lundi 20 février 2012

Dieu, ma mère et moi, Franz-Olivier Giesbert

A lui seul, le titre est un parfait résumé du livre. Franz-Olivier Giesbert  y parle de lui, à travers ses croyances philosophiques et sa foi religieuse. Il y est donc tout naturellement question de Dieu et de sa mère qui, philosophe et catholique,  lui a transmis cette foi du charbonnier d’une grande tolérance qui le caractérise. 
 
Réduit ainsi à ces trois thèmes principaux, ce texte m’aurait difficilement plu s'il s'était révélé trop anecdotique ou trop impudique, du genre de ces  innombrables récits de vie de personnalités plus ou moins célèbres qui sortent  régulièrement toutes les semaines.  On en est loin ici.  

         Ce qui m’a séduite, c’est le ton adopté, très personnel, souriant,  léger, désinvolte, très agréable. Je me suis sentie  emportée dans une conversation amicale où l’autre  raconte plein de choses passionnantes.     
        J’ai passé un bon moment en sa compagnie. Le journaliste m’agace parfois  sur les plateaux  quand il coupe trop souvent la parole aux autres   mais ici  je le trouve très attachant et sincère au milieu de tous ses paradoxes.
Tout d’abord, il affirme haut et fort  sa foi religieuse
Je suis chrétien par toutes mes fibres et heureux de l'être.
Il le  doit à sa mère, catholique, professeur et philosophe tendance cartésienne  mais avec laquelle il était loin d’être d’accord sur de nombreux points,  en particulier sur sa façon  à lui de mêler à sa foi du spinozisme, du taoïsme, du soufisme. Une soupe indigeste, selon sa mère.  Son livre c’est  l’occasion de continuer les discussions qu’ils ont eu sur ces grands  sujets. 
C’est cette histoire que j’ai voulu raconter, une petite histoire philosophique à trois personnages: Dieu, ma mère et moi.

            Il s’appuie sur  les principaux  livres et les auteurs qui ont marqué sa vie et ils sont nombreux de saint François d'Assise à Simone Weil (1909-1943) dont le livre: La pesanteur et la grâce  ne le quitte jamais,  en passant par Saint Augustin, Thérèse de Lisieux, Pascal et Julien Green  entre autres. C’est un livre très riche en citations et en belles rencontres avec les penseurs actuels ou très récents comme Jacques Derrida ( 1930-2004), dont la dernière conversation avant sa mort par cancer, à l’hôpital, avait porté sur un grand projet philosophique concernant les droits des animaux. FOG est un végétarien convaincu de longue date. 
          Il termine son livre par une question qui aurait pu être l’une des onze du dernier Tag en cours: quelles pourraient être vos dernières paroles ? A celles de D’Ormesson: C’était bien, il préfère la devise  de sainte Thérèse de Lisieux: Je choisis tout
            Une belle lecture!   
Je n'ai jamais eu à chercher Dieu: je vis avec lui. Avant même que je sois extrait par des spatules du ventre de ma mère où je serais bien resté, si on m'avait demandé mon avis, il était en moi comme je suis en lui. Il m'accompagne tout le temps. Même quand je dors.
C'est ma mère qui m'a inoculé Dieu. Une caricature de sainte mystique qu'un rien exaltait, des pivoines en fleur aussi bien qu'une crotte de son dernier-né, au fond du pot. Je suis sûr qu'elle avait de l'eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi.
Dieu, ma mère et moi,  Franz-Olivier Giesbert  (Gallimard, 2012,  188 p.)
Photo du Point (ICI) : Franz-Olivier Giesbert, dans le jardin de ses grands-parents paternels, à Harbert (Michigan), en 1950. © DR

dimanche 19 février 2012

Le peintre et le poète Zoran Music et Camille de Toledo

Je vous demande: Avez-vous vu
Les toiles de Zoran Music?
Sédiments, plantes,  roches, terres,
Qui prennent au fil des ans des formes
Vaguement humaines.
Le silence des bourreaux, d’abord,
Puis la mémoire, la parole, et avec elles,
L’esprit qui tente de cerner, saisir. Faire de l’effroi une phrase,
Puis un chapitre.

Le vingtième siècle! Ce fut le temps des monstres et des catastrophes.
Ou plutôt l’aube de ce temps-là, qui se poursuit,
Maintenant, et augmente sans cesse
Le régime de notre inquiétude.
C’est-à-dire: la prison de l’homme à l’âge
De sa peur infinie.
L'inquiétude d'être au monde de Camille de Toledo (Verdier, Collection Chaoïd,  janvier 2012,  64 pages)

Zoran Music: "Nous ne sommes pas les derniers" 1970, huile sur toile

Né en 1909 à Gorizia, en Slovénie, décédé à Venise en mai 2005. Il effectua des copies de tableaux de Goya et du Greco, au musée du Prado. Sa première exposition personnelle eut lieu en 1938.
En 1944, il fut arrêté par la Gestapo et déporté à Dachau.

