lundi 20 août 2012

Sunshine Award

Manu (Chaplum) m’a décerné  un Sunshine Award.  Je lui ai promis de répondre du tac au tac, alors voilà, je me lance:

Couleur préférée: J'ai beaucoup changé. En ce moment, c'est le gris et le bleu.
- Nombre préféré: Le 2.  Je suis née sous un signe pair dans un département pair et j'ai vécu dans un autre, pair également.
- Boisson non alcoolisée préférée: J'ai du mal à préférer l'eau plate au Vittel citron vert qui pétille légèrement et que je trouve plus rafraîchissante. 
- Facebook ou Twitter?  Je suis sur les deux mais sans réelle implication. J'y vais peu par manque de temps. 
- Motif préféré: peut-être les rayures, genre marinière. (Souvenir d'enfance!). 
- Passion: les poèmes à apprendre par cœur, par plaisir et pour entretenir la mémoire.
- Donner ou recevoir?  On n'est pas très cadeau dans la famille, on préfère s'acheter tout soi-même, sauf pour les enfants évidemment auxquels j'achète trop de choses dont finalement ils n'ont pas vraiment besoin. 
 - Jour préféré: le jeudi, je ne sais pas pourquoi. 
- Fleur préférée: La pivoine, le camélia et le jasmin pour son odeur.

Mission accomplie mais pas envie de nommer 10 autres blogs en  cette  nouvelle journée de chaleur qui s'annonce. C'est à qui voudra - avec plaisir! 

dimanche 19 août 2012

Une odeur de gingembre, Oswald Wynd

Quel roman magnifique je viens de terminer!  Je lui ai consacré tout mon temps libre ces trois derniers jours de canicule et j’en sors éblouie.  Ce n’est pas une découverte pour la blogosphère littéraire puisque presque tout le monde l’a lu désormais,  après tant de billets  d’un enthousiasme mérité.
C’est par Manu que je l’ai connu tout d’abord et les commentaires étaient tous si pleins de coups de cœur que j’ai couru l’acheter aussitôt. Un an après seulement, enfin,  je le sors du purgatoire où finit inévitablement tout livre entré dans ma Pal.
C’était le bon moment: juste le genre de roman que je cherchais pour ces journées pénibles où la chaleur m’accable.  J’ai été subjuguée  par l’histoire de Mary Mackenzie, la petite Écossaise  embarquée à 20 ans d’Édimbourg  vers la Chine des années 1900 pour se marier à Richard Collingsworth, l’attaché militaire britannique  auquel sa famille l’a promise et qui nous fait partager toute sa vie grâce à  son journal, à ses lettres à sa mère ou aux amis successifs de sa vie très mouvementée qui suit les soubresauts historiques de la guerre des Boers à peine terminée à son arrivée à Pékin jusqu’aux années de la seconde guerre mondiale, après Pearl Harbour.
Sa vie intime, amoureuse, amicale, sentimentale,  professionnelle enfin, est intimement liée aux drames des deux pays auxquels elle s’est intimement attachée.   La Chine, le Japon, sans oublier l’Écosse où vivent sa mère et sa fille, ces pays sont plus qu’un décor, ce sont presque des personnages à part entière. C’est le triangle dans laquelle sa vie est enfermée.
Je ne veux pas refaire un résumé détaillé. Je renvoie à celui de Manu. Juste dire mon étonnement  à chaque page pour tout ce qui peut lui arriver,   ce à quoi je ne m’attendais pas du tout. J’ai d’abord cru à une histoire surtout sentimentale quand elle raconte son long voyage par mer  et les rencontres qu’elle fait sur le bateau.  Une idylle s’annonçait avec ce mari que tout le monde trouvait si beau mais elle est si seule,  si naïve, si démunie… Tant de malheurs vont survenir.  N’empêche! Quel tempérament!  Ses deux drames  - les plus terribles que j’aurais pu envisager-  la rendront plus forte.   Elle ressemble à cet arbre à l'odeur de gingembre qu'elle fait pousser dans son jardin et que  sa forme de buisson  "rend un peu incongru dans un jardin japonais classique." 
Je viens de la quitter. Elle avait 58 ans sur cet autre navire de 1942, lorsqu’elle rencontre  enfin un jeune kamikaze  qui la salue pour un dernier adieu.
Une fin  dramatique, émouvante. L'espoir de toute une vie vécu en un instant. On ne pouvait faire mieux! 
 J’ai pu le suivre des yeux un instant, quittant le salon après m’avoir lancé un dernier regard. 
 Une odeur de gingembre, Oswald Wynd,Traduit de l'anglais par Sylvie Servan-Schreiber ( The Ginger Tree), 1977

Challenge d'Anne, Voisins voisines,  pour l'Ecosse
et Challenge Dragons 2012 pour la Chine et le Japon.  

jeudi 16 août 2012

Le dernier modèle - de Giacometti- par Franck Maubert,

Dans ce texte, l'auteur restitue l'histoire inédite de Giacometti et sa rencontre avec Caroline, sa muse et son dernier modèle.

