mercredi 14 mai 2014

Moderne Olympia, Catherine Meurisse, ma BD du mercredi


Dans son dernier album, paru en février dernier, Catherine Meurisse dont j’ai beaucoup aimé  ses «Drôles de femmes»,  s’est intéressée cette fois, sur commande,   aux tableaux du musée d’Orsay. Elle l’a fait à sa façon, drôle et farfelue, en pastichant quelques impressionnistes, les éternels "recalés":  Monet, Degas, Lautrec, Courbet ainsi que leurs concurrents, les peintres officiels, type Bouguereau, Chasseriau,  plus heureux puisque de toutes les expositions. Le tout sur l’air et le tempo de West Side Story et la référence constante à Shakespeare pour son Roméo et Juliette.

    L’histoire est  celle d’Olympia,  du tableau de Manet, amoureuse de Romain, un comédien faisant partie des «Officiels», d’où le scandale et l’amour impossible.  Elle n’a pas de chance, Olympia  car elle n’est qu’une starlette de rien du tout alors qu’elle voudrait devenir une vraie vedette comme cette Vénus qu’elle jalouse tellement  mais le vent va bientôt tourner avec le succès des nouveaux  peintres, ceux qui préfèrent travailler en plein air…
C’est drôle et complètement déjanté. On aime ou on déteste et j’ai la chance d’aimer les dessins de l’auteur. C’est donc un moment agréable que j’ai passé avec cette BD.
Moderne Olympia, Catherine Meurisse,
Futuropolis, février 2014, 66 p.
 BD de Yaneck:  16/20        Logo top bd

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Interview vidéo: Lupano et Cauuet pour "Les vieux fourneaux"  par Un amour de BD

Participent peut-être ce mercredi 14/05/14:
Anne ,   Acro,  Alex,  Angéla Morelli,  Asphodèle,

 Blogaelle, Brize ,   

Carolinedécouvrelemonde,

Choco, littéraires Chroniques, Cléanthe,    

 
Cristie ,   Crokbulle,  Cuné,    Cynthia,  

 Delphine,   Didi, 


Elodie   Estellecalim, Evalire,   Hilde,    Hélène ,     Hervé,  

  Iluze,   Irrégulière,    Itzamma , 


 JViel,  Jérôme Julie,   

Khadielit,  Kikine,   La-ronde-des-post-it, Laurie,

Lirepourleplaisir, 

Lorouge, Loo, Lou, Lounima, Lystig,   

Manu,  Margotte,  Marguerite,    Marie,  Mariejuliet, 

Marjorie,  Marion,  MarionPluss, Marilyne,
  
Mathilde, Mélo,  Mlle Alfie,

Mlle Bouquinaix,  Moka,    Mo,   ​​M. Zombi,  Natiora,   Neph,  

Noukette,   OliV,  Pascale,  Paulinelit,

 Sandrine,  Sandrine (Mes Promenades),   Sandrounette,   Sara ,

Sophie (des Bavardages),    Sophie Hérisson,  Soukee,  Stephie,   Syl, 
 Theoma,


Un amour de BD,
Vero,  Yaneck Yoshi73,  Yvan, 

BD du mercredi 14/05/14

Les ignorants, Davodeau, par Marguerite
Les temps mauvais: Madrid 1936-1939, par Carlos Giménez
La guerre des Lulus, T2, Mille et une frasques, Hautière, Hardoc, par Stephie
Une histoire d'hommes, Zep, par Sandrine (Mes promenades)
Le serpent d'eau, Tony Sandoval, par Iluze 
La nuit Mac Orlan, Le Gouëfflec, Briac, par Hervé
Un petit goût de noisette, Vanyda, par Itzamna
Opération Overlord T1, Sainte-Mère-Eglise, Le Galli, Fabbri, Neziti, par Natiora
Vingt-trois prostituées, Chester Brown, par Noukette
L'ombre de la mort, Terry Moore, Rachel Rising,  par Yvan
Journal, Julie Delporte, par OliV
Milady de Winter, Agnès Maupré, par Élodie
Billy Brouillard, T1, Le don de Trouble-vue, Guillaume Bianco, par Hélène
Sky doll, (T4), édition noir et blanc, Alessandro Barbucci, Barbara Canepa, par Un amour de BD
Le château des étoiles,(1/3), Vers l'Ether t au-delà, Alex Alice, par JViel
Sang noir, La catastrophe de Courrières, Jean-Luc Loyer, par Maël
Northlanders, T1, Le livre Anglo-saxon, Brian Wood, par Yaneck/Dionysos
Les quatre de Baker street, 4, Djian, Legrand, Etien, par Hilde
Perico, T1, Hautière, Berthet, par Moka
Groenland Manhattan, Chloé Cruchaudet, par Cynthia

mardi 13 mai 2014

Théorème vivant, Cédric Villani, grand parmi les grands.

