lundi 13 septembre 2010

La communauté du sud, 1, Quand le danger rôde de Charlaine Harris

Est-ce que ça existe déjà des Harlequins vampiriques  ou à la sauce vampire ?

Je demande parce que vraiment en lisant ce premier tome de la série de Charlaine Harris,  Quand le danger rôde, c’est la première impression que j’ai eue ! Tout y est : le patron et  la serveuse de bar,  vierge et sexy, naïve mais futée, télépathe en plus, la brave petite Sookie Stackhouse, la narratrice, sympathique et courageuse mais qui tombe raide amoureuse au premier coup d’œil du beau vampire Bill, tandis qu’elle refuse les avances de Sam,  son patron justement, qui a pour drôle d’habitude d’aimer la renifler ! Tiens donc serait-il, non un vampire, lui, mais un Garou (Attention, spoiler -  mais qui n’a pas encore lu ou vu cette série désormais?).

 Les scènes  d’amour, tour à tour  romance et sexe, ne manquent pas non plus, pimentées  de morsures et autres jeux sanguins  comme d’autres boivent du vin! Autour de l’affriolante héroïne et de son beau vampire, les meurtres se succèdent, voisins, amis, famille : il ne fait pas bon faire partie de leur entourage ! Comme l’indique le titre, le danger rôde et  ce sont  les amoureux  qui sont visés.
A partir de ce moment,  le roman rose vire au noir. Nous sommes dans un policier classique et même un thriller où on chasse le  ou les serial killer.

Histoire simple et basique par conséquent qui se lit très facilement, plutôt, en s’amusant qu’ en s’apitoyant ou qu’en étant effrayé ou horrifié ! Tout ça est trop convenu, pas assez fouillé. Rien de vraiment original ! Du méli mélo associé à du grand guignol sanguinolent! Pas désagréable au final pour qui n’attend de sa lecture qu’un peu de distraction ! Un petit roman de fin d’été pour moi. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire la suite!
Quelques extraits:  Première apparition du beau vampire:
"J'étais sur la véranda lorsque Bill arriva. Ce fut une entrée typiquement "vampire", avec nuage noir, sifflements dans l'air et apparition subite de l'intéressé au pied des marches de la véranda. Il ne manquait que le roulement de tambour."
Les faux et les vrais vampires .
Parmi les humains plus ou moins déguisés, fascinants et pathétiques  se trouvaient d'authentiques vampires. Ceux-ci,  contrairement aux faux  n'avaient rien à faire pour paraître inquiétants : leur teint spectral et leur regard fiévreux en disaient assez.Lecture commune avec Canel et Sofynet
Quand le danger rôde  de Charlaine Harris (La Communauté du sud, 1,J'ai lu, 2005, 315 p) Titre original: Dead until Dark, traduit de l'américain par Cécile Legrand-Ferronnière

dimanche 12 septembre 2010

C'est une chose étrange à la fin que le monde de Louis Aragon

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix


Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant



C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont chez eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre...


Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle


Louis Aragon, (1897-1982) 
Les Yeux et la mémoire, 1954, Chant II, Que la vie en vaut la peine, 
Jean d'Ormesson: C'est une chose étrange à la fin que le monde,2010


samedi 11 septembre 2010

de Gaulle à la plage, BD de Jean-Yves Ferri,

 Un grand merci tout d'abord à mon bibliothécaire préféré qui a glissé cette adorable BD en dernière minute sur mon tas de livres à enregistrer!
Il a eu raison et c'est la première lecture qui m'a attirée et tentée  dans la soirée. Elle m'a bien amusée et j'ai beaucoup aimé les couleurs franches et gaies de Patrice Larcenet. 

"Cet été 56, lassé de l'ingratitude des Français et de la médiocrité de leurs dirigeants, le libérateur de la France décide de prendre quelques vacances bien méritées".