Ce roman a été inspiré à l’auteur par un tableau de Giacometti  vu au  Musée  d’art moderne de Paris : Caroline, 1965. 

S’en est suivie la rencontre,  à Nice,  du romancier biographe avec cette dernière muse  qui posait chaque jour pour l’artiste et  qui sera son dernier modèle et son dernier amour.  
Aperçue en 1958 dans un bar de Montparnasse, Caroline a 20 ans et lui 60. Ils ne se quitteront plus jusqu’à la mort de Giacometti,  8 ans plus tard,  en 1966. D’elle il reste  deux portraits à l’huile: «Caroline en larmes» et «Caroline avec une robe rouge»
C’est la journée de sa rencontre avec la  désormais vieille dame qui a repris son vrai nom d’yvonne,  la vendéenne,   que raconte Franck Maubert.  Réticente au départ, elle se dévoile peu à peu et  revit ses séances de pose difficile, vue l’insatisfaction constante du peintre,  leurs  visites aux musées , un voyage à Londres et leur dîner-rencontre avec Francis Bacon que l’ivresse rend violent. 
Rien n’est simple dans leur histoire, elle est volage, il est marié, elle aurait voulu un enfant, elle reçoit une voiture de luxe mais n’a  jamais eu ni tableau, ni  dessin, encore moins de sculpture de celui qu’elle appelait: «ma grisaille».


Difficile de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas totalement dans ce récit confession mais ce n’est pas désagréable à lire.  C’est un roman court, pudique et nostalgique. A lire même si on ne connaît pas forcément bien l’œuvre de Giacometti. 
La nuit, Giacometti prenait ses quartiers dans des bars de Montparnasse. Chez Adrien avait sa préférence pour la jovialité des filles. Parmi celles-ci, il y avait Ginette et Dany, des demoiselles simples, un rien débauchées. Elles lui donnaient avec respect du “monsieur Albert”. Un soir, il n’avait pas tout de suite remarqué la petite dernière qui se prénommait Caroline. Elle se différenciait des autres par un éclat certain et un naturel désarmant. Elle était aussi beaucoup plus jeune, vingt ans à peine. 
Le dernier modèle, Franck Maubert, Éd. Mille et une nuits, 129 p., avril 2012

L'auteur a reçu pour ce livre Le premier Prix de la vie artistique parisienne -catégorie littérature et documents- 
Franck Maubert est écrivain,  auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la peinture: Le Paris de Lautrec,  Maeght, la passion de l’art vivant et à la chanson: Gainsbourg for ever, La Mélancolie de Nino. Il est l’auteur de trois romans: Est-ce bien la nuit?, Près d’elles, Le Père de mon père.

mercredi 15 août 2012

La page blanche - Boulet, Pénélope Bagieu, ma BD du mercredi

La page blanche, celle de la page vide, terreur des écrivains en mal d’inspiration, est ici celle d’une jeune amnésique qui se retrouve, un soir d’automne, seule sur un banc, dans une rue animée d’une ville quelconque. Son problème? Ne plus savoir qui elle est et ce qu’elle fait là.
Son enquête commence dès lors avec pour seule information, dans son sac, un nom, une adresse et des tickets de métro.
Elle ne reconnaît rien dans ce qui semble être son appartement, rien non plus dans son ordinateur, rien, nulle part. Elle est banale, anonyme, transparente. Rien ne la distingue particulièrement de la foule des filles de son âge. Aucune aspérité. Elle est lisse, une mademoiselle tout le monde.
Peu à peu, elle retrouve la librairie où elle est vendeuse et d’autres fragments de son identité.
Entre temps, elle se fait des idées, se rêve en héroïne. C’est amusant et plein d’humour . C’est ce que j’ai préféré dans le récit.
L’ensemble m’a paru sympathique, surtout les dessins et les couleurs girly, la marque de Pénélpoe Bagieu. J’ai lu l’album avec plaisir mais malgré tout la fin m’a déçue par sa banalité bien que la critique morale sur laquelle elle débouche me semble juste et intéressante. Un bon moment de lecture finalement.

