mercredi 5 mars 2014

Dalí par Baudoin, ma BD du mercredi

Les biographies BD  d’artistes, d’écrivains et autres personnages célèbres se multiplient en ce moment. Cette fois, j’ai choisi celle de Dalí par Baudoin. Je suis toujours un peu sceptique en commençant une telle lecture, surtout si je connais quelque peu le personnage en question, ce qui est le cas de ce peintre très médiatisé à la télévision à la fin de sa vie quand ses apparitions étaient toujours  spectaculaires
  
 C’est un bel album,  plus petit qu'une BD ordinaire, très confortable à tenir en main,  à la fois didactique et inspiré.  La chronologie est parfaitement respectée et cependant c'est aussi une œuvre très personnelle  sans caricature ni soumission  au talent de l'artiste en question. .
J’y ai appris une foule de détails sur sa vie, ses influences, ses peurs, ses idées et sur son art lui-même. C’est très bien fait . Baudoin ne cache pas ses réticences parfois envers les excès et l’évolution de l’homme mais aussi son admiration et son respect pour la folie géniale de l’artiste.

Dans le récit il fait dire à son interprète, le jeune homme qui raconte Dali à son amoureuse:  Je ne sais pas si je l'aime ou si je le déteste, mais il était tellement fragile... Il exorcisait ses terreurs. Il voulait tout faire pour devenir éternel. ... Il me fallait le mettre à distance. Alors j'ai mis en place toute une mise en scène avec plusieurs portes. J'ai utilisé son style de dessin quand il avait 18 an, j'ai essayé de dessiner comme Garcia Lorca à la page 41...



Il s’est confié sur la difficulté de ce travail dans une interview très intéressante par Vincent Garnier du
 Pour l'auteur de bande dessinée que je suis, la question s'est posée : comment travailler sur un personnage d'une telle envergure, jouissant d'une telle projection ? Comment le mettre à distance pour ne pas coller à lui ? Il a fallu que je mette en place certains artifices pour ne pas me laisser absorber :  je me suis par exemple servi de fourmis, qui s'expriment dans la BD sur Dalí et ses tableaux. Je me suis servi de deux jeunes gens, qui eux aussi se mettent à parler du peintre, et je me suis même introduit comme personnage dans l'histoire : autant d'éléments qui m'ont permis d'apporter différents regards sur le même individu et m'ont permis de prendre la distance dont j'avais besoin pour effectuer ce travail. De cette manière, j'évitais de rester juste avec l'artiste, avec ses peintures.
j'en dis bien plus dans les dessins que dans les textes. On retrouve dans l'album des compositions célèbres, des thèmes et des personnages de ses tableaux, mais nulle part mon dessin se rapproche de près ou de loin du style de Dali. Mon trait, c'est même une négation de celui de Dalí, dont les idoles étaient Vermeer ou Raphael, des maîtres de la précision, tandis que lui même était quelqu'un qui peignait de façon toute intériorisée, essayant de mettre en image les rêves qu'il avait à l'esprit. Moi, c'est tout le contraire : je suis par exemple un des rares auteurs de BD à dessiner debout, tout en mouvement. Dans mon dessin, je cherche une véritable gestuelle... Rien à voir avec Dalí. 

Je croyais que Dali serait le sujet principal de ce travail graphique mais c'est un autre grand artiste que j'ai  découvert avec cet album: Baudoin lui-même, primé trois fois à Angoulême,  dont le site m'apprend
son désir de faire  un livre avec Craig Thomson pour Gallimard et  puis un autre livre encore  sur les mathématiciens avec Cédric Villani.
C'était un bon choix pour reprendre ces mercredis!

