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mercredi 26 mars 2014

Love fragments Shanghai, par Chaiko, ma BD du mercredi

 Le titre de ce manhua l’indique clairement:  il s’agit essentiellement  ici  de fragments de  la vie amoureuse  de  jeunes  habitants de Shanghai, deux jeunes femmes,  une femme d’affaire et un mannequin, Lily et Wen,  belles, raffinées et dynamiques mais toutes deux  malheureuses en amour  et  Jian, un jeune photographe de mode qui retrouve Wen, son amour perdu au moment où celle-ci se lie à un autre homme, qui ne peut l’épouser  puisque, pour ne pas décevoir son père, il doit se marier avec  une autre. De son côté, Lily pleure  son fiancé mort accidentellement. Solitaire, elle ne pense qu’à son travail.  Les destins de ces trois jeunes personnes vont cependant se croiser et ce sont des instantanés de leurs rencontres et de leurs déceptions qui nous sont présentés dans cet album à l’atmosphère douce-amère, nostalgique, voire romantique par moments.
De Shanghai, il n’en est pas beaucoup question. Ce pourrait être n’importe quelle ville moderne d’aujourd’hui. Ne sont évoqués que les problèmes de solitude et les difficultés à rencontrer l’âme sœur, ce qui m’a rappelé les romans photos d’autrefois, ces histoires à l’eau de rose, pleine de clichés et de  héros très photogéniques mais sans réelle consistance. 
 Rien de bien nouveau donc si ce n’est le dessin lui-même. J’ai  aimé ces pages glacées très colorées.  Trois larges bandes par planche avec de nombreux gros plans et quelques doubles pages pour montrer un centre ville toujours très moderne. J’ai d’ailleurs parcouru  deux fois cet album rien que pour  revoir plus minutieusement chaque dessin, délaissant l’histoire qui, elle,  au fond, m’a laissée indifférente. 





Love fragments Shanghai, par Chaiko,
Traduction: Cécile Reverdy
(éditeur: Xiao Pan, 2008)
 92 planches + 20 p d'illustrations.

Top BD des blogueurs  2014 de Yaneck :14

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 Très intéressante interview de Zidrou par Yaneck  et celle de  Guillaume Sorel pour le Horla, par JViel
 "Un amour de BD"

Participent peut-être ce mercredi 26/03/14:


Anne ,   Acro,  Alex,  Angéla Morelli,  Asphodèle,

 Blogaelle, Brize ,   

Carolinedécouvrelemonde,

Choco, littéraires Chroniques, Cléanthe,    

 
Cristie ,   Crokbulle,  Cuné,    Cynthia,  

 Delphine,   Didi, 


Elodie ,    Estellecalim, Evalire, Hilde   Hélène ,     Hervé,  

  Iluze,   Irrégulière,    Itzamma , 


 JViel,  Jérôme,  Julie,   

Khadielit,  Kikine,   La-ronde-des-post-it, Laurie,

Lirepourleplaisir, 

Lorouge, Loo, Lou, Lounima, Lystig,   

Manu,  Margotte,  Marguerite,    Marie,  Mariejuliet, 

Marjorie,  Marion,  MarionPluss, Marilyne,
  
Mathilde, Mélo,  Mlle Alfie,

Mlle Bouquinaix,  Moka,    Mo,   ​​M. Zombi,    Natiora ,   Neph,  

Noukette ,    Oliv ', Pascale,  Paulinelit,

 Sandrine,  Sandrine (Mes Promenades),   Sandrounette,   Sara ,

Sophie (des Bavardages) ,    Sophie Hérisson,  Soukee,  Stephie,   Syl, 
 Theoma,


Un amour de BD,


Vero,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan, 

BD du mercredi 26/03/14

Perico, Berthet, Hautière,, par Noukette
Clair-obscur dans la vallée de la lune, Mongermont, Alcante, par Jérôme
Quatre sœurs, Cati Baur (1,2), par Stephie
La malédiction du parapluie, (Les petits riens, 1), Lewis Trondheim, par Cuné
Boule à zéro, T3, Docteur Zita, Ernst, Zidrou, par Yaneck
Le Horla, Guillaume Sorel, par Yvan
Chemin perdu, Amélie Fléchais, par Sandrine (Mes promenades)
Gauguin, Loin de la route, Leroy, Gaultier, Galopin, par Natiora
Le train des orphelins, 1,2,3, Charlot, Fourquemin par Maël
Le dernier voyage d'Alexandre Humbolt,  Froissard , Le Roux, par Cristie
Les Échos invisibles, Sandoval, La Padula, 1, 2, par Moka
Punk rock Jesus, Sean Murphy, par Theoma
Clandestino, T1, Un reportage d'Hubert Paris, envoyé spécial, Aurel, par Un amour de BD
Come prima, Alfred, par Anne
Star Wars,Clone wars,1, La défense de Kamino et autres récits, Ostrander, Duursenna, par Hilde

samedi 22 mars 2014

Salon du livre 2014: y aller ou pas?


