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dimanche 13 avril 2014

Une promesse, Sorj Chalandon, Prix Medicis

«Une promesse» raconte une histoire simple, pleine de beaux sentiments, d’existences humbles, de vie quotidienne et routinière dans un petit village de Mayenne, entre un bistrot et  la maison du bibliothécaire et de sa femme, un couple si amoureux que leur mort le même jour paraît toute naturelle à leurs amis qui ne se posent pas de questions à ce sujet mais qui se relaient toutes les semaines  pour entretenir leur maison, chacun son jour. Justement ils sont sept à faire ce pèlerinage.

Cependant,  Etienne et Fauvette,  les vieux amoureux,  semblent vivre encore chez eux. Ils entendent les bruits de leurs visiteurs et notent dans un cahier la venue de chacun. 
C’est Léo, nommé le Bosco,  le coordinateur, celui qui tient le café du village où tous passent  régulièrement. C’est surtout  le frère d’Etienne, l’ami  si bienveillant et si aimé de tous. 
Seulement au bout de dix mois, la motivation n’est plus la même. Chacun pense avoir désormais suffisamment accompli son devoir et les visites  commencent à peser.  Mais le Bosco veille…
Quelle décision prendra-t-il ?

C’est un beau roman sur le deuil,  la passion amoureuse, l’amour fraternel, l’amitié et la survie.  Que reste t-il, après, de l’âme de ceux qu’on a  tant aimés ?

A noter que les deux frères sont bretons, fils d’un marin pêcheur mort en mer, une nuit, près  de la côte,  lors d’un naufrage  par grosse tempête. La mère  a tout quitté à cette occasion pour éloigner ses deux enfants de la mer maudite mais eux se souviennent toujours  des croyances anciennes de leurs ancêtres quant aux âmes des morts à veiller  et à  respecter. Tout doit être fait  pour retarder la fin du deuil.

Un des leitmotive (leitmotifs?) est d’ailleurs le dernier livre lu et laissé sur la table par  le défunt. Un livre de Musset (Lettres à Lamartine et poésies nouvelles – 1836/1852)  où il est écrit:

Et marchant à la mort, il meurt à chaque pas.
Il meurt dans ses amis, dans son fils, dans son père.
Il meurt dans ce qu’il pleure et dans ce qu’il espère
Et sans parler des corps qu’il faut ensevelir
Qu’est-ce donc oublier, si ce n’est pas mourir.

J’ai bien aimé.

Présenté aussi par Enna qui, avec sa rencontre de Sorj Chalandon au Salon du livre de Paris, m'a donné envie de connaître l'auteur.  

Une promesse, Sorj Chalandon, Prix Medicis 2006, 
(Grasset, second roman de l'auteur, 274 p.)