Autres billets: Theoma,  OliV',  Marie Rameau,
 Billet du blog sur Gala
Dalí par Baudoin (Centre Pompidou, Aire libre, nov 2012)

topbd_2013   mars 2014 chez Yaneck:  [du Journal de mon père de Taniguchi (1er) à Alice au pays des singes  de Nob et  Keramidas(50e)]


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Participent peut-être ce mercredi 05/03/14

Anne,  AcrO,   Alex, Angéla Morelli, Asphodèle,  Blogaelle, Brize,  


Carolinedécouvrelemonde,


Choco,  Chroniques littéraires, Cléanthe,    

 
Cristie,  Crokbulle, Cuné,   Cynthia,


 Delphine,  Didi, 



 Elodie,   Estellecalim,  Evalire,  Hilde,   Hélène,    Hervé, 


  Iluze,  Irrégulière,   Itzamna, 



 JViel,  Jérôme,    Julie, 


Khadielit,   Kikine,  La-ronde-des-post-it,  Laurie,


Lirepourleplaisir, 


Lorouge, Loo,  Lou, Lounima,   Lystig,  


 Manu,  Margotte,  Marguerite,   Marie, Mariejuliet, 


Marjorie,  Marion,  MarionPluss ,  Marilyne,
  

Mathilde, Mélo, Miss Alfie,


Miss Bouquinaix, Moka,   Mo,  Mr Zombi,   Natiora,  Neph, 


Noukette,   OliV',  Pascale, Paulinelit,


  Sandrine, Sandrine (Mes Promenades),  Sandrounette,  Sara,


Sophie (des Bavardages),   Sophie Hérisson,


 Soukee,  Stephie,  Syl,  Theoma, 


Un amour de BD,  

Valérie,  Vero,  Yaneck,  Yoshi73, Yvan,

BD du mercredi 05/03/14
 Mauvais genre, Chloé Cruchaudet, par Cuné
Perico, T1, Berthet et Hautière, par Jérôme
Pax Romana, Jonathan Hitckman, par Yvan
Le jardin d'hiver, Dillies ,La Padula, par Sandrine (Mes promenades)
Garulfo, Ayrolles, Maiorama, par Hélène
Ordures, Cinna, Piatzszek, par Stephie
Mes hommes de lettres, Catherine Meurisse, par Stephie
Betty Blues, Dillies, Jouvreau, par Sophie (Les bavardages)
Wake up America, Lewis, Aydin, Powell, par Theoma
La Mondaine, Zidrou, Jordi Lafebre, par Noukette
Le muret, Fraipont, Bailly, par Cristie
Locke & Key, Bienvenue à Lovecraft, Joe Hill, par Sara
Le Horla, Maupassant, Guillaume Sorel, par Un amour de BD
De l'autre côté, Jason Aaron, Cameron Stewart, par YaneckLe photographe, 1, 2, 3, Guibert, Lefèvre, Lemercier, par La-ronde-des-post-it
De Brique et de Sang,  Régis Hautières et David François, par Anne
Le chien qui louche, Etienne Davodeau, par Brize
Maori T1, La voie humaine, Caryl Férey, Giuseppe Camuncoli, par Natiora
Violette Nozière, Vilaine chérie,Eddy Simon, Camille Benyamina, par Itzamna

mardi 4 mars 2014

Bilan des lectures de février 2014

Un peu  mince  ce bilan du mois mais quelques beaux romans cependant et surtout plein de livres pour les  tout petits.

          Deux polars tout d'abord. - Une fois n'est pas coutume--
Noyade en eau douce, Ross Macdonald: un polar de la belle époque que j'ai plutôt bien  aimé sur le moment mais dont j'ai déjà totalement oublié l'intrigue. Pas bon signe! 
Dissimulation de preuves, Donna Leon, Nouvelle enquête du commissaire Brunetti à Venise. Sympathique polar grâce à la présence constante de Venise, non pas  la ville des touristes mais celle, plus  attachante et plus mystérieuse,  des habitants permanents.



           Trois romans  récents ensuite:

 Sa femme, Emmanuèle Bernheim, Prix Médicis 1993. Pour une fois j'ai aimé une histoire relativement courte (une centaine de pages) mais c'est que l'auteur sait s'y prendre en titillant sans arrêt l'imagination de sa lectrice pour la lâcher impitoyablement une fois celle-ci bien ferrée qui avait, elle,  une autre fin bien différente en tête.  Astucieux!

