jeudi 10 avril 2014

Sous le plafond des phrases, Yvon Le Men


"Sous le plafond des phrases" n’aurait jamais vu le jour sans le séisme du 12 janvier 2010. (Haïti)
Quelques jours après le drame, le sachant sain et sauf, Yvon le Men  écrit au jeune poète Bonel Auguste une lettre vibrante d’émotion qui se termine par ces mots:  
«Je t’attends chez moi. Dans mon pays de pluie et d’arc-en-ciel".






Je suis passé
Par ton visage
Ton sourire

La façon gourmande
Que tu as de dire les vers
De Verlaine

le vieil ivrogne
dont le rêve familier
est aussi le tien

le nôtre.

L’absinthe
Ici
Est changée en rhum.

Comme le rhum
La langue française chauffe
Dans ton palais.

Tes poèmes
Veillent au grain de lumière

et dans ta chambre
Verlaine dort
fatigué

d’avoir veillé sous la couverture des étoiles. 



La plupart de ces poèmes furent écrits en Haïti et en Bretagne où les deux hommes se sont retrouvés.

Sous le plafond des phrases,  Yvon Le Men  (Éditeur: Bruno Doucey, 2013,  60 p.
© Bonel Auguste et Yvon Le Men-photo-Francis Goeller

8 commentaires:

  1. un poète inconnu pour moi, c'est toujours un peu excitant

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Un poète très actif qui s'occupe aussi des Grands Voyageurs, le festival de Saint-Malo

      Supprimer
  2. J'aime beaucoup le titre... Très spécial... Et le poème est beau ! Bon week end Mango

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A toi aussi l'Or. J'aime bien ce poète et pas seulement parce qu'il est de chez moi! (mais peut-être un peu aussi! :))

      Supprimer
  3. J'aime cet éditeur de poésie... et l'extrait que tu nous offres me donne envie de me précipiter pour l'acheter en librairie !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est une toute petite plaquette, toute bleue!

      Supprimer
  4. Je l'ai écouté réciter ses poèmes, en novembre dans ma ville. Un poète de par chez nous...

    RépondreSupprimer
  5. J'ai un souvenir très précis de ce jour de janvier où 'la terre de Haïti est partie sans dire Adieu'; le festival Etonnants Voyageurs (made in Breizh) s'installait là-bas; il y a beaucoup d'échanges, de complicité entre la poésie de chez nous et celle de ces lointaines Caraïbes. Je dévorais Yvon Le Menn sans relâche lorsque j'étais ado, j'ai vieilli mais j'aime encore beaucoup ses mots.
    Les éditions Bruno Doucey sortent à chaque fois de très beaux ouvrages.

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.