                               Si je devais me rendre au Salon du livre, ce  serait surtout pour le stand de Shanghai et celui des BD chinoises. Pourquoi?  Parce que c'est la vraie  nouveauté du salon, cette année, selon moi. En effet, je connais mal cette littérature pour la bonne raison qu'il y a très peu de traducteurs du chinois en français. C'est ainsi que sur les 17 auteurs annoncés, seuls  six ont été traduits. Quant aux dessinateurs, j'ai eu beau chercher sur le site du salon et ailleurs, je n'ai rien trouvé les concernant. Qui et combien  seront-ils? Avec quels titres?  Voilà une bonne raison pour me déplacer et aller les découvrir mais si j'ai beaucoup fréquenté les salons avant d'ouvrir mon blog, (Je regrette encore quand il avait lieu au Grand Palais! ) je fuis désormais la foule et la fatigue qu'une telle visite entraîne. J'ai perdu mon bel enthousiasme et  me protège davantage des bousculades, me privant aussi de quelques belles rencontres.  Je vais me tenir au courant cependant tout ce week end pour glaner des informations ici et là sur la présence de tel et tel romancier ou  auteur de BD venant de Chine qui, je viens de l'apprendre, est actuellement le premier pays pour l'importance des traductions de livres français.








Si je dois faire la liste des auteurs chinois  que j'ai lus, ce sera très rapide. La voici:
D'abord et avant tout deux grands que j'ai adorés

Yu Hua avec Brothers : Un livre extraordinaire,  truculent à souhait, triste, drôle, plein de vie!



Mo Yan, le prix Nobel de littérature



Weihui : Shanghai Baby




Pour la BD
Maruta 454 de Laquerre et Song Yang



C'est tellement  peu pour un aussi grand pays. Il est temps d'y remédier et à défaut de me rendre au Salon lui-même, je vais aller faire un tour en librairie pour trouver les derniers sortis:



 Respirer de SUN Ganlu

vendredi 30 août 2013

Mon petit coin du monastère, Bei Bei

"Un roman malicieux mais cruel, sous les dehors d'un polar décalé, dans un grand monastère bouddhiste comprenant plusieurs pagodes et six "ouatères" destinés aux visiteurs ." (Le Monde)

Une délicieuse surprise ce court récit sur  deux amis d’enfance qui se retrouvent après une vingtaine d’années dans des circonstances dramatiques mais rendues amusantes et cocasses car racontées par l’un d’eux, le plus naïf et le plus attachant. 
Il est préposé aux toilettes du monastère du Dragon, à Pékin, où il s'est installé pour économiser le loyer.  Il y vit seul car divorcé et loin de son fils, sa seule raison de vivre.
«Moi les ouatères, c’est mon métier et, par-dessus le marché, je vis dedans.»
Son métier, il le fait avec amour  et gagne sa vie en vendant du papier toilette à ceux qui n’en ont pas apporté. Il est relativement heureux  jusqu’au jour où son ami d’enfance, qu’il admire,  vient lui demander de l’héberger sur son lieu de travail. 
Vingt ans étaient passés, mais je n’avais pas oublié son nom, il était assis à la même table que moi, au collège. Vingt années que je ne l’avais pas vu, et soudain, voilà qu’il débarquait à l’improviste.
Celui-ci est d’un milieu social plus élevé et s’est beaucoup enrichi, sans scrupules, avec cynisme,  mais il est  désormais poursuivi pour de vilaines affaires. Il exploite très vite la bonté de son ami tout en se faisant nourrir par lui  et en  lui suggérant une bien mauvaise idée pour s'enrichir à toute allure grâce à son  insolite lieu de travail... et ça marche!
Là aussi commence le polar! 
C’est un récit très agréable à lire, drôle, percutant, rocambolesque et très moderne sur la Chine actuelle et l’argent facile.
Ce qu'en dit In cold blog pour qui c'est "une petite merveille d'humour".

