mardi 18 octobre 2011

Mikaël Hirsch - Les successions.

Le roman s’ouvre et se termine au Japon où Pascal Klein, propriétaire d’une galerie d’art parisienne, termine la quête d’un tableau de Chagall, totalement inconnu mais qu’il recherche de toute son âme depuis la mort de son père, un artiste peintre qui le contemplait dans sa chambre d’enfant jusqu’à l’arrivée des Allemands en 1940 et ce que l’on sait des vols d’objets d’art commis alors.
Cette quête qu’il entreprend,  devenue une véritable enquête, le conduit très loin, non seulement dans son passé et celui de son père mais dans la connaissance de ses  besoins profonds, de ses regrets d’artiste contrarié, dans l’histoire de sa famille et celle des pays en guerre au XXe siècle etc.
Ce roman évoque aussi l’ évolution de l’art  et tous les problèmes et réflexions philosophiques qui s’y rattachent, la part de folie qui menace les artistes et les collectionneurs comme ce personnage de Ferdinand de Sastres, magnifique dans ses excès, la mainmise des financiers et des  mafias de tout acabit qui rabaissent l’art au niveau d’une industrie quelconque, bref c’est un roman foisonnant, qui soulève un tas de questions essentielles et des plus intéressantes sur le sens de la vie  et les divers chemins possibles pour s’accomplir et survivre quelque peu à la mort:  l’art et l’éternité, par exemple?
Ce roman m’a donné à méditer et à m’interroger sur moi-même et sur ce qui pour moi est essentiel en définitive, au-delà de tout ce qui fait la vie matérielle, familiale et physique.
Je l’ai apprécié pour cet aspect-là,  pour tous  ces questionnements qu’il soulève dans un style  sans faille, limpide, maîtrisé, des plus classiques  alors que le récit, plutôt baroque lui, part un peu dans tous les sens.
Je lui reproche sa complexité: je m’y suis sentie perdue, au début et vers la fin.
Je regrette aussi son côté trop cérébral et le manque d’émotion et de sympathie envers les personnages que je n’ai pas trouvés suffisamment attachants pour m’y intéresser vraiment, mis à part l’épisode concernant Ferdinand de Sastres, seul véritable moment qui m’ait véritablement passionnée. Le reste m’a vivement intéressée; c’est un livre intelligemment fait mais ce n’est pas un coup de cœur. 
"Dans un monde où l'obsolescence est programmée par le commerce, il attachait une attention particulière aux témoignages historiographiques. Les tableaux le fascinaient par leur capacité à s'extraire du temps ordinaire. Il s'agissait d'objets secrétement destinés à lier les générations. Ils contenaient en quelque sorte les vies de ceux qui les avaient possédés tout au long de l'histoire. Lorsque Pascal regardait un tableau, il voyait avant tout une succession."
L'ont aimé: Cynthia, Daniel Fattore, Cogito Rebello, Yv,  L'ont moins aimé ou pas du tout:  Nicolas Gary, Aifelle, Valérie Clara, (en Lecture Commune mais, désolée, Clara pour le retard!)
Mikaël HirschLes successions, (L’Éditeur, 278 pages, août 2011) 
Mikaël Hirsch est né à Paris en 1973. Après des études de lettres et de langues, il rédige un DEA consacré à la littérature américaine. Aujourd'hui libraire, il est l’auteur de nouvelles, de poèmes et de romans.

dimanche 16 octobre 2011

Des pommes, des poires de Marylin Cavin... et moi et moi et moi


Deux tableaux d'un peintre découvert ce matin à la télévision dans "Thé ou café": Marylin Cavin. L'un est intitulé: "Vermeil,clair  et perpétuel". L'autre: "Dans l'Ombre de ses Désirs".

Je profite de ce billet pour voir si mes ennuis de la journée avec le réseau internet ont disparu. Depuis ce midi en effet, celui-ci ne fonctionne plus qu'en pointillés si bien que les commentaires ne passent pas toujours  et que GR ne reconnaît pas mes billets.Je crains même de ne plus pouvoir communiquer du tout si ça continue!  
Si tout fonctionne à nouveau correctement demain, j'effacerai  ces lignes. Sinon, mes amis lecteurs et blogueurs comprendront pourquoi je ne passe pas chez eux et éventuellement pourquoi il m'est impossible de répondre aux commentaires avec régularité. 
Je suis soumise aux caprices d'une technique pas toujours très dévouée! 

Une liste irrésistible. Inscription au challenge de Karine:). Gilmore Girls

Impossible de ne pas céder devant la liste des 343 livres proposés chez Karine:) 
Quand ai-je su résister à une telle liste?
Ce ne sera pas encore cette fois-ci . 
Je me suis engagée à lire trois de ces livres  d'ici fin 2012.
Pas trop difficile! 
Si j'ai bien compris, Karine a rassemblé là les titres des livres lus dans cette série, Gilmore Girls, que je ne connais d'ailleurs pas et dans laquelle une des héroïnes est une vraie LCA, elle aussi: 
elle lit tout le temps et partout.
Elle a toujours un livre à la main.
Bon, mieux vaut aller voir le challenge chez Karine elle-même ICI 
(Je ne relève que les livres  que j'ai déjà lus,  en rouge ceux que j'espère lire ou relire , challenge ou pas d'ailleurs, bref je me fais plaisir avec cette liste)