Au sortir de cette douloureuse expérience, il fit des séjours réguliers à Venise et en Suisse puis s'installa à Paris en 1952. En 1995, il a fait partie de la sélection pour le centenaire de la Biennale de Venise.
"Je dessine comme en transe m'accorchant morbidement à mes bouts de papier. J'étais comme aveuglé par la grandeur hallucinante de ces champs de cadavres. De loin, ils m'apparaissaient comme des plaques de neige blanche, des reflets d'argent sur les montagnes, ou encore pareils à tout vol de mouettes blanches posées sur la lagune, face au fond noir de la tempête au large". Zoran Music

Adieu, Geneviève Pastre

Il se répète
Il vire interminablement autour du temps
Il crie pleure suffoque et rit
Il aime et cesse d’aimer
Il répète ce qu’il a su depuis toujours
Il se retourne brusquement pour surprendre l’envers du chemin

Aux aguets il piétine les syntaxes
Et les règles de tous les jeux,
Il règle de les réinventer
Il crée des mots des appels des chants
Les noms il voudrait les dire le premier.
Sur sa paume, il voit des lignes nouvelles, fines, entrecroisées
Peut-être qu’il est en train de se réinventer.
Geneviève Pastre. Plains-Chants (extrait de II) Éditions Geneviève Pastre, collection: "Les Octaviennes". 

Actualités  (ICI) , (ICI) décès de Geneviève Pastre, 87 ans, poétesse, 
Née le 20 novembre 1924 à Mayence, en Allemagne, mariée et mère de deux filles, Geneviève Pastre était une militante des homosexuels. Elle avait publié au début des années 70 de nombreux recueils de poèmes et de textes expérimentaux, défendu la mémoire des déportés homosexuels, présidé la radio parisienne Fréquence Gaie et créé la maison d'édition Geneviève Pastre.
Elle sera incinérée lors d'une cérémonie mercredi 22 février à 10h30 à Saintes, en Charente. Ses cendres, conformément à ses voeux, seront dispersées en mer.(2012 AFP). Site indiqué sur son blog des éditions clapas.(Ici)

L'inquiétude d'être au monde de Camille de Toledo


Voici ce que je nomme: inquiétude.
Veille et terreur qui ne cessent de grandir en nous.
Quiétude que nous espérons,
mais qui nous quitte au fil de l’âge. 
Impossible apaisement dont nous portons le souvenir


C'était il y a longtemps,
Il y a si longtemps,  pense-t-on.
Dans un monde d'hier, comme le titre de Zweig:
Le Monde d'hier.  Lorsque l'homme était au centre,
la ville autour de lui, et plus loin, maîtrisée, paisible, 
la nature, le cycle régulier des saisons. 
Cette quiétude passée est à peine un souvenir. 
Un âge rêvé qui ne fut sans doute jamais,
Mais comment le dire autrement?

L’inquiétude est le nom 
que nous donnons à ce siècle neuf,
au mouvement de toute chose dans ce siècle.
Paysages! Villes ! Enfants!
Voyez comme plus rien ne demeure.
Tout bouge et flue.
Paysages! 
Villes!
Enfants!

L’inquiétude est entrée 
dans le corps du père qui attend son fils,
comme elle s’est glissée, un jour, dans le corps des choses.
C’était hier. C’est aujourd’hui.
Ce sera plus encore demain: inquiétude de l’espèce,
des espèces, et de la Terre que l’on croyait si posée,
qui ne cesse de se manifester
sous un jour de colère, 
au point qu’on la croirait froissée 
ou en révolte. 


(à suivre)

L'inquiétude d'être au monde de Camille de Toledo
(Verdier, Collection Chaoïd,  janvier 2012,  64 pages)
Ce texte a été lu  le 8 août 2011.  La décision de le publier est indissociable en moi, d'un espoir de voir les mots agir sur et dévier l'esprit, contemporain de l'Europe. 

Très beau texte  que je viens de lire, qui m'a beaucoup touchée.