La page blanche - Boulet, Pénélope Bagieu, (Delcourt/Mirages, 201p. 2012)

Cet album a été accueilli de manières très contrastées. Certains ont adoré, d'autres ont été déçus. En ont parlé: Yvan, Pauline, l'Irrégulière, Sophie, Kikine, Soukee, Saxaoul, Iluze, George, Leiloona, Antigone, Moka, Lili Galipette, Emeralda,

Ce one-shot a fait partie de la liste des 12 nominés du Prix des libraires 2012,



Alex, Amandine, Arsenul, Asphodèle, Benjamin, Carole, choco, Chrys, Delphine, Didi, Dolly, Emmyne, Estellecalim, Hilde, Hélène, Hérisson08, Iluze, l' Irrégulière, Jérôme, Kikine,
La-ronde-des-post-it, Lirepourleplaisir, Lou, Lounima, Lystig, Mango, Manu, Margotte, Marguerite, Marie, Marion, Mathilde, Mélo, Miss Alfie, Moka, Mo', Natiora, Noukette, OliV', Pascale, Paulinelit, Sandrounette, Sara, Sofynet, Soukee, Syl, Theoma, Un amour de BD, Valérie, Sophie/Vicim, Syl, Vero, Wens, Yaneck, Yoshi73, Yvan, Mr Zombi,
32 octobre,
Note pour le Top BD de Yaneck: 13/20 et participation au Roaarrr Challenge de Mo'

mardi 14 août 2012

Michel Polac: extraits du Journal 1980~1998

L’insolence de Michel Polac ne reposait pas sur son humeur, mais sur sa culture, ses lectures, ses études des dossiers et sa réflexion. Hommage de Bernard Pivot à Michel Polac qui vient de disparaître. 
C'est l'occasion pour moi de relire des passages du Journal, 1980~1998, (Pages choisies par Pierre Emmanuel Dauzat), puf, janvier 2000, 565p.

Retour sur sa vie.
L'absence totale d'éducation (malgré l'affection, le foyer, etc.) puis ma rupture rapide avant l'université et une "carrière" anti-carrière, tout ça concourt à faire de moi un colosse aux pieds d'argile comme disaient déjà mes copains quand nous avions 20 ans, pire une statue de sable qui s'effrite en permanence. Malgré mes livres que je ne peux relire, mes films parfois amusants mes articles et toutes mes polémiques audiovisuelles, j'ai une sensation de chaos, une vie comme un nuage qui s'est formé et va se dissoudre dans le ciel après quelques contorsions, effilochages, esquisses de figures. (...) Il fait beau, je vais marcher. (p235) 

Je suis surtout sensible à ce qu'il écrit de ses lectures parce que c'est encore de lui qu'il parle.
Je ne change guère: lorsqu'à 20 ans j'ai découvert Constant, je me suis reconnu en lui, surtout à travers l'essai de Francis Jeanson. Constant a vécu toute sa vie la main sur la porte de la mort, un chantage aus suicide qui lui évitait de s'engager plus avant dans la vie, dans l'amour,dans un rapport sincère avec autrui, jugement sévère et juste d'un homme qui en ce temps-là s'engageait dans l'action politique. Mais aujourd'hui,y a-t-il une autre attitude possible quand on voit l'état du monde? 
Lu Proust de Beckett. Les pages 75 à 78 sont parmi les plus terriblement belles qu'on ait jamais écrites sur la condition humaine, le reste est suprêmement intelligent et donne vraiment envie de relire Proust.
De belles pages aussi sur le Journal de Cioran (p538 à 541) :
...l'écrivain est une vraie chochotte, un parasite qui se plaint tout le temps. ... Oh! je parle de Cioran, mais c'est de moi que je parle, encore que l'univers de Cioran ne soit que la moitié de mon univers: la moitié du temps je suis un écrivain impuissant qui tourne en rond dans son appartement, mais l'autre moitié je suis un "journaliste" suractif, pressé, "compétitif".(...) Malgré ses énormes défauts, ces Cahiers resteront pour moi aussi précieux que le Zibaldone de Leopardi, le Journal de Gombrowicz, les cahiers de Valéry ou les "Posthumes" de Nietzsche: des fatras qui reflètent la vie de l'esprit et de l'homme et non des traités abstraits.Le Journal de Cioran est à son œuvre ce qu'est une statue de marbre inachevée à un chef-d'œuvre: je préfère souvent l'ébauche d'œuvre, la trace de l'outil, la pierre brute qui affleure encore au milieu d'une forme travaillée. Et les esquisses de Rubens tellement plus belles  que les œuvres (à part quelques portraits). 
C'était mon humble hommage à celui dont j'ai aimé les émissions et dont le Journal (plus intéressant que bien d'autres)  me touche par l'aveu même de ses fragilités.
Son épitaphe: Touche-à-tout, il a fini par toucher terre mais il en suggérait une autre dans son Journal:  Out enfin, ouf! (de mémoire, page à retrouver)
A lire aussi le billet (amicalement ?) vachard de Pierre Assouline Ici : L'amère réussite d'un écrivain raté.

