Quatrième de couverture:
Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l’hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. «Voir pour écrire, c’est voir autrement», écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage: elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d’observations, l’hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire.
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Comment
caractériser ce livre? Ce n’est ni un essai, ni un roman, surtout pas une
bluette romantique comme pourrait le laisser supposer le titre: Regarde les
lumières mon amour.
Alors quoi?
Serait-ce Le roman vrai de la société
française comme le prétend la collection Raconter la vie, du Seuil?
On approche!
C’est le journal
des visites, pendant un an, d’Annie
Ernaux, (auteur que j’aime), à l’hypermarché Auchan de Cergy, près de chez
elle, en région parisienne.
Il se trouve que
c’est aussi dans un Auchan de la banlieue ouest de Paris que je fais mes
courses mais si j’ai choisi ce livre,
c’est uniquement sur le nom de l'auteur et
non sur le sujet, trop banal a priori.
Ai-je aimé ?
Plutôt mais sans plus. Je connais trop bien tout ce qu’elle a noté. J’ai eu le
plaisir de me reconnaître dans ses déambulations
et ses remarques mais ce n’est pas forcément ce que j’attends d’une
lecture-plaisir.
C’est juste la
reconnaissance du talent de la romancière, toujours au plus près de la réalité
sociologique de son temps.
Ai-je appris
quelque chose de nouveau concernant la vie dans de tels lieux? Je n’en ai pas
eu l’impression, ayant vu récemment de bons documentaires sur ces endroits.
N’empêche!
Je ne me suis pas ennuyée vu le petit nombre de pages de ce qui est plus un
opuscule que ce que j’appelle un vrai livre!
C’est juste bien
écrit à la façon d’Ernaux, neutre et précise.
Mardi 22 octobre. J’ai arrêté mon journal. Comme chaque fois que je cesse de consigner le présent, j’ai l’impression de me retirer du mouvement du monde, de renoncer non seulement à dire mon époque mais à la voir. Parce que voir pour écrire, c’est voir autrement. C’est distinguer des objets, des individus, des mécanismes et leur conférer valeur d’existence.
Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux
(raconter la vie, Seuil, mars 2014, 80 pages)