Texte très fort, philosophique et politique sous une forme lyrique.  A lire, à écouter, à comprendre (ICI, l'auteur lit et commente parfois son texte: extrêmement intéressant)


Merci à Olivia Michel qui s'est chargée de me le procurer. Le site des éditions Verdier (ICI)
Autres billets: Anne-Sophie Demonchy ePagine où on peut le télécharger, Hélène, Mélusine,

Camille de Toledo, de son vrai nom Alexis Mital, est né le 26 janvier 1976 à Lyon. Il a étudié l’Histoire et les Sciences Politiques à l’IEP de Paris ainsi que le Droit et la Littérature à l’Université Sorbonne-Censier. Il a poursuivi ses études à Londres, à la London School of Economics, puis à la Tisch School de New York pour le cinéma et la photographie.
En 2004, il obtient la bourse de la Villa Médicis
Au printemps 2008, il fonde la Société européenne des Auteurs pour promouvoir une culture de toutes les traductions
Camille de Toledo vit désormais à Berlin. Il est père de trois enfants 12. Sous son nom de naissance, Alexis Mital, il fut le fils de la journaliste Christine Mital et du producteur de cinéma, Gérard Mital. Dans son premier livre, il confessait être le petit-fils d'Antoine Riboud, fondateur du groupe Danone. Du côté de son père, il descend d’une famille judéo-espagnol, les « de Toledo », originaire de Tolède en Espagne. Le berceau de sa famille est en Suisse, à Genève 13.

samedi 18 février 2012

Tags de la semaine


La semaine dernière Ötli et Marine Rose  m’ayant posé 11 questions très variées mais qui  se recoupent parfois, je vais me permettre d'éliminer les doublons. C’est vrai,  j’ai déjà répondu précédemment à ce tag (ICI)  mais cette fois encore les  questions étaient  différentes

Tout d'abord les réponses aux questions d'Ötli dont je rappelle le très  agréable roman  policier  sorti en décembre et dont l'action se déroule dans le Japon ancien: Le Sang des cerisiers. (Mon billet ICI


Votre livre favori?  Mon  dernier coup de cœur est le dernier roman de Jonathan Coe: La vie très privée de Mr Sim (billet ICI)
Votre auteur préféré? John Irving (ICI)
Le film que vous pourriez revoir 100 fois? Un jour sans fin avec Bill Murray et  Andie McDowell (ICI)
Le poème qui vous a le plus touché? C'est une chose étrange à la fin que le monde de Louis Aragon (ICI)
Votre peintre favori? Nicolas de Staël (ICI)
Votre voeu le plus cher? Découvrir un poète français  actuel que je saurais aimer autant que les grands anciens dont la dernière génération pour moi date de l'immédiate après-guerre. Après quoi ce sont les paroles de certaines chansons qui ont pris le relais et qui me restent en tête.
Le défaut que vous n'aimez pas chez vous? Le manque de pragmatisme. 
Le défaut que vous n'aimez pas chez les autres? Le manque d'imagination et de fantaisie.
Une citation qui vous parle?  "C'était bien." 
Le lieu qui vous fait rêver? La Grande Muraille en été (ICI)


Questions de Marine Rose (Lire en ligne)
1.Où préfères-tu partir en vacances, mer ou montagne? La mer  (La Manche et la Méditerranée, par naissance et par mariage)
2. Quel genre de livre lis-tu le plus? Les romans  et les sagas familiales en particulier.
3. As-tu un rituel que tu reproduis avant de lire? Veiller à l'éclairage du livre.
4. Quelle est la première chose que tu fais en te levant? Écouter les infos.
5. Si tu pouvais te reconvertir professionnellement, que ferais-tu? Peintre, dessinatrice.
6. Comment choisis-tu les livres que tu lis? Maintenant grâce aux suggestions des blogs.
7. Blogueuse, pourquoi? Par facilité.
8. Aimes-tu voir un film tiré d'un livre que tu as déjà lu, et pourquoi?  Rarement parce que je me suis déjà fait mon propre film en lisant le roman et la vision du metteur en scène correspond difficilement à la mienne. 
9. Quelle époque littéraire est la plus captivante pour toi?  La première moitié du XXe siècle.  
10. Que représente la lecture pour toi? Des grands moments de ma vie,
11. Quel est le livre qui t'a le plus marqué? A cette minute même, je suis incapable de le dire. Ce serait comme de devoir choisir entre ses propres enfants celui que l'on préfère. Tiens "Le choix de Sophie" m'a énormément marquée, justement.

J'arrête là ce tag pour ma part car j'ai déjà donné en citant 11 autres blogs précédemment.   