Ainsi commence l'histoire.
Suivent ensuite des mini récits, souvent deux par pages, mettant en scène un de Gaulle caricatural mais touchant aussi, qui se comporte comme un Français moyen avec sa femme et son chien à ses côtés tandis qu'il garde la tête dans ses rêves de grandeur en dictant ses mémoires à son minuscule secrétaire qui le suit comme son ombre et lui remet sans cesse  les pieds sur terre. 
C'est drôle,dynamique,un peu nostalgique aussi, bref j'ai passé un bon moment avec ce personnage qui se voit lui-même si grand qu'il dépasse souvent le cadre de l'image comme sur la couverture! 
Un album  sympathique!  A lire à petites doses.


Kathel et Alwenn ont aimé aussi et d'autres mais pas CécileQde9, 

de Gaulle à la plage par Jean-Yves Ferri,

(Dargaud, collection Poisson pilote, 2007 48 p , couleur: Patrice Larcenet)

vendredi 10 septembre 2010

Prix Goncourt des lycéens 2010, les 14 auteurs sélectionnés

Dans 55 lycées, les classes participant à l'édition 2010 du Prix Goncourt des lycéens vont devoir faire leur choix parmi les 14 auteurs figurant dans la sélection de l'Académie Goncourt :

- Olivier Adam, Le Cœur régulier (L'Olivier)
- Vassilis Alexakis, Le premier mot (Stock)
- Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages (Fayard)
- Vincent Borel, Antoine et Isabelle (Sabine Wespieser)
- Virginie Despentes, Apocalypse bébé (Grasset)
- Marc Dugain, L'Insomnie des Étoiles (Gallimard)
- Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud)
- Michel Houellebecq, La Carte et le territoire (Flammarion)
- Maylis de Kerangal, Naissance d'un pont (Verticales)
- Patrick Lapeyre, La Vie est brève et le désir sans fin (P.O.L)
- Fouad Laroui, Une année chez les Français (Julliard)
- Amélie Nothomb, Une forme de vie (Albin Michel)
- Chantal Thomas, Le Testament d'Olympe (Seuil)
- Karine Tuil, Six mois, six jours (Grasset)


Pour information, le Goncourt des lycéens est aussi sur Facebook :
http://www.facebook.com/leprixgoncourtdeslyceens
Et sur Twitter :
http://twitter.com/goncourtlyceen

L’homme qui m’a donné la vie de Virginia Bart, Rentrée littéraire, Premier roman

Voici un petit livre qui m’a enchantée. Je dis petit dans le sens de mince,  peu épais, facile à lire et très vite lu. Une fois commencé, difficile de le lâcher ! C’est un premier roman d’une jeune femme allant vers la quarantaine, originaire de Sète et journaliste à Paris. C’est tout ce que j’ai appris sur l’auteur. Je ne sais pas si son récit est autobiographique et si elle a vécu cet abandon d’un père plus beatnick que hippie, plus proche de kerouac que des soixante-huitards, fumeurs de hasch à Katmandou.
En tout cas tout semble vrai tant l’histoire ressemble à  bien  d’autres  ces dernières années : un père qui ne reste pas en place et abandonne tout régulièrement :  maison,  travail, femmes et enfants pour reprendre sa liberté, ce n’est plus si rare !

 C’est ce qui est arrivé à la narratrice, abandonnée très tôt par un père  non seulement absent mais marginal  dont elle aura honte longtemps et qui n’aura jamais pour tout bien que son vélo et sa guitare. Il partira sur les routes. sans prévenir, jusqu’en Inde où la dure réalité du pays le rejettera  vers l’Espagne. Sa fille le reverra épisodiquement pour le retrouver  une fois adulte et apprendre enfin à mieux connaître  cet homme charismatique au corps d’athlète mais à l’esprit cabossé,  tellement aimé, détesté et  redouté à la fois.