lundi 13 août 2012

Alger sans Mozart, Canesi et Rahmani

Une réussite, ce livre,  qui restera probablement  mon pavé de l’été 2012, non seulement par le nombre de ses pages  (456) mais surtout par la richesse des thèmes évoqués et la complexité des personnages. 
Roman  choral à plusieurs voix  annonce l’éditeur pour rester dans le registre  musical du titre. Plusieurs voix se croisent, se complètent, se contredisent,   s’explosent ou finissent par s’harmoniser dans un final de toute beauté. 
Au centre, Alger la Blanche, la ville aimée ou haïe, tour à tour,  celle de 1954, de la haine et de la violence,  celle de l’expulsion des pieds noirs, de leur douleur et de leur incompréhension et celle des Algériens, de leur misère et de l’immigration vers la France,  enfin celle d’aujourd’hui.  
Louise est la voix principale, la plus forte,  la française qui  par amour pour Kader, son jeune mari, a pris fait et cause pour  le FLN et qui est restée  après son divorce, dans son bel appartement avec une vue magnifique sur la baie  d’Alger. Jeune fille superbe, courtisée, riche, gâtée, elle est devenue  une vieille femme obèse, sans dents, pauvre et surtout  très seule jusqu’à la rencontre de Sofiane, un jeune algérien  fougueux et naïf mais plein de foi en l’avenir, droit et religieux,  sans fanatisme, un très beau personnage dont l’ambition est de tourner dans un film du neveu de Louise, Marc, le grand réalisateur .
C’est la troisième grande voix du texte, Marc, qui revient à Alger, après une trentaine d’années, non pour revoir Louise comme le croit celle-ci mais pour y faire des photos pour Paris-Match. Elle lui présente Sofiane. 
C’est le véritable début du récit.  Toutes les générations sont représentées et en arrière-plan se jouent les aspirations de chacun vers une vie plus belle, vers la réalisation de soi qui passe par l’art, toutes les formes de l’art, musique, écriture, cinéma. La fuite du temps et les souffrances des corps, la présence constante des changements, voire des transformations et la mort obsédante, toujours en arrière-plan,  comme la grande menace permanente, tous ces thèmes  font de ce roman une fresque passionnante,  une mosaïque qui met en lumière soixante ans de schizophrénie, celle de deux pays qui refusent d’admettre leurs liens irrémédiables. 

Un roman beau et  fort.
 Donner le plus cher de soi, aimer sans réserve et, pour finir, crever de solitude. Et en prime, ce putain de cœur  qui battait comme volaient ces oiseaux: inutile. Je n'avais rien vu venir. 
Alger sans Mozart, Canesi et Rahmani (Éditeur : Naïve - Date de parution : Avril 2012 - 455 pages)

En ont parlé: Clara, Alex ...

Une maison d'édition qui a fait là un très bon choix et ce n'est pas le seul! Son site: ICI

dimanche 12 août 2012

Imagine de John Lennon, Londres, JO

Imagine there's no heaven,
It's easy if you try,
No hell below us,
Above us only sky,
Imagine all the people
living for today...


Imagine there's no countries,
It isnt hard to do,
Nothing to kill or die for,
No religion too,
Imagine all the people
living life in peace...

Imagine no possesions,
I wonder if you can,
No need for greed or hunger,
A brotherhood of man,
Imagine all the people
Sharing all the world...

You may say Im a dreamer,
but Im not the only one,
I hope some day you'll join us,
And the world will live as one.

Imagine qu'il n'y ait aucun Paradis,
C'est facile si tu essaies
Pas d`enfer sous nos pieds
Seulement le ciel au-dessus de nous,
Imagine que les gens vivent au jour le jour 

Imagine qu`il n`y ait plus de nations
Ce n`est pas difficile à faire
Rien à tuer, ni nulle cause pour laquelle mourir
Et pas de religion non plus,
Imagine que les gens vivent leur vie en paix...

Tu peux dire que je suis un rêveur
mais je ne suis pas le seul,
j`espère qu`un jour tu nous rejoindras
et que le monde sera ainsi...

Imagine nulle possession
je me demande si tu peux,
Nul sentiment d`avidité ou de faim
Une fraternité d`hommes,
Imagine que les gens
se partagent le monde...

Tu peux dire que je suis un rêveur
mais je ne suis pas le seul,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras
et que le monde sera ainsi...

Imagine de John Lennon

En bateau ~ Verlaine

L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.

C’est l’instant, Messieurs, ou jamais,
D’être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l’ingrate
Lance une oeillade scélérate.




L’abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.

Cependant la lune se lève
Et l’esquif en sa course brève
File gaîment sur l’eau qui rêve.

