samedi 4 septembre 2010

Je suis l’homme le plus beau du monde de Cyril Massarotto


 Le narrateur, dans son petit village d’enfance,  est choyé, aimé, surprotégé par sa mère qui veut en faire une légende et y parvient  - Trop bien ! 
Son père, plus réaliste, voudrait le voir mener la vie de tous les enfants de son âge. Seulement voilà, c’est un enfant si beau que dès qu’il sort, les gens se disputent sa compagnie, son amitié, son amour! Tout le monde veut le voir, le toucher, lui sourire. Partout où il va,  sa présence déclenche des bagarres et de la violence, bien malgré lui qui, pour cette raison,  est obligé de rester confiné à la maison.  Il n’a pourtant qu’un désir : vivre comme tous les autres et pouvoir sortir incognito.
Seulement voilà, sa beauté sublime lui enlève toute liberté  et causera même l’événement qui le fera basculer dans un long cauchema .à partir de ses dix ans car  c’est sa beauté qui a tué son père!  
Quels sont les dangers  de nos jours  quand on est trop beau? 
On tombe dans les mains des médias et des foules déchaînées : Télévisions, photographes, journalistes, c’est une traque continuelle. Les chasseurs et le gibier! Trop célèbre,  il faut se  cacher, s’enfuir,  tout faire pour devenir moyen et banal. 
Mal aimé, manipulé, entouré ou solitaire, riche  ou pauvre, le narrateur  est malheureux jusqu’au jour où… 
Ceci n’est pas un simple  roman  mais un conte  moderne   "une fable sensible et drôle sur le pouvoir de l’apparence et la quête du bonheur". 
En le sachant, en ne s’attendant pas à un roman avec des portraits fouillés et des  analyses minutieuses et rigoureuses  des sentiments et des émotions, le livre est agréable à lire.  Le style est vif!  Heureusement car l’histoire finissait par me lasser! Je ne suis pas très « fable », à vrai dire!
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été beau
Je dis beau, mais dans la bouche des gens j’entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant,les gens disent ; Waouh! 
Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s’évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils.
Je suis l’homme le plus beau du monde.
Bien sûr, je suis malheureux. 
Merci aux éditions XO pour l'envoi de ce livre, Cynthia en a parlé aussi.
Je suis l’homme le plus beau du monde de Cyril Massarotto
(XO éditions, août 2010, 239 p) 

Pirandello, biographie de l’enfant échangé par Andrea Camilleri

Je devais participer au blogoclub du 1er septembre sur le thème du Prix Nobel. J’avais choisi de lire Beloved de Toni Morrison, prix Nobel 1993  mais c’est un roman très prenant et m’apercevant que je ne  finirais pas ma lecture à temps, j’ai opté pour la pièce de théâtre de Pirandello : Ce soir, on improvise. C’est alors que j’ai trouvé cette biographie de  l’auteur dans laquelle  je me suis très vite plongée  oubliant mon objectif et le Blogoclub  en même temps! 
Je connaissais bien un peu la vie passionnée et passionnante mais très tourmentée du dramaturge italien Luigi Pirandello  (1867-1936), mais pas dans les détails  et  les informations de première main comme ici puisque Andrea Camilleri, le père de  Montalbano, le  célèbre commissaire de Vigàta,  est lui-même natif de Porto Empedocle, près d’Agrigente,  en Sicile.
La meilleure biographie de Pirandello, Camilleri le reconnaît et dit s’en être servi, est celle de Gaspare Giudice, malheureusement non traduite en français.

Cependant le mérite de  Camilleri  est de rendre vivant tout ce qui a trait à la vie en Sicile du jeune Pirandello, avant qu’il ne s’en échappe pour Rome. Il a vécu sous les mêmes lois tacites, les mêmes codes familiaux,  les mêmes contraintes de ce milieu bourgeois très catholique et  très superstitieux à la fois  d’une petite ville insulaire très fermée ! 


Dans un savoureux rappel du dialecte  d’Agrigente, des gestes immémoriaux  du double langage tacite, des fables et des proverbes qui façonnent les esprits, il s’emploie à expliquer les tourments qui ont emprisonné l’écrivain toute sa vie et influencé son théâtre novateur! Le renoncement à ses premières fiançailles, son mariage  torturé  par la jalousie paranoïaque de sa femme  qu’il faudra finir par interner, son amour  tourmenté pour ses trois enfants,  une grande partie de sa vie s’expliquerait par la fable originelle, celle de l’enfant échangé à laquelle il croit fermement et qui explique  ses relations douloureuses avec un  père qu’il rejette de toutes ses forces sauf à la fin de sa vie quand il sera devenu dépendant. 
Né prématuré avec un père constamment absent et autoritaire il veut se croire né ailleurs, dans une autre famille qui l’aurait échangé à sa naissance. Toute sa conduite découlera de cette impression. 