On me demande souvent à quoi ressemble la vie d'un chercheur, d'un mathématicien, de quoi est fait notre quotidien, comment s'écrit notre œuvre. C'est à cette question que le présent ouvrage tente de répondre. Le récit suit la genèse d'une avancée mathématique, depuis le moment où on décide de se lancer dans l'aventure, jusqu'à celui où l'article annonçant le nouveau résultat - le nouveau théorème - est accepté pour publication dans une revue internationale. Entre ces deux instants, la quête des chercheurs, loin de suivre une trajectoire rectiligne, s'inscrit dans un long chemin tout en rebonds et en méandres, comme il arrive souvent dans la vie. 
Rien ne me disposait à tant aimer ce livre: ni le titre, ni la quatrième de couverture ni  d’apprendre qu’il y était question de recherches mathématiques et encore moins de le savoir écrit par le chercheur lui-même, alors qu’il venait de recevoir la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour cette discipline, (Les mathématiques en ayant été écartées par Nobel lui-même pour incartades de sa femme avec un jeune mathématicien, dit-on) 

Quoi qu’il en soit, ce fut une grande lecture jubilatoire, un vrai régal,   très sérieux,  mais optimiste et  plein d’espoir, sur un thème que je ne maîtrise pas et dont je ne parlerai pas   tellement je n’ai rien compris  aux formules mathématiques qui y sont exposées parfois sur des pages entières - de très belles pages d’un point de vue  purement esthétique - mais surtout aucune triche de la part de l’auteur. Ces mois intenses où il travaille jour et nuit pour mettre au point  ses recherches et aboutir enfin à la phase finale de ses efforts,  il les raconte comme  il s’en souvient, avec les petites avancées et les grands flops, les découragements et les moments d’exaltation, le tout mêlé à sa vie personnelle, familiale, professionnelle, amicale. Un moment fort de la vie d’un savant moderne  mais aussi sa vie d’homme tout court et c’est passionnant. C’est un livre qui rend plus intelligent. 

Je le conseille vivement à tous et pas seulement aux forts en maths, bien au contraire!  Voici d’ailleurs un conseil de l’auteur à ce sujet.
 Si vous souhaitez apprendre plus de détails sur le sujet principal de l’ouvrage, à savoir l’amortissement Landau, vous ne les trouverez pas dans mon livre; reportez-vous plutôt à l’excellent article écrit par Clément Mouhot pour le magazine La Recherche et le site de vulgarisation mathématique Images des Mathématiques; ou à la vidéo de la conférence publique que j’ai donnée sur ce thème à l’Institut d’Astrophysique de Paris. Ou, si vous avez fait un tant soit peu d’études supérieures en mathématique, à mes explications plus spécialisées sur le sujet (en anglais; voir en particulier les notes de cours), ou encore à la vidéo d’un séminaire pour physiciens

Voici l’intention de l’auteur en commençant ce livre :
Le vrai héros, en recherche mathématique, c’est le théorème que l’on est en train de démontrer — celui qui nous relie, nous motive, nous fait communiquer. Alors on va prendre le théorème pour héros, et raconter sa naissance, ou plutôt sa genèse, depuis l’idée féconde jusqu’à la mise au jour. Une élaboration souvent chaotique, comme peuvent en témoigner d’innombrables chercheurs. J’en ai choisi un dont la genèse a été particulièrement mouvementée — et déclenchée, comme il se doit, par une coïncidence improbable. Un théorème motivé par un problème à la fois simple et classique, fondamental en physique des plasmas; et qui nous entraîne dans des horizons inattendus. Un travail intense en équipe, avec mon ancien élève et collaborateur régulier, Clément Mouhot.
Autres passages particulièrement appréciés, sans compter les discussions avec les autres chercheurs de Princeton où il était alors et les mini biographies de ceux-ci,  parmi les plus illustres de notre époque.
Chapitre 24 - Princeton, le 24 mars 2009 
Premier séminaire à Princeton. Devant des collègues distingués, précis et surtout devant Elliott Lieb, cordial mais implacable.Si les résultats font leur petit effet, Elliott n'est pas convaincu par l'hypothèse de conditions aux limites périodiques, qu'il considère comme aberrante. 
 - Si ce n'est pas vrai dans l'espace tout entier, ça n'a pas des sens! 
- Elliott, dans l'espace tout entier il y a des contre-exemples, on est forcé de mettre des limites! 
- Oui, mais il faut que le résultat soit indépendant des limites, sinon ce n'est pas physique! 
- Elliott, Landau lui-même le faisait avec des conditions aux limites, et il a montré que le résultat dépendait très fortement des limites, tu ne vas pas dire qu'il n'est pas physicien? 
- Mais ça n'a aucun sens! 
Si j'avais espéré un accueil triomphal, c'est plutôt raté.
Et l'étonnant chapitre 28 consacré aux musiques d'aujourd'hui et de toujours. 
Pour dénicher de nouvelles musiques, il ne faut négliger aucune piste. (...) En recherche, c'est pareil: on explore tous azimuts, on est à l'affût, on écoute tout, et puis de temps en temps on a un coup de foudre et on se lance corps et âme dans un projet, on se le répète des centaines et des centaines de fois, et plus rien d'autre ne compte, ou si peu. Parfois les deux mondes communiquent. Certaines musiques, qui m'ont soutenu pendant le travail, sont pour toujours associées à des moments forts de ma recherche.  
Sans exclure un soupçon d'orgueil ou de fierté nationale, bien compréhensible après tout!  (p.255)
Et par voie de presse, un message officiel de félicitations du président de la République. Comme prévu, Ngö a aussi décroché la médaille (...) Sans compter qu'Yves Meyer a obtenu le prestigieux prix Gauss pour l'ensemble de sa carrière! Les Français vont redécouvrir maintenant que la France est, depuis quatre siècles déjà, à la pointe de la recherche mathématique internationale. En ce 19 août 2010, leur pays ne totalise désormais pas moins de 11 médailles Fields, sur les 53 attribuées à ce jour! 
Et pour finir une autre citation.
Tout mathématicien digne de ce nom a ressenti, même si ce n'est que quelquefois, l'état d'exaltation lucide dans lequel une pensée succède à une autre comme par miracle... Contrairement au plaisir sexuel, ce sentiment peut durer pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. André Weil

Billet de Keisha
 Théorème vivant, Cédric Villani, 
 (Directeur de l’Institut Henri-Poincaré et médaille Fields de Mathématiques en 2010,)
Illustrations de Claude Gondard,
 (Bernard Grasset, 2012, 282 p.)

samedi 10 mai 2014

Je n'étais pas faite pour être morte, Anna de Noailles,


L'empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement.

La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.

Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon cœur


Anna de Noailles, Le Cœur innombrable

Fille d’un prince roumain, héroïne du Paris aristocratique du début du siècle, Anna de Brancovan, comtesse de Noailles, (1876-1933) est l’auteur de neuf recueils de vers, de trois romans et de poèmes en prose.  Sa poésie, très autobiographique, est d’une sensibilité universelle. Elle nous permet de partager son amour de la nature, mais aussi les élans et les tourments d’une femme passionnée, aux enthousiasmes communicatifs. (Le livre de Poche)

Anthologie poétique et romanesque, Anna de Noailles,  
Le livre de Poche (Classiques), 2013, 396 p.


jeudi 8 mai 2014

La duchesse de Bloomsbury Street, Helene Hanff


Je n’ai pas lu 84,Charing Cross Road, mais j’ai vu le film  de David Hugh Jones avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins que j’ai beaucoup aimé ; C’est ainsi que j’ai connu Helene Hanff, cette lectrice bibliophile new yorkaise si déterminée, un peu bougon mais généreuse et très attachante.  

Dans ce second livre, Helene Hanff décide de se rendre à Londres, en  juin 1971, pour découvrir cette ville qu’elle ne connaît pas encore. Elle désire aussi rencontrer la veuve  et la fille du libraire auquel elle a si  longuement écrit  et plein d’autres  connaissances  encore  qui l’accueilleront durant son séjour.