vendredi 17 février 2012

Arcadia de Lauren Groff

De Lauren Groff, j’ai beaucoup aimé «Les Monstres de Templeton». J’ai bien aimé également ce second roman moins quelques pages finales un peu superflues. 
Arcadia, dans les années soixante-dix,  est le lieu du bonheur pour Pouce, le héros, petit par la taille mais au cœur aussi grand que le rêve d’Abe et d’Hannah, ses jeunes parents  de la génération hippie, intégrés au sein d’une communauté qu’ils voulaient généreuse, respectueuse de la nature, adepte de l’amour libre  et de l’éducation sans contraintes.
 Pouce y est heureux bien que la vie y soit souvent rude mais il se sent bien au cœur d’une grande famille très élargie, avec des enfants de son âge qui resteront ses amis même lointains,  toute sa vie.
Les titres des quatre parties du roman sont éloquents: Cité du soleil, Heliopolis, Île des bienheureux, Jardin des plaisirs terrestres,  chacun évoquant un moment de bonheur dans le parcours difficile de Pouce pour  conserver les valeurs de sa jeunesse durant les étapes parfois difficiles et compliquées de sa vie. 
L’utopie était belle au début et ses parents rayonnaient d’amour et de foi en l’avenir. Puis le succès d’Arcadia ayant attiré tous les paumés de la région,  les parasites sont arrivés en masse,   profitant  du travail des pionniers,  sans autre motivation que leur plaisir immédiat. C’est ainsi que  l’atmosphère s’est dégradée avec l’arrivée  des drogues et des excès de toutes natures. 
Hannah, la mère,  sombra dans la dépression,  Abe, le père  devint paraplégique et tous  s'éloignèrent  peu à peu. Le grand  rêve ainsi évanoui dans une réalité douloureuse,  Pouce devint responsable de sa fille abandonnée par  Helle, l’évaporée, l’infidèle et  responsable de ses parents fragilisés  par une vie qu'ils n'avaient pas prévue. 
Ils retourneront finalement  à Arcadia  où  l’auteur tient à les suivre jusqu’au bout, là où enfin tous retrouvent le bonheur simple et lumineux de l’Arcadia  des premiers temps.
«La douceur de la terre monte vers lui. Dans cet instant qui  éclôt  puis s’efface,  il se suffit à lui-même  et tout va pour le mieux dans le monde.» 
Décidément, j’aime cette romancière. 

Merci à Clara qui l'a aimé aussi.  Ce livre possède un rythme presque musical. J’ai savouré cette histoire. Tranquillement et gagnée par un certain réconfort que seuls certains livres peuvent nous procurer...
Cathulu l’a apprécié également  Un roman au charme certain, qu'il faut prendre le temps de savourer, un roman qui porte une attention aiguë aux sensations, aux sentiments, qui fait vivre ses personnages et l'on se prend à rêver de rencontrer un tel homme...
Ys beaucoup moins. Le sentiment dominant fut l’ennui malheureusement, l’absence d’intrigue  minant peu à peu mon intérêt. 
Arcadia de Lauren Groff.
Roman, Plon, 2011. Traduit  de  l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau

jeudi 16 février 2012

Qui a lu ou lira Chloé Delaume?

Pas moi. Pas encore mais je la connais pour l'avoir suivie dans la défunte émission "Arrêt sur images"  et  je viens de la voir dans une émission littéraire  pour son nouveau livre :"Une femme avec personne dedans",  paru le mois dernier, mais ces émissions  passent toutes si tard désormais (dans la nuit carrément!)  que  je ne sais plus de laquelle il s'agit.
Ce qui m'a donné envie d'écrire ce billet ce matin , c'est la lecture des revues qui en parlent  et certaines de ses déclarations m'ont particulièrement frappée. Les voici. 
Corps et âme nullipare, jamais je n'ai accouché, jamais je n'enfanterai. ... l'embryon est un cancer.(ICI)   
Mon matériau n'est pas fictif.  Voir le sang et l'intérieur du crâne de papa et de maman, et tout ça... Je ne raconte pas vraiment d'histoire, il s'agit de transmettre un ressenti. Donc, mon lecteur doit s'en prendre plein la gueule, c'est nécessaire.
Autrefois, j'achetais des rôtis que je saccageais au couteau de cuisine: ma psychiatre pense que ses médicaments magiques sont efficaces, mais je sais que c'est allé beaucoup mieux quand je me suis mise à torturer des gens dans mes bouquins. Je l'ai fait pour que ça se passe bien, parce que j'ai quand même un surmoi efficace.
 Je ne crois pas que je passerai à l'acte: me taper l'hôpital psychiatrique à vie, ça ne serait pas très rigolo. J'ai quand même autre chose à faire. Il y a chez moi la défense des pyjamas bleus, et j'ai parfois tendance à exagérer dans l'exhibition de mes symptômes, mais je tiens à expliquer de l'intérieur ce qu'est la bipolarité à tendance psychotique. Je suis diagnostiquée très clairement même si le diagnostic évolue, bien sûr.(ICI
 Or on est dans une société où ce qui touche à la dépression est très intégré, mais où le dédoublement et la psychose semblent tout de suite dangereux. Sans être une porte-parole, j'essaie de donner mon témoignage: pas au sens de tranche de vie dégueulasse, mais avec une sensibilité qui s'exprimerait de façon littéraire, afin de transmettre ce ressenti particulier à ceux qui ont un moi monolithique, aux névrosés de base qui ne comprennent pas bien.
Car contrairement à ce qu'on croit parfois, je ne suis pas schizophrène, mais j'ai un véritable problème de dissociation, très net, oui.
 L'écriture n'est pas thérapeutique: je crois qu'on ne guérit pas. Comme on ne fait pas une analyse pour guérir, mais pour être au plus près de sa parole et de soi-même. (ICI)
Enfin la journaliste  Alexandra Galakof s'indigne (ICI) que Chloé Delaume persiste et signe dans son dogme de ne pas être divertie par la littérature :  On n’a pas le droit, quand on veut faire quelque chose d’inscrit dans l’époque, d’être dans le divertissement, divertir étant détourner de ce qui occupe. Des romanciers qui font des aventures, il y en aura toujours mais ceux qui savent faire ne peuvent pas se contenter d’utiliser l’esthétisme pour être ce miroir au long du chemin. Il faudrait leur couper la tête.
 Nombreux sont les journalistes qui en parlent, mais je n'ai pas encore trouvé de blogs de lecteurs, du moins parmi ceux que je connais,  qui présentent son dernier livre. (Voir ICI cependant et  ICI    les commentaires sont intéressants, là  et là.)  
Il ne me reste plus qu'à me lancer  dans cette lecture mais en ai-je vraiment envie, moi pour qui  lire est avant tout un loisir, un divertissement soit l'occupation qui m'ôte le mieux le poids des soucis quotidiens et m'empêche de trop penser au temps dévoreur, ce qui ne veut pas dire non plus lire n'importe quoi. 