Mon petit coin de monastère,  Bei Bei
Roman traduit du chinois par Françoise Naour
(Bleu de Chine) Gallimard, 2010, 93 p.

 Bei Bei: Pseudonyme de Lin lan, romancière et rédactrice de revue. 

vendredi 20 mai 2011

Trois vies chinoises de Dai Sijie


Dai Sijie est l’auteur de «Balzac et la petite tailleuse chinoise», un livre que j’ai bien aimé. Celui-ci aussi d’ailleurs qui est divisé en trois parties  dont chacune est une histoire  avec de nouveaux personnages qui vivent  sans se connaître au même endroit sur l’île de la Noblesse, grand dépotoir de tous les déchets électriques du pays. Leur destin est intimement lié aux effets maléfiques de ce lieu poubelle symbolique de la négligence du monde industriel actuel.
"Ho Chi Minh" est le surnom donné à un vieil enfant d’une dizaine d’années qui en paraît plus de soixante dix  A cause de la progéria, sa maladie, un directeur de prison l’achète à sa tante pour le former à sa façon dans un but bien précis des plus odieux. L’enfant, lui,  est heureux croyant qu’on le prépare pour l’exposer dans un cirque. Il se sent utile.
"Le Bogart du Réservoir d’eau" raconte le désarroi d’une jeune fille quand elle découvre sous la glace  où elle s’entraîne les os de sa mère disparue récemment. Elle accuse son père. A-t-elle raison ?
La troisième histoire : "Le cuirassé qui passe à travers les montagnes" est la plus horrible, à mon avis. Parce que son fils est dangereux, une mère l’attache, des années durant, dans un puits,  à l’aide d’une grosse chaîne qu’elle a confectionnée elle-même. De retour chez lui quelque temps plus tard, le fils cadet est bien étonné d’une situation  tout- à fait inattendue et terrifiante.
J’admire l’auteur qui sait en peu de pages imposer trois portraits aussi inoubliables, trois vies des plus  déconcertantes. La  fin des récits, révélée en quelques lignes, est particulièrement atroce.
Ce livre a été le coup de cœur  des libraires du mois de mars. Pour une analyse plus détaillée, c'est  ICI.
Dai Sijie, Trois vies chinoises, Flammarion, 2011, 141 p

Bibliographie de Dai Sijie (°1954 à Putian, en Chine) :
Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Sep. 2000
Le Complexe de Di, 2003 (Prix Femina)
Par une nuit où la lune ne s'est pas levée, 2007
L'acrobatie aérienne de Confucius, 2009
Trois vies chinoises, 2011

mardi 22 mars 2011

Triste vie de Chi Li


La  vie évoquée dans ce récit de 102 pages est celle d’une journée ordinaire vécue au quotidien, à Wuhan, une grande ville de la Chine actuelle, par le jeune Yin, un trentenaire  très modeste qui essaie d’être tout à la fois : bon mari d’une femme acariâtre jamais contente,  bon père d’un fils unique de quatre ans, turbulent et envahissant, bon ouvrier enfin dans une usine où rien n’est stable et où les licenciements menacent à tout instant. 
Sa vie est dure à cause du plus gros point noir de son existence : son logement beaucoup  trop petit et trop éloigné de son travail. Il se lève chaque matin à cinq heures pour ne rentrer que très tard le soir, épuisé par le travail et les transports.

