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samedi 19 février 2011

Constantin Brancusi


Décidément je m’amuse bien avec ces petits graphismes  de Google !
Celui d’aujourd’hui sert à  fêter le 135e anniversaire de la naissance du sculpteur  Constantin Brancusi, né le 19 février 1876  en Roumanie et mort en 1957 à Paris.
« Il a ouvert la voie à la sculpture surréaliste ainsi qu'au courant minimaliste des années 1960 » 
Voici quelques-unes de ses œuvres  dont le fameux baiser qui,  photographié par   Ötli , devient bleu . 




mardi 13 juillet 2010

Quand l'art et la lecture se tiennent la main

Dans sa nouvelle, La plénitude de la vie ,  Edith Wharton écrit que son héroïne  n’a jamais connu avec  personne   un moment de bonheur comparable à celui éprouvé un soir dans l’église d’Orsanmichele, à Florence. 


Ce passage m’a intriguée. Je connais  Florence pour y être allée à plusieurs reprises, j’ai visité Orsanmichele, cette église  construite d’abord pour être  un marché de céréales  mais ce tabernacle  du XIVe siècle ne m’avait pas mis dans cet état de quasi béatitude  décrit ici.

C’était une fin d’après-midi pluvieuse de la semaine de Pâques. Le vent a soudain dispersé les nuages et, lorsque nous sommes entrés dans l’église, les vitraux ont brillé comme des lampes flamboyant dans les ténèbres. …Dans l’obscurité chargée d’encens, les cierges scintillaient comme des lucioles…Nous nous sommes glissés sur un banc proche du tabernacle d’Orcagna.



Curieusement, alors que je connaissais déjà Florence, je n’étais encore jamais entrée dans Orsanmichele. Et c’est dans cette lumière magique que j’ai vu pour la première fois les marches incrustées, les piliers cannelés, les bas-reliefs et le dais sculpté du merveilleux autel. Le marbre, usé et patiné par la subtile main du temps,prenait une indicible teinte rosée, évoquant de loin les colonnes couleur de miel du Parthénon, mais plus mystiques, plus complexes…la lumière du Moyen  Âge, plus riche, plus solennelle, plus lourde de sens que l’éclat limpide du soleil de Grèce.


Et assise là, baignée de cette lumière, absorbée dans la contemplation ravie de ce miracle de marbre dressé devant moi, aussi finement travaillé qu’un coffret d’ivoire enrichi de pierres précieuses et d’or  terni, je me suis sentie emportée par un puissant courant dont la source semblait située à l’origine des choses.
Les bosses médiévales du tabernacle d’Orcagna paraissaient se fondre sous mes yeux et retourner à leur forme primitive, dans cette apothéose de la Vierge.


J’entendais les coups rythmiques des artisans dans les ateliers d’orfèvrerie et sur les murs des églises, les cris partisans des factions armées dans les rues, le grondement d’orgue des vers de Dante, le craquement du bûcher autour d’Arnaud de Brescia,le pépiement des hirondelles auxquelles prêchait saint François, le rire des dames écoutant dans les collines les malices du Décaméron, à l’écart d’une Florence frappée par la peste…J’entendais tout cela et bien plus encore, se joignant dans un étrange unisson à des voix plus anciennes, plus lointaines, tendres ou ardentes, mais fondues en une harmonie si inquiétante qu’elle me faisait penser à un chœurqu’auraient entonné les étoiles juste avant l’aurore.
Mon cœur battait à m’étouffer,  les larmes me brûlaient les paupières,  toute cette joie, tout ce mystère m’écrasaient. 

Andrea Orcagna (1308-1368) était peintre,sculpteur, orfèvre, mosaïste . Il anima le principal atelier florentin, après le décès des meilleurs élèves de Giotto emportés par la peste. Selon Vasari, il était la plus forte personnalité de Florence au milieu du XIVe siècle. 
Son œuvre majeure est ce tabernacle monumental qui sert à mettre en valeur le tableau de la Vierge et l'enfant, dernière œuvre du peintre  Bernardo Daddi, 1348.