lundi 16 juillet 2012

Madman Bovary de Claro - L’aimerai-je ou pas?

 Les vacances, c'est aussi l'occasion pour moi de me replonger dans les notes prises les mois précédents , jamais relues et jamais utilisées. En voici une écrite après lecture de quelques blogs le 19 juin 2011 et toujours actuelle. 
                 
Lectrice et girouette aussi, voilà ce que je suis.
Une fois je dis oui, une fois je dis non.
Une vraie plume au vent…
Mais au vent des blogs !
Alors vive le vent …quand il souffle aussi fort
Je m’explique .

1) Madame Bovary est un livre que j’aime et que j’ai envie de relire

2) Claro a sorti Madman Bovary, un pastiche littéraire, (2008, Verticales)

3) Ce livre est  en Poche depuis avril 2011, Babel

4) Cynthia a été la première à en faire un billet (parmi les blogs de ma liste du moins): ICI
Elle n’a pas aimé et j’ai dit que ce livre ne me tentait pas mais me donnait l’envie de relire Flaubert, ce qui n’est déjà pas si mal.
 "Mango,  26 avril 2011, 11:18 - Je vais m'écarter de ce livre alors! Je préfère relire Flaubert!"
5) Le 19 juin 2011, Cuné avait écrit un billet si enthousiaste sur le style de l’auteur que si elle avait déjà été ouverte, je me serais précipitée dans la librairie voisine pour me plonger à mon tour dans ce bouquin  qui fait la part si belle aux virgules dans ses lectures.
Je l'ai inscrit dans ma Lal naturellement et puis j'ai oublié. Le plus triste, c'est que le blog de Cuné a disparu. Je ne m'en remets toujours pas! Il a inspiré tellement de mes plus belles lectures!
Madman Bovary de Claro par Cuné :
... une torpeur la prenait, elle s'arrêta, c'est magnifique, l'imparfait la fait chavirer et le passé simple la fige, un vertige vous secoue, ça peut durer, ça pourrait durer, ça ne dure pas, le clou l'emporte sur le bois, la pointe sur la fibre. Ils repartirent; et ce point-virgule est un coup de faux dans le fil du temps; et, non mais admirez un peu la souplesse de la virgule, d'un mouvement plus rapide, re-virgule, le vicomte, tiens, prends cette virgule et enivre-toi avec, l'entraînant, encore une virgule pour retarder la jouissance on ne sait jamais, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, la virgule alors comme un doigt sur l'ombre du clitoris, où, si ce n'est un cri qu'est-ce, haletante, encore un peu juste un peu, elle faillit tomber, virgule-hameçon où la bouche extasiée se laisse accrocher et suspendre, et, tout ne tient plus qu'à un fil, un instant, vaste comme un lit, s'appuya la tête sur sa poitrine et là j'aide tout ce beau monde à mettre un point qui ne saurait être final, parce que la jouissance, même reconduite à son huis lointain, derrière les yeux, sous la peau, ne pense plus qu'à ça, n'a plus qu'un seul impératif en tête et au con, et c'est, comme disait Estée: le refaire.
C’est ça aussi la vie d’une blogueuse littéraire: des a priori, du parti-pris, du bouche à oreille, de la mauvaise foi, parfois, (souvent)? Et pourquoi pas? 