Cependant la lecture de ce court roman est  d’autant plus  agréable que, une fois posée la dure réalité quotidienne de cet homme sensible et courageux, il n’est plus question que de ce qui embellit sa vie malgré tout et là, c’est un enchantement car Yin est très sociable et attachant et les jeunes femmes sont attirées par lui. Ses rapports avec son fils sont délicieux bien que souvent maladroits. Surtout il garde toujours  l’espoir d’un avenir meilleur : un appartement plus grand et ce serait le bonheur!  Enfin, quand rien ne va plus dans la journée, il se souvient des bons moments de son existence passée : ses nombreux amis dont certains lui écrivent encore, ses petites fiancées dont il garde la nostalgie…Bref, c’est un héros positif et très touchant que nous présente ici l’auteur Chi Li dont j’ai déjà bien aimé un autre livre : «Trouée dans les nuages». Elle a le don de raconter des vies  apparemment  insignifiantes en y ajoutant une sorte d’ironie tendre et amusée qui me séduit. 
Elle-même  est née dans cette ville où elle a été médecin pendant de nombreuses années avant de devenir l’écrivain  célèbre qu’elle est désormais dans son pays  où ses livres sont très lus.  
Une lecture très agréable ! 
Plus
 Wuhan, un des trois grands ensembles urbains de Chine, étend ses dix millions d'habitants sur les deux rives du fleuve Yangzi. Cette ville est un «personnage» important de la plupart de ses romans.
«Triste vie», refusé trois fois tout d’abord, a connu par la suite un succès très rapide. C’est son premier roman traduit en Français
Chi Li écrit toujours de courts romans de grande portée.
«Mon principe consiste à décrire la réalité dans tout ce qu'elle a de vivant et d'attachant. Je m'attache à mettre en images l'existence de certains de mes contemporains et à offrir ces tableaux au public, il s'établit alors un pont entre les êtres et c'est là tout le but de ma création».
Triste vie de Chi Li , traduit du chinois par Shao Baoquing,  (Actes Sud, 1998, 102 p)

lundi 21 février 2011

Trouée dans les Nuages de Chi Li

Jin et Xeng forment un couple exemplaire et heureux aux yeux de tous.  La presque quarantaine, tous deux sont ingénieurs chercheurs dans une grande université de Wuhan, au centre de la Chine d’aujourd’hui. Elle est belle, intelligente, serviable et modeste, il est travailleur,sobre, amoureux fidèle et collègue exemplaire
Pendant 15 ans leur vie est sans histoire, uniquement assombrie par le manque d’enfant. «Leur vie quotidienne n’était que paix, tranquillité et calme : des existences sages jusqu’à la banalité.»
Un soir cependant leur vie bascule. Ils  acceptent de participer à une réunion d’anciens étudiants   Rien ne distingue  cette soirée des autres, à part cette phrase ajoutée au crayon : «Si tu n’as pas peur que ta femme découvre quel morveux tu étais et si tu ne crains pas d’exhiber un laideron, elle est admise.»
La soirée se déroule comme prévu, pleine de rires et de souvenirs échangés mais en rentrant chez elle, la jeune femme est transformée et ne sera plus jamais pareille. «A coup sûr, il s’était produit quelque chose d’exceptionnel ».
Très courtisée, elle  parle et danse avec beaucoup de monde. Désormais elle parlera et fera beaucoup parler son mari, le soir, après le travail. Leur vie devient un enfer.
Dans la journée, rien ne change dans leur comportement et personne ne se doute de rien mais le soir la tension entre eux devient dramatique jusqu’au dénouement très surprenant. Le passé a raison du présent. Certains actes ne peuvent se pardonner.
J’ai aimé ce récit qui ne présente qu’un seul défaut pour ma part, c’est d’être trop court et de s’arrêter trop tôt. J’aurais voulu en savoir davantage, mieux connaître le dessous des choses  J’ai en revanche beaucoup apprécié que ce soit une histoire de couple universelle , de celles qui peuvent arriver si on ignore tout de l"enfance et de l'adolescence de son conjoint!  Pas question d’exotisme ici ni de clichés régionaux. Les sentiments sont les mêmes partout dans un monde moderne où tout va si vite! 

C’est décidé : je vais continuer à lire cette romancière avec un autre livre chez le même éditeur. Je n’ai que l’embarras du choix. 

  1. Pour qui te prends-tu?
  2. Préméditation
  3. Soleil Levant
  4. Tu es une rivière
  5. Triste Vie
  6. Un homme bien sous tout rapport
  7. Les sentinelles de blés 
  8. Le show de la vie
  9. Trouée dans les NuagesChi Li ( Actes Sud,1999) roman traduit du Chinois par Isabelle Rabut et Shao Baoqing.114 pages.