  1.         Albaret Celeste Monsieur Proust Monsieur Proust
  2.         Alcott  Louisa May Little women Les 4 filles du docteur March
  3. Austen Jane Emma Emma
  4. Austen Jane Northanger Abbey L'abbaye de Northanger
  5. Austen Jane Pride & Prejudice Orgueil et préjugés
  6. Austen Jane Sense and Sensibility  Raison et sentiment
  7. Auster Paul Oracle Night  La muit de l'oracle
  8. . Balzac Honoré de Cousin Bette  Cousine Bette
  9. . Beckett Samuel Waiting for Godot En attendant Godot
  10. . Blixen Karen Out of Africa La ferme africaine
  11. . Boulgakov  Mikhail The Master and Margarita  Le maître et Marguerite
  12.         Bradbury Ray Fahrenheit 451  Fahrenheit 451
  13. . Bronte Charlotte Jane Eyre Jane Eyre
  14. .. Brown Dan DaVinci Code, The Le code DaVinci
  15. . Bukowski Charles Notes of a Dirty Old Man Journal d'un vieux dégueulasse
  16. . Capote Truman In Cold Blood De sang froid
  17. . Carroll Lewis Alice's Adventures in Wonderland Alice au pays des merveilles
  18. . Cervantes   Don Quixote Don Quichotte
  19. . Chaucer Geoffrey Canterbury Tales, The Les contes de Canterbury
  20. . Collodi Carol Pinocchio Pinnochio
  21.         Dante   Divine Comedy, The La divine comédie
  22. . Dante   Inferno L'enfer
  23. . De Beauvoir Simone Memoirs of a Dutiful Daughter Mémoires d'une jeune fille rangée
  24.         De Beauvoir Simone The second sex Le deuxième sexe
  25.         Dickens Charles A Christmas Carol Un conte de Noël
  26.         Dickens Charles David Cooperfield David Copperfield
  27. Dickens Charles Great Expectations Les grandes espérances
  28.         Dickens Charles Oliver Twist Oliver Twist
  29. . Dickinson Emily Poems  Poèmes
  30. . Didion Joan Year of Magical Thinking, The L'année de la pensée magique
  31. . Dostoevsky Fedor Crime and Punishment Crime et châtiment
  32. . Dostoevsky Fyodor Demons  Les possédés
  33. Du Maurier Daphne Rebecca Rébecca
  34. Dumas Alexandre The Count of Monte Cristo  Le comte de Monte Cristo
  35. . Eco Umberto The Name of the Rose  Le nom de la rose
  36. . Ellis Bret Easton Less Than Zero Moins que zéro
  37. . Faulkner William Sanctuary Sanctuaire
  38. . Faulkner William The Sound and The Fury  Le bruit et la fureur
  39. . Finney Jack Time and Again Le voyage de Simon Morley
  40. . Fitzgerald F. Scott Tender is the Night Tendre est la nuit
  41.         Fitzgerald F. Scott The Great Gatsby  Gatsby le magnifique
  42. . Flaubert Gustave Madame Bovary Madame bovary
  43.         Foer Jonathon Safran Everything Is Illuminated Tout est illuminé
  44. Forster E.M. A Passage to India  La route des Indes
  45. . Forster E. M. A Room With A View Chambre avec vue
  46. . Frank Anne Anne Frank: The Diary of a Young Girl  Journal d'Anne Frank
  47. . Gogol Nikolai Vasilevich Dead Souls Les âmes mortes
  48. . Golding William Lord of the Flies  Sa majesté des mouches
  49. . Hawthorne Nathaniel The Scarlet Letter  La lettre écarlate
  50. . Hemingway Ernest A Moveable Feast Paris est une fête
  51. . Hemingway Ernest Snows of Killimanjaro Les neiges du Kilimanjaro.
  52.         Hemingway Ernest The Sun Also Rises  Le soleil se lève aussi
  53. . Homer   Iliad, The L'iliade
  54. . Hornby Nick High Fidelity High fidelity
  55. . Hornby Nick Songbook  (non traduit) Si en Poche
  56. . Hosseini  Khaled The Kite Runner  Les cerf-volants de Kaboul
  57. . Hugo Victor Hunchback of Notre Dame, The Notre Dame de Paris
  58. . Huxley Aldous Brave New World  Le meilleur des mondes.
  59. . James Henry Daisy Miller Daisy Miller
  60.         Joyce James Ulysses Ulysses
  61. Kafka Franz The Metamorphosis  La métamorphose
  62. Kafka Franz Trial, The Le procès
  63. . Kerouac Jack On The Road Sur la route
  64. . Kesey Ken One Flew Over the Cuckoo's Nest  Vol au-dessus d'un nid de coucou
  65. . Keyes Daniel Flowers for Algernon  Des fleurs pour Algernon
  66. . King Stephen Carrie Carrie
  67.         King Stephen Christine Christine
  68. . King Stephen Shining, The Shining, l'enfant lumière
  69. . King-Smith Dick Babe Babe
  70. . .Lawrence D. H. Lady Chatterley's Lover L'amant de lady Chatterley
  71. Lee Harper To Kill A Mockingbird Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
  72. Mailer Norman Naked & The Dead, The Les nus et les morts
  73. Marquez Gabriel Garcia One Hundred Years of Solitude Cent ans de solitude
  74.         McCarthy mary The group Le groupe
  75. . McCourt Frank Angela's Ashes Les cendres d'Angela
  76. . Melville Herman Moby Dick Moby Dick
  77.         Mitchell Margaret Gone With The Wind Autant en emporte le vent
  78. . Morrison Toni Beloved  Beloved
  79. . Orwell  George 1984 
  80. .       Plath Sylvia Bell Jar, The La cloche de détresse
  81.         Plath Sylvia The unabridged journals of Sylvia Plath Journaux
  82. . Poe Edgar Allen Complete Tales & Poems  Histoires extraodinaires/nouvelles histoires extraordinaires/poèmes
  83. . Poe Edgar Allen Raven, The Le corbeau
  84. . Proust Marcel Swann's Way Du côté de chez Swann
  85. . Rilke Rainer Maria Letters to a Young Poet Lettres à un jeune poète
  86. . Rowling J. K. Harry Potter & The Goblet of Fire Harry Potter et la coupe Salinger J.D The Catcher in the Rye  L'attrape coeur
  87. . Shakespeare William Hamlet Hamlet
  88. . Shakespeare William Macbeth Macbeth
  89. . Shakespeare William Merry Wives of Windsor, The Les veuves de Windsor
  90. . Shakespeare William Othello Othello
  91. . Shakespeare William Richard III Richard III
  92. . Shakespeare William Romeo And Juliet Roméo et Juliette
  93. . Shaw George Bernard Pygmalion  Pygmalion
  94. . Shelley Mary Frankenstein Frankenstein
  95. . Sijie Dai Balzac and the Little Chinese Seamstress  Balzac et la petite tailleuse chinoise
  96. . Steinbeck John Grapes of Wrath, The Les raisins de la colère
  97.         Steinbeck John Of Mice and Men Des souris et des hommes
  98. . Stevenson Robert Louis Dr. Jekyll and Mr. Hyde  Dr. Jeckyll et Mr. Hyde
  99. . Stowe Harriet Beecher Uncle Tom's Cabin La cabane de l'oncle Tom
  100. . Styron William Sophie's Choice Le choix de Sophie
  101. Thackeray William Makepeace Vanity Fair La foire aux vanités
  102. .       Thoreau Henry David Walden Walden ou la vie dans les bois
  103. . Tolstoy Leo Anna Karenina Anna Karénine
  104.         Tolstoy Leo War And Peace Guerre et Paix
  105. . Toole John Kennedy A Confederacy of Dunces La conjuration des imbéciles
  106. . Twain Mark Adventures of Huckleberry Finn Les aventures d'Huckleberry Finn
  107. . Voltaire   Candide 
  108. . Wharton Edith Ethan Frome  Ethan Frome
  109. . Wharton Edith Roman Holiday Fièvre romaine
  110.         Wilde  Oscar The Picture Of Dorian Gray  Le portrait de dorian Gray
  111. . Williams Tennessee A Streetcar Named Desire Un tramway nommé désir
  112. . Wodehouse P.G The Code of the Woosters  Bonjour, Jeeves
  113. . Woolf Virginia A Room of One's Own Une chambre à soi
  114. . Woolf Virginia Mrs. Dalloway Mrs. Dalloway
  115. . Zafon Carlos Ruiz The Shadow of the Wind  L'ombre du vent