6) Je découvre ce qu’en a dit l’auteur ICI  et j’aime. Maintenant aimerais-je son livre? C’est autre chose. J’attends de le lire.
Le roman est un genre qui sait faire plusieurs choses à la fois. Au moment où il entame une narration, il fait autre chose : il peut proposer une description, des dialogues, etc., et c’est là où il se passe des choses. Le danger c’est la narration : c’est-à-dire qu’au bout d’un moment ce qu’on raconte devient plus important que la façon dont on le raconte. Un mauvais roman est un roman qui te fait pleurer parce qu’il y a un enfant qui meurt à la page 5: la chose en soi est émouvante, le romancier profite de la situation, du récit, ou d’un rebondissement pour créer des émotions mais ne le fait pas tellement par le biais de l’écriture. 
Claro a déclaré à Alexandra du Buzz...Littéraire: ICI,
Lit-on pour s'échapper ou se retrouver? La question est banale, mais non dénuée d'intérêt. On lit toujours les livres dans certaines circonstances, certains états, donc avec des motivations autres que celles d'un lecteur idéal. Comment lit-on quand on est amoureux, triste, désespéré, etc? Imaginer un lecteur déçu par l'amour lisant "Madame Bovary" était une façon de poser l'équation.
Chez Cynthia: 
Charles refile sa bimbo à un boyz givenchysé et va se commander un london breeze (50ml de vodka 02 givrée, 15ml de vin muscadet, raisins sans pépins blancs svp !), puis, un pouce pressé contre une narine, fait signe à Emma de le suivre aux toilettes, ça tombe bien, elle connaît le chemin, cinq minutes plus tard les voilà tout empoudrés du cervelet, leurs cell-phones Vertu à boîtier platine sertis d'armoiries en rubis (dont la composition en céramique est similaire à celle des navettes spatiales) se sont allègrement bloothoothé la fente APN, il lui plaît, elle lui plaît, ils retournent au bar, exigent en reniflant deux quarter deck (2cl de crème de cerise, 1cl de cointreau, 2cl de rhum, 10cl de jus d'orange + 3 traits de citron vert, frappez le tout svp !) et s'entre-tâtent. Autour d'eux on cause affaires, on se fait des niches dans le dos, on s'excite d'avance à la gaieté, on rit sur Nirvana. p.49

13 commentaires:

  1. J'hésite aussi depuis le billet de Cuné et tu en remets une couche!:)

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    1. Il me tente beaucoup même si le style me désarçonne au premier abord.

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  2. J'attends ta lecture ! mais je me reconnais complètement dans tes allers-retours, une fois je note, une fois je raye, une troisième blogueuse me fait revirer ... trop de blogs intéressants ont fermé ces derniers mois :-(((

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    1. D'un côté je comprends qu'il arrive un moment où on se désintéresse de son blog, d'un autre,je ressens toujours de la tristesse surtout quand le blog est totalement supprimé. Je ressens ça comme une sorte de violence.

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  3. Le dernier extrait est du roman ? Je suis sûre alors de ne pas le lire !

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    1. Oui, c'est un passage de ce livre! Je ne suis pas sûre d'aimer mais malgré tout j'aimerais me faire ma propre opinion.

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  4. J'ai découvert Claro tout récemment... C'est... TRES particulier...

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    1. Oui, c'est vraiment spécial mais je suis curieuse.

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  5. Tu as raison Mango, déjà d'avoir envie de lire ce livre (;o))) et surtout lorsque tu dis que la suppression pure et simple s'apparente à une forme de violence, mais le net EST violent dans son ensemble, je trouve, et c'est une des raisons, en plus de la lassitude, qui m'ont fait agir ainsi. L'envie de ne plus rien avoir à faire avec ce monde-là, l'envie que rien ne reste, que la page soit tournée définitivement.
    Honnêtement les cadavres de blogs délaissés depuis des années n'ont rien d'agréable pour s'y promener.
    Enfin je trouve.
    :))

    Cuné

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    1. Le net est à l'image de la vie, c'est vrai, violent quand des disparitions brutales surviennent et les blogs endormis se remplissent de publicités mais ils sont toujours là et je ne désespère pas de les voir se réveiller un jour ou l'autre. Je ne sais d'ailleurs pas quelle solution je choisirai quand j'arrêterai à mon tour. Un clic et tout s'efface. Quelle tentation redoutable!

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  6. En tout cas, ce livre m'était inconnu et je suis curieuse de le lire étant une grande admiratrice et lectrice de Flaubert.

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    1. J'aimerais que tu le lises et savoir ce que tu en penses!

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  7. Effectivement je n'avais pas accroché à ce style plutôt tordu. Quitte à le lire, je te conseillerais de commencer par relire Flaubert car Claro joue sur beaucoup de détails du roman original.
    Enfin ce n'est que mon avis ;)

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