mercredi 20 octobre 2010

La BD du mercredi , Maruta 454 de Laquerre et Song Yang

 Un de mes livres préférés  de  ces derniers mois a été  La joueuse de go ,  l’histoire  d'une jeune collégienne chinoise  qui a pour passion le jeu de go  et qui terrasse tous ses adversaires, y compris le  jeune officier japonais dont le pays vient d’envahir le Nord de la Chine et dont elle est amoureuse!  
C’est à l’occasion de cette lecture que  je me suis rendue compte de mon ignorance concernant  cette guerre sino-japonaise  si cruelle lorsque les Japonais, alliés de l’Allemagne nazie, envahirent le Nord de la Chine commettant  les pires exactions qui soient.
 C’est justement à ce moment-là,  que se situe l’action de ce manhua qui vient de sortir en librairie et qui  raconte l'histoire véridique vécue en septembre 1934, par une douzaine de prisonniers chinois de la forteresse de Zhongma, l’unité de recherche bactériologique implantée par le médecin japonais Shirō Ishii  près de Harbin.
Inspiré à la fois du témoignage de Ziyang Wang, l’un des douze rescapés des expériences menées par Ishii sur des cobayes humains, et de celui de Zemin Wu, le villageois qui lui est venu en aide, ce manhua raconte les sévices subis par ces captifs et leur évasion, la seule à s’être produite au cours des quatorze années d’existence du réseau du « démon de Mandchourie ».




1934. Nord de la Chine. Ziyang, potier dans un petit village vit tranquillement en famille jusqu'au jour où les Japonais raflent tous les hommes valides pour les emmener à Zhongma, un camp de travail. Commence alors une descente aux enfers, l'horreur devenant le quotidien des prisonniers. Car ils ne sont que des cobayes, des marutas, subissant dans les plus abjectes conditions les expérimentations humaines décidées par leurs bourreaux. Objectif : valider les armes chimiques et bactériologiques pour l'armée impériale japonaise. Une histoire terrible, très  documentée, basée sur des faits authentiques. Un page de l'Histoire à ne pas oublier
 Ce  manhua  très réaliste qui rappelle la sombre époque où le Japon déchirait la Chine est écrit par l’auteur québécois  Paul-Yanic Laquerre, dessiné par les artistes chinois Pastor et Song Yang  et édité en France par Xiao Pan. Il est encore inédit en Chine.


Edit du 31/12/10: Paul-Yanic Laquerre, le scénariste a dit ICI: «Le régime communiste en Chine a imposé une loi du silence sur tout ce qui s’est passé avant son arrivée au pouvoir. Ça fait seulement une dizaine d’années que le gouvernement chinois commémore les grands massacres comme celui de Nanjing (200 000 morts) et la guerre de résistance. Parce que traditionnellement, cette guerre était menée par les nationalistes. Les communistes n’étaient que des figurants. Ils ont gagné une seule bataille à Pingxingguan. Ce n’était pas avantageux pour eux de rappeler cette époque là, d’autant plus que la Chine était faible". 

Maruta 454 de Paul Yanic Laquerre, Song Yang, Pastor, one shot  le site Participent pour l'instant aux BD du mercredi de Mango , Kikine, Valérie,yoshi73, Molafée, Noukette, Hathaway, Manu, Sandrounette, Jérôme, Hilde , Sara , Emmyne, Hérisson08 , Lounima , MathildeDolly ,


Ce billet participe au challenge "PAl  sèches" de Mo'la fée  et au Challenge de Mr.Zombi.



Edit du 26 novembre 2010: un très bon article, sur cette BD: ICI  avec plusieurs planches.

lundi 16 novembre 2009

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants de Xiaolu Guo


Imaginez- vous à vingt ans,  catapultée en Chine, à Pékin,  pour y apprendre la langue avec, pour tout bagage ou presque, l’adresse d’un professeur de chinois et un petit dictionnaire bilingue. Non seulement vous vous sentiriez terriblement seule mais encore complètement perdue et parfois terrifiée par des réactions et des habitudes à l’opposé des vôtres!  Pourtant il faut persévérer car vous n’avez qu’un visa d’un an, très peu d’argent en poche et,  derrière vous, l’espoir de toute votre famille en votre réussite !
C’est ce qui est arrivé à la narratrice,  comme à l’auteur d’ailleurs,  dont cet adorable livre semble être  le journal, mois après mois,  pendant l’année qu’elle a dû passer à Londres pour y apprendre l’anglais avant de devoir retourner chez elle,  en Chine, aider au commerce international de ses parents devenus fabricants de chaussures. C'est du moins ce qui était prévu au départ!

 On assiste à ses balbutiements au tout début de son séjour, à ses efforts pour comprendre la mentalité occidentale en même temps que s’accroît son vocabulaire anglais. Celui-ci s’améliorera plus vite grâce à son amant chez qui elle ira s’installer sur un malentendu linguistique ! Il l’invite chez lui, un soir, pour un dîner, elle débarque avec armes et bagages et s’y installe, croit-elle, pour toujours ! Ils s’aiment, on partage tout ! Ce n’est pas plus compliqué que cela, mais très vite,  elle apprendra, à ses dépens, qu’en Europe, rien n’est vraiment simple et surtout pas les rapports amoureux ! Il est vrai qu’il est bisexuel, artiste, végétarien, de vingt ans plus âgé,  individualiste à tous crins et qu’il désire par-dessus tout son indépendance.

