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jeudi 12 juin 2014

Au fil des blogs, ce matin, à l'aube ...


Délicieux moment ce matin, au saut du lit, très tôt et en pleine forme: j'allais avoir du temps pour la tournée des blogs, sans à priori, à l'aventure, une découverte en entraînant une autre. Ce n'est plus si souvent que je peux le faire cette année, c'est pourquoi je savoure d'autant mieux cette liberté, presque dans l'euphorie, comme un départ en voyage! Non ce n'est pas exagéré!

Bon je commence:

 - D'abord voir les derniers commentaires reçus: première surprise agréable: il y en a plusieurs,  toujours intéressants, de blogs amis et de quelques nouveaux. Bon, ça me fait plaisir mais je répondrai plus tard.
- Ouverture des mails ensuite -  et là je perds du temps à effacer les spams et les propositions de livres à lire, de films à voir, des  expositions à visiter et autres courriers du même genre.
- Enfin j'ouvre les nouvelles provenant des blogs auxquels je me suis abonnée et tout d'abord, le premier qui se présente:  celui de Cachou sur son "Journal d'une lectrice"     Elle présente deux livres  de "bavardages livresques": La traversée des plaisirs de Patrick Roegiers et Le désordre Azerty d'Èric Chevillard. Elle ne les a pas aimés, "peu conquise par ces remarques sans intérêt" et se pose la question de savoir "dans quelle mesure ces livres auraient été édités s’ils avaient été écrits par un illustre inconnu. (...) Si j’ai quelques doutes sur la réponse concernant La traversée des plaisirs de Patrick Roegiers, je n’en ai absolument aucun quant au Désordre Azerty d’Eric Chevillard… Bon rien que du classique jusque là: elle n'a pas aimé ses lectures et elle explique pourquoi, ne se contentant pas de simplement donner ses impressions. Je trouve excellent ce billet mais ne pense pas laisser de commentaires puisque je ne connais pas bien ces auteurs sauf un peu le second grâce surtout à son blog: L'Autofictif mais voici qu'une polémique se développe dans les commentaires et voilà ma curiosité piquée. Je m'attarde: 
- Au lieu d’essayer d’écrire, vous devriez apprendre à lire … écrit le premier des auteurs cités, relayé par une admiratrice inconnue (ou pas?). 
S'en suit  un long échange très intéressant dans lequel Cachou sort largement gagnante à mes yeux, avec des arguments pleins de bons sens. Une bonne mise au point  de ce qu'on peut attendre d'un blog littéraire. Est-ce de l'arrogance que de donner ses impressions sur un livre qu'on n'a pas aimé? Devrait-on se taire dans ce cas? Ne doit-on présenter que les ouvrages que l'on a aimés?

Ensuite, passage chez Cuné, comme toujours. J'aime sa liberté. Je découvre plein de choses avec elle qui ne suit rien ni personne, que son plaisir mais  ni les nouveautés,  ni les challenges, ni les prix,  sauf que oui  ça lui arrive aussi souvent  de le faire, puis de le défaire.  Elle se permet de changer tout le temps, comme de fermer son blog du jour au lendemain puis de le réouvrir un autre beau jour, sans tambour ni trompette. Elle ne fait que ce qui lui plaît et ça me plaît aussi. Ce matin, ce sera un film, un peu  ancien, ça ne fait rien et même tant mieux car je ne le connais pas encore. Lions for Lambs, de et avec Robert Redford. La justification de son choix, la voici, mais en faut-il une d'ailleurs?
Il m’a pris l’envie de tous les voir (et souvent revoir) en commençant par le premier évidemment, mais je n’avais que celui-ci sous la main et en plus j’avais envie, dont acte.
Mais voilà une heure de passée. Il ne m'en reste qu'une et je n'ai vu que deux blogs. Tant pis je ne laisse pas non plus de commentaires, surtout parce que je n'ai rien à dire si ce n'est une banalité du genre: "je ne le connais pas mais tu me donnes envie de le voir". J'écris ça trop souvent et je n'en suis pas fière mais c'est avant tout pour laisser une trace de mon passage, comme de venir dire bonjour en somme ou Ne m'oublie pas, c'est selon!


Direction Chez Moka maintenant où elle raconte son excitante expérience de participante très active aux journées de la BD d'Amiens. Passionnant et étourdissant! Bravo Moka, mais là je vais m'arrêter un moment pour aller boire mon premier café de la journée. Il est 7H30 et tout va bien.