Paul Verlaine (1844-1896) Fêtes galantes  
Tableau de Turner (1775-1851)                    

jeudi 9 août 2012

La Princesse perdue de Léonard de Vinci, de Peter Silverman et Catherine Whitney

Peter Silverman, l'heureux collectionneur de ce portrait, a écrit un livre avec Catherine Whitney sur la belle aventure de ce tableau, attribué depuis peu à Léonard de Vinci (éditions Télémaque, mai 2012, 296 pages)
Je me souviens encore avec plaisir de l'émission qu' Arte avait  consacrée à cette énigme  et,  ce matin, le journal "La Croix" publie un article très intéressant sur "celui qui a donné un nom à cette "Belle Princesse". ICI Auparavant, Kenza  du Thé au jasmin en avait parlé: ICI,  
Martin Kemp, cet expert écossais, professeur d'histoire de l'art à l'université d'Oxford, aurait prouvé qu'il s'agit de Bianca Sforza,  (1482-1497)(1482-1497), fille illégitime du duc de Milan, Ludovico Sforza et d'une de ses maîtresses, Bernardina de Corradis, mariée à 13 ans au commandant de ses armées, Galeazzo Sanseverino. Elle est morte à 14 ans, juste un an après son mariage.
Ce dessin à la craie colorée et à l'encre,  réalisé sur un Velin, de petite taille,  a été acheté 15000 €  en 2002 par Peter Silverman,  un collectionneur canadien, qui l'avait repéré à une vente , chez Christie's, à New York,  en 1998,  et qui  le pensait dessiné par un peintre allemand du XIXe siècle. Reconnu presque par tous les spécialistes pour être de De Vinci, il est maintenant évalué plus de 150 millions d'euros, aux dernières nouvelles.
Une datation au Carbone 14 a confirmé que l'œuvre est bien de la période de Léonard de Vinci. De plus, une empreinte digitale qui serait du peintre a été découverte sur le portrait mais elle reste inexploitable.

mercredi 8 août 2012

Pablo, 1. Max Jacob, de Julie Birmant, Clément Oubrerie, ma BD du mercredi

Max Jacob est le 1er tome de Pablo, une série signée Birmant et Oubrerie qui, en 4 épisodes, racontera le quotidien de Picasso jeune homme, à Montmartre, entre 1900 et 1912.

Pourquoi ai-je tellement aimé cette BD? 

Avant tout pour les dessins que je trouve particulièrement évocateurs de toute une époque parisienne, celle de l'exposition universelle de 1900, et celle de Montmartre dans sa période bohème.  Je les trouve soignés, précis et pourtant poétiques comme lorsqu'ils évoquent, par exemple,  l'envolée lyrique de Fernande, la narratrice à la fin de sa vie,  premier grand amour  et première muse de l'artiste, quand, totalement oubliée de tous, elle se sent pousser des ailes,  se sachant éternelle, grâce aux  nombreux portraits qui l'immortalisent.


J'aime aussi les grandes vues de la ville sur toute une planche quand brusquement la narration s'arrête, le temps de planter le décor. 
J'aime les couleurs discrètes mais toujours dans les tons clairs qui permettent  de ne rien perdre des détails. 

Je n'oublie pas  le scénario lui même, très astucieusement organisé: un flash back original et  pertinent qui va  de l'arrivée de Picasso à Paris juste à temps pour visiter la fameuse exposition  avec un ami catalan à la destinée tragique jusqu'à l'arrivée de Fernande dans l'atelier du peintre, au Bateau-lavoir, un jour de septembre. Entre ces deux moments forts, on aura fait connaissance de l'ami poète Max Jacob, le bon samaritain qui recueillit Picasso au bon moment, le logea, le nourrit et lui fit surtout prendre conscience de son génie en dépit des marchands de tableaux qui n'y comprenaient plus rien.


L'album suivant Pablo, 2, Apollinaire, est prévu pour  le 7 septembre 2012

Je tiens  à remercier Yvan, Natiora,   Jérôme, qui m'ont donné envie de  découvrir ce superbe album et Oliv',  qui en a  proposé une lecture commune  à laquelle je n'ai pu participer faute d'avoir ce premier tome au bon moment.  Tête de Litote, y a également participé.  

Pablo, 1. Max Jacob, de Julie Birmant, Clément Oubrerie, Dargaud,  2012,  88 pages.



Alex, Amandine,  Arsenul,  Asphodèle,  Benjamin, Carole,  choco,  Chrys,  Delphine, Didi,   Dolly,  Emmyne, Estellecalim, Hilde, Hélène,   Hérisson08, Iluze,  l' Irrégulière,  Jérôme, Kikine,
La-ronde-des-post-it, Lirepourleplaisir, Lou, Lounima, Lystig, MangoManu, Margotte, Marguerite,  Marie,  Marion,  Mathilde, Mélo, Miss Alfie,   Moka,  Mo',   Natiora, Noukette,    OliV', Pascale,Paulinelit,  Sandrounette,  Sara,  Sofynet,  Soukee,  Syl,  Theoma, Un amour de BD, Valérie, Sophie/Vicim,  Syl,  Vero, Wens,  Yaneck  Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 
 32 octobre,
Note pour le Top BD  de Yaneck: 19/20 et participation au Roaarrr Challenge de Mo'

mardi 7 août 2012

Temps du rêve, Henry Bauchau,


71 pages, c'est bien peu quand même!  J'appelle ça une nouvelle un peu longue mais pas un roman! 
 Aurais-je d'ailleurs lu ce recueil si je ne l'avais pas  trouvé en bibliothèque et  si le nom de l'auteur ne m'avait pas attirée, lui dont  j'ai  apprécié :"Le boulevard périphérique"?
 Rien de moins sûr! 