mercredi 15 février 2012

Le Grand Mort, 3 - Blanche, de Loisel, JB Djian, Mallié, Lapierre, ma BD du mercredi

Un bus renversé dans une rue devant un restaurant parisien. 
Une discussion entre Erwan et Gaëlle nous apprend que celle-ci a pris le vieux grimoire de Cristobal,  ami de son grand-père qui vient de mourir.
Soudain, à la télévision, ils reconnaissent Pauline, la fille au béret rouge, sur les lieux de l’attentat. Ils s’y précipitent en taxi mais il leur faudra vingt pages pour la retrouver en Bretagne dans sa petite maison de Val de Traoudec, près de Guingamp.
Elle a désormais une fille, Blanche.

C’est ici que le fantastique intervient mais dans les explications et non dans les images.
Pauline s' explique après s’être excusé de son long silence: "Je ne comprends pas comment j’ai pu tomber enceinte. J’étais en train de vous attendre devant le… enfin le squelette – Le Grand Mort ? – Oui, c’est ça. – Puis d’un coup je me suis retrouvée propulsée en plein hiver devant la maison de Christo qui était à vendre. …Alors je suis rentrée à Paris et ma grossesse a été si rapide  que trois mois après, j’accouchais de Blanche."
Elle leur avoue alors ne pas connaître le père et avoir très peur de sa fille, un monstre qu’elle soupçonne d’avoir poussé un vieux voisin à se défenestrer, d’avoir provoqué l’accident d’un autre et d’être même responsable de l’attentat du restaurant. C’est une petite fille de trois ans, étrange et énigmatique. Puis Erwan apprend qu’il hérite de Cristobal, le vieux au grimoire  qui a écrit dans son testament :
«Tu es mon successeur. Tu es responsable du passage. Je t’ai appris tout ce que je sais. C’est à toi maintenant de poursuivre cette œuvre si importante.  Le monde change trop vite. Son progrès le fait immanquablement courir à sa perte. A la vitesse où ça va tu n’auras peut-être pas le temps de former le prochain transporteur… Je te lègue ces fioles ainsi que la formule des larmes d’abeilles et le grimoire des grimoires, fais-en bon usage.» 
Les deux dernières pages, je ne les ai pas comprises. On y voit une femme enceinte inconnue  qui dit en  caressant son ventre : «Reste calme. C’est pour bientôt. Tu t’appelleras Sombre
 Je n’ai pas lu les deux premiers tomes, introuvables où j’étais et j’ai commencé directement par le tome 3 qui vient de sortir. Je dois dire que je ne me suis pas sentie trop perdue au début  car les auteurs ont habilement résumé l’essentiel des récits précédents.


J’ai surtout beaucoup aimé le graphisme et les couleurs ainsi que le découpage des scènes avec les gros plans à l’appui quand ils deviennent nécessaires. J’ai trouvé l’ensemble  très séduisant et pertinent. J’ai hâte de savoir la suite car on sent bien que ce tome  n’est qu’une amorce et qu’on n’est pas encore tout à fait entré dans le vif de l’histoire. C’est le seul reproche que je ferai  à ce très bel album: le récit traîne un peu trop. 
Le Grand Mort,T3, Blanche,  de Loisel, JB Djian, Mallié, Lapierre (Vents d’Ouest, Oct. 2011, 54p.)
C’est Emmyne qui a attiré mon attention sur ce tome 3 par son billet ICI.  Mo, elle, a présenté le tome 1  ICI.  ainsi que Lou, ICI.  Tamara, ICI.    Choco les 1 et 2 ICI. PG Luneau, ICI



         


Bienvenue à Marion   dont c'est aujourd'hui  la première participation. 