J’ai appris  bien des choses intéressantes sur l’histoire, les croyances et les mœurs de la  Sicile depuis le débarquement de Garibaldi  avec ses mille volontaires  pour la réunification du royaume d’Italie jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. Quand Pirandello sera devenu mondialement célèbre avec son théâtre novateur mais  controversé.


J’ai voulu retenir un des aspects de l’âme sicilienne concernant l’amitié :
« Une des constantes de l’amitié sicilienne est le devoir de deviner comment l’ami se comportera dans une circonstance donnée sans qu’il soit besoin d’accord préalable. 
De surcroît, le don de soi réciproque ne tolère ni réserves, ni zones d’ombre, ni tiroirs secrets. S’il existe, ils limitent la portée du don, la force du dévouement et révèlent que le rapport improprement appelé « amitié » est en réalité fondé sur une équivoque.
Il s’ensuit que l’amitié sicilienne est un art des plus subtils  et des plus exigeants et peut-être conviendrait-il  de le désigner par un autre nom : fraternité d’âmes, consanguinité élective… Autour de deux amis siciliens se crée une sorte de cercle magique qui exclut les autres et ne laisse pénétrer ni les affaires du monde, ni même les grands événements de l’Histoire ».

Connaissant  un peu mieux  maintenant Pirandello, trouverai-je plus facile d’écrire un billet sur une de ses pièces ?  Pas sûr ! 


Pirandello, biographie de l’enfant échangé par Andrea Camilleri
(Flammarion, 2002, 319 p) Traduit de l’italien par François Rosso
Titre original : Biografia del figlio cambiato

vendredi 3 septembre 2010

Classement Wikio Littérature, septembre , exclusivité

Merci à Annica S. de Wikio pour l'exclusivité de ce top 20 des blogs de la catégorie Littérature de ce mois de septembre

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Mes lectures d'août 2010

Ou encore les mots d’août selon le joli titre trouvé par Anne du nouveau blog  Les mots et les notes 
J'ai donc lu durant  ce mois d'été plutôt pluvieux en Île de France:

Slam de Nick Hornby, l'histoire drôle et émouvante d'un ado devant ses responsablités de futur jeune père de famille.



2  Le dernier mort de Mitterrand  paRaphaëlle Bacqué  ou le suicide, à l'Elysée de François de Grossouvre 


3  Sylvia, de Leonard Michaels  ou un amour fou qui a mal tourné à  New York dans les années 30


4  La septième rencontre de Herbjørg WASSMO Un amour d'enfance qui met presque une vie  entière à devenir réalité.  Il s'en est fallu de peu que je n'en fasse mon coup de cœur du mois



5  Les New-Yorkaises de Edith Wharton, trois femmes d'une même famille aux destins opposés.


L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle, la déception du mois


7  La pièce du fond  de  Eugenia Almeida, Un vieil homme seul sur un banc public:  il ne s'alimente plus...  Pourquoi?





Mauvaise journée demain de Dorothy Parker, des merveilles de petites nouvelles.





9  Monstrueux de Natsuo Kirino, trois jeunes japonaises de bonne fille qui tournent mal.




10  Le petit prince cannibale de Françoise Lefèvre, l"amour inconditionnel d'une mère pour son enfant autiste



11 Une forme de vie d’Amélie Nothomb, une romancière et son lecteur




12 La désagrégation du papillon de Yoko Ogawa, la solitude d'une jeune femme après le départ de sa grand-mère  tombée dans  la grande dépendance.




13 Titus d’enfer de Mervyn Peake, le début d'une trilogie étrange et attachante.




14  L’épouvantailMichael Connelly, un thriller sur fond d'informatique




15 L’amour est à la lettre A  de Paola Calvetti, l'autre déception du mois






De belles émotions et deux déceptions:  c'était un bel été! 

jeudi 2 septembre 2010

Citation du jeudi avec Pirandello

"Il est plus facile d'être un  héros qu'un honnête homme. Héros nous pouvons l'être une fois par hasard ; honnête homme il faut l'être toujours.


