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lundi 12 août 2013

La femme qui attendait, Andreï Makine

Dans un village perdu de la Russie du nord,  Véra est une femme  d’âge mûr qui attend depuis une trentaine d’années le retour de son fiancé disparu en 1945, dans les derniers jours de la guerre. Elle partage son temps entre l’enseignement aux jeunes enfants d’un village voisin et le soin apporté aux vieilles femmes de son  entourage totalement délaissées de tous. Elle est admirable de courage, de force et d’abnégation et le jeune narrateur de vingt-six ans venu là quelques mois pour terminer  une thèse  tombe en admiration devant elle. Elle l’intrigue et ne le laisse pas indifférent … peut-être même en devient-il  aussi plus ou moins amoureux ... mais peut-être pas non plus ...  Que s'est-il passé? 

C’est un très beau récit  sur la solitude, la force du souvenir, l’amour charnel, la compassion mais surtout sur l'attente. C’est un texte très fort, plein de pudeur et de folie, d’excès et de retenue. L’écriture est belle, classique et poétique à la fois, pure et précise. J’en retiendrai surtout, outre  la magnifique figure de Véra, les évocations lentes et glacées des bords de la mer Blanche et des forêts environnantes et ces vieilles femmes, si dignes,  qui se meurent seules une à une dans leurs maisons abandonnées  "sans volonté de sacrifice, sans emphase. Seule, cette pensée, indistincte de la luminosité de l'air: "C'est ainsi".    
Un vraiment beau roman! 
«Une femme si intensément destinée au bonheur (ne serait-ce qu’à un bonheur purement physique, oui, à un banal bien-être charnel)  et qui choisit, on dirait avec insouciance, la solitude, la fidélité envers un absent, le refus d’aimer…» (p.9)
 «Ce jour-là, je la croisai au même endroit que la première fois,dans la saulaie qui bordait le lac. Les branches avaient déjà perdu leurs feuilles, l’argile rouge de la berge était tout strié de cet or éteint. Vêtue de son vieux manteau de cavalier, chaussée de grosses bottes, elle poussait une barque envasée parmi les piquets des joncs. Une barque trop large, trop lourde pour être conduite à la rame, destinée sans doute à une navigation à voile.  Mais peut-être la seule qui restait par ici en état de flotter.» 
Merci à Maryline qui me l'a fait connaître ICI 
La femme qui attendait, Andreï Makine (Points,  Seuil, 2004, 214 p.)

Challenge de Lili Galipette: 2ème participationMa PAL d'été 2013, avec Lili Galipette