Les participants: 

Je participe aussi au Top BD de Yaneck (18/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'. 

mardi 14 février 2012

Sylvain Tesson - Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit

C’est une plaquette plus qu’un livre. A mettre dans sa poche ou son sac le jour - ou près de soi le soir. Je n’en lis que très peu de ces petits livres d’aphorismes mais de temps en temps, j’aime en feuilleter un et y picorer de jolies phrases, du genre de  celles que j’aurais aimé avoir écrites  parce qu’elles sont  parfaites et lancentt une vérité en un éclair. 
Voici ma récolte du jour: 
  • Un homme heureux est quelqu'un qui ne perd rien pour attendre.
  • La poésie est la traduction dans le langage de tout ce que les choses pensaient pouvoir garder pour elles.
  • Ecrire ne fait de mal à personne (Phrase gravée au couteau sur ma peau.)
  • Village: Cent domiciles fixes.
  • L'avion, c'est du vol.
  • Je tiens mon journal de peur qu'il ne s'échappe.
  • La France: paradis de gens qui se croient en enfer.
  • Pour le solitaire, toute rencontre est une blessure. 
  • L'espérance est une insulte à l'instant. 
Sylvain Tesson, grand voyageur, fils de Philippe qui vient de publier un livre qui me tente sur son expérience en 2010 , sur les bords du lac Baïkal, non loin d'Irkoutsk où il a passé six mois dans une cabane, seul, en ermite. 

On le connaissait déjà comme l’escaladeur de cathédrales. On le surnomme «Le prince des chats» pour avoir escaladé Notre-Dame de Paris, Le Mont Saint-Michel et bien d’autres monuments. Comme autres exploits,  il a effectué un tour du monde à bicyclette, traversé l’Himalaya à pied, les steppes de l’Asie centrale à cheval, suivi l’itinéraire des évadés du goulag de la Sibérie en Inde, toujours à pied.
«Il voyage la plupart du temps par ses propres moyens, sans le soutien de la technique moderne, en totale autonomie.» (wikipedia)

Il a obtenu le prix Goncourt de la Nouvelle en 2009 pour Une vie à coucher dehors (éditions Gallimard, 2009) et le prix Medicis essai en 2011 pour Dans les forêts de Sibérie. En 2008, il avait déjà publié un livre de pensées sous formes courtes: Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages.

Sylvain Tesson - Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit (Éditions des Equateurs, 103 p.)

dimanche 12 février 2012

Le Jardin des secrets de Kate Morton, Challenge 12 d'Ys

C’est une belle lecture plaisir que je viens de terminer grâce au challenge des 12 d’Ys qui ce mois-ci portait sur l’Australie. Je prévoyais de lire Les Brumes de Riverton, le premier livre de Kate Morton qui a obtenu un grand succès mais qui est encore si demandé qu’il est rarement disponible.  Celui-ci est son second et j’ai plongé dans l’histoire sans une minute de regret. 
C’est une histoire mouvementée de recherches des origines  sur plusieurs générations, de l’ère victorienne à nos jours. 
Nell, une petite fille de quatre ans fait seule la traversée en bateau de l’Angleterre à l’Australie. Personne ne l’attend à l’arrivée. Elle est recueillie par un couple  qui a pitié d’elle et qui la chérit. Pour tout bagage elle n’a qu’une petite valise blanche avec un superbe livre de contes de fées à l’intérieur. Pour tout souvenir, celui de celle qu’elle appelle la Conteuse et qui lui a dit de l’attendre sans bouger sur le grand navire mais que nul n’a plus jamais revue. 

Nell est une jeune fille  heureuse jusqu’à ce qu’elle apprenne son adoption, le jour de sa majorité. Désormais, la quête de toute sa vie sera de connaître sa véritable identité, quête reprise par Cassandra, sa petite fille qui suivra ses pas en Angleterre, au domaine de Blackhurst, en Cornouailles, là où se trouve le fameux jardin des secrets qui donne son titre au roman.
Ce n’est que le tout début et j’ai suivi avec beaucoup d’émotion les aventures de ces femmes qui préféraient les secrets aux scandales, éternelles victimes du qu’en dira-t-on.
C’est un passionnant roman  d’aventures familiales,sociales et  amoureuses dans un château  et un environnement superbe,  sur de hautes falaises, avec  jardin secret,   labyrinthe et   cottage mystérieux et cachés.
J’ai retrouvé le même plaisir que j’ai pu éprouver en lisant «L’auberge de la Jamaïque» ou «Rebecca» de Daphné du Maurier.
Voici l'apparition de l'aristocratique marâtre: 
"Une grande femme mince se tenait sur le seuil;  elle avait la forme d'un sablier à taille humaine.  Sa longue robe de soie bleu nuit moulait sa silhouette."
"Le Jardin des secrets" est aussi un hommage aux contes de fées et aux conteurs de notre enfance tant ces récits prennent toute leur importance ici. L'auteur termine  son livre par  ces remerciements:
"J'éprouve une immense gratitude à l'égard de ceux qui, par leurs œuvres,  ont enflammé mon imagination enfantine et m'ont donné un amour des livres  et de la lecture qui ne m'a jamais quitté une seconde."
Le Jardin des secrets de Kate Morton, (Presses de la Cité, 2008, 512 p) Traduit de l’anglais (Australie) par Hélène Collon. 
Challenge 12 d'Ys pour l'Australie