"Jeune, mon père était un très bel homme. Brun, bronzé, musclé, la peau éternellement brûlante et salée. Et jusqu'à l'âge de quarante ans, ni ses excès, ni son mode de vie marginal n'avaient réussi à entamer son physique solaire d'homme des criques, des jetées et des chemins de bord de mer qu'il parcourait à vélo, toujours vêtu d'un jean et d'un tee-shirt." (première phrase)

J’ai beaucoup aimé ce récit troublant et très émouvant, écrit un peu sèchement, par petites phrases courtes comme pour couper court à la sensibilité frémissante et à l’attendrissement que l’on sent proches.

Acheté dans le grand magasin culturel voisin, je ne pourrai pas profiter de l’offre étrange proposée aux acheteurs de ce premier roman : si vous n’aimez  pas,  vous écrivez pourquoi, vous  ramenez le livre et vous voilà remboursée.

Moi j’aime, je l’écris,  je serai donc punie.

Je ne comprendrai jamais la logique commerciale! 


L’homme qui m’a donné la vie de Virginia Bart
Rentrée littéraire 2010, Premier roman,
(Buchet Chastel, septembre 2010, 180p.)

jeudi 9 septembre 2010

Citation du jeudi, Wilkie Collins

Extrait de Iolani ou les Maléfices de Tahiti de Wilkie Collins  présenté dans le billet précédent ICI
"L'été touchait à sa fin lorsqu'une nuit - alors que Tahiti n'avait pas encore été découverte par les explorateurs venus du Nord -, la présence de deux êtres humains égaya quelque peu les alentours désolés du grand lac Vahiria. Un homme et une femme se promenaient nonchalamment le long de la rive déserte et déchiquetée....
La plupart des indigènes redoutaient ce lieu et l'évitaient scrupuleusement. Par leur étrange superstition, ils en avaient fait depuis des siècles le sanctuaire des esprits des morts et des démons du crime. De temps en temps, on avait aussi aperçu des hommes sauvages - ces misérables parias de l'humanité - qui, à cette époque, hantaient les endroits les plus isolés des montagnes de Tahiti. Ces malheureux, dont la présence dans les îles Pacifiques est bien connue même des voyageurs européens, étaient soit des fous dangereux et endurcis, soit des victimes désignées par les impitoyables prêtres de l'île pour leurs sacrifices humains, et qui avaient échappé à une mort atroce et souvent imméritée en choisissant de vivre définitivement à l'écart de leurs semblables." (p.13/14) ,  (Premières phrases:)
Sur une idée de Chiffonnette



Iolani, ou les maléfices de Tahiti de Wilkie Collins

Iolani est le nom d’un grand-prêtre de Tahiti  tout-puissant  sur cette île  avant l’arrivée des Européens. Il vient d’avoir un enfant de Idia, la jeune femme qui l’aime mais qui s’est enfuie loin de son autorité, refusant ainsi la coutume qui veut que le premier né d’une femme soit offert  en sacrifice aux dieux des ancêtres. Elle est accompagnée de la douce Aimata, une jeune orpheline qu’elle a élevée.. 
Iolani, ainsi offensé,  ivre de vengeance, les poursuit obstinément  durant tout le récit, n’hésitant pas à déclencher une guerre cruelle contre un des  rois de cette île divisée en clans, qui,  tombé amoureux de la jeune Aimata, les  protège  désormais. 
Iolani est cruel et ne craint que l’homme sauvage qui lui apparaît une nuit d’orage,  en plein cœur d’une forêt isolée. Cet homme a sombré dans la démence  après avoir tout perdu, sa femme,  sa richesse et son pouvoir, à cause de la trahison de Iolani, son ancien ami . Il a recueilli le nouveau-né abandonné dans la forêt. 
Après bien des péripéties, cet homme sauvage sera aussi le châtiment  du grand prêtre.

 Dans cette nature  si belle,  le mal  et le bien s'affrontent tout au long du roman. Les victimes en sont les êtres les plus faibles, les femmes et les enfants. L’île est aux mains des guerriers et des prêtres, de la violence et des superstitions, des maléfices de Tahiti,  mais l’amour  l’emporte. Il reste plus fort que tout!  