En lisant la préface, j'apprends que ce texte a été écrit en 1933, pendant le  service militaire d'un auteur de vingt ans sous le nom d'emprunt de Jean Remoire. 
Il s'agit d'un récit sur un amour d'enfance. Il a onze ans, elle, Inngué, en a huit.
Il a suffi qu'ils jouent ensemble une seule fois pour qu'arrive une sorte d'illumination, un béguin pour les autres qui les a bien fait rire.  
Il l'a revue souvent à la sortie de la messe mais sans que rien ne se passe plus entre eux, après quoi, il ont changé de lieux et ne se sont plus revus. 
C'étaient juste  des vacances de rêve, avant la rentrée des classes. 
Bientôt Inngué ne fut plus dans mon souvenir qu'une étoile filante, très douce, lointaine - Une part de mon rêve.
Comment ne pas adhérer alors à ce qu'écrit Tagore, que le rêve est une réalité aussi importante que la vie? 
 Ce premier amour impossible entre enfants de grandes familles, Henry Bauchau, à défaut de pouvoir l'écrire lui-même,  l'a dicté à un ami. 
C'est une bluette, bien sûr, sans grande consistance, mais c'est joliment écrit. C'est vraiment tout ce que je peux en dire! 

Temps du rêve, Henry Bauchau, Actes sud, avril 2012, 71 pages. Premier roman
Avec ce premier roman d'un auteur de 20 ans, presque centenaire  aujourd'hui, je poursuis le challenge d'Anne ICI, 

dimanche 5 août 2012

Frankie Addams de Carson McCullers

A douze ans, Frankie Addams se sent trop  grande pour son âge  et très solitaire, n’ayant pour compagnon que  John Henry, son  cousin de six ans qui la suit partout. Le club des adolescentes de sa petite ville de Géorgie ne veut pas d’elle  et elle s’ennuie à longueur de journées,  cet été torride  de l’année 1944, n’ayant d’autre compagnie à la maison  que  Bérénice, sa gouvernante noire,   qui égrène sans cesse l’histoire de ses quatre mariages ratés.
 Orpheline de mère,  depuis sa naissance,  Frankie vit avec son père qui passe son temps dans  sa bijouterie en centre-ville et qui la laisse étrangement libre.  Son seul espoir dans l’avenir,  elle le met dans le mariage de son frère qui doit avoir lieu le lendemain de cette journée caniculaire durant laquelle se déroule l’essentiel du récit. Elle espère que les jeunes  mariés  l’emmèneront avec  eux vers les terres froides  de l’Alaska où ils comptent s’installer. En attendant, elle erre dans les rues silencieuses et étouffantes de sa ville. Un bar et un étrange soldat aux cheveux rouges l'attirent le soir. Elle n'est pas au bout de ses peines et de ses rêves...

Ce récit,  très classique,  tient en quarante huit heures, du vendredi au  dimanche de la fin de l'été, le plus souvent dans une cuisine étouffante et banale  d'une maison d'enfance sans attrait. 
L'action est très simple. Au début naît l'espoir immense de Frankie de s'évader loin de  sa vie si ennuyeuse  et du sentiment de ne pas exister, d'être inconsistante pour tout le monde. Elle ne pense
 qu' à ce fameux  mariage qui la réconciliera, croit-elle,  avec elle-même et son avenir.  Tout du long, le lecteur,  sentant poindre une  désillusion possible,   craint la réaction  de cette adolescente  à la fois si seule et si exaltée.

J'ai énormément aimé ce magnifique roman  sur la difficulté du passage de l'enfance à l'adolescence   ainsi que  sur le conditionnement, la solitude et le manque de véritable liberté  pour chacun de nous dès la naissance, l'anxiété et l'agitation perpétuelle que cela génère mais aussi l'appel à la communion humaine et à une fraternité plus grande, seule remède véritable au désespoir, selon Carson McCullers  qui connaissait bien la question pour l'avoir vécue elle-même à outrance. J'ai tellement aimé ce roman que j'ai immédiatement enchaîné avec son journal intime et ses nouvelles avant de me jeter sur son chef d'œuvre au si beau titre, qui est aussi son premier roman: Le cœur est un chasseur solitaire. 
 Cher papa, 
C'est une lettre d'adieu, en attendant que je t'écrive d'un autre endroit. Je t'avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement. Je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue pour moi un fardeau. J'ai pris le revolver parce qu'on ne sait jamais, mais je peux en avoir besoin, et je te renverrai l'argent à la première occasion. Dis à Bérénice qu'elle ne s'inquiète pas. Tout est venu de l'ironie du sort, et ça ne pouvait pas être autrement. Je t'écrirai plus tard. Papa, je t'en prie, n'essaie pas de me rattraper. Bien à toi. 
Frances Addams.
Deux films ont été tirés de ce roman, celui de Fred Zinnemann, The Member of the Wedding, avec Julie Harris  et celui de Claude Miller, L'Effrontée, avec Charlotte Gainsbourg.  ( ce film est passé ce soir sur  Arte et je n'ai pas trouvé de réelles ressemblances avec le roman. Le simple fait qu'il se passe en France et non dans le sud des États-Unis à la même époque change tout.). 

