par Wens
La France a peur de Nic Oumouk, T2, Manu Larcenet par La-ronde-des-post-it
Le combat ordinaire de Manu Larcenet par Sara
Le combat ordinaire, 1 à 4, Manu Larcenet, Par Theoma
Le roi Cyclope, T1,Le puits-aux-Morts, Isabelle Dethan, par Yaneck
Les quatre de Baker Street, Djian, Legrand, Etien par Dolly
Les souvenirs de Mamette, T2, Le chemin des écoliers de Nob par Kikine
Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur, Cwangjo, Corbeyran par Soukee
Pinocchio, Winchluss par Choco
Showman Killer, Jodorowsky, Fructus, par Margotte
BD DU MERCREDI 7 SEPTEMBRE 2011 
"Kill the granny" - "Le chat au pays des merveilles", Mengozzi, Marcora, par Manu
Abélard, T2,Une brève histoire de poussière et de cendre, Hautière et Dillies par Lire pour le plaisir
Au nom du fils, 1 Belin, Perrotin
Blast, 1, 2, Manu Larcenet, par Noukette
Bottomless Belly Button, Dash Shaw par Mo'
Centre Belge de la Bande Dessinée par Emmyne
Chi, une vie de chat, Konami Kanata par 32 octobre
Dieu en personne,Marc-Antoine Mathieu par Sara
Disputes et chapeaux , Yvan Pommaux,par Margotte x
En mer, Drew Weing par Jérôme
Fraternity, 1, Juan Diaz Canales, Munuera, par Yaneck
Hikaru no go, Hotta, Obata, par Mr. Zombi
Hôtel étrange.L'hiver au printemps, Katherine et Florian Ferrier par Dolly
Intrus à l'étrange, Simon Hureau par Lystig
La page cornée, Mako, Daeninckx,par Wens
Le mystère Saint-Yves , Corbet, Heurteau par Valérie
Le trône d'argile ,Nicolas Jarry, France Richemond par Herisson
Les somnambules , Randall C. par Yvan
Piero - Baudoin par Theoma
Ring Circus, 1,Pantres, Chauvel, Pedrosa par Soukee
Spirou dream team,Yann, Léturgé, par Arsenul
Spécial Branch,L'agonie de Lévithan, Seiter, Hamo, par Kikine
Total souk pour Nic Oumouk, T1, Manu Larcenet, par La-ronde-des-post-it
Un hiver de glace, Renard, Woodrell, par Choco
Un hiver de glace, Romain Renard, Woodrd, par Choco

lundi 7 novembre 2011

Incident à Twenty-Mile de Trevanian


Twenty-Mile est un trou perdu du Wyoming, en 1898, au moment de la ruée vers l’or. C’est un lieu  ignoré de tous, en haut d’une montagne, entre la mine et le bourg voisin. Les quinze habitants ne vivent que dans l’attente des mineurs qui viennent s’y saouler en fin de semaine.
  Comme dans tout bon western qui se respecte, on retrouve le bordel, le  tenancier, son serviteur et ses trois prostituées,  l’hôtelier, plus sélect et  sa jolie jeune fille pure et vierge dont il faut absolument  protéger la vertu, le pasteur, débauché,  ivrogne et donneur de leçons.
 L’histoire commence quand arrivent les étrangers, le bon d’abord, le jeune Matthew, venu on ne sait d’où,  beau parleur, mythomane, qui se fait passer pour Ringo Kid, son héros. Entrent en scène ensuite  les trois bandits, d’horribles  tueurs échappés de la prison voisine qui prennent les habitants en otage. 
Heureusement là ne réside pas l’intérêt de ce roman: je ne l’aurais pas aimé et certainement je me serais arrêtée avant la fin mais l’art de Trevanian est de s’amuser avec son lecteur auquel il fait des clins d’œil entre initiés et habitués des bons vieux westerns du cinéma. On s’intéresse au sort de ces personnages, laissés en rade  et ballotés dans un pays en pleine construction/déconstruction. On s’en amuse aussi. 
Par-dessus tout cependant  c’est le style et la maîtrise du récit que j’ai admiré chez cet auteur secret et mystérieux qui joue avec les codes du genre  et les narrateurs successifs.  Entre la prison des premières pages et la visite au cimetière,  un siècle après, les archives et les journaux intimes se sont accumulés.
Le premier collecteur d’histoires est un charpentier, Niels Petersen qui, vers ses  quatre-vingt-dix ans , remit son manuscrit à  celui qui déclare avoir consulté toutes sortes d’autres archives  pour écrire ce livre  et qui a prolongé le récit de l’incident jusqu’à la disparition, bien des années après,  de tous les protagonistes de cette aventure.
Voici d’ailleurs ce qu’il dit lui-même de la construction de son ouvrage.

   «Lorsque j’eus fini de lire le manuscrit des mémoires de M. Pedersen sur Twenty-Mile, je le remerciai et, après une dernière tasse de café, je repris ma route vers l’ouest, mettant ce que j’appelai déjà « l’histoire de Twenty-Mile » sur le brûleur du fond, où elle allait mijoter beaucoup plus longtemps que je ne le pensais.
   Mais je repassais de temps à autre dans le Wyoming pour siroter le bourbon de M.Pedersen et écouter ses histoires, histoires que j’étofferais ensuite en allant faire quelques recherches au département « patrimoine vivant » des archives de la Société d’histoire de Cheyenne, où je trouvais des mémoires de mécaniciens de train, employés de banque, mineurs, gardiens de prison, journalistes du Far West… et de toutes sortes de gens, mémoires souvent rédigés par des veuves désireuses de donner un sens à la vie de leur mari disparu.
(…)
   Les années passèrent, où je consacrais mon temps et ma tête à d’autres ouvrages; puis,  il y a peu,  il me vint à l’esprit que le centenaire des événements de Twenty-Mile approchait, et je me dis que le temps était venu d’écrire mon seul livre dans le genre du western en en revisitant les archétypes conventionnels : le « kid », le joueur de poker tuberculeux, les filles du saloon au cœur d’or,le petit commerçant philosophe, le prédicateur de l’Ouest sauvage, la jolie jeune première d’une ville bientôt fantôme, le nouveau venu mystérieux et amer, le hors-la-loi qui se déchaîne sur la ville tel un fléau biblique.» 
Un roman noir très agréable!
Qui est l'auteur? Trevanian est l'un des noms de plume de l'écrivain américain, le Dr Rodney William Whitaker, né le12 juin 1931 à New York et décédé le 14 décembre 2005 en Angleterre1.Professeur d'université, il fut un auteur mystérieux. Il passa une grande partie de sa vie reclus dans les Pyrénées basques, refusant tout entretien et toute photographie. Il ne révèlera son vrai nom qu'en 1979, lors de la sortie du livre ShibumiSes livres sont traduits en 14 langues, plusieurs d'entre eux étant des best-sellers : entre 1972 et 1983, cinq de ses livres se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires chacun (Wikipedia)
Incident à Twenty-Mile de Trevanian (Gallmeister, 2011, 350 p.) Traduit de l’américain par Jacques Mailhos
Merci à l’éditeur et au News Books de Ys  pour le partenariat. (Livre reçu le 19/10/11)