Selon Ira B. Nadel qui a écrit une postface très intéressante, Collins s’est essentiellement servi  des travaux de  William Ellis (1794-1872), un prêtre missionnaire qui  a vécu six ans dans les îles du Pacifique. Il y a puisé aussi bien l’intrigue que les personnages y ajoutant ensuite  son goût pour le roman gothique et  sa fascination pour l’exotisme. Son but  est de dénoncer les mauvais traitements infligés aux femmes, ce qu’il condamnera toujours par la suite dans ses autres romans. Idia et Aimata, apparaissent comme le contraire de la femme tahitienne traditionnelle, soumise et malléable comme on la présentait alors. Idia surtout est énergique et active, préférant mourir plutôt que de se soumettre, prête à tout pour sauver son enfant !  

La poursuite  et la capture des deux femmes et de l’enfant  par le prêtre démoniaque créent un sentiment d’effroi et de terreur d’autant plus que l’action se déroule dans une nature d’une beauté et d’une puissance quasi surnaturelle  tandis que les poursuivants  ont recours à tous les moyens de la magie et de la sorcellerie pour piéger leurs proies. 

 « Traitant de l’abus de pouvoir, le roman inaugure la critique de l’autorité corrompue et de l’oppression de l’individu, thème que Collins reprendra tout au long de sa vie. Même s’il s’agit d’une œuvre de jeunesse, Iolani contient en germe tous les ingrédients des œuvres postérieures de Collins »

Dire que j’ai aimé ce roman serait exagéré. J’ai été déconcertée par un récit un peu trop lent à mon goût où le narrateur s’interrompt parfois pour revenir en arrière  ou  suivre un autre personnage. Il nous avertit alors  de ses intentions, un peu à la façon d’un conteur populaire. Je ne suis pas non plus une adepte des trop longues et trop nombreuses descriptions, même si les lieux sont paradisiaques, comme ici. Le seul véritable intérêt de la lecture de ce roman aura été pour moi de mieux connaître l’auteur dont je n’ai lu encore qu’un seul livre: "Cache-cache"


Merci à BOB et aux éditions du Masque 

Iolani, ou les maléfices de Tahiti  de Wilkie Collins ; traduit  de l'anglais par Julien Retaillaud. - Paris : Éd. du Masque, 2004. -231 p. ; 22 cm. - (Labyrinthes). Postface de  Ira B. Nadel
Titre original : Tahiti,  as it was. A Romance.  Tahiti telle qu'elle fut


mercredi 8 septembre 2010

La BD du mercredi, Replay, Le début et la fin, de Sala & Zentner

Histoire à deux personnages :
 Don : tendu, nerveux, violent téméraire. Il cherche le risque, l’action , le danger. Un transgresseur, un esprit calculateur, imprévisible.
Chuby : gros, timide, lâche, lent, toujours au second plan, dépendant de Don.
Le lieu : les Etats-Unis
L’époque : des années 70 aux années 80…
L’histoire, dans une salle de jeu, soudain  un joueur se met à se souvenir de son passé. C’est Don
 « Il a vécu cet instant des milliers de fois mais il a le sentiment  que c’est la première , la véritable première fois. Où, quand a bien pu commencer réellement cette partie »?
Lui reviennent alors en mémoire des souvenirs de  sa  jeunesse avec son ami Chuby qui avait beaucoup d’imagination mais toujours peur de tout alors que lui, Don,  fonçait toujours vers toutes les aventures et surtout les plus dangereuses jusqu’à commettre un crime gratuit…Maintenant il est devenu riche grâce au jeu mais se repasse en boucle son passé avec son ami.
Les dessins sont beaux mais trop sombres à mon goût. Quant à l’histoire, elle ne m’a pas séduite et je n’ai aucune envie de lire les tomes suivants,  car il s’agit d’une trilogie!  
Participent aux BD du mercredi de Mango :




Replay,  Le début et la fin,  de Sala & Zentner ( Casterman, 2000, 48 p)

mardi 7 septembre 2010

Rentrée littéraire 2010, Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvant Shanghvi


Soyons honnête : je suis en retard pour mon billet . J'ai reçu ce livre  au début de l’été.  Il  vient de sortir en librairie le 25 août dernier. Une bonne quinzaine de blogs l’ont déjà présenté  et les avis sont très variés. Ce n’est jamais facile de ne pas se laisser influencer et j’avoue que ce livre plutôt épais ne me tentait pas particulièrement pour une raison tout à fait idiote au départ : je n’arrive pas à retenir le nom de l’auteur!  Pas glorieux comme réaction ! 