Frankie Addams, Carson McCullers, 1946, (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Tournier) (1946) 231 pages

Il y aura d'autres étés de Claude Roy


Il y aura d'autres étés
D'autres grillons feront leurs gammes
dans d'autres blés
On croisera sur la route d'autres dames

Un autre merle inventera
une chanson presque la même
Un autre monsieur se trouvera là
sous cet arbre où je t'aime

Une petite fille qui n'est pas née encore
fera une poupée en coquelicot
à cet endroit précis où ton corps
endormi se mêle au long bruit de l'eau

On dira (mais ce seront d'autres)
Il faudrait bien un bon coup de pluie
ça ferait du bien aux récoltes
Les mots feront le même bruit

Mais plus personne plus personne
ne se servira de mon cœur à moi
ni de ta voix à toi qui résonne
dans mon oreille et dans mon corps à moi

Claude Roy (1915-1997)  En 1985, il reçoit le premier prix Goncourt de la poésie de l'académie Goncourt.
Été de Monet

vendredi 3 août 2012

Reynaldo Hahn, (1874-1947), Biographie par Jacques Depaulis,


De Reynaldo Hahn, je ne connais que très peu l'œuvre musicale, à part Ciboulette, son plus grand succès et quelques airs chantés par de très belles voix mais qui ne me touchent pas réellement. Je ne m'y intéresse vraiment que pour l'amour de Proust et l' amitié indéfectible que  ces deux grands artistes ont su maintenir après leur rupture. 
Ce livre qui lui est consacré est une biographie des plus classiques, de bonne tenue, basée sur une véritable recherche d'archives et visant l'exhaustivité. 
 Je ne reviendrai pas sur le côté anecdotique de la vie du musicien. Tout est dit ICI,
Ce que je retiendrai, c'est que,  jeune musicien surdoué, remarqué dès ses 8 ans et entré au Conservatoire de Paris à 11ans, très attaché alors à son maître Massenet,  il compose ses premières mélodies à 14 ans. 
A 16 ans, en 1890, il frappe par la maturité de son esprit et de sa culture. Il a lu et analysé tous les grands classiques, de Chopin à Liszt, en passant par Beethoven, Schumann, Mendelssohn, Lulli, Rameau... Il sait par cœur des pages entières de Massenet, Offenbach, Gounod et dissèque, fasciné,  les partitions de Wagner:   La Tétralogie,  Parsifal, Les Maîtres chanteurs.
D'autre part, parlant l'espagnol,  l'allemand, l'anglais et le français, il  lit avec passion : Flaubert, Balzac, Dumas, Hugo, Baudelaire, Régnier, Sully Prudhomme, Banville. 


Par ailleurs, il est connu pour aimer les voyages et la vie mondaine. A 18 ans il passe trois mois d'été à Villers-sur-Mer, dans le Calvados et  "son existence évoque alors, par certains aspects, la Recherche du temps perdu: comme à Balbec,  la vie de plein air, la mer, le soleil, la baignade, se mêlent aux activités mondaines. ...Visites rendues aux visites, bals, déjeuners champêtres ou dîners..." 


Reynaldo adore le monde et partout son charme opère. Il est alors recherché par toutes les maîtresses de maison mais il fréquente surtout le salon de la princesse de Polignac, avenue Georges-Mandel où on joue souvent ses airs et celui de Madeleine Lemaire dont Proust s'est beaucoup inspiré pour créer le personnage de Madame Verdurin.  C'est d'ailleurs là que tous  les deux se rencontrent. 
La rencontre a lieu lors d'un "mardi". Exactement le 22 mai 1894. Ce jour-là, devant une assistance nombreuse et brillante, Reynaldo fait entendre les "Chansons grises" qu'on lui demande souvent d'interpréter. Proust qui vient à peine d'arriver est frappé par la beauté étrange du jeune garçon, son visage à la fois grave et doux, son teint légèrement bistré et ses yeux magnifiques, un peu tristes par moments, mais troublants. Sa culture immense,son intelligence brillante, la gentillesse qui émane de lui, son charme prenant, tout séduit Proust qui n'a de cesse de le revoir. 
En septembre 1995, ils font un voyage en Bretagne, en  commençant par Belle-Isle où ils essaient de voir Sarah Bernhardt, mais en vain. Ils longent  alors toute la côte sud. Proust est enthousiaste, Hahn moins. L'épopée bretonne se termine fin octobre et ils retrouvent très vite leur vie mondaine. Ils fréquentent le cercle des Daudet mais lassé des tristesses subites de Hahn, Proust est séduit par le jeune Lucien Daudet, 17 ans.  
En juillet 1896, après une lettre cinglante de Marcel à Reynaldo, la rupture est consommée.  Plus tard, le dépit amoureux oublié, des liens fraternels les uniront toute leur vie.
En 1900, ils sont tous les deux en Italie avec leurs mères, Hahn est à Rome où il rencontre Tolstoï et sa femme qui vivent au Grand Hôtel et qui l'invitent plusieurs fois à des soirées russes. Proust, lui, est à Venise, à l'hôtel de l'Europe, sur le Grand Canal. Ils s'y retrouvent bientôt et leur vie mondaine reprend. 
Un soir, Reynaldo Hahn entraîne tout son monde sur des Gondoles et se met à chanter sur les canaux, applaudis par les habitants aux fenêtres et les badauds. 
  