C’est donc seule qu’elle s’en ira faire un tour d’Europe dans le cadre des accords de  Shengen qui permet aux étudiants, pendant leur année d’études, de voyager et de se loger à peu de frais !
Voici un exemple de ce qu'elle peut écrire vers la fin de son année anglaise: elle ne fait plus que très peu d'erreurs! Toujours dans l'usage des temps conjugués qui n'existent pas en chinois où l'on n'utilise que l'infinitf!
"Aimer, ce mot d'ici, comme les autres mots d'ici, a un temps. "J'aimais" ou "j'aimerais" ou "j'ai aimé". Tout ces temps signifient qu'aimer est limité dans le temps. Pas infini. Il existe seulemnt dans une période déterminée. En chinois, aimer n'a pas de temps. Pas de passé, pas de futur. Aimer en chinois signifie un état, une situation, une circonstance. L'amour est l'existence qui englobe le passé et l'avenir.
Si notre amour existait dans le temps chinois, alors il durera toujours. Il sera infini."
J’ai adoré cette découverte des principales capitales européennes comme j’ai aimé tout le roman d’ailleurs, très original, optimiste, drôle, intelligent et plein d’autres choses encore !  L’apprentissage indispensable d’une langue étrangère, la communication entre cultures différentes,  la foi en l’avenir de cette jeune Chinoise si attachante et si  courageuse, tout m’a beaucoup plu dans ce livre jusqu’au sabir du début quand elle s’exprime encore si mal et bravo à la traductrice !

Mon seul bémol serait le personnage de l’amant qui n’est décidément pas à la hauteur. Je ne l’ai pas du tout aimé ! C’est une bien petite critique par rapport au plaisir que j’ai eu par ailleurs !

Ont aimé ce livre aussi: Yueyin, Juliann, Karine:), Florinette, Naïna, Clarabel, A-Girl-From-Earth, Bel Gazou,  et peut-être d'autres encore!
Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants de Xiaolu Guo (Buchet-Chastel, 2008, 330 p.) Traduit de l’anglais (Chine) par Karine Laléchère 

mercredi 24 juin 2009

Une fille pour mes 18 ans de Feng Tang

Qiu Shui est un adolescent doué mais amoral et naïf à la fois qui, avec ses camarades d’un des meilleurs lycées de la ville explore le monde des sentiments naissants aussi bien érotiques qu’amicaux ou amoureux, dans la liberté la plus absolue, contre les conseils des parents et des professeurs, mais en compagnie d’un délinquant plein d’expérience. Il est surtout obsédé par une des filles de sa classe qui le hante jusque dans ses rêves. Il est prêt à tout pour tout expérimenter par lui-même et ne pas se laisser imposer la vision parentale du monde et de son avenir. Ni l’argent ni le travail ne l’intéressent, ni la politique d’ailleurs ! Seuls le guident sa curiosité et son plaisir.

Il s’agit d’un roman d’apprentissage, «d’une grande liberté de ton, mêlant réalité crue, tendresse et humour. C’est aussi le portrait d’une génération iconoclaste dans la Chine des années 80 dont l’insolence tient lieu de conscience politique ».

C’est un livre agréable et surprenant, d’un ton très nouveau, sur des jeunes pleins de vitalité et de volonté de se réaliser librement selon leurs envies et leurs tempéraments , loin de toutes traditions.

Premières lignes :

« J’avais entendu parler de la mère bien avant d’emménager dans leur immeuble. Par Kong , un vieux voyou pour qui elle était la femme idéale, une femme « unique ». Lorsque j’ai vu Zhu Shang, la fille, j’ai décidé que je ferais tout pour passer avec elle le restant de mes jours.

Je n’avais aucune notion du temps : la vie, c’est l’éternité quand on a dix-sept ans ».

Feng Thang est né en 1971 à Pékin. Docteur en médecine, il a choisi de diffuser ses livres sur le Net où il est devenu un auteur culte.