Ce livre est le journal de  ses découvertes  londoniennes. C’est très intéressant et drôle car Helene Hanff n’a rien de la touriste ordinaire. Elle a ses lieux de prédilection essentiellement dus à ses lectures  Elle s'y montre excentrique,  passionnée, maladroite, impatiente, pas toujours facile à vivre mais  possédant un humour bien  particulier  très  souvent incompris d'ailleurs ainsi qu'un dynamisme à toute épreuve malgré ses accès d'hypocondrie.  
Je l’ai  beaucoup aimée.

Voici pourquoi, bien que lisant constamment, elle n’a pas lu autant de livres qu’on pourrait le croire.  J’ai adoré ce passage.
 Un jour, à l’âge de dix-sept ans, je suis allée à la bibliothèque de mon quartier pour y rechercher des livres consacrés à l’art d’écrire, et j’ai découvert cinq volumes rassemblant des conférences qu’il avait données sur ce thème à ses élèves de Cambridge. (il = Arthur Quiller-Couch, écrivain et professeur de littérature. Elle a toujours affirmé  lui devoir sa passion pour les livres.) Je me suis dépêchée de rentrer, le premier volume sous le bras, et je m’y suis plongée sans attendre. Page trois, premier obstacle. Q s’adressait à de jeunes étudiants, formés à Eton et Harrow. Il tenait donc pour établi que ses élèves – y compris moi - avaient lu Le Paradis perdu et par conséquent qu’ils comprendraient son analyse de «l’invocation à la lumière», du livre IX. J’ai alors décidé de m’arrêter à ce passage et je suis retournée à la bibliothèque chercher un exemplaire du Paradis perdu.Une fois à la maison, j’ai commencé à le lire. Page trois, nouvel obstacle: Milton tenait pour acquis que je connaissais la version chrétienne du livre d’Isaïe et le Nouveau Testament, et que Lucifer ou la Guerre au Ciel n’avaient aucun secret pour moi, mais comme je suis juive tel n’était pas le cas. J’ai donc décidé d’emprunter une Bible et de combler mes lacunes avant de lire Le Paradis perdu et de retrouver Q à la page trois. Page quatre ou cinq, je suis tombée sur deux citations, l’une, courte, en latin, l’autre, longue, en grec. J’ai alors fait passer une annonce dans la Saturday Review afin de trouver quelqu’un pouvant me donner des cours dans ces  deux langues et je me suis replongée dans Q en attendant.(…) Si bien que  d’une chose l’autre, et comptant une moyenne de trois obstacles par semaine, j’ai mis onze ans à lire ces cinq volumes de conférence dans leur intégralité. (p. 73-74)
 Plus loin (p.150_151)
J'ai toujours  tellement honte en découvrant combien certaines personnes sont cultivées alors que, par comparaison, je suis si ignorante. Si vous découvriez la liste de livres célèbres et d'auteurs que je n'ai jamais lus, vous n'en croiriez pas vos yeux. Mon problème est très simple:  pendant que les  autres lisent cinquante livres,  je relis cinquante fois le même ouvrage. Je m'arrête seulement lorsque, arrivée au bas de la page 20,  je suis capable de réciter par cœur les pages 21 et 22.  Alors je le mets de côté l'espace de quelques années. 
Rude lectrice! 
A lire! 
La duchesse de Bloomsbury Street, Helene Hanff
(Payot, 1973/2002, 190 p.) Traducteur: Jean-Noël Liaut

mercredi 7 mai 2014

Médée, L'ombre d'Hécate, 1, Nancy Peña, Blandine Le Callet, ma BD du mercredi


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Blandine Le Callet, je l’ai aimée pour son roman: «une pièce montée»
Nancy Peña pour sa série sur  «Le Chat du kimono.»
L’association des deux créatrices ne pouvait que me convenir surtout avec une héroïne mythique aussi marquante que Médée, la magicienne, la fugitive,  la cruelle amoureuse, la folle jalouse, la criminelle qui va jusqu’à tuer ses propres enfants pour se venger de Jason, leur père.