Luigi Pirandello est un écrivain Italienpoètenouvellisteromancier et dramaturge, né le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile au lieu dit « Le Chaos », entre Agrigente et Porto Empedocle, durant une épidémie de choléra, et mort à Rome le 10 décembre 1936. Son œuvre a été récompensée du Prix Nobel de littérature en 1934.(Wkipedia)


Tableau: Agrigente de Nicolas de Staël
Participation à la citation du jeudi, sur une idée de Chiffonnette

mercredi 1 septembre 2010

Petite chronique des BD du mercredi

Nous voici déjà une petite quinzaine de participantes qui  échangeons, tous les mercredis, nos découvertes  BD de la semaine.
Que ceux et celles qui veulent se joindre à nous n’hésitent pas à me le dire dans les commentaires mais auparavant j’aimerais raconter comment et pourquoi cette idée m’est venue alors que je ne suis encore qu’une  novice en ce domaine relativement pointu me semble-t-il de la BD.
D’ailleurs, ICI, Il y a  de très bons blogs spécialisés dans ce domaine que je commence à mieux connaître maintenant mais qui m’impressionnaient trop par leur professionnalisme pour que je m’y risque au tout début !


J’ai écrit mon premier billet  BD le 18 janvier de cette année   à un moment où s’annonçait le  festival d’Angoulême. Il s’agissait de  Pauvres Zhéros de Baru et Pierre Pelot que je n’avais pas du tout apprécié. C’est alors que plusieurs d’entre vous m’ont donné quelques conseils pour débutants, conseils poursuivis et approfondis par la suite dans mon second billet du 2 février 2010 sur les prix du festival cette fois.  Je remercie particulièrement  pour cela : Brize, Choco, Lounima, Emmyne, Mo’ la fée,  AgnèsKeisha,  Marie L. et Valérie . J’espère n’oublier personne !


A ce moment,  l’envie m’est vraiment venue de lire davantage d’albums de BD, mangas etc. et de me fixer un jour pour ne pas oublier. L’idée de ces rendez-vous du mercredi s’est ainsi imposée à moi et  tout a commencé avec mon premier billet du mercredi 18 mai  sur  Terre-Neuvas de Chabouté que j’ai beaucoup aimé.


Chaque semaine la liste et les couvertures des albums présentés  restent exposés dans la colonne de droite de mon blog et c’est un plaisir de voir la grande variété  et la qualité des choix


Participent en ce moment à  ces rendez-vous du mercredi de Mango :
ChocoDolly Emmyne Hathaway,  HildeHérisson08Kikine , Lounima, Lystig Manu, Mathilde , Mo' la féeNouketteSandrounette Valérie  
Cette liste ne demande qu'à être allongée!

Les BD du mercredi, Le rêve de Meteor Slim de Frantz Duchazeau



C’est l’histoire d’un pauvre guitariste et chanteur de blues,  dans le Mississipi des années  trente. Il a tout quitté, maison,  femme et l’enfant à venir,  pour partir sur les routes à la rencontre d’un public mais il ne trouve que d’autres malheureux compagnons de misère comme lui,  dans des bars à deux sous, des chambres minables et plus souvent l’herbe au bord des routes.  Solitaire, il n’a pour seul bien que sa vieille guitare et pour  unique  espoir celui de se faire un nom et d’être reconnu  dans ce milieu du sud profond au temps de la grande dépression. Il rencontre en chemin le grand Robert Johnson, la légende du blues  et il  devient Meteor Slim.  Il se fait une petite place à son tour mais entre les frangines, l’alcool, les bagarres, les trahisons, il ne  s’arrête jamais longtemps et finit toujours par repartir sur les routes jusqu’à la dernière page, forte et inattendue!




J’ai adoré cette BD  des plus classiques,  en noir et blanc,  aux dessins très sobres, aux visages  expressifs et touchants. Malgré la misère des lieux évoqués et des musiciens, l’ensemble est plein d’énergie, de force vitale,  de dynamisme grâce à la présence  constante de la musique et  des paroles argotiques chantées  par ces virtuoses  du blues qui s’inspiraient  de leurs vies. 
Un de mes coups de cœur de l’année ! 



Participent aux BD du mercredi de Mango :

Nouvelle participation aussi au challenge de M Zombi

 Le rêve de Meteor Slim de Frantz Duchazeau
(Sarbacane, 2008, 154 planches)