Ce livre est-il capable de me tenir éveillée toute la nuit même si je dois me lever tôt le matin pour partir au travail? Si oui, c’est sûr, c’est un livre adoré et admiré et une lecture inoubliable. Combien sont-ils chaque année? Moins d’une dizaine sûrement et celui-ci en fait partie!
Je résume très vite l’intrigue si souvent commentée que je renonce à mettre les liens.
Amy et Nick, sont mariés et leur couple est apparemment sans histoire jusqu’au jour de leur cinquième anniversaire de mariage où Amy disparaît et où Nick découvre les traces d’ un vrai carnage dans leur maison du Missouri, là où il a passé son enfance et où ils ont été obligés de se réfugier après quatre années idylliques à Manhattan, départ dû à la perte de leur travail et de leur argent.
Dès lors les interrogations commencent: où est Amy? Que lui est-il arrivé? Pourquoi? Très vite la police, la presse, les voisins, les connaissances, la famille, le pays tout entier, tout le monde se fait une idée de cette histoire. Le lecteur, lui, la connaît de deux points de vue totalement contradictoires, celui de Nick que très vite tout accuse comme étant non seulement un homme adultère mais aussi le meurtrier et puis on a le point de vue du journal écrit par Amy avant sa disparition.
Les révélations se succèdent plus déroutantes les unes que les autres et alors qu'on croit détenir la solution, le château de sable que l'on vient de construire s'effondre brusquement. Tout est à refaire et on repart de zéro puisqu'aussi bien tout n'est qu'apparence dans ce récit, très habile, avec des personnages peu sympathiques peut-être mais que l'on a au moins tout le temps de s'approprier progressivement, même si leur complexité n'a pas de fin, semble-t-il.
La situation finale est déroutante sans être invraisemblable. Elle m'a ravie, moi qui suis si difficile concernant les dernières pages, à tel point d'ailleurs que j'aimerais bien savoir la suite mais je ne peux pas en dire plus ni pourquoi sans livrer trop de secrets.
Quel plaisir, une telle lecture!
L'amour est l'infinie mutabilité du monde; les mensonges, la haine, le meurtre même s'entremêlent en son sein; il est l'inévitable éclosion de ses contraires, une rose magnifique aux effluves sanglants. Tony Kushner, L'Illusion, ( Phrase citée en exergue)Les Apparences, Gillian Flynn, (Gone Girl)
Sonatine, 2012, 574 pages,
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié





