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samedi 30 août 2014

Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger, Rentrée littéraire 2014

Un roman commençant par un chapitre intitulé «Morty meurt»  parce que le héros se prénomme Mortimer, voilà qui me fait sourire mais quand j’apprends que son nom est "Decime" pour «Décimé» parce que  son destin familial lui prédit la mort à 36 ans,  le jour même de son anniversaire, comme c’est arrivé à tous ses père, grand-père, arrière-arrière-grand-père  avant lui, voilà qui m’intrigue et me donne envie de connaître une histoire aussi étrange et  je ne suis pas déçue: je suis allée de surprises en étonnements et j’ai  refermé le livre dans un tel état de bonne humeur  que je le recommande à tous ceux qui se sentent déjà déprimés par la rentrée qui s’annonce.

 C’est comme un bonbon plein de vitamines ce récit!
 J’ai éprouvé les mêmes réactions qu’en voyant le film d’Étienne Chatiliez: «La vie est un long fleuve tranquille». Mêmes situations cocasses de départ, mêmes personnages  décalés et attendrissants, mêmes bons sentiments malgré des vies tristes qui auraient pu sembler misérables sans la volonté de la romancière  de tout sublimer par la fantaisie, l’humour et un style léger et rapide qui empêche le sentimentalisme et les larmes que certains passages pourraient provoquer.  

Mortimer, donc,  en grand habit de deuil, allongé sur son lit, dans un appartement impeccable dont il a résilié le bail,  attend sa mort annoncée  de longue date, à laquelle il est sûr de ne pouvoir échapper. C’était compter sans l’intervention de Paquita,  son ange gardien, sa grande amie protectrice, devenue crêpière et qui, avec Nassardine, son amour de mari, forme sa vraie  famille de cœur.
Ce n’est que le début de tout un défilé de personnages fantasques et touchants  dont Jasmine, la touche-à-tout de génie qui pleure à volonté pour sauver des inconnus de leur déprime en leur redonnant de l’importance à leurs propres yeux.

On ne s’ennuie pas en lisant cette histoire à la fois loufoque  et tendre, triste et souriante, profonde et légère.
Un joli livre!  Une grande romancière! 

Dasola, Clara et Leiloona, entre autres, l'ont aimé aussi 


Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger,
Rentrée littéraire 2014 (2/6)
(Le Rouergue, août 2014, 277 pages)

Rentrée littéraire 2014 (2/6)

Premier portrait de Paquita:
"Encore au pieu, gros paresseux?! a jeté Paquita en traversant le studio d'un pas vif, telle une antilope dodue qui trottinerait vers le point d'eau sur des talons de douze centimètres. 
Elle a jeté au vol sa fourrure synthétique sur le coin de mon lit, puis est allée derrière le bar qui sépare le coin-cuisine du coin-séjour-chambre-bureau. Paquita est partout chez elle, encore plus lorsqu'elle est chez moi. Elle fait pratie de ces gens à géométrie variable qui occupent aussitôt tout l'espace d'une pièce, quelle qu'en soit la superficie."

dimanche 10 août 2014

Lady Hunt, Hélène Frappat

Pourquoi ce besoin constant de vouloir  garder le souvenir de chacune de mes lectures, même et peut-être surtout  si je ne les ai pas aimées, comme aujourd'hui? Écrire un tel billet m'est difficile parce que  tout d'abord, comme ça, spontanément, à peine le livre refermé,  je ne sais pas vraiment au juste ce qui m'a déplu. 
Certains passages comme celui-ci résument assez bien mon malaise. 
Peu à peu le rêve a envahi tout l'espace. Il a enfreint la frontière du jour et de la nuit. Chaque réveil conservait la marque de l'autre monde. Son odeur collait à mes vêtements, à mes cheveux. Le rêve se mêlait aux souvenirs. Le futur avait un air de déjà-vu. Quand le rêve s'est invité sur le mur de ma chambre, il m'a chassée de chez moi.
Je les trouve beaux et agaçants à la fois. Poétiques, mais trop peu explicites. De quoi s'agit-il au juste? Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris l'histoire.
Il y est question d'une maison  pleine de brume et de mystère qui hante l'héroïne Laura Kern  (dont le prénom peut aussi devenir Luna, du nom de cette maison dans l'incendie de  laquelle fut brûlée vive Diane, son arrière-grand-mère )
Au bout de la route, Luna m'attend. Diane me réclame en sacrifice.
Toi et moi avons hérité de la chevelure de Diane. Le feu est là dans nos cheveux. Le feu protecteur et vivant de Diane chasseresse. Et la lune d'Hécate doit sortir de nos cœurs. 
 Les maisons ont une grande importance. Laura les fait visiter aux éventuels acheteurs  de la Plaine Monceau, à Paris. C'est là aussi  qu'elle vit sa liaison avec son employeur, là qu'elle a des visions dans les miroirs, là qu'elle a vu disparaître un enfant.  

A ces souvenirs s'ajoute la crainte toujours présente d'avoir hérité du sang des Kern. Son père l'a quittée quand elle avait sept ans, à l'annonce de la maladie de Huntington. Laura et Elaine sa sœur vont-elles se décider à connaître leur propre sort? Ont-elles hérité du gêne de John, leur père? Quel rôle pourrait jouer cette malédiction dans les étranges visions et les peurs de la jeune femme? 

Tout cela pouvait m'intéresser mais non, je n'ai pas pu m'attacher aux personnages. Ils ne m'ont pas semblé réels. Peu m'importait leur sort. Un comble avec la menace de cette terrible maladie psychique planant au-dessus d'eux! Une déception. 

Lady Hunt, Hélène Frappat, (Actes Sud, août 2013, 318 p )