.  Ouf!  Quel travail accompli par Karine:)  


      Poème d'amour, Clément Marot

      De soy même
      Plus ne suis ce que j'ai été
      Et plus ne saurai jamais l'être
      Mon beau printemps et mon été
      Ont fait le saut par la fenêtre
      Amour tu as été mon maître
      Je t'ai servi sur tous les dieux
      Ah si je pouvais deux fois naître
      Comme je te servirais mieux.


      Clément Marot (Cahors,1496/97, Turin,1544)

      samedi 15 octobre 2011

      Non Stop de Frédéric Mars, Concours.


      J'étais tellement plongée dans ce thriller commencé ce matin que j'allais oublier de lancer le concours pour gagner quatre exemplaires de ce roman à paraître le 3 novembre;

      Ne vous en privez surtout pas: il est très bien. Je vous assure qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer avec lui! Je n'en suis qu'à la page  221 (Il y en a 653,  plus un glossaire), mais je suis presque sûre de le finir ce week end, sans problèmes!
      Plusieurs autres blogs proposent aussi ce concours. Un conseil: n'hésitez pas à participer.  Les gagnants seront tirés au sort le 6 novembre. Il suffira de me donner noms et adresses à ce moment-là. Je les communiquerai aux organisateurs du concours qui géreront eux-mêmes l'envoi des livres auprès des gagnants.