A suivre peut-être!... mais je dois finir "Maine", comme promis,  et écrire un billet pour le mois anglais, comme j'en ai envie  et puis  lire et lire  encore ....tant d'autres livres me tendent leurs pages... J'arrive, j'arrive, les petits ... Il me faut juste un peu de temps encore... et puis il y a encore plein d'autres blogs à lire... plein de petits bonheurs à prendre!...

jeudi 8 mai 2014

La duchesse de Bloomsbury Street, Helene Hanff


Je n’ai pas lu 84,Charing Cross Road, mais j’ai vu le film  de David Hugh Jones avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins que j’ai beaucoup aimé ; C’est ainsi que j’ai connu Helene Hanff, cette lectrice bibliophile new yorkaise si déterminée, un peu bougon mais généreuse et très attachante.  

Dans ce second livre, Helene Hanff décide de se rendre à Londres, en  juin 1971, pour découvrir cette ville qu’elle ne connaît pas encore. Elle désire aussi rencontrer la veuve  et la fille du libraire auquel elle a si  longuement écrit  et plein d’autres  connaissances  encore  qui l’accueilleront durant son séjour.

Ce livre est le journal de  ses découvertes  londoniennes. C’est très intéressant et drôle car Helene Hanff n’a rien de la touriste ordinaire. Elle a ses lieux de prédilection essentiellement dus à ses lectures  Elle s'y montre excentrique,  passionnée, maladroite, impatiente, pas toujours facile à vivre mais  possédant un humour bien  particulier  très  souvent incompris d'ailleurs ainsi qu'un dynamisme à toute épreuve malgré ses accès d'hypocondrie.  
Je l’ai  beaucoup aimée.

Voici pourquoi, bien que lisant constamment, elle n’a pas lu autant de livres qu’on pourrait le croire.  J’ai adoré ce passage.
 Un jour, à l’âge de dix-sept ans, je suis allée à la bibliothèque de mon quartier pour y rechercher des livres consacrés à l’art d’écrire, et j’ai découvert cinq volumes rassemblant des conférences qu’il avait données sur ce thème à ses élèves de Cambridge. (il = Arthur Quiller-Couch, écrivain et professeur de littérature. Elle a toujours affirmé  lui devoir sa passion pour les livres.) Je me suis dépêchée de rentrer, le premier volume sous le bras, et je m’y suis plongée sans attendre. Page trois, premier obstacle. Q s’adressait à de jeunes étudiants, formés à Eton et Harrow. Il tenait donc pour établi que ses élèves – y compris moi - avaient lu Le Paradis perdu et par conséquent qu’ils comprendraient son analyse de «l’invocation à la lumière», du livre IX. J’ai alors décidé de m’arrêter à ce passage et je suis retournée à la bibliothèque chercher un exemplaire du Paradis perdu.Une fois à la maison, j’ai commencé à le lire. Page trois, nouvel obstacle: Milton tenait pour acquis que je connaissais la version chrétienne du livre d’Isaïe et le Nouveau Testament, et que Lucifer ou la Guerre au Ciel n’avaient aucun secret pour moi, mais comme je suis juive tel n’était pas le cas. J’ai donc décidé d’emprunter une Bible et de combler mes lacunes avant de lire Le Paradis perdu et de retrouver Q à la page trois. Page quatre ou cinq, je suis tombée sur deux citations, l’une, courte, en latin, l’autre, longue, en grec. J’ai alors fait passer une annonce dans la Saturday Review afin de trouver quelqu’un pouvant me donner des cours dans ces  deux langues et je me suis replongée dans Q en attendant.(…) Si bien que  d’une chose l’autre, et comptant une moyenne de trois obstacles par semaine, j’ai mis onze ans à lire ces cinq volumes de conférence dans leur intégralité. (p. 73-74)
 Plus loin (p.150_151)
J'ai toujours  tellement honte en découvrant combien certaines personnes sont cultivées alors que, par comparaison, je suis si ignorante. Si vous découvriez la liste de livres célèbres et d'auteurs que je n'ai jamais lus, vous n'en croiriez pas vos yeux. Mon problème est très simple:  pendant que les  autres lisent cinquante livres,  je relis cinquante fois le même ouvrage. Je m'arrête seulement lorsque, arrivée au bas de la page 20,  je suis capable de réciter par cœur les pages 21 et 22.  Alors je le mets de côté l'espace de quelques années. 
Rude lectrice! 
A lire! 
La duchesse de Bloomsbury Street, Helene Hanff
(Payot, 1973/2002, 190 p.) Traducteur: Jean-Noël Liaut