Ici, c’est elle qui raconte sa vie.
 Les premières pages nous la montrent très âgée, à peine arrivée sur une île où elle  abandonne la vieille servante qui l’accompagnait mais qu’elle ne peut enterrer par manque de force, d’autant plus qu’ elle doit accomplir une ultime épreuve, celle du souvenir. Ce sera difficile mais comme toujours elle ira jusqu’au bout.
«Il y a tous ces souvenirs. Mille ans, dix siècles passés sur moi. Trop d’images et de mots entassés, trop de bruits,  de visages. Si je les laisse revenir tous ensemble, je sais qu’ils me tueront.»
La dernière vignette nous la montre vieillie,  stylet en main, penchée  sur ce qui semble des feuilles de papyrus.
Ce premier tome, c’est naturellement celui  de son enfance heureuse, en Colchide, entre son père, le sévère roi Aétès, sa sœur aînée, Calcioppé, la mère d’Argos, délaissée par son  propre père le roi, et son frère Absyrtos, qui souffre d’une maladie mentale  le rendant parfois très violent  durant ses crises.
Elle mène une vie de petite fille joyeuse, très libre,  vive, intelligente,  impatiente, plutôt garçon manqué, mais très vite le événements du royaume, le caractère et les ambitions de son père la rattrapent.


C’est  alors que, devenue adolescente, elle commence son initiation  aux mystères d’Hécate, dans le temple où elle apprend «le pouvoir  des pierres et des écorces, de l’eau vive ou stagnante, celui du sang, des herbes. … Et s’ancrait en moi, nuit après nuit, un farouche amour de la liberté ».


Cette première partie se termine avec le départ, vers la Grèce, d’Argos, son cousin, son meilleur  compagnon de jeu, juste après la mort de son père, empoisonné  par le roi lui-même pour protéger son fils.

Un an après arrive un  bateau…
«qui allait à jamais bouleverser ma vie».
Est ainsi annoncée la suite dans le prochain album: "Le couteau dans la plaie".
Je ne le manquerais pour rien au monde. 



Autres billets:  Sophie,  qui a aussi créé un challenge Médée pour qui voudrait lire les autres versions du mythe
 Yvan,    Moka,   BlOg-O-nOisettes,

Médée, T1, L'ombre d'Hécate,  Nancy Peña, Blandine Le Callet, ma BD du mercredi

Top BD de Yaneck:  18/20 Logo top bd



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A signaler:
Une lecture commune de Noukette,  Jérôme, Moka, Yaneck
L'interview de Paco Roca pour "La Nueve" par Un amour de BD

Participent peut-être ce mercredi 07/05/14:
Anne ,   Acro,  Alex,  Angéla Morelli,  Asphodèle,

 Blogaelle, Brize ,   

Carolinedécouvrelemonde,

Choco, littéraires Chroniques, Cléanthe,    

 
Cristie ,   Crokbulle,  Cuné,    Cynthia,  

 Delphine,   Didi, 


Elodie,    Estellecalim, Evalire, Hilde   Hélène ,     Hervé,  

  Iluze,   Irrégulière,    Itzamma , 


 JViel,  Jérôme,  Julie,   

Khadielit,  Kikine  La-ronde-des-post-it, Laurie,

Lirepourleplaisir, 

Lorouge, Loo, Lou, Lounima, Lystig,   

Manu,  Margotte,  Marguerite,    Marie,  Mariejuliet, 

Marjorie,  Marion,  MarionPluss, Marilyne,
  
Mathilde, Mélo,  Mlle Alfie,

Mlle Bouquinaix,  Moka,    Mo,   ​​M. Zombi,  Natiora,   Neph,  

Noukette,    Oliv ', Pascale,  Paulinelit,

 Sandrine,  Sandrine (Mes Promenades),   Sandrounette,   Sara ,

Sophie (des Bavardages),    Sophie Hérisson,  Soukee,  Stephie,   Syl, 
 Theoma,


Un amour de BD,


Vero,  Yaneck Yoshi73,  Yvan


BD du mercredi 07/05/14

Les vieux fourneaux,1, Ceux qui restent, Wilfrid Lupano, Paul Cauuet, par Noukette

Idem, par Jérôme

Idem par Moka

Idem par Yaneck

Come Prima, Alfred, par Mélo

Undercurrent,Tetsuya Toyoda, par Cuné

Les damnés de Paris, Michaël le Galli, Marie Jaffredo, par Natiora

Locke and Key, Alpha et Oméga, T6, Joe Hill, Gabriel Rodriguez, par Yvan

Harpignies, Darnaudet, Elric, par Un amour de BD

Le chien qui louche, Davodeau, par  Sophie (des Bavardages)