      Pour participer il faut
      1) Aller sur le site Facebook  ICI



      2) Répondre aux questions suivantes dans mes  commentaires:

      - A         Dans la bande annonce, qu’apprend-t-on sur certains citoyens américains ?
           1.        Ce sont des extra-terrestres
           2.       Ce sont des bombes humaines
           3.       Ce sont des hackers
           4.       Ce sont des chirurgiens


      - B         Dans l’extrait du roman, à quel film fait référence le surnom du boss de Sam ?
         1.       Le Parrain
         2.       Manhattan
         3.       Police Academy
         4.       Le Seigneur des Anneaux


      Bonne chance et bonne lecture j'espère!

      vendredi 14 octobre 2011

      Mais qui est donc le poète Tomas Tranströmer, Prix Nobel de Littérature 2011?


      On le connaît très peu en France. Cependant ses  Œuvres complètes ont été publiées avec une postface de Renaud Ego, critique d'art et de littérature, né en 1963, collaborateur à plusieurs revues,  lui-même poète, romancier, essayiste français ayant séjourné au Japon, en Inde, en Afghanistan, où il a appris "la valeur de la distance et du dehors". Voici ce que je retiendrai de ce qu'il dit du Prix Nobel  ICI (source Rfi.fr) Tout d'abord,il faut se dire que l'œuvre du poète est close depuis 1990, date de son accident vasculaire cérébral.

      Tranströmer est l’homme du souffle, mais sans emphase. Sa poésie est sobre, mesurée, précise. C’est un très grand musicien de la langue. Et musicien tout court. En parfait connaisseur de la musique contemporaine, il sait que le temps des symphonies est désormais révolu. Le souffle symphonique qui implique une confiance absolue dans l’Histoire, comment le retrouver quand on a été contemporain des horreurs de la Seconde Guerre mondiale ? En revanche, il y a une vraie justesse dans la tonalité de la poésie de Tranströmer, une justesse qui est aussi un parti pris éthique. Tout le génie de ce poète est d’avoir su en faire une esthétique.
 

      La poésie de Tranströmer se caractérise par son souci d’être attentif au plus simple, au plus immédiat de l’expérience. C'est la poésie de l'infra réel.  Or, le réalisme de Tranströmer qui décrit le réel dans toute sa banalité - un motel au bord de l’autoroute, la pluie qui martèle le dessus des voitures, un homme qui se rase le matin devant la fenêtre ouverte - est empreint de l’incertitude qui pèse sur les choses. Sa poésie procède de la conscience que le monde objectif en soi n’existe pas. C’est l’observation qui crée la réalité. Le réel surgit à travers nos perceptions subjectives qui sont autant de situations rendant possibles la rencontre entre l’être et le monde. Chacun des poèmes de Tranströmer est une mise en scène de cette rencontre à la fois fondamentale et transitoire.

      Les grands thèmes de sa poésie sont le rêve, les grands mystères de l’existence, les saisons, la beauté de la nature. Tranströmer est aussi le poète de la modernité, car sa représentation de l’espace naturel est traversée par tous les signes de la modernité industrielle, les villes, les foules, les gratte-ciel, les ascenseurs, les voitures, les autoroutes… Cette représentation n’est pas une exaltation naturaliste, car le poète est conscient de la grande violence qui s’exerce sur les individus à l’époque contemporaine. Finalement, c’est peut-être moins des thématiques qu’une manière d’aborder le réel qui caractérise la poésie de Tranströmer. Son réalisme découle de la générosité de son regard qui englobe du plus infime au plus infini, mais ce réel est en même temps problématisé par la prise de conscience d’un profond hiatus entre le langage et le monde. Nos   langues servent à échanger, à communiquer, mais ne permettent pas d’atteindre les choses !

       Les principales caractéristiques de son écriture sont les images et les métaphores mais elle est en même temps d’une très grande exactitude. Sa poésie procède aussi par ellipses, par silences  qui ne sont pas des ruptures de sens mais des articulations, des tunnels de passage entre l’extérieur et l’intérieur. Cette manière d’utiliser le souffle de l’intervalle comme un lien rappelle la poésie chinoise ou japonaise. Ce n’est pas par hasard que Tranströmer a aussi écrit des haïkus.
      La poésie singulière de Tranströmer est  habitée par un sentiment cosmique de l’existence
                                                                                                                                                                                                                      (Photo: Renaud Ego)                                                                                                                               

      jeudi 13 octobre 2011

      François-Marie par Jean-Marc Roberts chez Gallimard. Par-delà l'affaire Bettencourt

      L’affaire Bettencourt comme  un roman balzacien  et tous les personnages qui gravitent autour, de près ou de loin, tous plus excessifs les uns que les autres. Une histoire de famille, de fric surtout, un rapport mère-fille explosif aussi et des avocats, des juristes, des juges, des journalistes qui tournoient autour entre le ricanement sarcastique, le soupir exaspéré, le cri scandalisé et la moue méprisante ou écœurée, tous les sentiments humains s’y retrouvent: c’est la plus significative des  misérables comédies humaines actuelles.
      Derrière tout ce cirque médiatique,  une entreprise des plus prospères souvent présentée  comme La  vitrine de l’industrie française.
      Au premier plan cependant, qui a surtout été montré du doigt et ridiculisé? Qui est «ce pelé , ce galeux  d’où  venait tout le mal»?
      Qui est l’âne de la fable dont la peccadille de manger l’herbe d’autrui fut jugé un cas pendable quand les autres avaient tué le berger?
      Jean-Marie Banier, bien sûr en sa qualité de «bouffon» de la reine, celle qui aurait laissé un appartement de luxe à celui qui gardera son chien après sa mort.
       (Ici je ne peux éviter l’allusion aux «Animaux malades de la peste» du cher La Fontaine, auquel il est toujours bon de revenir).
      «Selon que vous serez puissant ou misérable, 
      Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.»

