Titre original: Jo fortere jeg går, jo mindre
er jeg (Plus vite je marche, plus petite je suis)
Une femme raconte sa vie quotidienne, dans un style
très simple, parfois ragaillardi par des
exclamations enjouées: «ça rime!» quand certains sons se répètent dans
quelques-unes de ses phrases. Elle se divertit comme elle peut, la narratrice, et le plus souvent d’un rien. C’est qu’ elle
n’a plus grand chose à raconter désormais maintenant que son époux est mort,
son cher Epsilon épousé à la fin de ses
études: «Après, il n’y a plus eu que nous deux, Epsilon et moi.»
Ce ne serait qu’ une histoire banale si cette femme, Mathea,
qui vit seule désormais dans un petit appartement de la banlieue d’Oslo,
n’atteignait presque cent ans. Elle n’a plus personne qui la connaisse ou qui
lui parle. Elle ne vit plus qu’avec les
fantômes de ses chers disparus, en particulier de son mari omniprésent dans ses pensées, auquel elle continue de parler.
Hors de chez elle, elle se sent transparente et maladroite. Elle fait
pourtant des efforts pour retenir l’attention des autres autour d’elle mais on
ne la remarque jamais. Même lors de l’après-midi ambiance détente au centre pour
personnes âgées où elle est invitée, elle semble encore une fois invisible.
Alors elle prend une décision.
« C’est le dernier point sur ma liste. Je vais aller au dernier arrêt avant la mort, je vais faire d’une pierre deux coups. Je n’arrive pas à m’armer de courage, la limite entre la timidité et la désinvolture est extrêmement ténue ».
Est-ce un livre triste? Sans doute! Pourtant l’auteur n’a qu’une trentaine d’années et c’est
son premier roman. Est-ce désagréable?
Non mais il faut être en forme pour supporter tant de grisaille sans espoir et de nostalgie douloureuse puisqu'aussi bien elle appuie toujours là où ça
fait mal. Pas d'issue possible. A cent ans, totalement isolée... d'une nature déjà solitaire, prompte à la panique, que faire?
C'est une fin de vie qui donne envie de finir jeune et en bonne santé! Heureusement l'écriture est belle, du moins la traduction passe -t-elle bien mais j'ai absolument besoin d'une lecture plus gaie maintenant. Il y a des alternances tout à fait nécessaires!
La vie au ralenti, roman norvégien de Kjersti A. Skomsvold
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
Premier roman, (Seuil, janvier 2014, 192 p.)
Prix Débutant Tarjei Vesaas en 2009
Ca a l'air vraiment sombre pour un premier roman.
RépondreSupprimerOui, c'est aussi ce qui m'a surprise!
SupprimerPas pour moi pour le moment ; j'ai envie de légèreté
RépondreSupprimerJe te comprends très bien et si ce récit est plutôt calme, doux et relativement serein dans sa forme, il reste, sinon tout à fait tragique, à part l'issue, du moins triste, forcément.
SupprimerC'est un thème qui m'intéresse et j'ai une tendresse particulière pour les premiers romans... je ne peux que noter !
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