Le titre pourtant est poétique  à souhait mais un peu menaçant aussi .  Ecologique ? Pourquoi ces flamants seraient-ils les derniers ? 
Cependant l’argument le plus rédhibitoire  est celui du style de l’auteur, trop ampoulé, avec un petit côté Harlequin très déroutant qui a découragé plusieurs,  poussant même certains  à l’abandon. Effectivement les exemples donnés sont éloquents et les scènes de sexe  frisent le ridicule ! 

Ma lecture a donc commencé sur de mauvaises impressions  mais au fur et à mesure que j’entrais dans l’histoire, j’y ai pris plaisir et ce roman foisonnant m’a finalement bien intéressée au point que j’ai envie désormais de lire d’autres auteurs indiens : me voilà bonne pour le challenge de Hilde.  et de  Soukee    s’il  en est encore temps ! 

 J’ai aimé  cette histoire en trois parties bien nettes : la vie insouciante  puis dramatique de quatre artistes dans le milieu aisé d’une ville en pleine évolution.

Ils ont  en apparence tout pour  être heureux : ils sont jeunes,  beaux,  doués, courtisés mais le sort va s’acharner contre eux  dans un pays  en proie à toutes les dérives modernes de  la corruption et de l’intolérance. 
  
Samar est un pianiste surdoué qui abandonne son métier à vingt cinq ans. Il est homosexuel,  en couple avec Leo, l’Américain. Son amie Zaira est une actrice de Bollywood que poursuit et menace le jeune fils d’un ministre. Karan  est un jeune  débutant engagé pour les photographier. Timide et naïf au début, il  deviendra un ami des plus fidèles. Il sera aussi l’amant occasionnel de Rhéa, une sculptrice plus âgée qui voudrait un enfant.
 S’ensuivent un crime, un procès, un criminel disculpé,  la vie explosée des amis de la victime qui fuient tous un moment à l’étranger 
On les retrouve dix ans après dans la troisième partie  en proie qui au sida, qui à la disparition mystérieuse d’un  mari, tous à l’infinie solitude. 
J’ai aimé également la fin dramatique, dans un pays où les excès de la nature sont une banalité!

Le titre :  Au début du récit, Karan,  de l’intérieur d’un bus, voit le ciel s’assombrir au point d’obliger toute la circulation à s’arrêter. Il prend une photo.  
  "C’était un magnifique envol de milliers de flamants blancs  qui cachait toute la lumière". 
A la fin du roman,  Rhéa , dans sa chambre,  contemple la photo offerte par Karan au débur de leur amour. Au dos, l’écriture paresseuse de Karan : « Les flamants perdus de Bombay », des mots qui avaient marqué le début de la fin de leurs vies respectives à tous.  

 Note de l’auteur:  «Les derniers Flamants de Bombay» sont inspirés en partie par une série d’événements largement repris par la presse, la télévision et le cinéma indiens. Toutefois si certains faits dans le livre se font l’écho de ces reportages, il n’en reste pas moins un roman 

Je remercie Guillaume de Babelio et les  Editions des Deux-Terres
Ont parlé de ce livre: Keisha,   Cynthia  , Antigone, Manu  , Amanda, Tamara, Kathel , 
In Cold Blog,  caro(line), choco, George,


 Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvant Shanghvi
(Editions des Deux-Terres, aoùut 2010, 469p, 3 parties, 35 chapitres)
Traduit de l’anglais (Inde) par Bernard Turle
Titre original : The Lost Flamingoes of Bombay

lundi 6 septembre 2010

Première sélection pour le Prix Goncourt 2010


Je viens d'apprendre par le blog  de Juan des Prix Littéraires  que les livres suivants sont retenus pour le Prix Goncourt 2010 (Première sélection)

- Olivier Adam Le coeur régulier (L'Olivier)
- Vassilis Alexakis Le premier mot (Stock)
- Thierry Beinstingel Retour aux mots sauvages (Fayard)
- Vincent Borel Antoine et Isabelle (S. Wespieser)
- Virginie Despentes Apocalypse bébé (Grasset)
- Marc Dugain L'insomnie des étoiles (Gallimard)
- Mathias Enard Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud)
- Michel Houellebecq La carte et le territoire (Flammarion)
- Maylis de Kerangal Naissance d'un pont (Verticales)
- Patrick Lapeyre La vie est brève et le désir sans fin (P.O.L)
- Fouad Laroui Une année chez les Français (Julliard)
- Amélie Nothomb Une forme de vie (Albin Michel)
- Chantal Thomas Le testament d'Olympe (Seuil)
- Karine Tuil Six mois, six jours (Grasset)


Je n'ai lu que le Nothomb mais me tentent aussi les livres de  Despentes et Marc Dugain, (j'en ai entendu du bien), Houellebecq, ( parce que on va en entendre parler de toutes façons et je veux me faire ma propre opinion!) Chantal Thomas aussi peut-être parce qu'ils en parleront au Masque et la Plume.  Les autres,je ne connais pas du tout!

Une parfaite chambre de malade de Yoko Ogawa

C’est la deuxième nouvelle que je lis en suivant l’ordre de ce volume, la première étant: La désagrégation du papillon. où la narratrice rendait visite à sa grand-mère qu’elle venait de conduire dans une maison de retraite pour grands dépendants.

Cette fois-ci  c’est son frère de vingt et un ans atteint d’un cancer digestif que la narratrice  accompagne jusqu’à sa disparition.  Elle  a gardé un souvenir très doux des heures passées avec lui dans sa chambre d’hôpital. Elle y pense sans cesse,  peut-être parce que nous étions deux et que nous n’avons pas reçu beaucoup d’affection de nos parents. 
Elle raconte sa vie depuis le moment de l’arrivée de son frère, un jour d’automne,  dans ce grand hôpital de Tokyo  jusqu’à sa mort,  au début du printemps quelque temps plus tard quand la neige a disparu, et que les pétales des fleurs de  cerisiers commencent à  voltiger comme des flocons. Il n’avait pas réussi  à vivre treize mois.
Cette chambre est parfaite pour elle qui a vécu avec une mère atteinte de maladie mentale  dans une crasse invraisemblable,  cause du divorce de ses parents et de sa grande solitude.
Je n’avais jamais eu jusqu’ici l’occasion d’apprécier une propreté aussi paisible. Si j’aimais tellement cette chambre de malade, c’est parce que la vie n’y avait pas sa place. Mais à côté de l’attachement que j’éprouvais pour cette chambre, la maladie était en train d’envahir lourdement l’intérieur du corps de mon frère. …La liste des aliments qu’il pouvait encore assimiler se réduisait vite. J’ai perdu l’appétit en même temps que lui .
 Elle passe donc tout son temps libre dans la chambre de son frère, qui devient synonyme de pureté,  de silence et  de paix contrairement à  sa propre cuisine où elle retrouve son mari, un chercheur très occupé qui rentre toujours vers trois heures du matin et qui lui demande alors  de lui  faire à  manger. Elle ne voit plus que les bouches des gens, celles de sa mère, de son frère, de son mari. Elle en est obsédée.
 Personne ne mangeait aussi joliment le raisin que mon frère.  Le mouvement des lèvres, le bruit de la salive qui gicle ou l’aspect des dents, il y avait toujours quelque chose qui me déplaisait chez les autres. 
La réalité des corps lui devient douloureuse. L’action de manger lui devient laide. Elle l’associe aux ordures, aux poubelles qu’il faut sans cesse vider.
Si l’on pouvait se débarrasser de toutes les choses de la vie dans un vide-ordures et vivre aussi légèrement qu’un morceau de cristal!... pensais-je au fond de moi, et j’arrondissais le dos.  J’ai toujours détesté la vie. 
Elle rencontre souvent au bar ou à la bibliothèque de l’hôpital le professeur qui soigne son frère et qui, lui,  souffre de se sentir orphelin depuis son enfance.
J’aimais aussi la bibliothèque, de la même manière que j’aimais sa chambre à l’hôpital. Là non plus on ne sent pas la vie.
Un  soir, à sa demande, le professeur la serre dans ses bras  et elle éclate enfin en sanglots, ce qui l’apaise.
 Une chambre d’hôpital est un endroit parfaitement purifié de toutes les turpitudes de la vie. Quand je suis dans cette chambre, j’ai l’impression de devenir un ange ou une fée. 
Elle n’a jamais revu le professeur.
Simplement quand je pense à mon frère, je me souviens de cette nuit de neige où il me tenait serrée sur son cœur et je pleure. 
Une chambre parfaite donc, comme un seuil, un hâvre de paix, une halte avant le grand  saut! 
Pour une fois j’ai laissé  beaucoup de citations car le charme de Ogawa vient de ses phrases  si faussement  calmes,  si belles, si apaisées mais  qui contiennent toute la violence des grandes douleurs. 
En ont parlé: LN, Clara
Participation 3 au challenge de Choco
Une parfaite chambre de malade de Yoko Ogawa
(Thesaurus,Actes sud, tome 1,1989/200) 
Récits traduits du japonais par Rose-Marie Makino, page 47 à 85)

