Des histoires de fin de vie par cancer ou autre maladie, j’en ai lu beaucoup ces derniers temps. Que ce soit des témoignages de malades eux-mêmes ou des récits écrits par ceux qui restent: on dirait que ça se multiplie, avec plus ou moins de bonheur dans l’écriture.
Cette fois, c’est une BD de Judith Vanistendael qui raconte les derniers instants de la vie de David, un père de famille d’une soixantaine d’années, libraire à qui son ami médecin vient d’apprendre qu’il a un cancer du larynx.
On suit toutes les étapes de sa maladie et de ses traitements en se mettant tour à tour à la place de ses proches: ses deux filles nées de mères différentes et sa dernière compagne, Paula, plus jeune que lui d’une vingtaine d’années. Miriam, sa fille aînée, elle, a environ trente ans et vient d’accoucher de Louise qu’elle élève seule. Quant à Tamar, sa dernière fille, elle n' a que neuf ans.
On suit toutes les étapes de sa maladie et de ses traitements en se mettant tour à tour à la place de ses proches: ses deux filles nées de mères différentes et sa dernière compagne, Paula, plus jeune que lui d’une vingtaine d’années. Miriam, sa fille aînée, elle, a environ trente ans et vient d’accoucher de Louise qu’elle élève seule. Quant à Tamar, sa dernière fille, elle n' a que neuf ans.
Ce que j’ai aimé c’est que tout soit dit sans pathos ni trop de pudeur non plus. On colle à la réalité la plus clinique parfois mais toujours par nécessité. Rien n’est caché des difficultés dues aux différents traitements et aux derniers moments comme c’est souvent le cas.
On sent le vécu et le temps qui passe avec les différentes réactions de chacun, à commencer par le malade lui-même, de la révolte au déni, du sarcasme ironique pour se défendre des émotions trop envahissantes à l’attendrissement des souvenirs qui reviennent en force, à la soumission et au dernier espoir quand on ne compte plus que sur le bon vouloir d’une main amie pour la délivrance, à défaut de pouvoir compter sur une loi plus juste et plus humaine.
On sent le vécu et le temps qui passe avec les différentes réactions de chacun, à commencer par le malade lui-même, de la révolte au déni, du sarcasme ironique pour se défendre des émotions trop envahissantes à l’attendrissement des souvenirs qui reviennent en force, à la soumission et au dernier espoir quand on ne compte plus que sur le bon vouloir d’une main amie pour la délivrance, à défaut de pouvoir compter sur une loi plus juste et plus humaine.
Heureux ceux qui, dans ce cas, ont un ami médecin de bonne volonté comme ici! L’euthanasie reste un luxe et cette chance n’appartient pas à tous.
C’est beau, silencieux. Tout passe par les dessins et les couleurs de l’aquarelle. On va au plus simple comme si le travail se faisait dans l’urgence et c’est vrai que le temps est comme un ultime personnage tant sa fuite et son interruption prévisible sont au cœur du récit. C’est du beau travail, fait avec talent, réalisme et une grande sensibilité.
David les femmes et la mort, Judith Vanistendael,
(Le Lombard, 2013, 280 pages, Cartonné)
Top BD de Yaneck: 18,5/20

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