      Trois ouvrages viennent de sortir concernant cette affaire dont une BD sarcastique :
      Un milliard de secrets par Marie-France Etchegoin (Robert Laffont)
      Tout le monde aime Liliane, par Laurent Léger et Riss (Les Echappés) BD
      J’ai lu celui de l’ami de longue date de Banier,  bien que depuis une trentaine d’années ils ne se soient pas revus. N’empêche! Jean-Marc Roberts a senti le besoin d’écrire à son ancien ami tendrement aimé dans les années soixante-dix. Il en dresse un portrait attendri et, ce faisant,  il dessine aussi son autoportrait. Il semble sincère, c’est cru,  dru,  bien écrit,  je veux dire sans fioritures,  ni plaintes, ni récriminations. 
      Qu’en retiendrai-je sinon que ces deux-là se sont rencontrés au printemps 1973, qu’ils ont passé leur jeunesse en compagnie d’Aragon, de Madeleine Castaing, la décoratrice et de tant d’autres personnes célèbres avec lesquelles ils partageaient tout, que Banier est « plus intéressant qu’intéressé »
      C’est le genre de livre que je n’aurais jamais acheté mais que j’ai choisi pour l’avoir trouvé sur la table des nouveautés de la bibliothèque. Je ne le regrette pas d’ailleurs, c’est comme un article de Match un peu plus détaillé et amical.   

      Voici un passage de la fin du livre, après une soirée bien arrosée.
      «Quand le chauffeur entend la destination, il t’ordonne de descendre, c’est trop près trois cents mètres. Je dois négocier avec lui, m’arranger sur un montant de course minimal, je double la somme afin qu’il t’emporte.
      Le type ne t’a pas reconnu et tu en souffres, tu en es presque choqué.  «Comment ça, hurles-tu, comment ça, ma tête ne vous dit rien, Banier, Bangkok, Ankara, Nouméa, Iéna, Eldorado, Rambouillet, Banier. Je suis l’assassin de la reine d’Angleterre, le neveu d’oncle Jean, l’amant de Louis Aragon. Banier (Tu scandes ton nom tel un putois.) J’ai ratiboisé la femme la plus riche du pays. T’es pas français, Avance, vermisseau,  je suis sûr que tu as un local. Tu veux qu’on te la roule à deux, mon copain sera d’accord. Allez, roule, ma poule!»
      Le taxi, effrayé, démarre. Je vous ai couru après mais la voiture  a grillé le premier feu rouge comme si le chauffeur avait décidé de me semer.»
      (Photo:de gauche à droite : Roberts, Banier, l'acteur Pascal Greggory  la femme de Roberts Bettina, le décorateur Jacques Grange)
      François-Marie par Jean-Marc Roberts, roman,   (Gallimard, 2011, 96 pages)

      mercredi 12 octobre 2011

      L'Histoire de France pour les Nuls en BD, T1. Les Gaulois. Ma BD du mercredi


      Quel est le livre d’Histoire le plus vendu en France actuellement avec 800000 exemplaires déjà écoulés?  L’Histoire de France pour les Nuls, selon l’éditeur qui espère qu’il en sera de même pour la version BD. ( sortie prévue demain, le 13 octobre)    J’ai reçu en avant-première un exemplaire du tome 1 sur les Gaulois d’un abord agréable et classique. Il y en aura 12 en tout.        Avant même de lire l’album, j’en ai apprécié le dessin  de Gabriele Parma, un Italien de talent qui a tenté de restituer ce que l’on sait de plus certain concernant les modes de vie des personnages de l’époque évoquée ici qui va des premiers hommes  installés sur le territoire jusqu’à la mort de Clovis en 511 après J-CLa caution universitaire est donnée par J-J. Julaud, le professeur qui a supervisé la véracité des faits racontés et c’est Laurent Queyssi qui a créé le scénario en tentant de le rendre aussi intéressant que s’il s’agissait d’une BD d’aventures en 46 planches. Il n’empêche que cet album est destiné à un lectorat ado/adulte. C’est avant tout un document pédagogique, d’apprentissage et de connaissance.    Le tome 2 devrait paraître en mars 2012, le rythme de parution prévu étant de 2 à 3 albums par an.     
      J’ai pris plaisir à revoir mes connaissances sur le sujet en me laissant prendre par le côté réaliste et vivant des histoires évoquées. C’est plein de batailles, de cris, de sang, de meurtres et de fureur naturellement mais pas seulement et on finit par retenir sans trop de mal les nouveaux noms des rois et les dates essentielles de l’Histoire de France, ce qui après tout est le but recherché. J’ai bien apprécié aussi les pages finales qui évoquent les dix faits  à retenir, les dix reportages chez nos ancêtres, les dix grands événements dans le monde pendant la période évoquée. Enfin, un autre plus: les pages de garde comportent un axe des temps de mise en perspective des faits historiques à l’échelle du temps. 
      Bien sûr, on ne pouvait pas l’éviter, on pense dès la première page à «Astérix, le Gaulois», la BD  parue pour la première fois en 1961, dont l’action se situe en 56 avant J-C et qui se passe probablement où se trouve maintenant la commune d’Erquy, en face de Binic et de Saint-Quay, dans les côtes d’Armor. 
      On l’oublie vite cependant car ici, le point de vue se veut plus sérieux et plus didactique. Un bon moyen de plaire aux collégiens/lycéens/étudiants? 
      J'étais très  sceptique, je le suis moins! 