Henry Bauchau: Vivre en flocon de neige

Gel bleu, soleil levant sur le jardin de neige.
Adieu squelettes gris du sombre jour d’hier.
Je me suis réveillé dans une cabane de neige
Dans les jours éblouis, les rêves de l’enfance.
Grand jour muet, jardin de blanc  vécu par ma vue.
Ô neige, tout fléchit sous ta pesanteur éclatante.

Décembre 2010
Henry Bauchau: Tentatives de louange, Actes Sud. 56 p. novembre 2011.
«Louange de l’univers. Hymne à la vie. Ode à la fragilité. Éloge du doute.» 
Henry Bauchau (né le 22 janvier 1913 à Malines, Belgique) est un écrivain — poète, romancier, dramaturge et psychanalyste belge — de langue française. Il vit à Paris depuis 1975. Il est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Poète mais aussi romancier,  de lui, j'ai beaucoup aimé: Le Boulevard périphérique (Actes Sud, 2008). Prix du Livre Inter 2008. Tableau de Munch

samedi 11 février 2012

Les Grand-mères de Doris Lessing

La photo de la couverture est loin  d’évoquer ces grand-mères qui ne s’habillaient qu’en noir et ne se souciaient plus de coquetterie. S’agit-il donc ici de celles étiquetées rapidement de cougars?  C’est exactement ça, sauf qu’en plus d’aimer des jeunes de l’âge de leurs fils,  leurs maisons se faisant face  et les maris étant mort  ou absent,  c’est  à deux qu’elles ont élevé ces  garçons devenus leurs amants  à peine sortis de l’adolescence. 
Ils s’aiment. Ils ne font pas de scandale. Personne ne se doute de rien puisqu’ils ont toujours vécu ensemble.
Le récit s’ouvre sur une scène idyllique. Dans une baie paradisiaque donnant sur l’Océan. Quatre adultes et deux petites filles, «des êtres soignés et resplendissants» sont installés à la terrasse d’un établissement prestigieux. 
«Six têtes blondes?  Ils étaient sûrement parents. Ce devait être les mères des hommes.»
Un beau tableau offert à l’admiration de tous.  Il ne manque que les mères des petites filles,  trop souvent absentes. Mais en voici une qui arrive justement.
«Un petit bout de brune remuante, qui n’avait rien de l’assurance et du style de «la Famille».  
Éclate alors une scène, rapide et feutrée en apparence, décisive pour l’avenir de tous, en réalité. Les mères  viennent  de découvrir les amours illicites et reprennent  leurs enfants, «loin de leurs maris, loin de leurs belles-mères.»
C'est le passé de ces amours troubles. qu'évoque  la suite du récit 

Aurais-je été attirée par ce titre peu encourageant  si le nom de l’auteur ne m’avait pas sauté aux yeux?  
On dirait ici un essai sur la génération des plus de cinquante ans et ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus, mais Doris Lessing, prix Nobel de littérature 2007, dont j’ai tellement aimé «Le carnet d’or» s'est toujours intéressée aux   phénomènes de société. L’éditeur parle de ce petit livre comme d’ «un texte sulfureux et dérangeant sur des amours scandaleuses. Roman du non–dit et de la dissimulation.»
Voilà qui est alléchant  et qui aurait pu me plaire! Hélas, quelle déception! Juste une petite nouvelle très lisse, une bluette. Tout est dit,  très vite, rien n'est approfondi. On frôle l' Harlequinade! 

Les Grand-mères, Doris Lessing, (Flammarion, 2005, 128 p) Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle D. Philippe
Doris Lessing est née en 1919 et a écrit ce livre en 2005 à 83 ans
Nouvelle participation au challenge d'Anne , Voisins, voisines  pour l'Angleterre, encore une fois! 

vendredi 10 février 2012

Quand les livres souffrent...