Fiançailles, Chloé Hooper: Un thriller psychologique et érotique qui tient ses promesses. Un bon moment de lecture! 

La nuit étoilée, Denis Tillinac. Pas mal du tout. Un récit un peu décadent plein d’allusions à des artistes que j’aime. L'intime et l'absolu vécus comme une œuvre d'art. 


Un très agréable récit autobiographique sur les librairies et les artistes de New York dans les années soixante:  
City Boy, Chronique new yorkaise de Edmund White


 Sans oublier deux  BD du mercredi:

Un Enchantement, Christian Durieux, une adorable escapade amoureuse et artistique dans le musée du Louvre

Corto Maltese, Les Celtiques, Hugo Pratt : Un classique qui m'a beaucoup plu. 



Enfin plein d'albums pour enfants dont je n'ai fait  qu'un billet: 
 Fantastique Maître Renard, Roald Dahl. Enlevé, vivant, jubilatoire. 


lundi 3 mars 2014

Contrecoup, Rachel Cusk

« Mon  mari et moi nous sommes séparés il y a peu, et en quelques semaines, la vie que nous avions construite a été brisée, tel un puzzle réduit à un tas de pièces aux formes irrégulières. »
Quand j’ai lu cette première phrase du livre, j’ai cru à un roman sur un couple qui vient de se  séparer mais non, pas tout à fait!  Il s’agit surtout d’un livre de réflexions autour de la situation d’une  femme et de ses deux  filles après son divorce. Est-ce autobiographique?  Peut-être car elle est écrivain comme l’auteur mais ce n’est jamais vraiment dit si bien que je suis restée dans le doute. Je n’aime pas ce genre d’ambiguïté.
J’ai pu apprécier certains passages comme la comparaison avec Clytemnestre tuant Agamemnon dès son retour pour venger sa fille.  Elle, elle veut garder ses enfants  bien que ce soit son mari qui ait délaissé son métier d’avocat pour les élever. Il la trouve monstrueuse etc.  mais tout reste trop intellectualisé. C’est froid. Je n’ai pas ressenti d’émotion à la lecture de ce qui me semble plus un essai que le récit d’une expérience bien que ce soit sous-jacent.
J’ai aimé la fête de la grand-mère entourée de son importante descendance et la remarque que se fait la féministe, la première divorcée de cette grande famille :
«Ce  n’est pas pour défaire mais pour préserver qu’il faut de la force, car il suffit d’un instant pour que la structure se fissure.»
Elle va mal :
« Je suis une exilée de ma propre histoire. Je n’ai plus de vie. C’est une vie après la mort, le contrecoup. »
Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre bien qu'ayant apprécié le style, rigoureux et précis.
Cependant  je vais poursuivre ma découverte de cette auteure, après avoir bien aimé son interview par François Busnel dans ses "Carnets de Londres".  Arlington Park (2007), Egypt Farm (2008), Les Variations Bradshaw (2010).


Clara a aimé, Antigone également malgré un petit bémol. Pour Cathulu c'est une réflexion nécessaire et le résumé de l'éditeur m'avait alléchée. Le voici:
  "On se rencontre. On s’aime. Parfois, on se sépare. Dans l’intervalle, qu’a-t-on construit ? Les sentiments, les projets, les moments partagés, que deviennent-ils après la rupture ? Pour écrire ce livre, Rachel Cusk a puisé dans son expérience, celle de son divorce. Ni confession impudique, ni fiction pure, ce texte est surtout l’histoire d’une femme, écrivain, féministe, mère de deux filles, qui observe ses propres réactions avec la même acuité qu’elle met en scène les personnages de ses romans.Recréant des scènes quotidiennes vécues ou nourrissant sa réflexion de mythes et de références littéraires, Rachel Cusk analyse le retentissement profond d’une séparation".
 Rachel Cusk, Contrecoup, traduit de l’anglais par Céline Leroy, Editions de l’Olivier, 177 p.