      Pour ma part, je retiendrai les noms de quelques déesses et dieux gaulois:
      Teutatès ou Toutatis : dieu du ciel (Mercure ou Mars)
      Taranis : dieu du tonnerre, du feu et de la pluie.
      Esus : dieu des forêts, des récoltes, de la guerre.
      Belenos : dieu de la lumière et de la jeunesse.
      Cernunnos : dieu de la fécondité.
      Damona : guérisseuse qui agit auprès des sources.
      Divona : déesse des sources.
      Lug : dieu des arts et des techniques, du commerce et du ciel lumineux.
      Epona: protectrice des chevaux.
      Merci à Kim et aux éditions First
      L'Histoire de France pour les Nuls, en BD T1, Les Gaulois, Jean-Joseph Julaud, Gabriele Parma, Laurent Queyssi (éditions First,  octobre 2011, 57 pages) 



      Participent aux BD du mercredi: 
      Arsenul,  Benjamin Choco, Chrys, Delphine,  Didi, Dolly,  Emmyne,  Estellecalim, HildeHérisson08, IrrégulièreJérôme,   KikineLa ronde-des-post-it,  Lire pour le plaisir, Lou,  Lounima, Lystig, Mango,  Manu,  Margotte, Marguerite,  MathildeMoka,  Mo', Noukette, Pascale,   Sandrounette, Sara, Soukee,  TheomaValérie,  Vero, Wens, Yaneck, Yoshi73  Yvan, Mr Zombi,   32 octobre, 
        Je participe aussi au Top BD de Yaneck. (Note: 15 /20)
      ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'
      Cette semaine, deux concours  sont proposés pour gagner des albums
      Chez Mo' et chez Lire pour le plaisir

      mardi 11 octobre 2011

      Deuxième sélection du Prix Medicis sans Delphine de Vigan

      Plus de Delphine de Vigan dans  cette deuxième sélection du Prix Medicis
      C’était ma favorite. Tant pis : elle n’aura pas ce Prix!. Peut-être a-t-elle ainsi plus de chances pour le Goncourt ou le Femina ou le Prix France Télévisions?
      Lydie Salvayre aussi quitte ce Prix avec «Hymne». D’elle j’ai beaucoup aimé «BW» son livre de 2009 sur son compagnon devenu brusquement aveugle (Prix François Billetdoux)
      Véronique Ovaldé  disparaît également de cette liste avec «Des vies d’oiseaux» que Clara avait beaucoup aimé.

      Voici ceux qui restent encore en lice :
      Dix romans français:
      Un avenir, Véronique Bizot (Actes Sud)
      Reine de nuit, Stéphane Corvisier (Grasset)
      Dans un avion pour Caracas, Charles Dantzig (Grasset)
      Kampuchéa, Patrick Deville (Seuil)
      Brut, Dalibor Frioux (Seuil)
      Pas d'inquiétude, Brigitte Giraud (Stock)
      L'art français de la guerre, Alexis Jenni (Gallimard)
      Ce qu'aimer veut dire, Mathieu Lindon (P.O.L)
      Du domaine des murmures, Carole Martinez (Gallimard)
      D'un pays sans amour, Gilles Rozier (Grasset)

      Cinq étrangers:
      Quatre jours en mars, Jens Christian Grondahl (Gallimard)
      Une femme fuyant l'annonce, David Grossman (Seuil)
      Les prétendants, Marco Lodoli (P.O.L)
      Persécution, Alessandro Piperno (Liana Levi)
      Crimes, Ferdinand Von Schirach (Gallimard)

      Cinq essais:
      Faute d'identité: Michka Assayas (Grasset)
      Le dépaysement: voyages en France: Jean-Christophe Bailly (Seuil)
      L'homme qui se prenait pour Napoléon : et autres essais pour une histoire politique de la folie: Laure Murat (Gallimard)
      Carnets de l'interprète de guerre: sur la guerre, comme je l'ai vue, de la bataille de Moscou Jusqu'aux derniers jours dans le bunker d'Hitler, et la tentative de Staline de récrire l'histoire: Elena Rjevskaia (Bourgois)
      Dans les forêts de Sibérie: Sylvain Tesson (Gallimard), fils du Philippe de la télé)

      Seulement cinq femmes sélectionnées sur les vingt et pourtant je lis de plus en plus de romans, de biographies et d'essais écrits par des femmes. J'ai l'impression que la donne changerait si les jurys étaient plus équilibrés de ce côté là aussi.  Bien que je n'aime pas du tout la méthode des quotas,  je ne peux pas m'empêcher de voir une anomalie dans ce décalage.