Cette biographie m'a donné l' envie de lire leur correspondance maintenant.   


ou: "Lettres à Reynaldo Hahn" Marcel Proust  - EDITIONS SILLAGE -  284p 
Reynaldo Hahn, Jacques Depaulis, 2007, 183 pages, éditions Séguier, Collection Empreintes. Biographie.
Pour ceux qui s'intéressent  au musicien, un site lui est consacré ICI,
Un autre ICIévoque le soir où Reynaldo Hahn a chanté sous les ponts. 
Avec ce billet, je participe au challenge d'Anne: "Des mots et des notes",

mercredi 1 août 2012

Le petit blond avec un mouton blanc, Pierre Richard et Gwendal le Bec, ma BD du mercredi


Cette semaine, c'est un surprenant  petit album pour jeunes  qui a su me séduire après m'avoir bien surprise.  BD classée à la bibliothèque dans les rayons pour  adultes,  c'est  dans sa collection "Jeunesse Giboulées". que Gallimard l'a cependant publiée mais il semblerait que ce soit surtout les adultes qui la lisent. 

Le petit blond est un jeune garçon très sympathique mais  très rêveur. Toujours  plein de bonne volonté et  très curieux, il s'étonne de tout et se pose des tas de questions mais  avec lui  rien ne se passe jamais comme on pourrait s'y attendre. Les catastrophes s'enchaînant autour de lui,  il ne cesse de s'entendre conseiller d'être un peu moins dans les nuages et de garder les pieds sur terre. Impossible naturellement et ses malheurs  font sourire. 
Si je vous dis que son meilleur ami est un mouton blanc, vous aurez peut-être l'impression de le connaître mais non,  rien à voir avec celui du Petit Prince de Saint -Exupéry. Ce mouton-ci est bien réel et le meilleur des compagnons de jeu. Il est docile et suit calmement le petit Blond partout sans s'effrayer le moins du monde quand il rencontre un gros éléphant bleu dans la rue par exemple.

L'auteur assure avoir eu lui-même un mouton pour compagnon  dans son enfance. Au fait qui est donc ce Pierre Richard qui a écrit l'histoire? Serait-ce l'acteur connu, l'interprète du
"Grand Blond avec une chaussure noire", si distrait lui aussi?  En effet, c'est  bien lui qui s'est associé avec Gwendal Le Bec, un très jeune dessinateur  breton de 23 ans dont c'est ici le  premier album.

J'ai beaucoup aimé  cette suite de souvenirs d'enfance dessinés de cette façon ludique et légère. Les pages sont aérées et belles, parfois colorées, parfois non. Le trait est dynamique précis et fin. L'ensemble est à la fois drôle et poétique, toujours juste jamais trop appuyé.Une petite réussite! 

Le petit blond avec un mouton blanc,  Pierre Richard et Gwendal Le Bec, Paris, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées, 2010, 75 p



Alex, Amandine,  Arsenul,  Asphodèle,  Benjamin, Carole  choco,  Chrys,  Delphine, Didi,   Dolly,  Emmyne, Estellecalim, Hilde, Hélène,   Hérisson08, Iluze,  l' Irrégulière,  Jérôme, Kikine,
La-ronde-des-post-it, Lirepourleplaisir, Lou, Lounima, Lystig, Mango, ManuMargotte, Marguerite,  Marie,  Marion,  Mathilde, Mélo, Miss Alfie,   Moka,  Mo',   Natiora, Noukette,    OliV', Pascale, Paulinelit,  Sandrounette,  Sara,  Sofynet,  Soukee,  Syl,  Theoma, Un amour de BD, Valérie, Sophie/Vicim,  Syl,  Vero, Wens,  Yaneck,   Yoshi73,  Yvan,   Mr Zombi, 
 32 octobre,
Note pour le Top BD  de Yaneck: 16/20