Kililana song, Benjamin Flao, par Elodie

Les échos invisibles, Tony Sandoval, Grazia La Padula, par OliV

Il revient quand mon papy? Eric Appere, par Hervé

L'étranger, Jacques Fernandez, par Asphodèle

Kaboul disco, 1, 2, Nicolas Wild, par Delphine


Je ne suis pas mort, Hiroshi,Hotomiya, par Kikine


Les carnets de Cerise,2, Le livre d'Hector, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, par Maël


samedi 3 mai 2014

Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais

Plus j’aime un roman, plus j’ai du mal à en parler - surtout si j’ai lu auparavant les billets enthousiastes des autres lecteurs. C’est le cas pour celui-ci et je ne saurais pas mieux dire que ce qui a déjà été écrit si ce n’est manifester à mon tour mon admiration pour ce récit sur une athlète qui m’a éblouie,  en direct, ce fameux jour de juillet 1976, aux JO de Montréal quand ses exploits aux barres parallèles, à la poutre,  au sol, furent tels que l’ordinateur officiel se détraqua au point d’afficher la note de 1/10 au lieu des 10/10 mérités.

Depuis, aucune autre gymnaste, si brillante soit-elle, n’a réussi à remplacer le souvenir de Comaneci à ces JO-là.  Un bijou. La perfection absolue. Un miracle difficile à reproduire. Une émotion en direct à la télévision,  jamais plus ressentie à un tel degré pour moi.
Magnifique aussi , ce roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des "dieux du stade". c’est ce que j’appelle un roman inspiré.
Je m’attendais à un roman autobiographique sur une sportive célèbre, devenue mythique mais on en est proche et très loin à la fois. C’est bien plus que cela. Le roman retrace non seulement les sommets mais aussi les difficultés de la Comaneci athlète avec  ses changements morphologiques encombrants, ses efforts pour garder son corps d’enfant, ses échecs, ses souffrances, les manigances politiques dont elle était l’enjeu, la fracture entre l’Est et l’Ouest, terriblement présente et si vite oubliée depuis, l’importance de Béla Karolyi, , son manager, qu’elle défend toujours bec et ongles, la cruauté finalement de cette vie sous les feux des télévisions du monde entier, l’exigence absolue qu’on attend d’une athlète un moment si parfaite. Toujours plus quand elle a déjà atteint le maximum. De la folie. Alors Nadia est aux Etats-Unis maintenant et Bela aussi.
La romancière interroge au T°son héroïne  sur ses premières impressions en découvrant  l’Amérique si haïe dans son pays:
«C’était impressionnant cette abondance pour vous? 
-Bien sûr! Vous savez, la première fois que ma mère est venue à l’Ouest, c’était dans une banlieue du New Jersey, eh bien, elle a pleuré dans les allées du petit supermarché. » 
Je cherche à comprendre. Pleurait-elle de joie devant l’émotion de ces nouveaux choix et Nadia me coupe la parole, presque brutale. Le dégoût de cet amoncellement absurde, me corrige-t-elle. La tristesse de se sentir envahie de désir devant tant de riens. 
«Chez nous, on n’avait rien à désirer. Et chez vous, on est constamment sommés de désirer.»(P. 93)
Je voudrais continuer à relever des citations. J’en ai noté tout un tas  mais il faut savoir se freiner alors j’arrête. Il faut juste lire ce livre.






Aifelle annonce une soirée musicale suivie d'une rencontre avec Lola Lafon: Ici

Billet de Brize
La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon,
Actes Sud, 2014, 318 p.

jeudi 1 mai 2014

1er mai

Jeudi, premier mai.

Jour d’arrêt, de repos,  de silence, de calme.
Jour d’arrêt dans la frénésie quotidienne
Jour de flottement,
de méditation légère, de poésie, de citation.
Quelques livres de poésie éparpillés partout
Enfin un peu de vrai loisir.
Le temps s’est arrêté.
Je pense un peu à moi.
Je ne suis pas pressée.
Je flâne,
Je feuillette
Je furète,
par-ci, par-là,
entre mes murs.
Le temps s’étire,
- Rêve absolu. -