      lundi 10 octobre 2011

      Brooklyn de Colm Tóibín

      Eilis Lacey est une jeune Irlandaise des années cinquante qui termine ses cours de comptabilité  au début du roman et vit sans histoire entre sa mère, veuve, et Rose,  sa sœur aînée, célibataire très courtisée qui subvient seule aux besoins de la famille. Les fils, eux,  ont dû s’exiler en Angleterre. C’est la misère en Irlande et Eilis ne réussit pas à trouver du travail. Elle doit à son tour partir en Amérique, à Brooklyn, dans la communauté irlandaise. Elle vit dans une pension pour jeunes filles et travaille comme vendeuse dans un grand magasin  sous la surveillance et la tutelle   d’une patronne et d’un prêtre catholiques très stricts qui maintiennent les contacts avec le pays d’origine.
      Après un passage à vide où le mal du pays la rend malade, Eilis finit par s’adapter à la liberté et aux nouvelles modes américaines. Ses liens avec l’Irlande se distendent;  elle rencontre un jeune Italien charmant et entreprenant qui l’aime et la reçoit dans sa famille où elle est la bienvenue. Elle se sent heureuse,  appréciée et bien considérée dans son travail. Elle reprend même des cours de comptabilité et obtient une promotion. Tout va pour le mieux lorsqu’elle apprend une très mauvaise nouvelle concernant sa sœur. Elle se sent obligée de retourner en Irlande où peu à peu elle oublie Brooklyn et les liens qu’elle y a créés. Un nouvel amoureux se manifeste,  un bon parti, très riche qui la dédaignait auparavant. Elle a tendance à oublier son amour d'Amérique et envisage de rester sur l’île mais le passé la rattrape et un coup de téléphone la rappelle à l’ordre.  
      J’ai beaucoup aimé ce roman où on suit presque pas à pas l’héroïne, une jeune femme typique de ces années-là, très loin des habitudes et de l’éducation actuelles, une véritable héroïne du quotidien.  Elle semble tout d’abord très effacée, modeste, banale, discrète,  sans grande personnalité,  écrasée entre  sa  mère  si fière et digne malgré la misère mais rigide et silencieuse et Rose, sa sœur rieuse et séduisante mais toute dévouée à sa famille. Peu à peu on découvre une Eilis plus sûre d’elle, plus indépendante, plus légère, plus responsable aussi. 
      J’ai surtout apprécié  la  maîtrise de l’auteur dans  l’approche de ses personnages. J’ai fini par les connaître tous de très prés, même  les plus secondaires, comme si moi-même j’étais devenue une des protagonistes de l’histoire, une de ces présences silencieuses dont Eilis est entourée, qui ne disent jamais rien mais qui savent tout de sa vie cependant, dans les moindres détails.  Le nœud de l’histoire se trouve là d’ailleurs, dans le poids de la communauté qui pèse sur chaque destin de ces exilés les rappelant aux règles et aux rites de leur lieu de naissance. Il n’est pas si facile de se libérer complètement de  son passé et de ses origines.
      Un beau roman. 
      "Personne de sa famille ne pouvait l'aider. Elle les avait tous perdus. Ils ne seraient jamais informés de ce qu'elle endurait en ce moment; elle n'en parlerait pas dans ses lettres. Et pour cette raison , comprit-elle, ils ne sauraient plus jamais vraiment qui elle était. Peut-être ne l'avaient-ils jamais su, songea-t-elle aussitôt après. Car si ç'avait été le cas,  ils auraient deviné ce que ce départ signifierait pour elle." 
      Brooklyn de Colm TÓIBÍN ( Robert Laffont, Coll. Pavillons, 2011, 314 pages) Traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson.
      Challenge de Kathel (Irlande)

      dimanche 9 octobre 2011

      Poème de Tomas Tranströmer, Prix Nobel 2011

      Courte pause pendant le concert d’orgue

      L’orgue s’arrête de jouer et un silence de mort s’installe dans l’église
      Mais pour quelques secondes seulement
      où pénètre le doux bourdonnement du trafic
      extérieur, le grand orgue.

      Nous voilà encerclés par les murmures de la circulation qui se promènent
      Le long des murs de la cathédrale
      Où le monde extérieur glisse, tel un film translucide
      Dans un combat d’ombres en pianissimo.

      Comme s’il appartenait aux bruits de la rue, j’entends un de mes pouls battre dans le silence.

      Tomas Tranströmer ( Stockholm, 1931)
      Poème trouvé dans la revue Esprit

      samedi 8 octobre 2011

      Aleph de Paulo Coelho

      Est-ce une autobiographie ou une  aventure purement fictive?  Imagination ou réalité ? L’ambiguïté est savamment entretenue jusqu’à la fin.
      Cependant, le narrateur semble bien proche de l’écrivain lui-même.
      Le récit s’ouvre sur une injonction de J.,  le maître et le guide de l’auteur  dans la Tradition spirituelle que ce dernier  poursuit depuis des années mais qui le laisse à nouveau, à 56 ans,  plein de doutes et de questionnements.
       Ils se retrouvent alors  autour d’un chêne sacré, vieux de cinq cents ans,  lieu habituel de leurs rituels. Leurs bras se rejoignent, entourant le tronc,  mais  après avoir prononcé une prière soufie, tous deux constatent que, cette fois-ci, c’est un échec: l’amertume et le désenchantement sont toujours là. Le Maître dit alors :  
       «Tu n’es plus ici. Il est temps de partir pour revenir au présent»

      C’est alors que commence le véritable récit, celui du troisième chemin sacré que doit entreprendre le narrateur après les deux précédents, celui de  Saint-Jacques-de-Compostelle en 1986 et celui de Rome en 1989.

