L’enquête démarre très vite, en l’absence du commissaire
parti en vacances avec les siens. Son remplaçant accuse immédiatement l’aide
ménagère roumaine de service retrouvée morte, fauchée par un train, alors
qu’elle semblait s’enfuir vers son pays, ses économies en poche.
Dès son retour Brunetti oriente l’enquête différemment et
ses soupçons se portent de préférence vers les disfonctionnements des services
administratifs de Venise et de quelques-uns de ses représentants. Personne ne
veut le croire et c’est seul contre
tous ou presque qu’il doit se battre pour dénouer le mystère.
L’enquête m’a
intéressée pour deux raisons: le lien inextricable reliant intimement tous les faits et méfaits à
Venise qui occupe presque la place d’un personnage et la personnalité désabusée
et solitaire du héros dont les dialogues avec sa femme Maria au sujet de
ses lectures et en particulier de ses
considérations sur les sept péchés capitaux du catéchisme l’aident à dénouer
l’intrigue.
Pas de course poursuite ici, évidemment. Rien de trépidant.
L’enquête est menée au rythme des canaux tranquilles et des habitudes
culinaires des habitants, ce qui m’a rendu plutôt sympathique la lenteur du
dénouement.
«Au bout d’une heure, il se rendit jusque dans le labo de Bocchese, mais un des techniciens lui dit que son patron avait été appelé sur une autre scène de crime, à Cannaregio. Du coup, Brunetti se rendit tranquillement jusqu’au bar à côté du pont, où il commanda un panini accompagné d’un verre de vin blanc: puis il alla se dégourdir les jambes sur la berge du canal en contemplant San Giorgio avec, au deuxième plan, la silhouette de Redentore. Finalement il retourna dans son bureau.»Dissimulation de preuves, Donna Leon (Calmann-Lévy suspense, 2004/2007, 286 pages)
Titre original: Doctored Evidence - Traduit de l'anglais (États-Unis), par William Olivier Desmond