Un roman commençant par un chapitre intitulé «Morty
meurt» parce que le héros se prénomme
Mortimer, voilà qui me fait sourire mais quand j’apprends que son nom est "Decime" pour «Décimé» parce que son
destin familial lui prédit la mort à 36 ans,
le jour même de son anniversaire, comme c’est arrivé à tous ses père,
grand-père, arrière-arrière-grand-père
avant lui, voilà qui m’intrigue et me donne envie de connaître une
histoire aussi étrange et je ne suis
pas déçue: je suis allée de surprises en étonnements et j’ai refermé le livre dans un tel état de bonne
humeur que je le recommande à tous ceux
qui se sentent déjà déprimés par la rentrée qui s’annonce.
C’est comme un
bonbon plein de vitamines ce récit!
J’ai éprouvé les
mêmes réactions qu’en voyant le film d’Étienne Chatiliez: «La vie est un
long fleuve tranquille». Mêmes situations cocasses de départ, mêmes
personnages décalés et attendrissants,
mêmes bons sentiments malgré des vies tristes qui auraient pu sembler
misérables sans la volonté de la romancière
de tout sublimer par la fantaisie, l’humour et un style léger et rapide
qui empêche le sentimentalisme et les larmes que certains passages pourraient
provoquer.
Mortimer, donc, en grand
habit de deuil, allongé sur son lit, dans un appartement impeccable dont il a
résilié le bail, attend sa mort
annoncée de longue date, à laquelle il
est sûr de ne pouvoir échapper. C’était compter sans l’intervention de
Paquita, son ange gardien, sa grande
amie protectrice, devenue crêpière et qui, avec Nassardine, son amour de
mari, forme sa vraie famille de cœur.
Ce n’est que le début de tout un défilé de personnages
fantasques et touchants dont Jasmine, la
touche-à-tout de génie qui pleure à volonté pour sauver des inconnus de leur
déprime en leur redonnant de l’importance à leurs propres yeux.
On ne s’ennuie pas en lisant cette histoire à la fois
loufoque et tendre, triste et souriante,
profonde et légère.
Un joli livre! Une
grande romancière!
Rentrée littéraire 2014 (2/6)
(Le Rouergue, août 2014, 277 pages)
Rentrée littéraire 2014 (2/6)Premier portrait de Paquita:
"Encore au pieu, gros paresseux?! a jeté Paquita en traversant le studio d'un pas vif, telle une antilope dodue qui trottinerait vers le point d'eau sur des talons de douze centimètres.
Elle a jeté au vol sa fourrure synthétique sur le coin de mon lit, puis est allée derrière le bar qui sépare le coin-cuisine du coin-séjour-chambre-bureau. Paquita est partout chez elle, encore plus lorsqu'elle est chez moi. Elle fait pratie de ces gens à géométrie variable qui occupent aussitôt tout l'espace d'une pièce, quelle qu'en soit la superficie."