      Cette fois, peu importe la destination géographique, ce sera un voyage plus intérieur et expérimental, vers l’Aleph,  le point de rencontre entre l’espace et le temps.

      «Le diamètre de l’Aleph devait être de deux à trois centimètres, mais l’espace cosmique était là, sans diminution de volume. Chaque chose… équivalait à une infinité de choses, parce que je la voyais clairement, de tous les points de l’univers.»
      Jorge Luis Borges : L’Aleph. (Phrase mise  en exergue)
      Ce sera un voyage, qu'il entreprendra seul,  d’un océan à l’autre, vers l’Asie, le Pacifique, en Transsibérien, à travers la Russie. Il laisse sa femme  derrière lui, en toute confiance.
       Il abandonne tout pour aller au devant  de ce point de l’espace qui doit le transporter dans le temps afin de revivre le moment le plus terrible  de ses réincarnations et obtenir le pardon des  personnes à qui il a fait tant de mal. Il découvre assez vite qu’il s’agit de l’Inquisition espagnole.
       Dans cette quête de son lointain passé,  il est aidé par Hilal, une jeune femme exaltée, qui lui impose sa présence, persuadée qu’ils sont faits l’un pour l’autre et qu’elle peut lui être utile. Finira-t-il par accepter et rechercher leur rapprochement physique dans ce point aleph du train si mystérieux et son désir pour elle sera-t-il sans cesse interrompu par fidélité et loyauté envers le lien sacré du mariage?
      Un autre personnage l’aidera dans son aventure: Yao, son interprète.
      L’histoire se termine en fanfare par une audience  officielle, à Moscou, entre Paulo Coelho et le président Vladimir Poutine en personne,le 1er juin 2006.
      Dernière phrase du livre :
      «Enfin,  je veux mettre en garde en ce qui concerne l’exercice de l’anneau de lumière. Comme je le mentionne plus haut,  tout retour au passé sans un minimum de connaissance du procédé peut entraîner des conséquences dramatiques »
       C’est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à terminer. Il m’a mise très mal à l’aise à plusieurs moments, en particulier  pour tout ce qui concerne l’intrigue sentimentale. Elle est au cœur de l’histoire mais j’ai trouvé si antipathique cette jeune femme qui se jette sans pudeur au cou de l’auteur dès leur première rencontre, le poursuivant sans cesse de ses assiduités grossières et finissant par s’imposer à lui  tout en l’isolant de ses compagnons de voyage que l’histoire en devenait glauque. Quant à l’aspect mystique de la recherche de l’Aleph…que dire, sinon que les phrases se déversent à la chaîne, ciselées et définitives comme des citations d’anthologie. J’en ai relevé plusieurs. Prises une à une, je les ai appréciées  mais le livre lui-même m’a énormément déçue, c’est pourquoi j’ai tant tardé à rédiger cette notice. Je n’ai pas cru une seconde à cette histoire  et n’en ai pas aimé les personnages tant ce récit m’a semblé artificiel et froid, plein de clichés et d’idées dans l’air du temps, alors qu’il se veut exactement le contraire.

      Quelques citations:
      Le temps n'enseigne rien; il nous apporte seulement la sensation de fatigue, de vieillissement. ... Mais le moment présent est au-delà du temps: il est l'Éternité. Mais le concept est mal expliqué. Ce n'est pas ce que tu as fait dans ta vie passée qui va influer sur le présent. C'est ce que tu fais dans le présent qui rachètera le passé et logiquement modifiera l'avenir. 
      Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort. Le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c'est le train, ce n'est pas la gare. Et ce que tu as fait jusqu'à  maintenant ce n'est pas voyager, mais seulement changer de pays, ce qui est complètement différent.
      Je suis dans l'Aleph, le point où tout est au même endroit en même temps. On ne peut pas expliquer l'Aleph, tu l'as constaté toi-même. Mais dans la Tradition magique, il se présente de deux manières. La première, c'est un point dans l'Univers qui contient tous les autres points, présents et passés, petits ou grands.  Généralement on le découvre par hasard, comme nous dans le train. Pour cela, la personne -ou les personnes- doit être à l'endroit physique où il se trouve. On appelle cela le petit Aleph.
      Le grand Aleph arrive quand deux personnes ou plus qui ont une certaine sorte d'affinité très profonde se rencontrent par hasard dans le petit Aleph. Ces deux énergies différentes se complètent et provoquent une réaction en chaîne. Ces deux énergies se transforment en une même lumière. 

      Paulo CoelhoAleph (Flammarion,  octobre 2011, 309 pages) Traduit du portugais (Brésil) par Françoise Marchand Sauvagnargues), 19€
      Voir aussi les avis de Neph, A propos de livres
      Merci à Karine et aux éditions Flammarion