Difficile de voir s'abîmer des livres,
surtout les  très rares, les très  anciens -
et davantage encore  lorsqu'ils appartiennent à la BNF , comme ceux de ces photos.


Que leur est-il arrivé?  Tout simplement c'est dans cet état qu'ils reviennent  de leur numérisation. 
En avril 2011, la société Jouve et la BnF annonçaient un partenariat, pour la numérisation de collections imprimées. Une opération de grande envergure.
Depuis les plaintes s'accumulent pour dégradations, retards et scandales. (Pour mieux comprendre c'est ICI)

jeudi 9 février 2012

Parce qu'on vient de loin, Corneille

Nous sommes nos propres pères
Si jeunes et pourtant si vieux, ça me fait penser, tu sais
Nous sommes nos propres mères
Si jeunes et si sérieux, mais ça va changer
On passe le temps à faire des plans pour le lendemain
Pendant que le beau temps passe et nous laisse vide et incertain
On perd trop de temps à suer et s'écorcher les mains
A quoi ça sert si on n'est pas sûr de voir demain
A rien

Refrain:
Alors on vit chaque jour comme le dernier
Et vous feriez pareil si seulement vous saviez
Combien de fois la fin du monde nous a frôlés
Alors on vit chaque jour comme le dernier
Parce qu'on vient de loin

Quand les temps sont durs
On se dit : "Pire que notre histoire n'existe pas"
Et quand l'hiver perdure
On se dit simplement que la chaleur nous reviendra
Et c'est facile comme ça
Jour après jour
On voit combien tout est éphèmere
Alors même en amour
J'aimerai chaque reine
Comme si c'était la dernière
L'air est trop lourd
Quand on ne vit que sur des prières
Moi je savoure chaque instant
Bien avant que s'éteigne la lumière

Jour après jour
On voit combien tout est éphémère
Alors vivons pendant qu'on peut encore le faire
Mes chers

Parole de chanson:  Parce qu'on vient de loin  de Corneille  ICI
Chanson dont le refrain est cité p.76 dans le roman :"Tu verras" de Nicolas Fargues.  (merci Didi)
Je participe au concours proposé par Herisson    ICI   en espérant gagner le DVD de "La couleur des sentiments", un livre que j'ai beaucoup aimé.

Qui donc est cet écrivain si courtois...?

 ... qui s'excusa ainsi  un jour:
"Pardon d'avoir écrit tant de pages, je n'ai pas eu le temps d'en écrire moins"



Ont été proposés les noms de Céline, Hugo, Proust, (2 fois),  Dickens,  Balzac, Jules Renard. 
En réalité Il s'agit de Mme de Sévigné. 

mercredi 8 février 2012

Les Autres Gens, 04 de Thomas Cadène, ma BD du mercredi

Découvrir comme je viens de le faire ce gros volume, le quatrième  d’une expérience pionnière, numérique, collective et régulière depuis mars 2010  est une aventure qui m’a bien amusée  même si j’ai eu un peu de mal à comprendre les liens entre les nombreux personnages, malgré tout le soin pris dès les premières pages  pour préciser l’identité de chacun.

Ce qui m'a plu, ce n'est pas l'histoire elle-même, assez embrouillée parfois  tournant autour de  Martine, gagnante du loto avec Hyppolyte Offman mais c'est de passer très rapidement d'un type de dessin à un autre tout en continuant à suivre  les mêmes personnages. C'est très vivant ainsi, très rapidement lu aussi. et facile à lire même si  parfois j'ai peiné à reconnaître certains personnages.

J'aurais du mal à en faire le résumé tellement ça part dans tous les sens. Chaque épisode d' un seul dessinateur  comprend six pages et chaque page montre six cases  classiquement ordonnées.

Les dessinateurs de ce volume sont regroupés en fin de volume: Joël Alessandra, Aseyn, Benjamin Bachelier, Cati Baur, Thomas Cadène, Clotka, Julien Dufour, Nathalie Ferlut, Alexandre Franc, Sacha Goerg, Thomas Gosselin, Pasto, Princesse Cam Cam, Margot Scesa, Vincent Sorel, Jules Stromboni, Erwann Surcouf, Tanxxx, Terreur Graphique, Sébastien Vassant, Adrien Villesange.

Le prochain volume doit sortir en mars 2012. Thomas Cadène est à l'origine de l'idée et du scénario. Une centaine de dessinateurs ont déjà participé à cette aventure. On peut suivre chaque jour de la semaine  un nouvel épisode sur le net moyennant finance (ICI) Je préfère attendre le tome 5. 
Les Autres Gens #04 de Thomas Cadène (Dupuis, octobre 2011,220 p)



         



Bienvenue  à Miss Alfie, croqueuse de livres et à son mec qui ont décidé de partager avec nous leurs BD du mercredi.    

Les participants: 

Je participe aussi au Top BD de Yaneck (17/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'.