Une fille pour mes 18 ans de Feng Tang (Editions de l’Olivier, avril 2009, 249 pages, traduit du chinois par Sylvie Gentil.

samedi 18 avril 2009

BROTHERS de Yu HUA




Voici un livre que j'ai A-do-ré!
C'est un roman d'apprentissage, émouvant et chaleureux, un roman initiatique, léger, triste et drôle, grivois même par moments, foisonnant et facile à lire à la fois! J'espère réussir à faire sentir mon enthousiasme dans mon résumé!

C'est un roman picaresque tellement surprenant, une excellente surprise : un des meilleurs livres lus ces dernières années qui n'ont pourtant pas été avares en bonnes découvertes.

C'est avant tout le roman de l'amour fraternel, en dehors de tout lien biologique chez deux êtres élevés ensemble par deux parents démunis de tout mais aimants et chaleureux, unis contre l'adversité, malgrè la misère la plus noire, ce qui n'est pas si courant dans la littérature en général. Peu de titres sur l'amour entre frères me viennent en tête à ce sujet. Pourquoi d'ailleurs le titre anglais "Brothers" n'a-t-il pas été traduit en Français? Le mot français "Frères" n'aurait-il pas autant de force que le mot anglais équivalent?
C'est l'histoire de deux jeunes garçons de tempéraments très opposés, élevés ensemble mais très vite orphelins, qui ressentiront toute leur vie un fort vif sentiment d'amour fraternel qui survivra à toutes les tensions, les malentendus et les séparations de leur vie d'adultes.
Tout est dans le premier paragraphe du roman sans qu'on puisse s'en douter de prime abord. En effet, le roman s'ouvre sur une vision du héros principal, Li, le frère milliardaire, assis sur la lunette de ses toilettes en plaqué or, imaginant déjà sa vie future de vagabond sidéral lancé sur orbite autour de la terre et pleurant la mort de son frère Song, réalisant pour la première fois qu'il n'avait plus aucun parent sur terre.Jeune adolescent, ce Li, du genre voyou, devient la risée de tout son petit bourg du sud de la Chine car il a été surpris dans les toilettes publiques, occupé à mater le derrière des filles . C'est aussi ce que faisait son père, la veille de sa naissance, précipité par surprise dans la fosse sceptique où il mourut étouffé. De honte, sa mère enferma le nouveau-né à la maison d'où il ne sortit que quelques années plus tard et toujours durant la nuit si bien que longtemps il ne connut du monde que le paysage nocturne d'une campagne déserte sous la lune.
Ce tout début déconcertant du roman, à la fois triste et grivois, résume bien la suite. En effet , contrairement à son père , le héros , loin d'être honteux de son voyeurisme , s'en vante et décrit ce qu'il a vu aux policiers et autres villageois, curieux et intéressés.
Ce pragmatisme et ce culot vont d'ailleurs lui permettre de s'enrichir et lui qui fut parmi les plus pauvres devient un des nababs du coin. Trés entreprenant, rien ne lui résiste si ce n'est la plus belle jeune fille de la région, celle qui sera cause de la rupture du lien fraternel et de la suite des événements, la trés aimée Lin Hong au surprenant destin.
Mais finalement, revenu de tout, après bien des péripéties, le héros n'aura plus qu'un seul désir, celui de monter à bord d'un vaisseau Soyouz pour transformer son frère chéri en extraterrestre. C'est d'ailleurs dans ce but qu'il apprend le russe, lui le quasi analphabète, mais c'est ainsi qu'il a réussi : il ne doute de rien, contrairement à son frère , timide et bien élevé, qui échoue dans un pays devenu trop dynamique!
Extraterrestre, tel est le dernier mot du roman : le rêve, le futur, l'avenir, l'optimisme après le sordide d'un passé désastreux au temps des Gardes Rouges et d'un présent décevant où domine un capitalisme débridé!
Ce roman est ainsi, réaliste et rabelaisien , plein d'humour et de scènes inattendues et désopilantes , mais aussi rempli de tendresse , de sentiments très forts, de petits détails souvent tragiques, voire horribles mais la vie l'emporte toujours.

C'est un roman de renaissance, d'aubes nouvelles, de matin clair après un soir d'orage, .Une bonne dose de vitamines dans un monde apocalyptique.

J'ai vraiment beaucoup aimé!

Yu HUA Brothers (Actes Sud), roman traduit du chinois par Angel Pino et Isabelle Rabut.(avril 2008), paru en Chine en 2006, 1 million de lecteurs