dimanche 5 septembre 2010

Ce soir et dimanche prochain au Masque et la Plume



La prochaine émission littéraire du "Masque" aura lieu dimanche prochain, le 12 septembre,  de 20 à 21 H, sur France Inter. Elle portera sur quelques livres de la rentrée.


" La Carte et le territoire », Michel Houellebecq (Flammarion)
« L’insomnie des étoiles », Marc Dugain (Gallimard)
« Suite(s) impériale(s) », Bret Easton Ellis (Laffont)
« Le Testament d’Olympe », Chantal Thomas (Seuil)
« C’est une chose étrange à la fin que le monde », Jean d’Ormesson (Laffont)
+ 1 premier roman

Avec les critiques littéraires suivants: Olivia de Lamberterie (Elle), Patricia Martin (France Inter), Michel Crépu (Revues des Deux mondes) et Arnaud Viviant (Regards).

J'ai déjà le livre de d'Ormesson et je voudrais lire également ceux de Bret Easton Ellis et de Houellebecq. J'ai entendu pas mal de bien aussi du roman de Marc Dugain.

 Ce soir, en revanche, c'est l'émission cinéma avec: Sophie Avon (Sud-Ouest), Pierre Murat (Télérama), Jean-Marc Lalanne (Inrockuptibles) et Alain Riou (Nouvel Observateur).
Les films:
« Le bruit des glaçons », Bertrand Blier
« Poetry », Lee Changdong
« Salt », Philip Noyce
« Oncle Boonmee… », Apichatpong Weerasethakul
« Ondine », Neil Jordan
« 600 kilos d’or pur », Eric Besnard

Où sont nos amoureuses ? Nerval




Les Cydalises

Où sont nos amoureuses?
Elles sont au tombeau!
Elles sont plus heureuses
Dans un séjour plus beau!


Elles sont près des anges,         
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu!


Ô blanche fiancée!
Ô jeune vierge en fleur!        
Amante délaissée,
Que flétrit la douleur!


L’éternité profonde
Souriait dans vos yeux…
Flambeaux éteints du monde,        
Rallumez-vous aux cieux!


Gérard de Nerval (1808–1855)
Tableau de François Boucher ( 1703-1770)